Le jugement dans le procès qui opposait Sophie Robert, réalisatrice du film Le Mur (un film consacré à la prise en charge hexagonale de l'autisme par la psychanalyse ) à trois psychanalystes lacaniens cités dans le documentaire, a été rendu. Le verdict est globalement favorable aux plaignants : Sophie Robert, qui a immédiatement fait appel, devrait, entre autres, verser de lourdes sommes aux plaignants et retirer de son film toutes les séquences faisant apparaître les plaignants.

J'ai vu le film dès sa sortie, et j'en ai organisé une projection publique dans ma ville. Lorsque j'ai appris la plainte, je me suis dit que celle-ci n'avait aucune chance d'aboutir [comme quoi, on peut se tromper] et ne pouvait avoir comme seul effet que de créer le buzz autour du film [ce qu'elle a fait]. Lorsque j'ai revu celui-ci, en étant particulièrement attentif aux effets de montage, je n'ai pas vu sur cette base sur quoi pouvait se fonder la plainte. Et pourtant, elle a abouti. Et lorsque j'ai pris connaissance du jugement via les médias, je me suis demandé sur quoi il pouvait bien se fonder. On l'a su un peu plus tard en voyant les attendus, que je vais essayer d'analyser dans la suite de ce billet, et qui sont disponibles ici :

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0B7s8QJ-76JxVYTkyNTkzODUtMGQxMy00ZTM4LWJmZGEtZDY0MzUyOTQyOGU4&hl=en_US

 

Si l'on veut revenir aux origines de l'affaire et prendre connaissance de la logique des plaignants et de la plainte, c'est très simple, il suffit de se reporter à cette chronique de Caroline Eliacheff le 7 décembre sur France Psycha.....sur France Culture, je veux dire :

http://www.franceculture.fr/emission-les-idees-claires-de-caroline-eliacheff-les-idees-claires-de-caroline-eliacheff-2011-12-07

 

La thèse est simple : il s'agit d'un documentaire à charge contre la psychanalyse, qui manipule les propos de interviewés.


Glissons rapidement sur la première moitié de l'accusation : oui, Le Mur est bien un documentaire à charge contre la psychanalyse. Et alors ? C'est interdit ?

Concentrons-nous plutôt sur l'aspect « manipulation », qui est également au cœur du verdict. Que nous dit Caroline Eliacheff à propos du travail de Sophie Robert ?

« Qu'a t-elle fait de ses archives ? Hé bien, elle n'a pas retenu la leçon de Godard qui disait que le montage est l'art de rendre l'image dialectique. »

[quel crime de lèse-majesté ! Ne pas plus retenir les obscures leçons du cinéaste chiant Godard que les obscures leçons du rhéteur chiant Lacan !!!! Je comprends que ça émeuve sur France-Culture.]

« Rendre l'image dialectique » ... qu'est ce que cela veut dire ? Je n'en ai pas la moindre idée, étant donné que depuis notamment l'époque des jeunes bourgeois maoïstes filmés par Godard dans La Chinoise, la « dialectique » est mise à toutes les sauces et sert trop souvent de cache-misère à ceux qui veulent dire une chose et son contraire en même temps sans s'astreindre à la contrainte de la cohérence (et, on y reviendra, car ,en ce sens, l'étiologie de l'autisme telle que pensée par les plaignants et restituée par les attendus du jugement, est bien parfaitement « dialectique »).

Caroline Eliacheff encore :

«  Tout effet de montage étant producteur de sens, Sophie Robert a donné à son documentaire Le mur un sens unique, celui qui conforte ceux qui veulent éradiquer la psychanalyse de la prise en charge des autistes ».

Si c'est le cas, Sophie Robert n'a devancé que de quelques mois le rapport parlementaire sur l'autisme qui, en levée de rideau de l'année de l'autisme comme grande cause nationale, a précisément préconisé d'enfin éradiquer en France la psychanalyse de la prise en charge de cette pathologie, comme cela a été fait dans l'essentiel des autres pays développés depuis un bon moment.
[Voir à ce sujet ce papier du Journal International de Médecine du 13 janvier 2012] :

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/F8/D0/document_actu_pro.phtml


Caroline Eliacheff toujours :

« L'une de ces techniques a consisté à refaire hors-champ une question concernant l'autisme en donnant comme réponse des phrases tronquées extraites d'un autre contexte. L'effet de ridicule est assuré, mais, plus grave, le message est inversé. »

Alors là, une question toute bête : comment Caroline Eliacheff savait-elle tout cela ? Avait elle eu accès à la date du 7 décembre aux rushs pour établir ainsi que Sophie Robert avait refait hors champ des questions et tronqué des réponses extraites d'un contexte différent ? Avait-elle eu, lors d'un rêve prémonitoire, vous savez, comme un flash, une vision des attendus détaillés du jugement avec quelque semaines d'avance sur le reste du monde ?

