yannick Henrio
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Billet de blog 27 déc. 2010

Mal-logés, sans logis, chaque hiver les plans d'urgence se suivent et se ressemblent

yannick Henrio
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Voici une rapide revue de presse de 2003 à 2010 des plans d'urgence....et ça continue encore encore...

Plan d’urgence Janvier 2003

Le ParisienSEINE SAINT DENIS, samedi, 11 janvier 2003, p. 1
Grand froid
Urgence pour les SDF
B.S.

EN SEINE-SAINT-DENIS - où un homme est mort de froid jeudi - comme à Paris, les pompiers et les policiers ont reçu comme consigne « la mise à l'abri » des SDF. Concrètement, les secours doivent amener au chaud une personne qu'ils trouvent dans la rue, même si celle-ci ne veut pas bouger. Hier, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales a réservé des places dans deux centres pour accueillir ces sans-abri. Par ailleurs, a précisé hier le patron de la Ddass, cinq associations pratiquent la maraude, c'est-à-dire qu'elles vont dans les lieux comme les gares où sont susceptibles de se réfugier des sans-logis afin de leur proposer un hébergement d'urgence.

681 lits sont disponibles dans une vingtaine de lieux

« Cela n'est pas suffisant pour un département comme la Seine-Saint-Denis, reconnaît Philippe Blanchard. C'est pourquoi j'ai demandé des moyens supplémentaires au gouvernement afin que le Samu social puisse disposer d'un camion de maraude. » Conformément au plan « grand froid », 681 lits d'accueil d'urgence sont disponibles dans une vingtaine de lieux du département. Le 115 s'occupe de la répartition. « Pour l'instant, nous avons suffisamment de places », poursuit Philippe Blanchard. Des associations comme Médecins du monde visitent régulièrement les camps de Roms, où des familles entières vivent sans chauffage, seulement protégées par quelques murs de briques ou de tôle. « Nous leur avons proposé des hébergements. A Montreuil et à Saint-Denis, quelques mères avec enfants ont accepté », ajoute encore le directeur de la Ddass.

Si vous repérez une personne sans-abri qui a besoin d'aide, vous pouvez appeler le 115. Lire également en page 13 de nos informations générales


Le ParisienHAUTS DE SEINE, jeudi, 9 janvier 2003, p. 1
Appelez le 115


LE NUMÉRO à composer en priorité pour venir en aide aux SDF ou aux personnes démunies est le 115, numéro du Samu social. Les équipes mobiles du Samu social 92 orienteront alors les SDF vers des structures d'accueil d'urgence ou, si besoin est, vers les hôpitaux. Dans le département, outre le centre d'accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre, qui héberge les SDF issus de toute la région Ile-de-France, plusieurs centres d'hébergement d'urgence, gérés soit par des associations humanitaires soit directement par les municipalités, accueillent de nuit et de jour les sans abri. On compte au total entre 600 et 730 lits disponibles. Par ailleurs, le déclenchement samedi dernier du « plan grand froid » par la Ddass de Paris, a également permis de mobiliser des places supplémentaires. Si vous souhaitez soutenir les associations, voici les coordonnées des principales structures à contacter dans les Hauts-de-Seine : la Croix-Rouge française (01.41.31.81.91), le Secours populaire (01.47.24.66.04), le Secours catholique (01.47.49.98.83).

Le plan Hiver 2004


Le ParisienVIVRE MIEUX, jeudi, 11 novembre 2004, p. 14
Solidarité
Le plan Hiver en faveur des sans-abri est lancé


