Une belle nouvelle : fin de la censure contre Le Mur !!!

Non, Le Mur dont il s'agit ici n'est pas le spectacle antisémite du père de la filleule de Le Pen, mais bien le film de Sophie Robert sur les ravages de la prise en charge psychanalytique de l'autisme.

Non, Le Mur dont il s'agit ici n'est pas le spectacle antisémite du père de la filleule de Le Pen, mais bien le film de Sophie Robert sur les ravages de la prise en charge psychanalytique de l'autisme. Ce documentaire avait été dans un premier temps censuré par la justice suite à une plainte de trois lacaniens, qui n'étaient pas contents du fait que tout le monde se rende compte à la vision du film de la débilité de leurs propos aussi ignares que boursouflés.

 J'avais analysé en détail ce premier jugement dans ce billet de blog en soutien à Sophie Robert en particulier, mais aussi au "droit au montage"  en général, qui était sérieusement égratigné par le jugement rendu :

 http://blogs.mediapart.fr/blog/yann-kindo/290112/proces-sophie-robert-le-droit-au-montage-en-ligne-de-mire?onglet=commentaires#comment-4331198

 

Or, aujourd'hui, la cour d'appel de Douai a rendu son verdict, et fort heureusement annulé la censure opérée par le premier jugement, tout en démolissant sur le fond l'argumentation des trois plaids-niants [oui, ce sont des lacaniens, je m'adapte]

 Il vaut la peine de lire ces attendus, notamment à partir de la page 11, qui détaille les raisons pour lesquelles les lacaniens vexés sont cette fois-ci complètement déboutés (et dégoûtés aussi, sans doute) :

 http://blogs.lexpress.fr/the-autist/files/2014/01/DECISION-LE-MUR.pdf

 

En gros, en comparant les rushes et ce qui reste au montage, ils constatent que si Sophie Robert a un peu grossi le trait par son montage et joué avec leurs propos, elle ne dénature en rien la pensée des psychanalystes interviewés. Evidemment, étant donné que ce qu'ils racontent dans le film est ce que ce courant de pensée a toujours raconté sur le sujet, avec ses analyses ascientifiques et terriblement sexistes.

Comme ceux qui s'intéressent à cette affaire le savent, la plainte en justice était particulièrement osée de la part d'Esthela Solano-Suarez. En effet, celle-ci, dans une séquence en Off  que Sophie Robert n'avait pas utilisée dans son montage, expliquait qu'elle ne peut pas dire devant la caméra tout ce qu'elle pense vraiment, parce que ça ne serait pas compris, mais que quand même les mères d'autistes, ça ne va pas du tout, et que "L'autisme de l'enfant, c'est une conséquence d'un certain autisme de la mère à l'égard de l'enfant", etc.

 http://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/quand-une-psychanalyste-rend-les-meres-responsables-de-l-autisme_1117934.html#S5BfhvIeM4YjJmyG.99

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J'aime d'ailleurs  beaucoup le début du passage du jugement final qui la concerne :

 « Le visionnage des rushes tournés lors de l’interview de Mme Solano-Suarez fait apparaître que les réponses apportées par la psychanalyste sont souvent assez longues et difficilement compréhensibles pour un public de profane. »

 

Que tout cela est gentiment dit en langage poli pour expliquer que sa logorrhée est incompréhensible....

 

Après, ce que j'ai pas compris, tout à la fin du jugement, c'est comment s'additionnent ou pas tous ces 5 000 euros que les plaignants doivent verser à Sophie Robert en guise de dommages et intérêts. 

 

Alors, si vous voulez enfin voir le fameux film qui a été baillonné pendant deux ans, voici l'endroit où vous pouvez le commander, n'hésitez pas, ça vaut le coup :

http://www.dragonbleutv.com/documentaires/2-le-mur-ou-la-psychanalyse-a-l-epreuve-de-l-autisme

 

 Allez, sirop d'orgeat !!! [oui, je ne bois pas de champagne...]

  

Yann Kindo

 

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