Ou alors,  la psychanalyste Caroline Eliacheff se contentait-elle d'utiliser son accès privilégié au micro pour y relayer sans preuve la parole de ses confrères lacaniens qui se trouvent être les plaignants, en bonne chienne de garde du freudisme assurant la défense de la corporation sur le service public ?

[l'expression « chienne de garde » est sciemment choisie, en référence au nouveau film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19266660&cfilm=194641.html

Pour moi, Caroline Eliacheff est à la psychologie ce que Jean-Marc Sylvestre ou Alain Minc sont à l'économie politique : des enfumeurs au service de l' ordre absurde existant.]

 

L'objet de ce billet va donc au final être d'examiner les attendus du jugement pour voir si Sophie Robert a refait hors champ des questions, tronqué des réponses, qu'elle a en plus décontextualisées, et du coup au final INVERSE LE MESSAGE. Si les mots ont un sens – ce qui, il est vrai, est rarement le cas avec les lacaniens -, inverser le message serait un truc du genre : faire dire à quelqu'un qu'il préfère le chaud au froid, alors qu'en fait il préfère le froid au chaud. Ou, pour le cas d'espèce, faire dire à quelqu'un que selon lui l'autisme est une psychose infantile liée à des problèmes relationnels dans la famille plutôt qu'une maladie aux probables origines organiques, alors qu'en fait la personne pensait et a dit que l'autisme n'est pas du tout une psychose infantile liée à des problèmes relationnels dans la famille mais plutôt une maladie aux probables origines organiques.

Mais exprimons d'abord un demi-accord avec Mme Eliacheff : oui, en effet, Sophie Robert a bel et bien ridiculisé les psychanalystes qu'elle a interviewés. Ceci dit, quelque que soit le  - réel - talent d'intervieweuse de Sophie Robert - qui a dans Le mur l'art de la petite question anodine mais super vicieuse-, on est forcés d'admettre que son mérite n'est pas si grand que ça, car les interviewés se sont avant tout ridiculisé eux-mêmes en lui fournissant une matière parfaitement ridicule.

Et cela, aucune chronique radio, aucun procès et aucun attendu ne parviendra à le faire effacer.

 

Venons-en à ces attendus, que j'ai postés plus haut, et que chacun peut donc aller consulter pour vérifier.

Tout d'abord, il faut remarquer que l'on a échappé au pire, et que les plaignants ont été déboutés d'une de leurs demandes, la plus fantaisiste et la plus attentatoire aux droits du documentaire. En effet, d'une certaine manière dans la lignée du procès fait par l'instituteur du documentaire  Etre et avoir  à Nicolas Philibert :

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Atre_et_avoir

les trois plaignants avaient demandé à être considérés comme des coauteurs du documentaire et donc à avoir un droit de regard sur le montage final. Rien que ça !!!.

Page 6, le jugement est très clair sur ce point :

«  Il en résulte que Mme SOLANO-SUAREZ, M. LAURENT et M. STEVENS ne peuvent se voir reconnaître la qualité de coauteurs du film “Le Mur” et doivent être déboutés de leurs demandes au titre de la violation de leur droit moral, qui est une des composantes du droit d’auteur. »

On est ravis pour Marie-Monique Robin, qui pourra continuer pour ses films à interviewer des responsables de Monsanto sans que ceux-ci aient un droit de regard sur son montage !!! Ouf !

 

La suite des attendus, celle sur laquelle repose la condamnation de Sophie Robert, concerne l'utilisation des interviews lors du montage final. La souveraineté de Sophie Robert sur celui-ci étant reconnu, a-t-elle abusé de son droit pour « volontairement dénaturer » [c'est le terme utilisé dans le jugement] les propos des trois plaignants ?

Au préalable, avant de voir cela, on peut s'interroger « politiquement » sur la légitimité même d'une telle investigation judiciaire et de ce qu'elle traduit de la judiciarisation croissante des rapports sociaux. Ce processus de judiciarisation n'est certainement  pas ce qui nous est arrivé de mieux du modèle de société états-unien [modèle dans lequel la liberté d' expression est largement protégée, ce qui n'est pas le cas de la France, où l'Etat se mêle beaucoup de ce que l'on a le droit de dire et de ne pas dire. Le mélange judiciarisation + limitation de la liberté d'expression nous laisse entrevoir un cocktail explosif pour l'avenir...].

Est-ce bien le rôle de la justice que de décider si des propos ont été dénaturés, et donc par là même de devoir statuer sur la vraie nature des propos en question ? Cela ne revient-il pas à demander à la justice de statuer sur le fond et de s'immiscer dans un débat intellectuel, dans lequel il n'est pas toujours facile de dire la vraie nature d'une pensée - surtout une pensée lacanienne, dont un des ressorts fondamentaux est justement de ne rarement s'exprimer clairement ?