Philippe Baverel

«C'EST le droit des personnes à la rue de ne pas vouloir entrer dans une structure d'accueil, mais c'est notre devoir de les persuader qu'elles ne peuvent pas rester dans ces conditions », a déclaré Nelly Olin, ministre déléguée à l'Intégration, à l'Egalité des chances et à la Lutte contre l'exclusion, en présentant hier, à l'issue du Conseil des ministres, le plan Hiver 2004-2005 d'accueil et d'hébergement des sans-abri. 1 500 places de plus. Aux 90 000 places disponibles toute l'année en accueil d'urgence et hébergement temporaire, dont 3 000 créées en 2004, s'ajouteront progressivement, en fonction des chutes de température, jusqu'à 8 060 places supplémentaires, soit 1 500 de plus que l'hiver dernier. Renfort pour le 115. Parmi les places supplémentaires, 5 380 sont déjà ouvertes depuis le 1 e r novembre, date à laquelle a été instauré le niveau 1 de mobilisation hivernale, qui prendra fin le 31 mars. Le niveau 2, qui sera déclenché par les préfets lorsque les températures seront comprises entre - 5 et - 10 o C la nuit, entraînera la mobilisation de 2 680 places supplémentaires. Le personnel du 115 (numéro vert d'appel d'urgence du Samu social) recevra du renfort ainsi que les équipes mobiles allant à la rencontre des sans-logis (maraudes). Jour et nuit. Des locaux d'accueil de jour seront ouverts la nuit. Enfin, le niveau 3, qui correspond à des températures inférieures à - 10 o C la nuit, relève des plans d'urgence et de sécurité civile placés sous l'autorité des préfets. A ce niveau, tout doit être fait pour mettre à l'abri les sans-domicile-fixe (SDF). Partenaire du plan Hiver, Météo France a mis au point un indice de refroidissement éolien qui mesure la sensation de froid en fonction de la température et de la force du vent. Spécial Paris. A Paris, où de grandes difficultés subsistent pour trouver des lits en urgence, 1 200 places supplémentaires sont ouvertes au niveau 1 et 130 le seront au niveau 2. « Malgré tout ce qui est fait, la situation reste tendue face aux besoins pour accueillir les demandeurs d'asile », reconnaît Nelly Olin.

© 2004 Le Parisien. Tous droits réservés.

Février 2005 PLAN d’urgence SDF

Plan grand froid


Libération, no. 7403QUOTIDIEN PREMIERE EDITIONSOCIETE, lundi, 28 février 2005, p. 15
Le niveau extrême du plan grand froid a été atteint hier dans vingt départements.

Pour les SDF, les nuits au chaud se gèrent au jour le jour.
SERAFINI Tonino

Une vague de froid «extrême» arrive en France. Le niveau d'alerte 3, maximal, a été déclenché hier soir par les préfectures dans vingt départements. Et le niveau 2 dans soixante-trois départements. Même à Marseille, on gèle. Le corps d'un sans-abri a été retrouvé samedi soir dans un bâtiment désaffecté du quartier de la Joliette.

L'«alerte grand froid» se traduit par un renforcement des tournées des équipes du 115, le Samu social, qui vont à la rencontre des sans-abri. Pour autant, les SDF ne sont pas toujours assurés d'être admis dans un lieu pour toute la durée de ces nuits dangereuses.

A Paris, au centre d'accueil de jour d'Emmaüs, l'Agora, dans le quartier du Châtelet, Charly, 35 ans, raconte : «Un travailleur social de l'Agora m'a obtenu trois nuits d'hébergement dans un centre, rue de la Trinité dans le IXe arrondissement. Ça se termine demain. Après, je ne sais pas où j'irai.» Il est devenu SDF il y a un an, à la suite de la perte de son emploi et d'une séparation conjugale. Depuis, il va de centre en centre, même quand le froid est glacial.

«Souffler». Jean-Luc, 50 ans, est lui aussi à l'Agora. «Moi, je viens d'être admis pour quinze jours dans un centre de l'Armée du Salut. Quinze jours, ça permet de souffler, d'être plus serein. Ça permet de se refaire. De ne pas penser en permanence à faire 115 pour trouver un lieu ou dormir», dit cet ex-employé de banque, père de quatre enfants, qui a plongé après un licenciement et un divorce. Et quand il ne trouve pas de place ? «Je m'arrange pour me réfugier dans le métro. Parfois, on tombe sur des agents qui ferment les yeux, ou qui m'aiguillent vers des centres d'hébergement.»

