Informations Japon Centrale Nucléaire de Fukushima dai-ichi

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Centrale Nucléaire de Fukushima dai-ichi

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Appel à souscription pour le Japon

Par solidarité avec le Japon touché par trois catastrophes simultanées, l’ACRO a décidé de lancer une souscription pour réunir un fonds de soutien aux demandes japonaises en termes de surveillance citoyenne de la radioactivité dans l’environnement.

Envoyez vos dons* par chèque à : ACRO, 138 rue de l'église, 14200 Hérouville-Saint-Clair, France
Libellé à l'ordre de l'ACRO Veuillez mentionner clairement au dos du chèque ou sur l'enveloppe : Aide au Japon
* montant déductible des impots
Communiqué de presse

Make a donation for Japan

ACRO is raising funds to help the Japanese citizens to monitor the radioactivity in the environment

Contact: acro@acro.eu.org






Situation en France : les calculs prédisent un impact très faible du panache radioactif en France, mais l'ACRO, avec son réseau de préleveurs volontaires, sera vigilante. Les premières données seront disponibles en ligne dès que nous aurons fait les mesures.
Lire la radioactivité expliquée aux enfants.


Actualités Japon

Page mise à jour régulièrement, veuillez actualiser pour les dernières nouvelles.


L’accident de fusion du cœur est le plus craint par l’industrie nucléaire. Après le tremblement de terre d’une magnitude exceptionnelle et le tsunami qui ont frappé le Nord Est du Japon, elle a eu lieu dans trois des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima dai-ichi où la situation est encore incertaine.

Nous tentons, sur cette page de suivre les évènements en nous basant essentiellement sur la presse japonaise.

Notre pensée va d’abord aux nombreuses victimes et leurs proches. Nous saluons aussi le courage des employés de la centrale qui font le maximum pour éviter le pire dans une situation de désastre. Outre les problèmes personnels qui doivent les frapper dans ces circonstances, les employés de la centrale prennent des risques. En cas d’explosion, ils seraient les premiers touchés. Il a aussi été relevé aussi des taux d’irradiation de plusieurs millisievert par heure à proximité du réacteur (soit de l’ordre de 10.000 fois le bruit de fond radioactif naturel), alors que la dose maximale admissible pour la population est d’un millisievert par an.

Mardi 15 dans la journée un débit de dose de 400 millisieverts par heure a été mesuré à proximité du réacteur n°3 pendant l'incendie au niveau du réacteur n°4 ! La situation est devenue excessivement dangereuse pour les personnes sur place. Elle est ensuite retombée au niveau de l'ordre du millisievert par heure.

Jeudi 17 dans la journée, les niveaux étaient de nouveau de l'ordre de 400 millisieverts par heure. Plusieurs employés sont déjà hospitalisés. Dans soirée, il est retombé à 271 microsiverts par heure à la porte ouest de la centrale, laissant présager un effet des arrosages.

La limite travailleurs a été augmentée à 250 mSv par le gouvernement. Le standard international en cas de crise grave est de 500 mSv.

Dimanche 20 mars matin, 7 employés de TEPCo avaient reçu une dose supérieure à 100 millisieverts, la dose maximale habituellement admissible. L'un des ouvriers blessés lors de l'explosion du réacteur n°3 a été exposé a un débit de dose de 150 millisieverts par heure.

L'armée et les pompiers ont aussi commencé à intervenir. Pour les militaires, la dose est limitée à 50 millisieverts. Pour les pompiers, la limite est de 30 millisieverts.

La situation est très grave. Le système de refroidissement de secours de plusieurs réacteurs, tous à l’arrêt, n’a pas démarré suite à l'inondation liée au tsunami. Le cœur a commencé à s’échauffer et la pression a augmenté. Les populations riveraines ont été évacuées, d’abord dans un rayon de 3 km, puis 10 et maintenant 20 km en fonction de l’évolution. Et cela dans des conditions extrêmement difficiles.

Mardi 15 mars matin, alors que la situation était extrêment critique à la centrale, il restait 354 personnes à évacuer dans le rayon des 20 km. Ce sont par exemple des personnes hospitalisées. L'évacuation a finalement eu lieu pendant la journée de mardi. Deux personnes hospitalisées sont mortes pendant l'évacuation.

Mardi 15 matin, le mot "Tchernobyl" a commencé à apparaître dans les déclarations officielles, pour dire que c'est moins grave.

Mercredi 16, l'ambassade des Etats-Unis à Tokyo a recommandé aux citoyens américains l'évacuation d'un périmètre de 50 miles (80 km) autour de la centrale de Fukushima. Samedi 19 mars, plus de mille patients hospitalisés ont été évacués de la zone de sécurité située dans un rayon de 20 à 30 km.

Afin de conserver l’intégrité de l’enceinte de confinement, qui doit garantir le confinement du combustible, des relargages de gaz radioactifs sont régulièrement effectués. Une contamination en iode et césium a été relevée. Voir plus bas.

Il a été annoncé jeudi 17, que malgré la situation radioactive, tout était fait pour apporter de l'électricité au plus vite vers la centrale. Après avoir été attendue pour jeudi après midi, tarde à être rétablie. Cette électricité permettra peut-être de remettre en route de circuits de refroidissement classiques pour les réacteurs pas trop endommagés. Cela pourrait être le cas du n°2. Voir plus bas. Mardi 22 mars, les 6 réacteurs étaient reliés à une source électrique extérieure au site.