A ce sujet, je renvoie à l'éditorial de Jean-Paul Krivine dans le numéro en cours de Sciences et pseudo-sciences  : « La science se déciderait-elle au tribunal ? » :

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1803


Mais revenons à la question de la « dénaturation » des propos d'une personne dans le cadre d'un documentaire. Il s'agit de savoir si par son montage Sophie Robert a altéré le sens de la pensée qui lui a été présentée dans son intégralité lors des interviews.

« Dénaturer » des propos via un montage malhonnête, ce serait extraire des propos de leur contexte pour les mettre dans un autre contexte dans lequel ils prendraient un sens tout à fait différent - et même carrément inverse, pour reprendre l'accusation de Caroline Eliacheff qui n'avait pas le moindre début de commencement d'exemple à fournir pour illustrer son assertion calomniatrice.

Voici un exemple de pure dénaturation :

Ernest  dit : « Timothée dit que bla bla bla » [et il se trouve que le blablabla en question est parfaitement odieux, du genre les stupidités sexistes proférées par les lacaniens dans Le Mur]. La dénaturation absolue serait un montage coupant le moment où Ernest  dit : « Timothée dit que... », attribuant donc à Ernest  les propos qui relèvent de Timothée. Ce qui serait malhonnête au carré si Ernest  avait précisément cité les propos de Timothée pour les condamner par la suite.

Appliquons cela à l'exemple qui nous intéresse, celui des interviews de psychanalystes à propos de la prise en charge de l'autisme par leur « discipline » [je dis : « discipline », parce que c'est le mot qui est utilisé souvent et que je ne sais pas trop comment appeler ça autrement sans connoter péjorativement , mais ça m'écorche quand même un peu la gueule d'employer le même terme pour désigner la psychanalyse d'une part et d'autre part la biologie, la chimie, la sociologie ou la géographie, comme si il s'agissait au même titre d'une branche du savoir constitué].
Caroline Eliacheff aura beau retourner les attendus et même l'intégralité des rushs dans tous les sens, elle ne trouvera pas d'exemple de séquences au cours desquelles les trois plaignants, Esthela Solano-Suarez, Eric Laurent et Alexandre Stevens, se lancent par exemple dans une explication des théories de Bruno Bettellheim sur l'autisme, avant de préciser quelque chose du genre :

 « Voilà ce que pensait Bruno Bettelheim, et voilà avec quelle genre de théorie absurde les psychanalystes ont pendant des années enfoncé et psychologiquement torturé des parents déjà victimes d'un accident de la vie, et ce au nom de conceptions ascientifiques et délirantes de l'étiologie de l'autisme. Bien entendu, nous, aujourd'hui, nous ne pensons pas du tout ce genre de choses et avons complètement abandonné cet axe de recherche consistant à mettre en cause la relation parents/enfant dans le déclenchement de l'autisme. Et, puisqu'on est entre nous, on peut vous le dire franchement : Bettellheim était un charlatan qui a menti et sur ses résultats - respectant ainsi à la lettre la tradition inaugurée par Freud le fondateur - et sur ses qualifications. ». ["citation" imaginaire]

Non seulement les trois plaignants, pas plus que les autres protagonistes du film,   ne prennent pas ce genre de distance, mais toutes (ou « quasiment toutes », pour faire preuve de la nuance qui me permettra peut-être d'échapper à un procès et une condamnation) leurs explications se situent dans cette tradition obscurantiste et délirante.

Sans avoir vu les rushs, je suis absolument certain que Caroline Eliacheff ne trouvera aucun exemple de « dénaturation » de cet ordre venant « inverser le message », pour la simple et bonne raison que si ces cas de figure existaient, ils auraient été évoqués par les plaignants à l'audience, auraient été étalés à n'en plus finir dans les relais médiatiques de la secte mondaine lacanienne, et auraient ensuite figuré dans les attendus, comme exemples les plus frappants possibles de « dénaturation » de la si subtile et nuancée pensée des plaignants.
Donc, avec Le Mur, nous ne sommes absolument pas dans le registre de la dénaturation manifeste arguée par Caroline Eliacheff.

 

Mais peut-être sommes-nous alors face à une forme de dénaturation plus insidieuse, plus sournoise, consistant non pas à inverser le message via le montage, mais à simplement transformer une pensée en en rabotant les nuances au point de lui faire dire autre chose – à défaut de l' « inverse » - de ce quelle a voulu dire. Est-cela ce que Sophie Robert aurait fait et pour lequel elle aurait été condamnée ?