Momo, 39 ans, admis dans un centre du XIIIe : «Moi, j'ai trois jours à Baudricourt.» Roberto, ancien ouvrier d'imprimerie, originaire de la Martinique, admis pour deux nuits : «Il m'est déjà arrivé de me retrouver dehors en période de grand froid. Dans ce cas-là, je marche toute la nuit pour pas me mettre en danger.» Ahmed, réfugié politique algérien, la cinquantaine : «J'ai fait le 115, on m'a dit "Allez à Baudricourt." La nuit dernière, j'étais au centre d'hébergement de Montrouge. Avant encore, j'étais à Péreire dans le XVIIe. On dépense beaucoup d'argent pour maintenir les gens dans la précarité. Je ne sais pas qui a la clé de ce problème, l'Etat ou les associations ?»

Les sans-abri rencontrés hier à l'Agora racontent la même difficulté : «Lorsqu'il fait très froid, le 115 est complètement saturé. C'est pratiquement impossible de les joindre.» Ce que reconnaît Stefania Parigi, directrice du Samu social parisien : «Il faut repenser les crises hivernales car ce qu'on propose avec le 115 n'est plus adapté à la population de la rue, a-t-elle déclaré en janvier. Quand on héberge un sans-abri 300 jours par an, dans des lieux différents, ce n'est plus de l'urgence.»

Réquisition. Le plan grand froid s'attache surtout à donner une réponse quantitative au problème de la précarité, avec une hausse du nombre de places dans les centres d'hébergement d'urgence. Si besoin est, les préfets peuvent réquisitionner des lieux publics, comme les gymnases ou des salles des fêtes. Dans la capitale, où un deuxième gymnase a été ouvert hier soir, le nombre de places d'hébergement a été porté à 4 500 au lieu de 3 200. Au niveau national, 11 000 lits sont venus s'ajouter aux 90 000 habituellement disponibles dans les centres. Car il s'agit de mettre à l'abri un maximum de personnes, de montrer que tout est mis en oeuvre pour les soustraire aux dangers du froid. Ainsi, la ministre déléguée à l'Intégration et à la Lutte contre l'exclusion, Nelly Olin, a fait savoir qu'elle visitait hier soir un centre d'hébergement temporaire mis à disposition par l'armée dans le XVIIIe. Une fois encore, un gouvernement se mobilise pour gérer la crise climatique sans résoudre pour autant le problème de fond de l'exclusion, déplorent les grandes associations. La nuit dernière, Météo France avait prévu - 11 à Strasbourg, - 8 à Clermont-Ferrand, - 6 à Lyon, - 4 à Paris et Marseille.

Photos Samuel BOLLENDORFF

© 2005 SA Libération. Tous droits réservés.


Le ParisienOISE, lundi, 28 février 2005, p. 9
Compiègne/
Froid : la ville est prête
Marc Tremet

VENDREDI soir, le préfet du département a réactivé le planurgence Grand Froid. Face aux températures hivernales qui s'annoncent, les municipalités doivent héberger les SDF. Compiègne n'échappe pas à la règle et a pris ses dispositions face un éventuel afflux de personnes à accueillir. Le foyer d'hébergement d'urgence créé en 1996, rue Pasteur, peut actuellement accueillir dix-neuf personnes. « Matériellement, nous avons les moyens pour pousser l'accueil entre vingt-cinq et trente personnes, reconnaît André Pauquet, adjoint à la solidarité. On met les gens au chaud. On les accepte même quand ils ont un animal de compagnie. » Outre le foyer d'hébergement, la municipalité a, depuis l'hiver 2003-2004, ouvert une autre structure au 33 de la rue de Paris. Une structure qui peut accueillir huit personnes. Car la municipalité a dressé des statistiques en 2004. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

« Reste à convaincre les SDF »