La journée la plus inquiétante a été mardi 15 mars. Un tableau de données de mesures sur le site de la centrale de Fukushima dai-ichi, mis en ligne sur le site Internet de TEPCO (en japonais), montre une élévation d'un facteur 10 du rayonnement neutron à partir de ce jour, ce qui est un très mauvais signe. En effet, c'est un signe de démarrage de réactions nucléaires.

Mercredi dans la journée, TEPCo a reconnu que la possibilité du redémarrage d'une réaction en chaîne n'était pas à exclure.
Le rayonnement neutron n'a pas augmenté depuis.

La Corée du Sud a annoncé mercredi qu'elle envoyait 52,6 tonnes d'acide borique au Japon sur son stock de 309 tonnes. Le bore sert à empêcher ou arrêter les réactions en chaîne. La France a suivi avec 100 tonnes.

Réacteur n°1

Chronologie des évènements

Suite à une réplique sismique, une explosion d’hydrogène a soufflé le toit du bâtiment réacteur n°1 le samedi 12 mars, mais l’enceinte de confinement serait intègre. En libérant des gaz radioactifs, l’explosion aurait entraîné une baisse de l’irradiation ambiante au niveau de la centrale.

Lors d'une conférence de presse du dimanche 13 mars à 19h30 (heure japonaise), le CNIC a expliqué que la pression à l'intérieur de l'enceinte de confinement a atteint 1,5 fois la pression maximale autorisée.

Dans la soirée du samedi 12 mars, les autorités ont autorisé le noyage du bâtiment réacteur avec de l’eau de mer borée afin de refroidir le cœur. Dimanche, la situation se serait stabilisée. Le bore absorbe les neutrons et est injecté pour éviter un accident de criticité (réaction nucléaire en chaîne explosive).

Pour le moment, il est fait mention de 4 employés de la centrale blessés lors de l’explosion et d'un mort. Au moins 21 personnes auraient été contaminées par les dégazages pendant qu’elles attendaient les secours dans la zone d'évacuations des 20 km. On a appris plus tard, que le nombre total de personnes contaminées pourrait atteindre les 160.

Mercredi 16 mars, TEPCo a annoncé qu'elle pense que 70% du combustible de ce réacteur est endommagé suite à un début de fusion. La situation semble stabilisée.

TEPCo espère rétablir l'électricité dans ce réacteur, d'abord vendredi 18 ou samedi 19 mars. La date est repoussée sans cesse. La compagnie a aussi envisagé d'asperger préventivement de l'eau dans la piscine pour éviter les problèmes survenus dans les autres réacteurs.

L'électricité étant arrivée jusqu'au réacteur, TEPCo espère remettre sous tension certains équipements à partir de mercredi 23 mars.

Mercredi 23 mars à 10h, heure locale, la température du réacteur n°1 est descendue à 390° C, ce qui est toujours au-dessus de la température maximale fixée par le constructeur qui est de 302°C. TEPCo aurait donc multiplié par 9 la quantité d'eau injectée dans le réacteur, même s'il n'y a pas de risque de fusion du coeur à cette température.

Etat actuel du réacteur

La température du coeur est montée jusqu'à 400°C avant que de l'eau de mer y soit injectée pour le refroidir.

Des relâchages contrôlés de gaz radioactifs ont eu lieu régulièrement mais semblent arrêtés depuis le 19 mars. De l'eau de mer continue à y être pompée.

L'électricité est arrivée dans ce réacteur.

Réacteur n°3

Chronologie des évènements

La situation est aussi devenue inquiétante dans le réacteur n°3 dimanche 13 mars matin (heure japonaise). L'eau de refroidissement a aussi manqué. Le niveau d'eau aurait ensuite été rétabli.

Ce réacteur est chargé en MOx, combustible contenant plus de plutonium que le combustible classique. La température de fusion du MOX est aussi plus basse que celle du combustible classique. Un nouveau chargement de Mox devait quitter prochainement la France pour ce réacteur.

Lors d'une conférence de presse qui a eu lieu vers 17h30 heure japonaise dimanche 13 mars, l'autorité de sûreté japonaise a annoncé que de l'eau de mer a aussi été injectée dans ce réacteur et des gaz relargués. Elle n'exclue pas la présence de poches d'hydrogène pouvant entraîner une explosion comme pour le réacteur n°1.

De fait, deux explosions hydrogène ont aussi eu lieu dans le réacteur n°3, lundi 14 mars à 11h, heure locale. Il y aurait 11 blessés. L'enceinte de confinement n'aurait pas été endommagée.

Les autorités japonaises ont déclaré dimanche, en début d'après midi (heure japonaise), qu'elles considéraient comme fort probable que la fusion du coeur ait eu lieu dans les réacteurs n°1 et 3 de la centrale de Fukushima dai-ichi. Même si elles ne peuvent pas le vérifier, elles travaillent actuellement avec cette hypothèse. Mardi 15 mars, la situation semblait stabilisée dans ces deux réacteurs.

D'après le Japan Times daté du 15 mars, dans la nuit de dimanche à lundi (à confirmer) l'injection d'eau de mer dans le réacteur n°3 a cessé entre 1h et 3h20 du fait du manque d'eau dans la citerne. Cela a entraîné un échauffement, une montée en pression et une augmentation du rayonnement. TEPCo a envisagé de relâcher de la vapeur radioactive pour faire baisser la pression et d'évacuer ses employés. Mais la pression a finalement baissé et les opérations ont repris.