 

Avant de le voir, je veux redire mon étonnement de voir la justice mettre le doigt dans ce mécanisme et entrer dans ces considérations, surtout en l'absence de trucage manifeste comme celui que je viens d'évoquer. Cela nous promet pour l'avenir de longues joutes dans les prétoires, plutôt que dans les amphis, les colonnes des journaux et les ouvrages en librairie, avec des avocats prenant la place des intellectuels pour s'envoyer des « mon client n'a pas voulu dire ça » / « mais si c'est bien ce que votre client a voulu dire », et au final un(e) juge chargée de définir ce que Ernest ou Timothée a vraiment voulu dire. On attend donc le moment inéluctable où les profs d' université commenceront leur cours par :

« conformément à la décision de justice du 23 avril 2014 rendue par le tribunal de Trifouillis les Oies, voici le sens de la pensée de Claude Levi-Strauss. Tout élève qui proposerait une autre interprétation dans une copie contestatrice se verrait sanctionné non pas d'une mauvaise note, mais d'une amende de 2 000 euros. »

 

Mon deuxième étonnement concerne les sommes réclamées au titre des dommages et intérêts en vertu du préjudice subi : 7 000 euros pour Esthela Solano-Suarez et Alexandre Stevens, et 5 000 euros pour Eric Laurent (page 10 du jugement). Je rappelle que tous les trois réclamaient solidairement 25 000 euros par personne !!! Oui, relisez bien, cette somme : 25 000 euros par personne ! Je sais pas pour vous, je ne sais exactement pour la documentariste indépendante Sophie Robert (mais j'imagine....), je ne sais pas pour les trois plaignants, défenseurs d'une doctrine pour laquelle le fondateur avait bien pris soin de théoriser qu'il fallait absolument beaucoup payer pour que ça fasse du bien (et donc j'imagine aussi...), mais dans mon cas, cela revient en gros à me réclamer trois fois un an de la totalité de mon salaire, soit 3 ans de salaire !!!

 

A propos du jugement, je précise qu'en lisant ces exemples de comparaisons rushs/montage,  j'ai été, de mon point de vue de soutien actif du film et de sa réalisatrice, nettement rassuré, en ayant la preuve que je n'avais pas été manipulé par quelqu'une qui m'aurait fait croire par son montage à une certaine réalité du discours des interviewés, alors que cette réalité aurait été toute autre. Je suis au contraire conforté dans mon soutien au film et à sa réalisatrice, et dans mon appréciation de la pensée des plaignants en particulier, et des psychanalystes en général. De toutes façons, le contraire aurait été très très étonnant : les propos présentés dans Le Mur sont dans la continuité absolue de ce que les psychanalystes ont toujours raconté sur l'autisme en particulier et sur l'étiologie des pathologies mentales en général, en s'intéressant quasi exclusivement et de manière obsessionnelle à la composante « environnementale » que constituent les relations au sein de la famille. Leurs propos sont dans la droite ligne de la méthode psychanalytique d'appréhension du monde, et dans la conformité fidèle aux théories de Bettelheim ou de Lacan.

Ce qui est du coup très très étonnant, c'est de voir une réalisatrice condamnée pour avoir montré que des freudiens disent...ce qu'ils ont toujours dit !

 

Si l'on en vient à ce qui apparaît dans les attendus, j'aurais pour ma part distingué Alexandre Stevens d'un côté et Esthela Solona-Suarez et Eric Laurent de l'autre, le premier me semblant, au vu des éléments qui me sont présentés, à la fois plus maltraité... et protégé (!) par le montage que les deux autres.

 

Concernant Alexandre Stevens (p. 7 du jugement) :

Ce qui est reproché à la réalisatrice, c'est de ne pas avoir respecté le sens de ses propos, en coupant la deuxième partie de sa réponse sur les origines de l'autisme. En effet, après la partie présentée dans le film dans laquelle Alexandre Stevens met en avant le rôle d'une dépression maternelle dans le déclenchement de l'autisme, le psychanalyste a rajouté ces propos restitués et (soulignés) ainsi dans le jugement :

« mais ça n’est pas obligé. Je pense que une telle hypothèse causale implique qu’on va devoir dire - c’est une hypothèse de type statistique - on va devoir dire : parfois quand la mère est déprimée, enceinte ou à la naissance, ça peut parfois, l ’enfant peut être autiste et parfois pas. Et les enfants autistes parfois leur mère était déprimée et parfois pas. C’est un type de causalité qui vaut exactement ce que valent les statistiques »

Il est en effet dommage que, prise par les contraintes du montage en vue de réduire des heures de rushs à un format de 52 mn pour avoir une chance d'être programmée sur une chaîne culturelle qui de toutes façons préfère présenter des documentaires pseudo-scientifiques à grand spectacle (dont l'un un jour s'est révélé être créationniste !), Sophie Robert ait été obligée de couper ce complément fait par Alexandre Stevens. En effet, du coup cela fait perdre au spectateur la possibilité de voir la haute estime en laquelle Alexandre Stevens tient les statistiques en tant que preuve. Si je comprends bien ce qu'il essaie de dire – et je me retrouve forcé à l'interprétation et donc exposé au risque de dénaturer sa pensée et de subir un procès - , je peux le résumer ainsi :