En 2004, 5 105 nuitées ont été enregistrées et 13 491 repas ont été servis. « Le foyer d'hébergement, outre l'accueil, propose aux plus démunis de pouvoir prendre un vrai repas ou bien encore prendre une douche », souligne André Pauquet. « La précarité augmente, reconnaît Michel Le Carrérès, adjoint aux affaires sanitaires et sociales. Nous devons améliorer les conditions d'accueil. Mieux maîtriser la situation sur Compiègne. » Le centre communal d'action social pourrait ainsi, courant 2005, reprendre l'ancien centre d'hébergement de l'Abej (Association baptiste d'entraide pour la jeunesse), rue Gambetta, qui permettait l'accueil de trente-cinq personnes. « Nous n'étions pas assez partie prenante dans la gestion de ces bâtiments, avoue Michel Le Carrérès. Aujourd'hui, rien ne s'oppose à une meilleure gestion et planification de manière à mieux répondre aux besoins des Compiégnois dont les difficultés n'étaient pas assez prises en compte. » Un autre local, adjacent au centre de rencontres de la Victoire, pourrait également servir de lieu d'hébergement en cas de froid extrême et d'une demande hors norme. « Nous pourrions y accueillir une quarantaine de personnes, souligne André Pauquet. Il y a également un lieu d'hébergement sous la chapelle Saint-Lazare. Nous ne voulons pas être pris au dépourvu. » Prise de conscience de la municipalité envers les laissés-pour-compte ? « Ce n'est pas une prise de conscience, avoue Michel Le Carrérès. Il y a aujourd'hui des personnes qui ont envie de faire de choses en faveur des plus démunis. Elles trouvent de surcroît l'écoute de Philippe Marini. Le maire vient ainsi de trouver un terrain pour le centre de stockage des Restos du coeur (notre édition du 23 février). Les choses évoluent. Nous avons le souci de mieux maîtriser l'hébergement d'urgence dans sa globalité et de manière permanente. » Reste dans le cadre du plan Grand Froid à convaincre les SDF de se rendre dans les lieux d'hébergement. « Nous ne pouvons pas les obliger à s'y rendre, prévient André Pauquet. Mais grâce aux personnes déjà hébergées, nous savons où les trouver. En principe, ils viennent. Si la police municipale en rencontre lors de ses rondes, elle tente de les persuader de se rendre dans les foyers. » Sinon il reste le numéro de téléphone du centre d'hébergement. Le 03.44.97.33.76. « Il y a toujours quelqu'un, assure André Pauquet. Le foyer est ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. »

Illustration(s) :

ARCHIVES/C.D.

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Libération, no. 7376QUOTIDIEN PREMIERE EDITIONSOCIETE, jeudi, 27 janvier 2005, p. 17
Grand froid: le réveil de la dernière heure
Faute de politique, les problèmes se règlent dans l'urgence.
SERAFINI Tonino

On a beau appuyer et réappuyer sur la touche «bis» du téléphone. Voire consacrer l'après-midi à tenter de trouver une place dans un centre d'hébergement à Paris. A l'autre bout du fil, un répondeur : «Bonjour, vous êtes en relation avec le numéro 115, accueil d'urgence des sans-abri. Tous les travailleurs sociaux sont actuellement en ligne. Nous vous prions de bien vouloir renouveler votre appel ultérieurement.» Le message est même décliné en anglais. Mais le résultat est toujours le même. Pas moyen de joindre le 115. Et ce, nonobstant le déclenchement du plan d'urgence hivernal par la préfecture, qui vise à soustraire un maximum de personnes sans domicile fixe au froid glacial.

Mobilisation. Outre la capitale, 74 autres départements sont sur le pied de guerre : 61 ont activé le niveau d'alerte 2 «grand froid» et 14 autres le niveau 3 «froid extrême». A chaque fois, il s'agit de mobiliser au maximum tous les services d'aide aux sans-abri pour éviter les décès par hypothermie. Depuis le début de la vague de froid dimanche, trois personnes ont été retrouvées mortes dans la rue : un homme de 56 ans à Villeurbanne (Rhône), un autre âgé de 52 ans à Versailles et une femme de 44 ans à Bordeaux.

Après ces décès, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, a lancé un appel à tous les citoyens pour «venir en aide» aux sans-abri. La ministre déléguée à la Lutte contre l'exclusion, Nelly Olin, s'est rendue sur le terrain pour bien montrer que le gouvernement était lui aussi très mobilisé. Hier soir, elle a visité l'Agora, un centre d'accueil de SDF géré par Emmaüs, dans le quartier du Châtelet à Paris. Elle a rappelé que 9 200 places d'hébergement supplémentaires avaient été ouvertes depuis le début de la vague de froid au travers de l'Hexagone. Qui s'ajoutent aux 90 000 disponibles en permanence.