Depuis mercredi 16 mars 10h (heure locale) de la fumée blanche est visible au dessus du réacteur n°3. Les niveaux de radioactivité ont augmenté soudainement jusqu'à 6,4 millisieverts/h et fluctuent ensuite autour de la valeur moitié. L'origine de cette vapeur d'eau radioactive a fait l'objet de toutes les spéculations :
- eau dans le bassin de suppression qui est sous le coeur pour recueillir les condensats ?
- fuite du coeur endommagé ?
Dans la soirée, les autorités se sont montrées plus rassurantes : il semblerait que ce soit de la vapeur provenant de la piscine de combustible. Si de la vapeur d'eau était visible, cela signifie que la température du bassin doit être élevée. Il ne doit plus en rester beaucoup. Il faut donc trouver un moyen d'ajouter de l'eau dans cette piscine, mais le rayonnement est trop élevé pour pouvoir approcher. Plusieurs solutions ont été recherchées et testées.

Jeudi 17 mars matin, des hélicopters de l'armée japonaise ont effectué 4 rotations pour arroser le réacteur n°3, mais le niveau de radiation n'a pas baissé. Leur survol était beaucoup plus élevé que lors du test de la veille au dessus du réacteur n°4 et donc le largage d'eau moins précis. Il faudrait plus d'une centaine de rotations pour remplir le bassin à un niveau minimal. Des camions pompiers sont ensuite arrivés sur le site en soutien. La pression dans le réacteur est toujours en hausse. A 16h, heure locale, de nouveaux camions de pompier avec un chargement d'eau sont arrivés. Dès que l'évacuation des personnels est terminée, ils vont commencer à asperger le réacteur n°3.

Mais, les premiers camions se sont révélés inopérants à cause du niveau de radioactivité. Cinq nouveaux camions anti-émeutes de l'armée qui peuvent être actionnés sans sortir de la cabine sont arrivés sur place pour prendre le relai. Cela représente 30 tonnes d'eau en tout. Il ne peuvent rester que très peu de temps sur place (90 secondes).

Depuis jeudi 17 mars au soir, la piscine du réacteur n° 3 est source d'inquiétude. Le panache de vapeur serait un signe que l'eau atteint bien les combustibles. La présence de MOx dans le coeur est une source d'inquiétude supplémentaire qui fait que ce réacteur nécessite plus d'attention. Vendredi 18 mars, la situation de la piscine semble stabilisée. Les arrosages à partir des camions anti-émeutes se poursuivent. 50 tonnes d'eau auraient été aspergées ce jour. Un canon à eau puissant a été prêté par l'armée américaine. Le même jour, le survol des réacteurs a confirmé que les niveaux d'eau dans les piscines n°3 et n°4 étaient bas.

Les pompiers de Tokyo ont aussi été impliqués car ils possèdent un camion qui peut arroser sur une hauteur de 22 mètres à un débit de 3,8 tonnes d'eau par minute. Ce camion, utilisé pour les incendies dans les grands bâtiments, peut être actionné à distance, sans exposer les pompiers. D'autres camions l'alimentent en eau. Mais, le plein de diesel doit être fait deux ou trois fois sur une intervention de 7 heures. D'autres pompiers d'autres grandes villes pourraient aussi intervenir.

Ces opérations ont continué au cours de la journée de samedi 19 mars et la situation semblait se stabiliser. Dimanche 20 mars, les autorités ont annoncé avoir aspergé 2 000 tonnes d'eau dans la piscine du réacteur qui ne peut en contenir de 1 400 tonnes.

Un hélicoptère de l'armée a survolé la centrale dimanche 20 pour mesurer la température. Dimance matin, la pression a recommencé à monter dans le coeur. Elle semble s'être stabilisée dans l'après-midi, après avoir relâché des gaz radioactifs. La température du coeur serait de 128°C. Celle de la piscine est inférieure à 100°C.

De la fumée a été vue lundi 21 mars, entraînant l'évacuation d'une partie des personnels, sans que l'origine soit connue. Cette fumée a disparu vers 18h (heure locale). Les pompiers encore aspergé de l'eau auparavant, pendant 6 heures trente minutes. La quantité totale d'eau pour la piscine de ce réacteur s'élève à 3 700 tonnes.

Mardi 22 mars, l'électricité a été rétablie. Chaque pièce doit maintenant être contrôlée avant d'être mise sous tension qui devrait commencer jeudi. La lumière de la salle de contrôle a été rétablie mardi 22. De grandes quantités d'eau ont encore été aspergées au dessus de la piscine.

Mercredi 23 mars, de la fumée a de nouveau été aperçue au-dessus du réacteur vers 16h40 (heure locale).

Etat actuel du réacteur

L'électricité d'origine extérieure au site est maintenant disponible pour ce réacteur. Le coeur est partiellement fondu, de l'eau de mer y est continuellement pompée à l'intérieur et des relâchages de gaz radioactifs ont eu lieu régulièrement, mais ne seraient plus nécessaires actuellement. Malgré les pompages, la jauge indiquant le niveau d'eau n'a pas bougé : elle ne doit peut-être plus fonctionner. L'appareil de mesure de la pression dans la chambre de suppression ne fonctionne plus depuis lundi 14 mars, sans que l'on sache pourquoi.
La piscine contient 514 grappes de barres de combustible. Elle est à moitié pleine. La chaleur émise n'est que de 10% de celle émise dans la piscine du réacteur n°4.