« Oui, une hypothèse possible des causes de l 'autisme est la dépression maternelle, je n'ai aucune statistique à mon appui pour le prouver, mais de toutes façon, pour ce que ça vaut, les statistiques, hein  ?!». ["citation" imaginaire]
Alors, en l'absence de preuve statistique et de présentation dans la foulée d'une hypothèse alternative à celle de la dépression maternelle, on peut comprendre que Sophie Robert ait choisi de ne garder que la seule hypothèse sans preuve que l'interviewé a mis en avant à ce moment de la conversation. Là aussi, Alexandre Stevens est dans la droite ligne de toute l'attitude historique de la psychanalyse, qui n'a jamais cherché à fournir la moindre validation de type statistique pour corroborer ses hypothèses, se contentant de les nourrir de la magie de la rhétorique théorique. On peut donc comprendre que la réalisatrice choisisse de garder au montage ce qui est le plus typique de l'approche psychanalytique, ce qui fait sa particularité par rapport aux autres méthodes d'investigation des troubles mentaux. Elle pouvait, dans son montage, d'autant plus se passer des considérations statistiques d'Alexandre Stevens sur la dépression maternelle qu'elle a gardé par ailleurs un autre moment qui concerne ce sujet, lorsqu'elle demande avec malice à la dame au crocodile si on a constaté plus de cas d'autismes qu'ailleurs dans les endroits ou les femmes sont plus exposées à la dépression, comme les zones en guerre ou les favelas....


Encore plus fort : le jugement signale ensuite un autre passage des rushs qui viendrait donner un autre éclairage à la pensée d'Alexandre Stevens et prouver que celle-ci a été dénaturée en le présentant comme un défenseur de l'hypothèse de la toxicité parentale dans la genèse de l'autisme infantile. [A propos la pathologie] :

« Elle est d'abord de la responsabilité du sujet lui même. C’est lui qui a choisi - c’est étrange de dire un petit bébé a choisi mais c’est comme ça - de se tenir en retrait par rapport à une certaine dimension d’envahissement qu’il a connue. il est vrai que ce choix de l’enfant va aussi varier en fonction de ce qui lui vient de l’autre, de l’extérieur, des autres mais je n’ai pas l'idée moi qu'il v ait une grande responsabilité des mauvais parents qui de ce fait font que leur enfants soient autistes. Je ne mets pas la responsabilité, la faute de ça sur les parents».

Où l'on apprend que l'autisme ce n'est pas toujours la faute des parents, mais aussi avant tout.... le choix de l'autiste !!!
Il est là aussi dommage que cette perle ait dû être coupé au montage, parce qu'elle est encore une fois à charge contre la psychanalyse, pour toute personne un peu censée et rationnelle. On remarque aussi que dans cette phrase rajoutée, l'enfant est quand même victime d'une « certaine dimension d'envahissement », ce qui n'est pas très clair comme notion, mais qui fait probablement référence à une sorte d'image d'Epinal de la mère trop possessive qui ne veut pas se séparer de son enfants [le genre de salades racontées par les freudiens dans Le Mur, et ce jusqu'à l'écoeurement].
Je fais au passage remarquer que dans ce passage restitué dans le jugement, c'est la fin de la phrase qui est volontairement soulignée, et pas l'expression « une certain dimension d'envahissement »... et si ce choix du soulignement dénaturait la vraie pensée d'Alexandre Stevens, en faisant ressortir un aspect plutôt qu'un autre ? Et si la personne chargée de rendre la justice était ici confrontée aux mêmes difficultés et à la même subjectivité que la personne chargée de faire un montage ?

Il est vrai toutefois que le montage choisi par Sophie Robert évacue ces dénégations à propos de l'accusation contre les parents, qui sont encore renforcées dans autre passage restitué parle jugement :

« mais je dis cela pour qu'on entende pas, ou pour qu'on entende que je ne considère pas qu'il y ait là une faute commise par l'autre et que c'est donc les parents qui ont mal fait, je ne pense pas que c'est le cas. Bien entendu, ça peut être le cas de surcroît, mais ça n'est pas nécessairement le cas. »

