Cornelius Castoriadis, comme Marx, comme Engels, comme Lénine, comme Trotsky s'approcha -puis s'éloigna- du concept de formoisie

Mais bon sang de bonsoir, pourquoi Isaac Newton n'a-t-il pas écrit que la vraie trajectoire de la Lune n'était ni un cercle, ni une ellipse ?
Mais bon sang de bonsoir, pourquoi Isaac Newton n'a pas écrit que la trajectoire de gauche à droite de la Lune autour de la Terre l'entrainait à augmenter ou diminuer sa vitesse de 1 kilomètre par seconde, autour d'une Terre ayant une trajectoire de gauche à droite du Soleil , avec une vitesse augmentant ou diminuant de 30 kilomètres par seconde....
Pourquoi Newton n'a-t-il pas écrit que la Lune faisait des zigzags ?
Pourquoi n'a-t-il pas écrit que la Terre faisait des zigzags et que le Soleil, la Terre et la Lune faisaient des zigzags autour d'un centre de la Voie Lactée en mouvement absolu...
Dans quels obscurs brouillons Newton a-t-il enfoui ce concept de zigzag ?
Le vent dans les ailes des moulins similaire au choc de la lumière comme cause de la gravitation, ce "brouillon"-là on le connait. Comme on connait les grains de lumière comme brique de la matière. Chez Newton et chez De Broglie.
L'auteur du concept de "zigzags" s'interroge encore autant sur Newton que sur Castoriadis !
Pour quelle mystérieuse raison ce brillant analyste ne produit-il pas le CONCEPT de formoisie ?
Dans ses travaux (cf le 10-18) publiés dans Socialisme et Barbarie, Cornelius Castoriadis, ne cesse de tourner autour. Il s'en approche, il le définit presque. Il en dessine les contours..... Mais il ne l'énonce pas.
Pöurquoi n'a-t-il pas annoncé clairement : il existe une bourgeoisie de la formation. Sa productivité est supérieure à celle des non-formés. Et cela induit un transfert d'une plus-value spéciale, la plus-value formation.
Pourquoi Castoriadis n'a-t-il pas énoncé que cette classe était une classe exploiteuse.
La deuxième classe exploiteuse principale.
Pourquoi Castoriadis n'a-t-il pas rééxaminé l'histoire du 20° siècle pour énoncer 40 ans avant l'auteur de ce commentaire cette vérité : le rôle contre-révolutionnaire de cette classe formoise.
Pourquoi Castoriadis n'a-t-il pas donné la liste de ce que Marx allait laisser dans l'ombre à cause de son inconséquence et de sa mauvaise foi dans le tome 1 du Capital ?
L'erreur économique historique de Marx concernant la formoisie, le travail complexe et les transferts de plus-value : la note 19 du chapitre 7

Cette note bâclée montre à quel point la construction scientifique ne peut pas se permettre de laisser dans l'ombre le moindre fragment du jaune de l'œuf qui grossit : ce que Marx néglige en l'évacuant, de la plus parfaite mauvaise foi, c'est ce qui va permettre la dégradation de la deuxième internationale, le ralliement cocardier des partis socialistes à leurs bourgeoisies respectives en 14 18, le sabotage de la révolution de Février 17, de mars jusqu'à octobre, les grèves formoise de 1918, l'échec des processus révolutionnaires en Allemagne, de 1918 à 1923, le sabotage des spetz jusqu'en 1921, puis leur montée en puissance à partir de janvier 1922, la victoire de Staline en 1927, le sabotage de la montée révolutionnaire de 1927 en Chine, l'alliance bourgeoisie-formoisie aux USA sous l'égide de Roosevelt, l'incapacité de Trotsky, en 1938 de comprendre que l'URSS est dirigée par une classe sociale exploiteuse, la volonté de l'URSS de maintenir les États formois de l'Est sous dictature russe en empêchant la construction de la "démocratie prolétarienne", les sabotages des révolutions anticolonialistes des années 50 et 60 par les formoisies compradores, la coexistence pacifique à partir de Kroutchev, le sabotage de la montée révolutionnaire 1963-1979, la destruction de l'URSS et la contre-révolution capitaliste, la dégénérescence mondiale actuelle dans laquelle le capitalisme détruit la Terre tandis que la formoisie et la nouvelle classe innovoise refuse de prendre en charge leur destin historique.