Réacteur n°2

Chronologie des évènements

Dimanche 13 mars au soir (heure japonaise), des préparatifs sont en cours pour injecter de l'eau de mer dans le réacteur n°2 de la centrale de Fukushima dai-ichi. Lundi 14 mars après midi le porte-parole du gouvernement a annoncé qu'il n'y avait plus aucun système de refroidissement fonctionnel dans le réacteur n°2 et que la pression montait dans l'enceinte. Le toit du bâtiment réacteur a été percé lors de l'explosion du bâtiment voisin, permettant d'éviter l'accumulation d'hydrogène et une explosion. Les barres de combustible dans ce réacteur seraient complètement sorties de l'eau. TEPCo se veut rassurante en disant qu'ils ajoutent de l'eau dans le réacteur, mais ne peut pas dénier que le coeur ait commencé à fondre. On ne sait pas exactement combien de temps les barres sont restées hors de l'eau ni la température qu'elles ont atteinte. Il est fait mention de 2 heures et demie. Le seul employé qui s'occupe de la pompe ne se serait pas rendu compte qu'elle manquait du fuel. Un peu plus tard, les autorités ont annoncé que l'eau de mer a atteint un niveau de 2 mètres dans le coeur. Les barres font 4 m.

La situation dans le réacteur n°2 s'est aggravée dans la nuit de lundi à mardi. Le niveau de l'eau a de nouveau baissé. Des chiffres de 3 millisievert par heure ont été annoncés à la télévision japonaise durant la nuit de lundi à mardi (heure locale). La fusion du coeur de réacteur est très probable. Les opérations de pompage ont repris mardi matin très tôt. A 3h, heure locale, la pression a baissé, mais TEPCo ne peut pas confirmer que les barres de combustible sont bien noyées. Des valves pour la vapeur se seraient fermées sans que l'on comprenne pourquoi. Il se pourrait aussi que l'eau fuit de l'enceinte de confinement. Bref, l'eau ne semble pas monter aussi vite qu'attendu.

Mardi 15 mars matin à 6h10, une nouvelle explosion a été entendue et il est probable que l'enceinte de confinement du réacteur n°2 soit endommagée. La "chambre de suppression" qui sert à réguler la pression si la vapeur ne peut pas être conduite correctement à la turbine, est endommagée. Selon les autorités, la situation demeure incertaine dans ce réacteur.

Mardi, il a été annoncé que l'enceinte de confinement n'était plus étanche. Ce réacteur relargue des gaz radioactifs de façon incontrôlée. L'appareil de mesure de la pression dans la chambre de suppression ne fonctionne plus depuis l'explosion. Mercredi 16 mars, la température semble stabilisée.

Jeudi 17 mars, de la vapeur a été aperçue au dessus du réacteur n°2 laissant présager que la piscine se soit aussi mise à bouillir.

TEPCo espérait rétablir l'électricité dans ce réacteur vendredi 18 ou samedi 19 mars. C'est la priorité n°1 pour l'alimentation électrique, car le toit n'ayant pas explosé, il est difficile d'y verser de l'eau dans la piscine depuis l'extérieur. Un cable électrique a été connecté Samedi 19 mars au réacteur n°2 pour relancer les systèmes de refroidissement, mais le courant n'a pas encore été établi. L'électricité est arrivée dimanche 20 mars à 3h46 (heure locale), mais il faut s'assurer de la qualité des circuits électriques avant de les remettre sous tension pour ne pas ajouter un accident électrique. Ils vont commener par rebrancher les détecteurs de radioactivité, la lumière... avant d'essayer de remettre en marche les pompes pour le coeur et la piscine. TEPCo espère aussi pouvoir remettre en route les systèmes de ventilation et les filtres afin de limiter les rejets radioactifs.

Les pompes électriques en place, si elles marchent, sont plus puissantes que les pompes amenées sur le site. Mais la pompe électrique qui pourrait refroidir la piscine du réacteur n°2 chauffe et doit aussi être refroidie avec une autre pompe qui doit, elle-aussi, être opérationnelle...

Ces conditions font qu'il est difficile d'établir un calendrier prévisionnel. D'autant plus que des pièces ont sûrement été endommagées lors de l'explosion qui a eu lieu au niveau de la piscine de suppression.

De la vapeur d'eau a été vue au dessus du réacteur n°2 lundi 21 mars vers 18h20 (heure locale). Elle vient s'ajouter à la fumée vue sur les réacteur n°3 et a retardé les opérations de rétablissement de l'électricité. La radioactivité a soudainement augmenté avant de redescendre. Dans la matinée, les pompiers ont giglé de l'eau dans la piscine de ce réacteur pendant 2 heures environ.

Mardi 22 mars, deux ouvriers travaillant sur le rétablissement du circuit électrique ont été blessés et ont dû être hospitalisés. Ce n'est pas un problème d'irradiation.

TEPCo espère remettre sous tension certains équipements à partir de mercredi 23 mars. Le même jour, la NISA (Autorité de Sûreté japonaise) a expliqué qu'il y a deux jours, le rayonnement était de 500 millisieverts par heure dans la salle des machines, rendant difficile le rétablissement de l'électricité dans la salle de contrôle.

Etat actuel du réacteur

TEPCo pense que 33% du combustible du réacteur n°2 est endommagé suite à un début de fusion. Des relâchages contrôlés de gaz radioactifs ont eu lieu régulièrement mais semblent arrêtés depuis le 19 mars. De l'eau de mer continue à y être pompée. L'électricité est arrivée au réacteur n°2 qui n'a pas encore été mis sous tension.

