Hier je tombe sur l’extrait d’une émission TV en rediffusion avec le présentateur Bourdin… Un monsieur a la parole (par téléphone), visiblement un entrepreneur ou manager d’entreprise qui se plaint du confinement qui est terrible pour l’économie et qui fait plus de dégâts d’après lui qu’il ne ferait de morts si on levait le confinement, et que l’économie et la production reprenaient !!! Et là, le présentateur Bourdin surenchérit et dit : oui le gouvernement fait tout pour répondre à l’opinion publique, c’est la dictature de l’opinion publique….

Et là je suis resté circonspect… comment de la défaillance de gestion par un gouvernement, on arrive à faire porter la faute du blocage économique et de la crise sanitaire aux personnes qui sont les premières à subir les effets de cette situation…

Et j’ai repensé à un autre débat qui circule en ce moment… la reprise scolaire à partir du 11 mai… Face à l’improvisation et l’impréparation du gouvernement, les pétitions se multiplient pour demander de ne pas ouvrir les écoles. Les parents et j’en fais partie, nourrissent une réelle inquiétude sur l’assurance de la sécurité, de la santé, de leurs enfants. Et surtout lorsque les enfants, ados, reviendront de l’école n’y a t’il pas un risque de contagions de leurs aînés…?

Du coup oui, de plus en plus de gens demandent de reculer la rentrée… de faire la rentrée en septembre.

Et là c’est formidable car une fois de plus les victimes en viennent à réclamer finalement quelque chose que devrait proposer spontanément le gouvernement… Car faire reprendre l’école aux élèves pour à peine plus d’un mois au regard des risques liés au manque de moyens et de garanties cela ne paraît pas très raisonnable. Plus le plan de reprise est détaillé par le gouvernement, plus on perçoit une fois de plus la confusion et l’impréparation réelle de cette reprise, qui semble surtout destinée à favoriser la reprise du travail par les parents… Car si le 11 mai le confinement est levé, cela change la donne sur le statut des salarié.e.s et des fonctionnaires… Déjà certaines directions d’établissements du public et du privé indiquent que les agents et salarié.e.s, s’il veulent rester chez eux, à partir du 11 mai, devront, puisque le confinement sera levé, poser soit des congés, soit des arrêts de travail, soit des jours de garde d'enfants… Et là, merveilleux! on comprend que cette levée du confinement permet de mettre fin aux autorisations spéciales d’absence et donc, de façon indirecte, met le couteau sous la gorge des salarié.e.s, car à partir de la levée du confinement, s’ils veulent se protéger faute de masques, de gants, et de sécurité garantie, ils devront prendre sur leurs propres jours de congés et autres, pour payer une situation qui pour une grande part résulte de la mauvaise gestion et de l’incompétence de ceux qui les gouvernent…

Et enfin, si le gouvernement accepte finalement sous la pression de l’opinion publique de n’ouvrir qu’en septembre, il en sortira en plus paradoxalement grandi… alors que dans l’absolu c’est bien parce qu’il n’a pas été à même de faire face à la pandémie.

Juste machiavélique…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.