Des initiatives qui ressemblent, de fait, à une gestion de crise. Ponctuelle. Dans l'urgence. Or la précarité a changé. S'est pérennisée, et touche désormais des dizaines de milliers de personnes. Il y a en France probablement plus de 100 000 SDF. «Les personnes qui n'ont plus de logement sont en danger de mort toute l'année. Si les médias se faisaient le relais de la réalité, ils verraient que des gens meurent dans la rue de tout temps et pas seulement lorsqu'il fait froid», souligne Géraldine Bernard, responsable de l'antenne sans-domicile fixe au Secours catholique à Paris.

«C'est plus facile de faire gober à la société qu'une personne est morte de froid une nuit donnée plutôt que de dire que cette mort résulte d'un processus qui a duré plusieurs années. La rue détruit les gens à feu doux.»

Dans les associations d'aide aux plus démunis, on se montre de plus en plus critique vis-à-vis des politiques publiques de lutte contre la grande exclusion mises en place depuis une vingtaine d'années. Des politiques qui consistent pour l'essentiel à mettre à l'abri les sans-domicile fixe. Notamment lorsque la météo se fait menaçante. Mais aucune politique n'est menée en amont pour éviter que des personnes ne basculent à la rue.

Insuffisances. Le système actuel ne convainc pas davantage pour ses capacités à aider les sans-abri à se sortir de leur précarité. Même pour les mieux armés d'entre eux : ainsi dans les centres d'hébergement d'urgence parisiens d'Emmaüs (1 000 places au total), 100 personnes disposent déjà d'un emploi. «Et on a comptabilisé uniquement les gens qui avaient des contrats de travail en bonne et due forme», précise Alain Raillard, le secrétaire général de l'association.

Dans la capitale, comme dans les autres départements, tout le dispositif d'hébergement repose sur un numéro à trois chiffres : le 115. Lorsque les appelants parviennent à obtenir une place dans un centre, elle leur est dévolue pour une nuit, deux nuits, maximum une semaine. Ensuite il faut tout recommencer. De nouveau. Aller dans un autre centre. Même en période de froid extrême. Nombre de sans-abri sédentarisés dans des espaces publics (sous des ponts, aux abords de square, sur un recoin de trottoir) ne veulent plus de ce système d'hébergement d'urgence. Ils n'appellent plus le 115. Ce que reconnaît ouvertement Stefania Parigi, la directrice du Samu social parisien. «Il est anormal que des personnes soient hébergées 300 à 350 jours par an dans des structures d'urgence.»

Face à une précarité qui se pérennise, cette responsable réclame une autre approche. Elle préconise ainsi l'ouverture de centre d'accueil de long séjour. Pour les sans-abri ayant basculé dans la ">SDF Plan d’ Urgence 2006

Le planUrgence hivernale renforcé


Le ParisienESSONNE, samedi, 25 février 2006, p. 2
LE WEEK-END s'annonce glacial, les températures flirtant avec 0 o C. La préfecture active donc le niveau 2 du planUrgence hivernale. Les capacités d'hébergement des SDF, de l'ordre de 800 places, seront renforcées. De même, des troupes supplémentaires viendront étoffer les effectifs du 115, le centre chargé de recevoir les appels et les signalements de SDF. Davantage de personnes participeront aux maraudes, ces patrouilles censées venir en aide aux SDF. Les lieux d'accueil de jour resteront ouverts la nuit.

© 2006 Le Parisien. Tous droits réservés.


Le ParisienPARIS, lundi, 13 novembre 2006, p. 4
Précarité
Le Samu social doit mieux faire
Sébastien Ramnoux

LE SAMU social, qui gère le 115, la plate-forme téléphonique d'urgence d'aide aux SDF, n'est pas assez efficace. C'est l'un des principaux enseignements du rapport de la chambre régionale des comptes, présenté aujourd'hui au Conseil de paris. Les magistrats instructeurs, qui ont analysé la gestion du Samu social de 2000 à 2004, et - de façon moins approfondie - jusqu'à début 2006, pointent aussi le coût trop élevé des placements d'urgence en hôtel des SDF. Ces placements ont pris une part de plus en plus importante dans le budget de l'organisme d'assistance. Créé en 1993 par le médecin Xavier Emmanuelli, devenu par la suite ministre dans les gouvernements de Jacques Chirac, le Samu social avait vocation à venir en aide aux plus démunis, rejetés à la rue. Aujourd'hui, il est devenu une véritable institution de la lutte contre la précarité, gérant des équipes mobiles de nuit, des centres d'accueil et d'hébergement d'urgence, une maison relais et un central téléphonique d'appel d'urgence, le 115.