Réacteur n°4

Chronologie des évènements

Ce réacteur était arrêté depuis novembre 2010, c'est à dire bien avant le tremblement de terre de vendredi 11 mars. L'eau de refroidissement du bassin avec le combustible usé s'est évaporée. Le combustible s'est échauffé, il y a eu une explosion d'hydrogène mardi 15 mars matin à 9h40 (heure locale), suivie d'un incendie. Le niveau de radioactivité à proximité des réacteurs a atteint les 400 millisieverts. L'incendie a finalement été maîtrisé et les niveaux de radioaction ont baissé.

Des niveaux de quelques microsieverts par heure ont été détectés à des dizaines de kilomètres de l'incendie. Les vents étaient dirigés vers les terres et le temps était à la pluie et neige. Un niveau de radioactivité légèrement supérieur à la normale a également été relevé mardi à la mi-journée à Tokyo ainsi qu'en extrême-orient russe.

Toutes les personnes (sauveteurs...) ont été évacuées dans un rayon de 20 km. Les personnes confinées dans un rayon de 30 km.

Les consignes de protection et de confinement tournent en boucle sur la télévision japonaise.

Il semblerait que de nombreuses personnes ont commencé à s'éloigner le plus loin possible de la centrale de Fukushima dai-ichi par tous les moyens de transports disponibles.

Mardi 15, vers 22h (heure locale), il a été annoncé que le niveau de radioactivité dans la salle de contrôle du réacteur n°4 est devenu trop élevée pour que les ingénieurs puissent y effectuer un travail normal. Ils ne peuvent pas rester longtemps et doivent effectuer des va-et-vient. Cela menacerait les opérations de pompage dans la piscine de combustibles usés. Tepco a évacué 750 employés du site de Fukushima, où il ne reste que 50 ingénieurs et techniciens. Actuellement, ils seraient 180 à la centrale, même s'ils ont dû se réfugier pendant un temps mercredi.

L'exploitant TEPCo semble complètement dépourvu face à la situation. La compagnie a étudié l'option d'utiliser un hélicoptère pour arroser la piscine, mais mercredi 16 mars matin, TEPCo a annoncé avoir abandonné cette idée trop compliquée. En effet, un hélicoptère ne peut transporter qu'une petite quantité d'eau à la fois.

La température à l'intérieur de la piscine est inconnue. Lundi, elle était de 84°C, plus du double de la normale. Le niveau d'eau a aussi diminué. Il se peut qu'il n'y ait plus d'eau.

TEPCo est sans nouvelles de deux techniciens après l'explosion. IIs se trouvaient dans le secteur de la turbine du réacteur n°4.

Mercredi vers 6h00, heure locale, un incendie s'est à nouveau déclaré dans la piscine de combustibles usés. Une demie-heure plus tard, le feu semble éteint. Vers 17h, un hélicoptère de l'armée a décollé pour arroser la piscine et mesuré la radioactivité. Il a fait demi-tour à cause du niveau trop élevé de radioactivité, la dose limite pour l'armée ayant été atteinte. Il a cependant pu observer qu'il restait de l'eau dans la piscine, ce qui laisse un peu de temps pour réagir.

Une tentative de refroidissement avec des lances de pompier devait démarrer jeudi 17 mars matin (heure japonaise). Il faut d'abord évaluer la distance optimale en terme de radiation et apporter de l'eau en quantité suffisante. Puis, c'est la piscine du réacteur n°3 qui a été prioritaire.

Il se peut que l'armée aide à arroser la piscine du réacteur n°4 menaçante et actuellement inaccessible à cause des niveaux de radioactivité. Les Etats-Unis, qui ont d'importantes bases militaires dans le pays, vont fournir de nouvelles pompes puissantes. En effet, l'eau de mer dégrade vite les pompes et il en faut de secours sous la main.

Jeudi soir, les piscines des réacteurs 3 et 4 retenaient encore toute l'attention. Mais, vendredi 18 mars, la situation semble stabilisée. Bref, les informations contradictoires se succèdent.

TEPCo espérait rétablir rétablir l'électricité avant dimanche 20 mars sur ce réacteur.

80 tonnes d'eau ont enfin été aspergées dans la piscine à partir de dimanche 20 mars matin pour la première fois. L'opération a duré une heure. L'armée a repris les opérations dimanche vers 18h20 (heure locale). Elle compte aussi enlever des décombres et débris radioactifs qui gènent les opération à l'aide de tanks. Les opérations de déblaiement ont débuté lundi 21 mars.

Lundi 21 mars, TEPCo a réussi à tirer un cable électrique jusqu'au réacteur n°4. L'electricité est arrivée mardi 22 mars à 10h35. Chaque pièce doit maintenant être contrôlée avant la mise sous tension qui devrait commencer jeudi. De grandes quantités d'eau ont encore été aspergées au dessus de la piscine.

Etat actuel du réacteur

Le coeur du réacteur est vide. Seule l'armature métallique du bâtiment est encore en place. On craint la reprise d'une réaction nucléaire en chaîne dans la piscine qui contient 783 grappes de barres de combustible usés plus 584 grappes partiellement utilisées. Ces dernières ont été retirées du coeur pour y remplacer une pièce. Ce sont elles qui sont la principale source de chaleur dans la piscine.

Il y a environ deux millions de kilocalories par heure de chaleur qui est générée dans cette piscine, soit trois fois plus que dans les piscines des réacteurs 1 et 3 réunis. Un simple calcul permet de montrer que l'eau de la piscine augmente de 2°C par heure si elle n'est pas refroidie. Si le système de refroidissement peut être remis en route, la température pourra être maintenue en dessous de 40°C. Sans lui, il faut environ une journée pour que la piscine commence à bouillir et une dizaine de jours pour évaporer complètement l'eau.

