Ce blog a été peu alimenté ces dernières années, peut-être un peu par lassitude/renoncement, mais surtout parce que je travaillais à la rédaction d'un livre qui va sortir en avril prochain aux éditions Matériologiques :
A travers la figure du biologiste et militant du PCF Marcel Prenant, ce livre explore les histoires de la biologie française et du Parti communiste, mais aussi les rapports entre engagement politique et intégrité scientifique. Marcel Prenant fut en effet au coeur du versant hexagonal de l'Affaire Lyssenko, et placé dans la position la plus délicate que l'on puisse imaginer.
Pour en avoir un aperçu, voici la 4e de couverture du livre :
"Août 1948.
Alors qu’éclate l’affaire Lyssenko et que le monde scientifique découvre que sous l’impulsion d’un agronome fantaisiste l’URSS bannit la génétique, Marcel Prenant (1893-1983) est le plus célèbre des biologistes membres du Parti communiste français. Auréolé de son prestige de résistant déporté, ce militant présent dans la galaxie communiste depuis la fondation du Parti au congrès de Tours a même été depuis 1945 coopté au comité central de l’organisation stalinienne dirigée par Maurice Thorez.
Tout dans son parcours de biologiste pousse Marcel Prenant à rejeter en bloc les thèses lyssenkistes. Pionnier de la biogéographie et plus encore de l’écologie littorale, ce brillant professeur s’est surtout distingué en tant que promoteur de la théorie synthétique de l’évolution, alors que la biologie française reste au contraire largement marquée par le néolamarckisme. Le néodarwinisme fusionne alors la grille de lecture évolutionniste centrée sur la sélection naturelle et la génétique expérimentale, soit précisément ce qui est rejeté en URSS et considéré comme « réactionnaire » par les lyssenkistes. Alors que gronde la guerre froide et que de jeunes intellectuels du PCF théorisent une coupure radicale entre « science bourgeoise » et « science prolétarienne », Marcel Prenant n’est pas seulement sommé de choisir son camp : son parti attend de lui qu’il prenne la tête de la croisade française en faveur de Lyssenko…
Cette première biographie d’un savant aujourd’hui méconnu malgré la place qu’il a occupé au sein de la biologie française explore son parcours en le replaçant dans l’histoire de son siècle. Elle détaille sa carrière scientifique à la lumière de l’évolution générale de la biologie et retrace sa trajectoire militante au sein de ce que fut le stalinisme à la française. Ce livre explore les efforts théoriques de Marcel Prenant pour concilier ces deux parcours parallèles et cerne les difficultés à le faire en pratique.
Tout particulièrement lorsque la crise de l’affaire Lyssenko oppose frontalement sa culture scientifique et ses conceptions politiques"
L'ouvrage paraîtra en version papier et en version numérique, et il peut être précommandé sur le site des éditions Matériologiques :
https://www.materiologiques.com/yann-kindo-le-labo-et-la-faucille
A ma grande satisfaction, la postface de l'ouvrage a été rédigée par Guillaume Lecointre, qui prolonge la réflexion ouverte par le parcours de Prenant en en tirant des leçons pour le temps présent.
Un dernier mot : il y a comme une similitude entre le titre du livre et le nom de ce blog, ce dont je suis plutôt désolé, ce n'est pas un choix premier.
Mais il se trouve que cela collait tellement bien avec le contenu du livre que je n'ai jamais trouvé mieux.
Pour autant, il s'agit bien de deux choses différentes : le livre se veut un vrai travail académique d'historien, rédigé selon les canons du genre, loin du ton persifleur, humoristique et bien plus léger de ce blog.
Pour autant, les centres d'intérêt se rejoignent sans surprise très largement, d'où cette quasi homonymie.
Et j'utiliserai ce blog pour compléter le livre, en y proposant des compléments et autres annexes qui n'ont pas pu trouver leur place dans un volume déjà très épais.
Yann Kindo