Aucune pensée ne donnant complètement à voir sa vraie et complète « nature » ou « essence », surtout pas celle qui se situe dans la tradition lacanienne, nous nous retrouvons à nouveau obligés d'interpréter en tentant de rester le plus fidèle possible à ce qui est exprimé et se donne à entendre – et les psychanalystes devraient être ravis de ça, c'est leur truc, l'interprétation....
Ce que je comprends de tout cela, c'est qu'Alexandre Stevens a bien conscience que ça fait très mauvais genre de mettre frontalement en accusation les parents dans le déclenchement de l'autisme, que tout cela est passé de mode, et que peut-être lui-même – en tous cas je lui accorde volontiers le bénéfice de ça - n'aime pas se voir comme quelqu'un pensant ça.
Mais au final, quand on a fini de suivre ses propos restitués, quelle autre hypothèse qu'un trouble dans la relation parent/enfant a été envisagée ? Aucune. Qu'il ne veuille pas charger moralement les parents d'une responsabilité relevant de la culpabilité , et qu'il le dise, est une chose, mais reprocher à Sophie Robert d'avoir résumé la pensée d'Alexandre Stevens (et des autres psychanalystes) en disant dans son commentaire :

pour les psychanalystes, l’autisme est une psychose, autrement dit un trouble psychique majeur résultant d’une mauvaise relation maternelle”, [commentaire du film cité à charge dans le jugement]

en est une autre, qui me semble très différente.

Alexandre Stevens a bien mis en avant le rôle d'une mauvaise relation parentale (à défaut d'être strictement maternelle), même si il ne considère pas cette relation comme une « faute » des parents, mais juste comme un fait causal.
Et je ne crois pas que Sophie Robert ait dit ou lui ai fait dire autre chose, je ne vois donc toujours pas en quoi elle a dénaturé sa pensée, même si elle n'a pas repris les dénégations d'Alexandre Stevens sur une attitude de sa part consistant à culpabiliser les parents
[thème qui si je me souviens bien n'est pas abordé dans le film, qui ne se place pas sur le plan de la morale et de la culpabilité, mais sur celui des causes de la maladie. Le film ironise sur la caractère farfelu et réactionnaire des explications proposées, plus qu'il ne monte au créneau sur le thème de la responsabilité des psychanalystes dans la culpabilisation des parents. Le montage de Sophie Robert est forcément lié à ce choix, quelle a parfaitement le droit de faire en tant qu'auteure].

Au final, sur la base de la réhabilitation de celui-ci faite par le jugement, on peut imaginer Alexandre Stevens accueillir dans son cabinet des parents d'enfants autistes et leur dire :

« Bon, le problème de votre enfant vient sans doute d'un problème dans la relation que vous avez avec lui – je dis ça mais j'en sais rien, ça vaut ce que valent les statistiques - mais attention, hein, sachez bien que ce n'est pas votre faute ». ["citation" imaginaire]

Bon courage les parents...

 

Concernant Esthela Solano-Suarez et Eric Laurent (pages 8-10 du jugement):

Je ne m'attarderai pas autant que sur le cas d'Alexandre Stevens, dont j'ai déjà dit que c'est lui qui pouvait le plus prétendre avoir "souffert" au montage. Pour les deux autres plaignants, c'est vraiment l'incompréhension qui domine. Qu'est ce que les compléments présents dans les rushs et restitués dans le jugement viennent fondamentalement changer à ce que Sophie Robert a présenté de leur propos dans le film ???????

Chacun peut lire et se faire une idée.

Par exemple, à propos d'Esther Solana, il est reproché à Sophie Robert d'avoir, pour les besoins du montage, accolé une de ses réponses à la question (dans le film) :

« en quoi consiste le traitement psychahanalytique des enfants autistes ? »

alors que la question posée à la psychanalyste dans l'interview initiale était :

« en quoi la psychanalyse éclaire votre regard sur l'autisme, par exemple, sur la genèse des troubles autistiques ? »

….

Heu, on peut m'expliquer ? C'est quoi, la différence ??????

En quoi le sens de la question dans le film n'est-il pas exactement le même que celui de la question qui a été posée dans l'interview ???????

 

Et c'est tout ?

C'est seulement ce genre de choses qui a pu être trouvé après dépouillement minutieux de l'intégralité des rushs ???? C'est vraiment tout ????


Je croyais que des réponses avaient été collées sur des questions qui n'avaient rien à voir, que des réponses avaient été présentées comme concernant l'autisme alors que ce n'est pas le sujet !  C'est où, tout ça ????

Du coup, à la limite, sur la base du jugement, Sophie Robet pourrait poursuivre Caroline Eliacheff pour diffamation... si elle rentrait dans le même genre de logique folle que ses « adversaires ».

Parce que, ils sont où, les exemples de ces manipulations supposées ? Pas dans le jugement, qui ne fait que citer des pécadilles, autour de l'idée selon laquelle Sophie Robert aligne dans son montage plusieurs réponses de différents psychanalystes à partir d'une même question initiale, alors que dans les interviews la question n'était pas formulée de la même manière.

Et alors ? Où est la « dénaturation » ? Les personnes qui mènent une série d'interviews doivent-ils désormais annoner comme des robots les mêmes questions au mot près pour pouvoir ensuite faire un montage qui leur permette d'accoler quelques réponses de suite sans restituer à chaque fois la question précise ?

On le voit bien : c'est le travail même de documentariste qui est menacé par ce jugement, qui dit constater des dénaturations sans que l'on puisse généralement comprendre où elles se situent. Allez faire désormais un montage dans des conditions pareilles !