Réacteurs 5 et 6

Etat actuel des réacteurs

Comme le réacteur n°4, les réacteurs 5 et 6 étaient arrêtés avant le séisme. Mais après les évènements dans les autrs réacteurs, leur surveillance des réacteurs a été renforcée : le refroidissement ne semble pas fonctionner correctement. A la différence du réacteur n°4 où tout le chargement était dans la piscine d'entreposage, il n'y en a qu'un tiers dans les piscines des 2 autres réacteurs arrêtés. La température y est plus élevée que la normale.

Les toits de ces deux réacteurs ont été percés samedi 19 mars pour éviter une accumulation d'hydrogène et une explosion. Un générateur électrique a pu être réparé sur le réacteur 6 et alimente une pompe de refroidissement des deux piscines de combustible. Dimanche 20 mars matin, la température a commencé à baisser. A 7h (heure locale), elle était de 37,1 et 41 °C respectivement. Enfin une bonne nouvelle !

Les combustibles usés de la piscine du réacteur n°5 constituent la deuxième plus forte source de chaleur de la centrale. La piscine est remplie au deux tiers, mais la quantité de chaleur émise représente un quart de celle émise par les combustibles de la piscine du réacteur n°4.

L'électricité extérieure est arrivée lundi 21 mars à 11h30 (heure locale) au réacteur n°5 et a pu prendre le relais du générateur de secours 90 minutes plus tard.

La température des coeurs de ces deux réacteurs semble stabilisée en dessous de 100°C et celle des piscines à des niveaux normaux.

Radioactivité au Japon

Dans une note publiée le dimanche 13 mars à 19h, l'IRSN "craint que des rejets très importants se soient produits en même temps que l'explosion". La télévision japonaise a diffusé des images de radiamètres saturant dans une mairie proche du réacteur qui a explosé. Le discours officiel est toujours rassurant. On ne voit aucune image de personne en shadok ou se protégeant des radiations dans les médias japonais, contrairement aux médias étrangers.

Suite aux évènements du mardi 15 mars, le gouvernement a ordonné à toutes les préfectures de rendre publiques les données de mesure de la radioactivité. De fait, de nombreuses données sont apparues sur Internet. Nous donnons quelques liens en anglais ci-dessous. Il y en a beaucoup plus en Japonais.

Attention, les chiffres sont donnés en microsieverts par heure. Pour rassurer, les autorités japonaises donnent les doses reçues lors de certains actes médicaux à titre de comparaison. Mais ces doses sont données en microsieverts. Ce n'est donc pas directement comparable.

Les niveaux de radioactivité ambiante (débits de dose) évoluent très vite et fluctuent en fonction de la météo. De nombreux sites japonais recensent des données.

Voici quelques sites en anglais :
- à Wako dans la banlieue de Tokyo, laboratoire RIKEN
- au niveau de la centrale de Monju dans la préfecture de Fukui
- en différents points du pays
- les maxima sont répertoriés sur une carte

Il y en a beaucoup plus en japonais. Nous consulter. Pour la journée du 17 mars dans la préfecture de Fukushima, voir par exemple ici.

A titre de comparaison, le bruit de fond naturel est autour de 0,05 microsieverts/h.

Une mesure de la composition du panache des centrales est disponible ici en anglais. Seuls les émetteurs gamma sont donnés.

L’IRSN a publié une évaluation de la radioactivité rejetée par la centrale de Fukushima Dai-ichi jusqu’au 22 mars 2011 :
Gaz rares : 2 10+18 Bq ;
Iodes : 2 10+17 Bq ;
Césiums : 3 10+16 Bq ;
Tellures : 9 10+16 Bq.
Plus de détails ici.

Le mardi 22 mars, le journal Asahi indique qu'à l'hôpital d'Iwaki dans la province de Fukushima, il manque un peu près 30% des médecins et infirmières, ce qui pose un problème face à l'afflux de patients. Ils se seraient enfuis par crainte des radiations.

-> Pour en savoir plus, voir la radioactivité expliquée aux enfants.

Contamination de l'eau

Mercredi 16 mars, des traces de césium et d'iode ont été découvertes dans le réseau d'approvisionnement en eau de Fukushima. Plus tard dans la journée, il n'y avait plus de césium ni d'iode.

Il est important de préciser que la plupart des captages pour l'eau potable au Japon se font dans les rivières ou lac. Le transfert des retombées radioactives à l'eau du robinet est donc rapide.

Samedi 19 mars, de l'iode radioactif a été détecté dans l'eau du robinet dans les villes au voisinage de la centrale et à Tokyo. Le ministère de la santé a pécisé que ces niveaux étaient en dessous de la limite admissible fixée par le gouvernement japonais (limite fixée à 300 Bq/L pour l'iode dans l'eau et le lait). Par exemple, 77 becquerels par litre d'eau à Tochigi, 2,5 bq/l à Gunma, 0,62 bq/l à Saitama, 0,79 bq/l à Chiba, 1,5 bq/l à Tokyo et 0,27 bq/l à Niigata.
Cependant, il a été mesuré à un niveau supérieur à la norme dans la ville de Kawamata, située à 45 km au Nord Ouest de la centrale a annoncé samedi le ministère de la santé.