L'auteur de cette étude est aussi ahuri de voir que Marx "loupe" la formoisie, de voir que Engels "loupe" la formoisie..... Même si, comme le mit en lumière Julie Amadis, il frola littéralement le concept : L'existence d'un "prolétariat bourgeois" est selon Engels le principal frein à la révolution anticapitaliste
Engels observe la formoisie en germe sans comprendre qu'il s'agit d'une classe sociale :
"En réalité, le prolétariat anglais s'embourgeoise de plus en plus, écrit Engels à Marx en octobre 1858 et il semble bien que cette nation, bourgeoise entre toutes, veuille en arriver à avoir, à coté de sa bourgeoisie, une aristocratie bourgeoise, et un prolétariat bourgeois. Évidemment, de la part d'une nation qui exploite l'univers entier, c'est jusqu'à un certain point logique". (Friedrich Engels, Lettre à Marx, 7 octobre 1858 *HW p. 207)
Le prolétariat bourgeois d'Engels correspond au concept de classe formoise. Ce "prolétariat bourgeois" est minoritaire :
"Mais en ce qui concerne la grande masse des travailleurs, poursuit Engels, leur degré de misère et d'insécurité est tout aussi bas aujourd'hui, sinon pire, que jamais"(F. Engels Situation des classes laborieuses en Grande-Bretagne p. 395 HW
p.211)
Ce "prolétariat bourgeois" de Engels inclut :
les ouvriers des grandes trade-unions qui
« … sont les organisations des secteurs industriels où ni la concurrence du travail des femmes ou des enfants ni celle des machines n'ont été jusqu'à présent en mesure de briser leur puissance organisée... Leur situation s'est, sans aucun doute, remarquablement améliorée depuis 1848. La meilleure preuve en est que depuis quinze ans, ce ne sont pas seulement leurs employeurs qui sont satisfaits d'eux, mais eux même qui sont également très contents de leurs employeurs. Ils constituent une aristocratie au sein de la classe ouvrière. Ils sont parvenus à conquérir une situation relativement confortable et, cette situation, ils l'acceptent comme définitive.(...)
Ils sont très gentils et nullement intraitables pour un capitaliste raisonnable en particulier et pour la classe capitaliste en général". (Engels, Situation des classes laborieuses en Grande-Bretagne, édition sociale, 1961, pp 386-400 HW p. 210)
Il faut y ajouter les intellectuels que décrit Lénine :
"Nul n'osera nier, que ce qui caractérise, d'une façon générale, les intellectuels en tant que couche sociale particulière, dans les sociétés capitalistes contemporaines, c'est justement l'individualisme, et l'inaptitude à la discipline et à l'organisation. C'est ce qui, entre autres, distingue désavantageusement cette couche sociale d'avec le prolétariat. C'est aussi ce qui explique la veulerie et l'instabilité de la gent intellectuelle, dont le prolétariat a si souvent à se ressentir. Et cette particularité des intellectuels est intimement liée aux conditions ordinaires de leur vie, à leurs conditions de gain, qui se rapprochent sous bien des rapports des conditions d'existence de la petite-bourgeoisie"(Lénine : Œuvres choisies T I, éd. De Moscou p. 377 HW p. 216 les soulignés étaient de Lénine)
Ce prolétariat bourgeois n'est autre que la formoisie, une classe exploiteuse du "formariat" formé des travailleurs non qualifiés. Ces formois ont un niveau de vie supérieur à celui des autres ouvriers. Ces ouvriers sont plus rares sur le marché du travail, ce qui leur donne une valeur plus importante.
Comme l'écrivait Henri Weber (jeune)
"cette "rareté" relative de cette force de travail, liée à son aptitude à l'organisation, lui confère une puissance sociale qu'elle fait chèrement payer au patronat." (Marxisme et conscience de classe p. 211 1975 éd. 10-18)
Ils peuvent donc monnayer leur salaire. De ce fait, ils aspirent de la plus value aux ouvriers non qualifiés - ce que ne vit pas Henri Weber-. De la même manière, Marx a expliqué que le patron d'une entreprise performante aspirait de la plus value au patron d'une entreprise moins productive.
Pour Engels, l'apparition de ce "prolétariat bourgeois" provient d'une stratégie de la bourgeoisie.
"De l'expérience chartiste, la bourgeoisie industrielle a tiré la conviction qu'elle ne parviendrait jamais à dominer politiquement et socialement la nation, autrement qu'avec l'aide de la classe ouvrière" (Engels, Situation des classes laborieuses en Grande-Bretagne, préface de 1892, p. 393 HW p.209).
Comme Stolypine ministre du Tsar avait peu après la tentative révolutionnaire de 1905, cherché à créer un groupe de petits propriétaires chez les paysans afin de freiner la poussée révolutionnaire en Russie; la bourgeoisie du XIX ème siècle avait fait le choix de créer "une aristocratie ouvrière".
La bourgeoisie a acheté le calme social en accordant des avantages salariaux à la formoisie.
Engels ne devine pas que ce nouveau groupe va grossir et consolider ses intérêts. Le mouvement ouvrier d'Europe de l'Ouest ne cessera tout au long du XXème siècle de trahir le formariat (travailleurs non qualifiés, exploitées à la fois par la bourgeoisie et par la formoisie). D'abord, les travailleurs formois fermeront les yeux sur l'ignominie de la colonisation et parfois soutiendront la bourgeoisie sur ce point. Quand arrive la première guerre mondiale, les syndicats se laisseront acheter par la bourgeoisie et inciteront les ouvriers à partir à la guerre... En 2008, aucun syndicat n'a pour objectif (même affiché) de combattre le capitalisme, encore moins le colonialisme (même pas de dénoncer les massacres de notre armée en Afrique), la SDIfication de notre société, le couvercle carbone.
Engels croit naïvement que l'apparition de ce groupe privilégié du prolétariat va disparaître :
"Avec l'effondrement de ce monopole, la classe ouvrière anglaise perdra cette position privilégiée. Elle se verra alignée un jour-y compris la minorité dirigeante et privilégiée- au niveau des ouvriers de l'étranger. Et c'est la raison pour laquelle le socialisme renaîtra en Angleterre." Engels, Situation des classes laborieuses en Grande-Bretagne p 397 HW p. 212)
Pour Engels, la cause du conservatisme ouvrier en Angleterre provient de l'augmentation du niveau de vie des ouvriers anglais.
Comme Engels nous pensons que l'existence de cette classe sociale , la formoisie (qu'il nomme bourgeoisie ouvrière) est le frein principale à la révolution et donc la meilleur garantie de la bourgeoisie pour faire perdurer le capitalisme.