Manque de places d'hébergement

Les magistrats soulignent la contribution du Samu social à l'amélioration significative des conditions de vie des sans-abris, grâce à sa réelle capacité de mobilisation lors du plan d'Urgence hivernale ou au moment de crise comme lors de l'incendie de l'hôtel Opéra en avril 2005. Mais, pour la chambre régionale des comptes, le nombre d'appels d'urgence au 115 sans réponse reste trop élevé. C'était le cas en 2004, et c'est encore le cas aujourd'hui, malgré la création d'une nouvelle plate-forme d'appels à Ivry-sur-Seine en février dernier. « Il y a eu un progrès, mais c'est encore insuffisant, commente Mylène Stambouli, adjointe (Verts) à Bertrand Delanoë, chargée de la lutte contre la précarité. Un jour de la semaine dernière, sur 2 354 appels au 115, seuls 1 116 ont pu être traités ! » Les raisons sont connues : le manque cruel de places d'hébergement dans la capitale et la collaboration insuffisante avec les villes voisines. Une pénurie soulignée par le rapport de la chambre régionale des comptes, qui explique qu'à l'hiver 2003 il avait manqué quotidiennement 200 places au Samu social. 70 % des personnes qui n'ont pas d'hébergement se retrouvent à la rue le soir même. « Pour le plan d'Urgence hivernale, nous disposons à Paris de 4 000 places, explique Mylène Stambouli. Alors qu'il en faudrait 5 000 de plus, réparties en Ile-de-France, pour répondre aux situations d'urgence. »

Illustration(s) :

LP/POULPIQUET.

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La CroixSOCIETE, mercredi, 19 juillet 2006, p. 18
Sans-abris. « Ne pas se contenter d'une approche quantitative ». Interview de Catherine Vautrin, ministre déléguée à la cohésion sociale. Pour la ministre déléguée à la cohésion sociale, le gouvernement fait des efforts sans précédent pour les sans-abri.
BOETON Marie

L'organisation Médecins du monde dénonce le manque de places en centres d'hébergement. Quelle est votre réaction ?

Catherine Vautrin : On parle d'hommes et de femmes qui connaissent un accident de la vie terrible les conduisant un jour à vivre dans la rue. C'est trop grave pour que l'on polémique. Nous travaillons beaucoup. Le gouvernement fait depuis 2002 des efforts sans précédent dans la lutte contre l'exclusion. Nous avons aujourd'hui plus de 91 600 places sur tout le territoire destinées à accueillir les sans-domicile-fixe. Durant les mois d'hiver, 9 000 places supplémentaires sont ouvertes. L'hébergement d'urgence en France, c'est un budget de 960 millions d'euros par an, auxquels nous avons ajouté en mai dernier, lors du comité interministériel de lutte contre l'exclusion, 50 millions d'euros pour améliorer encore le dispositif d'accueil. Ces fonds permettront, d'ici à 2009, de pérenniser tout au long de l'année 5 000 places d'hébergement d'urgence, prévues à l'origine pour les périodes de froid.

- Médecins du monde, relayé par l'adjointe au maire de Paris chargée de la lutte contre l'exclusion, demande que ces 5 000 nouvelles places voient le jour bien avant 2009. Est-ce possible ?

- Ces places ne se créent pas d'un coup de baguette magique. Il faut travailler avec les associations pour savoir comment nous les créons, où et selon quelle organisation. Nous espérons par ailleurs que le travail réalisé par Jean-Louis Borloo en matière de logement social aura un effet de levier. Aujourd'hui, les centres d'hébergement accueillent également des travailleurs qui ne parviennent pas à se loger. En comblant le très grand retard du pays en matière de logement social, le gouvernement devrait permettre à ces personnes d'avoir enfin un appartement, libérant ainsi des places dans les centres.

- Les personnes sans domicile refusent souvent d'aller dans les centres d'hébergement. Aussi les associations réclament un accueil durable et adapté. Quelles sont vos propositions dans ce domaine ?