Du césium radioactif a également été mesuré dans l'eau du robinet des villes de Tochigi (1,6 Bq/l) and Gunma (0,22 Bq/l), proche de la préfecture de Fukushima.

Le mardi 22 mars, le ministère de la santé a ordonné à 5 municipalités de la province de Fukushima de recommander aux résidents de ne pas donner de l'eau du robinet aux enfants car la concentration en iode dépasse la limite maximale admissible pour les bébés qui est de 100 becquerels par litre. (300 pour les enfants et les adultes). 120 becquerels par litre ont été mesurés à Date lundi 21, 150 bq/l à Koriyama, 220 bq/l à Minamisoma et 130 bq/l à Kawamata.

Mercredi 23 mars, la limite en iode pour les bébés dans l'eau du robinet a aussi été dépassée à Tokyo.

Contamination de l'alimentation

Samedi 19 mars, une contamination radioactive a été détectée dans des produits alimentaires (lait et épinards) à proximité de la centrale. Le Ministère japonais de la santé a ordonné aux autorités locales d'enquêter sur la provenance des produits et de prendre les mesures appropriées. Ces produits n'ont pas été mis sur le marché et les agriculteurs indemnisés par TEPCo.

Lundi 21 mars, l'OMS a déclaré que la contamination de l'alimentation au Japon était plus inquiétante que ce qu'elle avait craint au début. Le même jour, le gouvernement japonais a interdit la commercialisation des épinards et autres légumes feuille des 4 préfectures les plus touchées par les retombées radioactives. En 2009, cela représentait 17,4% de la production du pays et 60% des épinards vendus à Tokyo. La commercialisation du lait de la province de Fukushima a aussi été interdite. Des compensations sont proposées par le gouvernement.

Mardi 22 mars, le gouvernement a demandé à la préfecture de Fukushima de ne plus commercialiser de légumes récoltés dans la province. Il recommande à la population de ne plus le consommer. La commercialisation du lait et du persil a aussi été suspendue dans la province voisine de Ibaraki. Une contamination de 82 000 becquerels en césium, soit 164 fois la limite a été annoncée dans des ''kukitachina'' (légume feuille) à Motomiya et de 15 000 becquerels d'iode, ce qui représente plus de 7 fois la limite.

Contamination de la mer

TEPCo commencé à contrôler la radioactivité dans l'eau de mer et ont indiqué que la concentration en iode était 126,7 fois plus forte que la concentration maximale autorisée pour les rejets des réacteurs 1 à 4 de la centrale de Fukushima dai-ichi et 24,8 fois pour le césium.Les données sont ici en japonais et en anglais.
Les prélèvements ont été faits à 100 m au sud du point de rejet des réacteurs 1 à 4 de la centrale nucléaire de Fukushima dai-ichi. La première colonne correspond à la concentration mesurée (il faut multiplier par 1000 pour avoir des becquerels par litre) ; la deuxième à la limite de détection ; la troisième à la concentration maximale autorisée pour les rejets et la dernière au ratio colonne 1 sur colonne 3.

En ce qui concerne l'eau de mer, des mesures effectuées par TEPCo à 8 et 16 km au sud de la centrale avaient des concentrations en iode 131 80,3 et 16,4 fois plus élevée que les limites légales. Si un adulte ingère quotidiennement 2-3 litres d'eau contenant la même quantité d'iode, l'exposition atteindrait la limite de 1 millisievert en un an. Il est pas prévu de suspendre le commerce de la pêche localement pour l'instant.

-> Les limites radiologiques pour les produits alimentaires et l'eau de boisson fixées par le gouvernement japonais sont disponibles ici.

Autres informations

Suite aux évènements du mardi 15 mars, le gouvernement japonais a installé une cellule de crise dans les locaux mêmes de TEPCo afin de pouvoir être bien informé. Elle est présidée par le premier ministre en personne !

Mardi 15 mars l'ASN, a estimé que l'accident de la centrale nucléaire japonaise relève désormais du niveau 6 sur une échelle de 7. Elle a été suivie par son homologue américaine. 7 correspond à Tchernobyl. Ce niveau était évalué à 4 par les autorités japonaises. Il a été remonté au niveau 5 vendredi 18 mars, pour les réacteurs 1, 2 et 3. L'accident du réacteur n°4 a, quant à lui, été reclassé au niveau 3.

Les autorités commencent aussi à manquer d'essence dans la région sinistrée et demandent à la population de limiter les pleins d'essence. La priorité doit être donnée aux secours. Dans la zone sinistrée, l'essence est rationnée.

Une élévation de la radioactivité ambiante a été détectée dimanche matin à la centrale d'Onagawa, située à une centaine de kilomètres au Nord de celles de Fukushima. La compagnie d'électricité du Tohoku, l'exploitant, mentionne des niveaux ayant atteint une vingtaine de microsieverts par heure dans une balise de surveillance. Il est fort probable que la radioactivité viennent de Fukushima. La situation est redevenue "normale" dans la soirée.

Dans la soirée de dimanche 13 mars, on a appris qu'un réacteur de Tokaï-mura avait aussi perdu son système de refroidissement. Le système de secours serait actif.

Le 21 mars le bilan est de 8 805 morts, 12 654 disparus et 2 285 blessés. Plus de 88 000 maisons et bâtiments ont été complètement ou partiellement détruits. Il y a 320 000 personnes dans 2 100 abris. Parmi ceux-ci, ils sont 20 000 à venir de la zone des 20 km qui a été évacuée autour de la centrale. Environ 90% des victimes sont mortes noyées (d'après une analyse faite sur 126 cadavres).