 

Dans le cas d'Eric Laurent, la condamnation de Sophie Robert repose sur le fait que dans le film

« le demandeur [Eric Laurent] serait dans le refus des connaissances scientifiques actuelles ».

Voilà ainsi la justice qui se place dans le rôle de définir quelles sont vraiment les conceptions scientifiques actuelles, et qui les refuse ou pas !

Ceci me semble grave et constitue un nouvel exemple de quelque chose d'inquiétant qui est dans l'air du temps. La justice ne devrait pas avoir à statuer sur ce genre de choses, parce que ce n'est pas à la justice de décider quel est l'état de connaissances scientifiques et qui s'y conforme, c'est à la communauté scientifique de le faire si c'est absolument indispensable dans le débat public. On peut penser par exemple que l'Académie des Sciences avait plus de légitimité à intervenir dans la controverse entre Claude Allègre et les climatologues, pour la « trancher », que le tribunal de Lille à dire si Eric Laurent refuse ou non les connaissances scientifiques actuelles.

D'ailleurs, dans le jugement, sur quoi se fonde l'appréciation selon laquelle Eric Laurent respecterait les connaissances scientifiques et que Sophie Robert doit donc être condamnée pour avoir dit ou sous-entendu le contraire ? Sur la convocation à la barre des plus grands experts mondiaux en matière de neurobiologie, amenés à examiner les propos d'Eric Laurent pour juger de leurs scientificité ?

Pas du tout. Le jugement se fonde...sur le fait qu'Eric Laurent dit  respecter les connaissances scientifiques actuelles.
Oui, c'est tout.
Et est donc restitué dans le jugement un extrait des propos d'Eric Laurent coupés au montage :

« il faut intégrer bien sûr, nous vivons avec le fait que la description de nous-mêmes comme mécanisme biologique se complexifie, des hypothèses amenées par les neurosciences, par la biologie fondamentale, par tel chercheur, telle équipe etc., nous les commentons, commentaires continus, que nous devons faire, qui bien entendu fait la particularité de la psychanalyse aujourd'hui ».

Pourquoi peut-on donc dire qu'Eric Laurent respecte les connaisances scientifiques ?
Parce qu'il le dit

Qu'est ce que respecter ces connaissances, selon lui ?
Les commenter.


Soyons d'accord un instant avec Eric Laurent :
ce qui fait la particularité de la psychanalyse, aujourd'hui comme hier, c'est que son rapport à la science consiste à commenter celle-ci.

Pas à en tenir compte, et moins encore à y participer.


[Apparté :

Pour quiconque voudrait avoir un exemple de la pratique des psychanalystes qui se targuent d'être ouverts aux neurosciences et de faire dans la dite « neuropsychanalyse », il est possible d'aller voir cette vidéo d'un autre « héros » du Mur, le psychanalyste Bernard Golse, qui s'amuse avec son compère Serge Lebovici à commenter une consultation que ce dernier avait faite avec un couple de parents et leur enfant qui ne parle pas. On peut y mesurer toute l'ampleur de la volonté des psychanalystes de ne pas mettre en accusation les parents et de coller aux progrès des neurosciences - attention, la vidéo est assez éprouvante à regarder, tant l'attitude des deux freudiens en pleine crise d'analyse peut apparaître odieuse à qui n'est pas du sérail - :

http://rutube.ru/tracks/5180041.html

Fin de l'apparté]

Pour en revenir au cas d'"Eric Laurent qui respecte les connaissances scientifiques" : sur la base de ce jugement, il ne sera donc plus possible de faire un reportage sur l'astrologie dans lequel vous donnez la parole aux astrologues pour montrer l'absurdité de leurs thèses...si dans le montage final vous ne retenez pas le moment où un astrologue affirme : «  Mais attention, hein, nous autres astrologues sommes très attentifs aux progrès de l'astrophysique, et d'ailleurs, nous les commentons ».

Plus possible non plus de faire un reportage sur l'homéopathie en montrant que les conceptions des homéopathes ignorent et défient les lois de la physique telles qu'elles nous sont connues... si vous ne gardez pas dans le montage final le moment où un confrère de Boiron dirait « nous sommes très attentifs aux progrès de la biologie moléculaire, et d'ailleurs nous les commentons ».