- Nous savons très bien qu'il ne faut pas se contenter de mettre à l'abri les personnes sans domicile pour une nuit, mais qu'il faut les guider dans un parcours de réinsertion. Je dis souvent que l'hébergement d'urgence, ce n'est pas la dernière marche d'une descente aux enfers, mais bien la première marche qui mène vers un retour à une vie meilleure. C'est pour cela que, d'ici à 2009, nous comptons créer 3 000 nouvelles places en centres d'hébergement et de réinsertion sociale. Par ailleurs, l'an prochain, nous libérerons 100 nouvelles places pour les sans-domicile vieillissants au sein de maisons relais. Vous le voyez, on ne travaille pas que sur des chiffres, on travaille avec et pour des êtres humains.

- Toutes ces initiatives gouvernementales ont été annoncées le 12 mai dernier, lors de la tenue du comité interministériel de lutte contre l'exclusion. Pourtant, les distributions de tentes se sont multipliées. Comment comptez-vous agir ?

- D'abord, je ne crois pas que les distributions se multiplient, et je ne l'espère pas. Je me bats pour que les SDF aillent dans des centres d'hébergement, pour leur donner envie de se reconstruire. Ce travail, nous ne pouvons pas le faire quand les SDF restent dans leurs tentes, loin des associations et des travailleurs sociaux qui peuvent les aider ! J'ai réuni fin juin tous les acteurs de l'urgence, y compris Médecins du monde, pour que l'on prépare en concertation le prochain plan hiver. Nous travaillons tous ensemble vers un seul but : que toute personne qui connaît un jour un accident de la vie puisse, le plus rapidement possible, et le mieux possible, reconstruire sa vie.

Recueilli par MARIE BOÓTON

Plan urgence SDF 2007

2007 FIN PRÊT, le plan hivernal d'aide d'urgence


Le ParisienHAUTS DE SEINE, samedi, 27 octobre 2007, p. 1
HEBERGEMENT D'URGENCE.
Le département paré pour les grands froids
Valérie Mahaut

Avec 703 places prévues pour les sans-abri cet hiver, le département renforce le dispositif tout en assouplissant sa mise en oeuvre.

FIN PRÊT, le plan hivernal d'aide d'urgence aux sans-abri offre 120 places de plus que l'année dernière. A partir du 1 e r novembre, ce sont dorénavant 703 lits, répartis dans quatorze centres d'hébergement, qui seront réservés aux personnes vivant à la rue dans les Hauts-de-Seine. En cas de grosse crise, les structures d'accueil peuvent même atteindre une capacité de 838 places. En plus de cette augmentation, le dispositif hivernal se distingue par sa souplesse. Ce ne sont plus exclusivement les températures qui détermineront les phases du plan à activer.

Stabiliser les SDF

« La philosophie du dispositif a changé », expliquait hier le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre de Bousquet de Florian. Par trop « contraignant » le plan, jusqu'alors national, a été « assoupli ». Concrètement, cela signifie que le préfet et la direction des affaires sanitaires et sociales (Ddass) n'auront pas besoin d'attendre qu'il fasse - 10°C pour activer le dispositif. Celui-ci pourra être déclenché dès que les autorités estiment la situation critique. Il leur revient « d'ajuster les capacités en fonction de leur appréciation de la réalité locale », résume la préfecture. « Car lorsqu'il fait - 4°C mais qu'il pleut, ce peut être plus pénible que s'il fait plus froid mais plus sec », précise le préfet. Autre nouveauté cette année, les 110 places dites « de stabilisation ». « Avec ce changement de philosophie, on renforce aussi la stabilisation des personnes hébergées », expose le responsable de la Ddass. En plus de l'accueil d'urgence, les autorités entendent ainsi permettre à la population accueillie de séjourner dans les centres d'hébergement au-delà de la période d'urgence.

Accueil téléphonique 24 heures sur 24

Par la signature d'une convention départementale signée il y a six ans, c'est le Centre d'accueil et de soins hospitaliers (Cash) de Nanterre qui coordonne le dispositif d'aide aux sans-abri. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, le Cash assure l'accueil téléphonique du 115, le numéro d'urgence des sans-abri. C'est lui qui répond autant aux sans domicile fixe en galère qu'aux associations et au Samu. Malgré un dispositif renforcé, les autorités déplorent toujours qu'une trentaine de personnes à la rue refusent en permanence les hébergements proposés.