120 000 personnes sont engagées dans les opérations de secours.

Un premier bilan effectué par l'OMS est disponible ici.

Les autorités japonaises ont présenté dimanche soir un plan drastique de gestion de la pénurie d'électricité, annonçant des coupures programmées par tranche de trois heures à partir de lundi et jusqu'en avril. Une grande partie des annonces télévisées concerne ces coupures. Jeudi 17 mars, Tokyo a frolé le black-out à cause d'une vague de froid qui a augmenté la demande en électricité.

Une épidémie de rhumes semble se développer dans les centres d'hébergements temporaires bondés et parfois non chauffés.

L'alerte au tsunami a été levée lundi 14 mars.

Une semaine après le début des catastrophes, vendredi 18 mars, à 14h46, le pays a respecté une minute de silence.

Nous essayerons de compléter les informations contenues dans cette page en fonction de l’évolution des évènements.

~~~~~~~~ Compléments ~~~~~~~~~

Il y a deux centrales de Fukushima : Fukushima dai-ichi (n°1) avec 6 réacteurs à eau bouillante et Fukushima dai-ni (n°2) avec 4 réacteurs. Les réacteurs n°4 à 6 de Fukushima dai-ichi étaient déjà arrêtés avant le tremblement de terre. Les deux centrales sont séparées de 12 km et appartiennent toutes les deux à la compagnie d'électricité de Tokyo (TEPCo en anglais). La centrale d'Onagawa regroupe 3 réacteurs à eau bouillante et est exploitée par la compagnie d'électricité du Tohoku.

Le New York Times propose une animation très claire montrant la structure du réacteur de Fukushima dai-ichi.
La NRC américaine propose une description de réacteurs à eau bouillante.

Selon TEPCo, il y aurait 4 546 grappes de barres de combustibles usés à refroidir dans les 6 réacteurs de la centrale.

Comme prévu, ces centrales se sont arrêtées automatiquement lors du séisme. Mais, même arrêté, le combustible de la centrale dégage de la chaleur. Il faut de l'eau, des pompes et donc de l'électricité pour refroidir le coeur. Les générateurs de secours n'ayant pas fonctionné, la température et donc la pression ont augmenté avec un risque d'endommager l'enceinte de confinement.

Une trop forte augmentation de la température peut faire fondre la gaine des pastilles de combustible qui retient les produits de fission radioactifs. La présence de césium 137 relevée dans les rejets gazeux laisse penser que le coeur du ou des réacteurs a commencé à fondre. Si le combustible fondu se reconcentre, on peut craindre le redémarrage d'une réaction nucléaire en chaîne et une explosion nucléaire.

Contrairement aux coeurs des réacteurs, les piscines d'entreposage des combustibles usés ne sont pas confinées. Si ces combustibles ne sont plus refroidis et que la gaine fond, les radioéléments sont en contact direct avec l'air et peuvent être dispersés. C'est pourquoi les piscines posent plus de soucis actuellement. En cas d'incendie ou de relargage de gande ampleur, les employés ne pourraient plus accéder au site et tenter de contrôler les réacteurs.

En France, ces piscines ne sont pas mieux protégées.

Un suivi en continu de la catastrophe nucléaire est fait en anglais par greenaction à Kyoto, association avec laquelle nous avons des liens très serrés. Ici.

Les niveaux de radiation mesurés par plusieurs balises autour des centrales de Fukushima sont visibles ici. Cependant, les données semblent s'arrêter au 12 mars. La courbe bleue continue indique le niveau de radiation en nGy/h. Le graphe du haut est sur 24h, celui du milieu sur une semaine et celui du bas sur 1 mois. La courbe en pointillés correspond au maximum enregistré par le passé.
Pour changer de balise, il faut cliquer sur la carte, mais nombreuses semblent inopérantes.

Les conditions météo sur place peuvent être consultées en français ici.

Tous les tremblements de terre qui ont eu lieu au Japon depuis le 11 mars sont répertoriés ici. Il y en a eu plus de 600.

Des images satellites de la centrale avant et pendant la catastrophe sont disponibles ici.

Une des raisons des problèmes d'approvisionnement électrique actuels vient du fait qu'une partie du Japon (Kansai) utilise du 60 Hz alors qu'une autre partie (Kanto) utilise du 50 Hz. Il n'y a que trois transformateurs entre les deux régions et il est donc difficile de transférer de l'électricité d'une partie à l'autre. De plus, seuls 3 réacteurs sur 7 de la centrale de Kashiwazaki-Kariwa aussi exploitée par TEPCo et endommagée par le tremblement de terre de 2007 fonctionnent.

L'industrie agro-alimentaire japonaise a été frappées par de nombreux scandales : du riz non consommable mis sur le marché, de la vande importée labellisée japonaise... La population n'a pas confiance dans le système de surveillance.

En 2007, le sismologue Katsuhiko ISHIBASHI avait forgé le mot "genpatsushinsai" ou "désastre sismo-nucléaire" qu'il craignait.

A Three Miles Island, il a fallu 10 ans pour pouvoir inspecter le coeur et comprendre ce qui s'est passé.

Articles de l'ACRO en ligne sur des évènements passés au Japon :
- La radioactivité expliquée aux enfants (2011)
- A propos des falsifications de TEPCo dans le passé
- A propos de l'accident de Tokai-mura le 30 septembre 1999

mercredi 23 mars 2011, 20h30, heure française

Accès au site ACRO

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