Le jurassic-parc de la politique

Il faut absolument lire cet entretient d'André Billardon, maire PS du Creusot dans Creusot-infos.com :

http://www.creusot-infos.com/article.php?sid=43361&thold=0

Je passerai sur la mise dos à dos des salariés d'Arcelor-Mittal et de leurs employeurs, ce qui en dit long sur le personnage, mais bon, respectons les convictions politiques de cet élu qui met sur le même ring les employés et les employeurs en disant "que le meilleur gagne !". Je commenterai simplement sa réponse à une question concernant le projet d'aéroport de notre Dame des Landes près de Nantes car tant de bêtises dans ces propos méritent le coup de règle sur les doigts (c'est une métaphore).

On sent dans le ton de M. Billardon une amère déception qu'il n'y ait pas de projet d'aéroport analogue en Saône-et-Loire. Il connaît très mal son dossier, car dans une région du grand-ouest qui dispose déjà de 14 aéroports, dont celui de Nantes-Atlantiques, la construction d'un nouvel aéroport permettant de doper l'activité économique reste à démontrer dans un contexte où le trafic aérien stagne et où le coût du carburant est appelé durablement à être à la hausse de par sa raréfaction. Les seuls emplois créés seront ceux transférés de Nantes-Atlantique et ceux qui seront pris sur les autres aéroports de la zone, qui de Tour à Angers, en passant par Cherbourg et Rennes devront réduire leur voilure. Une opération qui devra coûter à la société des centaines de millions d'euros selon l'étude indépendante du cabinet hollandais CE-Delft. Une aberration économique en cette période d'austérité programmée quand on sait que l'actuel aéroport de Nantes (3,2 millions de passagers en 2011) est le même que celui de Genève (10 millions de passagers) et qu'il est plus grand que celui de Londres-Gatwick (31 millions de passagers).

Dans cette période de transition énergétique, si nous voulons tenir nos engagements de réduction de gaz à effets de serre de 20% d'ici 2020, et de les diviser par 4 d'ici 2050, nous ne pouvons plus nous permettre de faire n'importe quoi en matière de développement.
(source http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/climat-union-europeenne/negociations-climat-union-europeenne-parlera-t-elle-seule-voix.html)


Désormais, dans les politiques publiques d'aménagement du territoire, et quoi qu'en disent tous les dinosaures de la politique qui commencent à sucrer les fraises, il y aura un AVANT "Notre-Dame-des-Landes" et un APRÈS. Et la société civile, qui - elle - n'a pas de compte à rendre à Vinci, mais aux générations futures, sera là en juge et arbitre...

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