Tous Propriétaires ?

Voilà des années que l’on nous vente une politique d’accès à la propriété pour résoudre le problème de mal logement...

Cette politique on le sait ne s’adresse qu’à une minorité de citoyens. La dernière étude de l’INSEE et du spécialiste du crédit Empruntis le confirme.

Moins de 20 % des Français ont aujourd’hui les moyens de s’acheter un logement. D’après l’Insee, seulement 20% des ménages français disposaient en 2009 d’un revenu supérieur à 46.880 euros par an, soit 3.906 euros par mois. Les ménages souhaitant acquérir un bien immobilier doivent dorénavant gagner plus de 4 000 euros net par mois et disposer de 50 000 euros d’apport personnel. Le montant de l’apport personnel dans l’acquisition d’un bien pour un ménage acheteur de son logement s’élevait seulement à 25 000 euros en 2005, précise une étude d’Empruntis (http://www.empruntis.com/espace-presse/communiques/cp_bilan_region_2012.pdf) qui met donc en exergue le doublement de cet apport en seulement 7 ans. La grande information de cette dernière étude porte sur le montant de l’apport, en effet, il a battu cette année tous les records des années précédentes, s’établissant en moyenne à 50 465€, un niveau jamais atteint même en 2010. « C’est la première fois que l’apport moyen franchit la barre des 50 000€, et si ce chiffre est certes hautement symbolique, il faut se rappeler qu’il y a une petite quinzaine d’années à peine, cette somme correspondait à un bien immobilier correct en province et au prix d’un studio à Paris. » Commente Maël Bernier, Directrice de la communication d’Empruntis.com. « Au-delà de la comparaison anecdotique, on est en droit de se poser la question de qui peut disposer aujourd’hui d’un tel apport ? Cette somme de 50 465€ étant qui plus est dépassée, en Ile-de-France notamment, avec un apport moyen de 82 840€. » Ajoute Maël Bernier. « Encore une fois, cette hausse de l’apport moyen dans nos dossiers n’est pas seulement la conséquence d’une exigence supplémentaire des banquiers, mais bien et c’est ce qui est inquiétant de la représentation grandissante des secundo-accédants dans nos dossiers au détriment des primo-accédants ne disposant que d’un très faible apport. » Analyse Maël Bernier. Et cet apport augmente sans exception dans toutes les régions avec des hausses comprises entre 3000 et plus de 8000€. Si on l’ajoute au montant moyen emprunté cet apport moyen national on obtient le montant moyen d’un bien immobilier France entière à savoir 210 233€.

Il est temps de relancer l’aide à la pierre et surtout que l’Etat avec notamment la Caisse des dépôts et consignations lance un programme de construction de logements aux loyers accessibles et contrôlés. En 1966 a été mis en place le marché hypothécaire ouvrant aux banques la faculté d’offrir des crédits à long terme et de réduire la part de l’apport initial. À ceci est venu s’ajouter la création de comptes épargnes logements, favorisant un financement bancaire massif de la construction. En 1962, en France, les banques assuraient 21,7% des crédits au logement, en 1972 leur part est passée à 65,1%. À l’inverse la part du secteur public est tombé lui de 59,7% à 29,7%. Il est temps que l’Etat relance une politique d’aide à la pierre en reprenant en main le financement de la construction des logements, empêchant toute possibilité de dérive vers des « subprimes » et permettant surtout de garantir un logement pour tous.

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