Engels voit "un prolétariat bourgeois", Lénine en voit les contours, Léon Trotsky, dans son premier livre - méconnu - sur le déroulement de la Révolution Russe, rédige un réquisitoire impitoyable sur le sabotage de la Révolution Russe par la classe formoise. Son "L'avènement du bolchévisme" (texte entier) met en lumière des dizaines de sabotages de la classe formoisie.
L'auteur - que je suis - du concept de formoisie, en 1993, en avait fait (avril 2008) une énonumération de ces passages où le mot formoisie n'est pas prononcé, quoi que décrit parfaitement La formoisie décrite par Leon Trotsky dans la Révolution russe (extraits de "L'avènement du bolchevisme")

En tant qu'auteur du concept de classe formoise et des 30 thèses pour une révolution pédagogique, je n'ai jamais eu le temps de réaliser le projet d'une étude critique des textes de Castoriadis. Après avoir pris connaissance -plus de dix ans après la production du concept de formoisie- des travaux similaires de Castoriadis le néomarxiste.
Les premières lignes de cette étude critique en avaient été tracées. En commençant par le scan des chapitres les plus proches du concept de classe formoise.
La découverte de l'innovoisie induisait la construction d'un néomarxisme plus vaste encore. Puis la découverte du postmarxisme, de la productivité historique, de la pathologie consumériste, de la productivité ancestrale et de la lutte des strates entre les Innovants, les Répétants et les Parasites aurait contraint à un dépassement dialectique encore plus complexe pour mener cette étude : en quoi Castoriadis, lui aussi, avait approché ce post-marxisme. Y compris dans ses textes frolant le concept de "formoisie".

 

Ce texte a été originellement publié en commentaire sous l'article Mediapart Castoriadis, écrivain politique 08 décembre 2012 | Par Joseph Confavreux

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.