Chili: "Il y avait Jara Qui ne pouvait plus jouer Et dans tous ces stades Tous ces prisonniers" (73) Les coupables en jugement.

"Je ne chante pas pour chanter, ni pour montrer ma belle voix
Je chante parce que la guitare a du sens,  Parce qu'elle a raison,
Elle a un coeur de terre, et des ailes de colombe"
(Victor Jara Manifesto)

"C'était y a dix ans,
Nous étions dans les rues,
Des milliers lentement,
A marcher les mains nues
Nous n'avions que nos cris, Nos larmes, nos poings fermés,
Pour pleurer ce pays, Qu'ils avaient écrasé
Il y avait Jara, Qui n' pouvait plus jouer
Et dans tous ces stades, Tous ces prisonniers
Ce onze septembre, Resté en mémoire
Cette ville en cendre, A l'aube d'un soir"

(73 Yanick Toutain)
«On lui fit mettre la main gauche/ sur la table et un officier/
d’un seul coup avec une hache/ les doigts de la gauche a tranché/
d’un autre coup il sectionna/ les doigts de la dextre et Jara/ tomba…»

Lettre à Kissinger Julos Beaucarne cité par FX G dans Libé

Julos Beaucarne - Lettre à Kissinger © atilawaloo

Quand j'avais écrit mon texte, je n'avais pas pu écrire autre chose que "Il y avait Jara, Qui n' pouvait plus jouer Et dans tous ces stades, Tous ces prisonniers".
Le détail, horrible, tous les militants LCR, tous les sympathisants LCR, tous les militants de gauche, tous les gens honnêtes sensibles à ce putsch fasciste et à la barbarie de ses protagonistes, le connaissaient.
Même si ma chanson fut écrite en 1983. Quand les Chiliens recommencèrent à défiler dix ans plus tard.


Julos Beaucarne, lui, avait donné crument tous les détails de la barbarie. Dans sa chanson "Lettre à Kissinger".

Victor Jara avait payé. Les maitres des gratte-ciels avaient envoyé leurs gardes-chiourme néo-nazis.

Wikipédia : Membre du Parti communiste chilien, il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité Populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne (Las Casitas del Barrio Alto, Ni Chicha Ni Limona), contestent la guerre du Viêt Nam (El Derecho de Vivir en Paz), rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines (Corrido De Pancho Villa, Camilo Torres, Zamba del Che), mais aussi au peuple et à l'amour (Vientos del pueblo, Te recuerdo Amanda).

VICTOR JARA (Manifesto) .. Traduit en Français .wmv © tzygandal

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (qui se nomme aujourd'hui Estadio Víctor Jara) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago. Il y écrit le poème Estadio de Chile qui dénonce le fascisme et la dictature. Ce poème est resté inachevé car Víctor Jara est rapidement mis à l'écart des autres prisonniers. Il est assassiné le 15 septembre après avoir eu les doigts coupés par une hache1.

C'est le journal Libé papier de ce matin qui nous informe de ce que les 8 militaires sont inculpés. 6 sont en prison. Pour ce crime vieux de 40 ans. (Victor Jara : la justice du Chili ouvre les yeux)
L'auteur du coup de grâce vit aux USA. Pedro Barrientos Nunez, lieutenant en retraite.

PRESIDENT ALLENDE, PRESIDENT GBAGBO 1973-2011

En Côte d'Ivoire, les protagonistes d'un coup d'Etat militaire connaissent, eux-aussi, leur moment de "gloire".
Qu'ils ne se fassent aucun doute : Ouattara sera chassé comme le fut Pinochet. Le président Gbagbo ne fut pas assassiné comme le fut le président Allende. Et il retrouvera son palais présidentiel.

CONSTRUIRE UN BLOC INTERNATIONAL DE DEFENSE DE LA CÔTE D'IVOIRE Licone à Neuilly ! © Yanick Toutain


Les criminels de LICORNE, les assassins de Sarkozy, seront poursuivis et condamnés ! Tous !
La totalité du corps expéditionnaire français en Afrique sera extradé vers Abidjan et les pays martyrs. La totalité des barbares qui auront accepté de se faire les complices de la classe capitaliste esclavagiste sera transférée sur les bancs du Nuremberg de l'Afrique.
A commencer par ces pseudo-juges complices d'enlèvement et de séquestration arbitraire qui "siègent" à La Haye. Tous ces "clowns titrés juges" - comme aurait dit Lénine.
Tous, comme le lieutenant criminel Pedro Barrientos Nunez auront à répondre de leurs crimes. Et cela n'attendra pas 40 ans !


COMPLEMENTS
Président Gbagbo Président Allende 1973-2010 Deux socialistes victimes d'un coup d'Etat fasciste

73
(chanson écrite le 11 septembre 1983)

C'était y a 40 ans
Nous étions dans les rues
Des milliers lentement
A marcher les mains nues
 
Nous n'avions que nos cris
Nos larmes, nos poings fermés
Pour pleurer ce pays
Qu'ils avaient écrasé
 
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces armes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des larmes
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces larmes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des armes
 
Il y avait Jara
Qui n' pouvait plus jouer
Et dans tous ces stades
Tous ces prisonniers
 
Ce onze septembre
Resté en mémoire
Cette ville en cendre
A l'aube d'un soir
 
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces armes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des larmes
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces larmes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des armes
 
L'automne fut dur
L'année 73
Cette blessure
Nous déchire et nous pèse

Nous les avions vu
Préparer leurs armes
Face au peuple nu
Que rien ne désarme
 
A des kilomètres
Les chefs des gratte-ciel
Préparèrent les traîtres
Dans leurs citadelles
 
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces armes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des larmes
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces larmes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des armes
 
Vingt ans ont passé
Vingt ans de grisaille
Pour les enfants nés
Entre ces tenailles
 
Des années de guerre
La faim qui travaille
Mais l'espoir se terre
Entre deux batailles
 
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces armes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des larmes
Le bruit de ces bottes
Le cri de ces larmes
Résonne dans nos têtes
A jaillir des armes
 
L'automne fut dur
L'année 73
Cette blessure
Nous déchire et nous pèse

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