 

Je me suis donc efforcé de montrer que le film Le Mur ne dénature ni les conceptions de la psychanalyse, ni les propos des trois plaignants, et que si ce jugement n'est pas cassé en appel et fait jurisprudence, c'est toute la liberté du documentariste de choisir son montage qui est attaquée, ou remise entre les mains de l'appréciation d'un juge - malgré le refus dans le jugement de considérer les interviewés comme des coauteurs du film.
Sur cette base-là, toute personne mécontente de l'image qu'un film donne de lui pourra sans aucun risque entreprendre un procès de ce genre et le gagner, parce qu'en fouillant dans des heures de rushs, il est évident que l'on trouvera toujours des exemples de l'ordre de ceux cités dans le jugement, quel que soit le sujet du film. Du fait du processus du montage, c'est obligatoire, sauf à proposer des films sans rythme dans lesquels les séquences extraites des rushs sont intégralement restituées.
Je pourrais par exemple décider de porter plainte contre un réalisateur qui, afin de ne pas proposer un film trop chiant, a supprimé un moment de silence dans mon commentaire. Ben oui, un silence, c'est porteur de sens [il y a en a d'ailleurs quelques-uns de très éloquents qui sont présentés dans Le Mur – vous ai-je déjà conseillé de voir ce film ?], et donc couper mon silence, c'est dénaturer ma pensée, par exemple en effaçant la part de doute (et donc de nuance) qu'elle comprend.


Amis journalistes qui préparez des reportages sur Marine Le Pen et sur le racisme que vous discerneriez dans ses conceptions,  soyez très méfiants. Si vous ne laissez pas au montage le moment où elle dit qu'elle n'est pas du tout raciste, vous vous exposez à des représailles judiciaires qui ne seraient pas à votre avantage.


 

Maintenant, il est évident que nous n'allons pas en rester là, non seulement parce que Sophie Robert a décidé de faire appel, mais aussi parce qu'elle a annoncé sa volonté de rendre publique l'intégralité des rushes, ce qui permettra à chacun de se faire une opinion encore plus précise. Nul doute que l'on y trouvera encore quelques perles comme celles qui apparaissent dans le jugement, ce qui qui devrait contribuer à décrédibiliser plus qu'ils ne le sont déjà les freudiens interviewés dans le film. En ce sens, je me dis que les plaigants et les lacaniens en général ne sont pas au bout de leurs peines, loin s'en faut.

Enfin, il me semble aussi important que ce procès soit connu et évoqué dans le milieu des documentaristes, qui devraient y trouver matière à se mobiliser afin de défendre leur liberté en tant qu'auteurs. Il n'est pas nécessaire pour cela d'être d'accord avec Sophie Robert, ni sur le fond, ni même sur la forme d'ailleurs. Parce qu'un montage, ça peut toujours se discuter - plutôt que ça ne se juge dans un tribunal. Personnellement, je ne suis pas un fan de l'utilisation de la musique dans le film pour souligner des effets visant à provoquer l'émotion chez le spectateur. J'aime ça dans les films romantiques hollywoodiens, mais je suis très méfiant dans le cadre de documentaires visant à défendre une thèse. Chez Marie-Monique Robin, que je ne supporte pas, comme chez Sophie Robert ou Michaël Moore, que j'aime beaucoup.

Mais peu importe.

Ce qui compte, c'est de savoir si Sophie Robert a manipulé ses spectateurs en faisant dire aux personnes qu'elle a interviewées autre chose que ce qu'ils ont dit.


Et là, c'est non, non, trois fois non, et encore non.

Le texte du jugement le prouve, aussi paradoxal cela soit-il.

 

Yann Kindo

 

Nb : Tout comme le film Le Mur, ce billet de blog était une entreprise à charge visant à ridiculiser la psychanalyse mais aussi les psychanalystes, dans le but entre autres de contribuer à éradiquer cette pseudo-science de la prise en charge de l'autisme. Pas la peine de perdre du temps à révéler mon ambition cachée : elle ne l'est pas, et elle s'affiche même très ouvertement.

Ce billet ne vise pas à une neutralité de bon aloi dans le contexte de la dite « guerre des psys », et pourra facilement être accusé de « campisme » par ceux qui ont comme moi une formation intellectuelle trotskyste. Il s'agit bien, pour la prise en charge de l'autisme, de contribuer à faire se tourner la page de la psychanalyse, pour favoriser le développement des méthodes éducatives comportementalistes. Je ne sais pas à quel point celles-ci sont en réalité performantes, mais je sais que par définition elles ne peuvent pas être aussi stériles ou nocives que les méthodes psychanalytiques.

Enfin, en attendant le résultat du procès en appel, ce billet a pour but avoué de contribuer à faire de cette victoire judiciaire des censeurs lacaniens une victoire à la Pyrrhus, qui par un effet boomerang mette encore plus en lumière l'absurdité et le sexisme véhiculés par leurs théories, renforce la notoriété du film (et des suivants...) qu'ils veulent faire interdire en frappant Sophie Robert au portefeuille, et contribue involontairement à une réaction de levée de bouclier pour défendre la liberté d'expression et le droit au montage des documentaristes.
Ce billet vise clairement, sur le plan de leur image en tant qu'intellectuels, à faire payer aux trois plaignants les intérêts de leur action inquisitrice, et à leur infliger autant de dommages et de préjudices que possible.

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