Illustration(s) :

LP/ROBERTO CRISTOFOLI.

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Le MondePolitique, mercredi, 10 janvier 2007, p. 9
FRANCE
SOCIAL LES CAMPEMENTS MIS EN PLACE PAR LES ENFANTS DE DON QUICHOTTE VONT ÊTRE LEVÉS
De l'accueil en urgence au logement autonome, un nouveau plan en faveur des SDF
Bertrand Bissuel

VINGT-TROIS jours après avoir dressé des tentes le long du canal Saint-Martin, à Paris, pour attirer l'attention sur le sort des sans-abri, Les Enfants de Don Quichotte, ont indiqué, lundi 8 janvier, qu'ils voulaient lever le camp « le plus vite possible ».

Debout sur les marches d'une passerelle qui enjambe le canal, le porte-parole le plus en vue de l'association, Augustin Legrand, a annoncé cette décision, aidé d'un mégaphone, devant une nuée de journalistes, peu après que le ministre de la cohésion sociale, Jean-Louis Borloo, a arrêté un nouveau plan en faveur des SDF. Aux yeux d'Augustin Legrand et de ses proches, ces mesures constituent un « changement radical », qui satisfait leurs revendications.

Addition d'initiatives nouvelles et de décisions déjà prises, le programme du gouvernement se singularise par une vision d'ensemble du problème, allant de l'accueil en urgence (pour quelques nuits) au logement autonome en passant par l'hébergement d'insertion - qui assure des prises en charge de plusieurs mois, assorties d'un accompagnement plus ou mois fort. M. Borloo prend un engagement très important : toute personne accueillie dans un centre d'urgence se verra proposer un toit, dans une structure collective ou dans un logement, en fonction de ses besoins.

COMITÉ DE SUIVI

Le ministre apporte un autre changement de taille à sa politique en relevant le nombre de logements locatifs « sociaux et très sociaux » qui seront financés en 2007 (+ 27 % par rapport aux objectifs inscrits dans la loi de cohésion sociale de janvier 2005).

Depuis quelques années, la Fondation Abbé Pierre et d'autres associations estimaient que ce type d'habitat n'était pas assez développé, le gouvernement ayant tendance, selon elles, à privilégier les logements sociaux « haut de gamme » (en termes de loyers). Leurs critiques semblent avoir été enfin entendues.

Autre nouveauté : la mise à disposition de 7 000 habitations à loyer plafonné et de 1 600 places en résidences collectives au profit des personnes recueillies dans une structure d'hébergement d'insertion. Cette mesure vise à désengorger un dispositif qui continue de prendre en charge des personnes dont la demande de logement n'aboutit pas.

En revanche, le quadruplement du nombre de places en maison-relais avait déjà été décidé le 27 décembre 2006 par la ministre déléguée à la cohésion sociale, Catherine Vautrin. Cette initiative se doublera d'un coup de pouce financier au profit des structures qui gèrent de tels établissements. De même, le développement de l'hébergement de « stabilisation » (c'est-à-dire 24 heures sur 24 et sans limitation de durée) avait été lancé dès 2006.

La mise en application du programme de M. Borloo sera suivie par un comité coprésidé par Mme Vautrin, et par l'un des responsables des Enfants de Don Quichotte. Réunissant plusieurs associations impliquées dans la lutte contre les exclusions, cette instance devrait se réunir pour la première fois le 17 janvier - le jour même où sera présenté en conseil des ministres le projet de loi « instituant le droit opposable au logement ». Lundi, ce texte a reçu un avis favorable du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées.

« Le plan du gouvernement contient des avancées significatives, commente Didier Cusserne, délégué général d'Emmaüs. Elles permettront de fluidifier les parcours entre l'hébergement et le logement. » « Ces mesures ne sont pas négligeables mais elles s'apparentent plus à un catalogue et ne forment pas une politique globale », pondère Nicole Maestracci, présidente de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale. Pour elle, il est important d'amplifier « le travail d'observation et d'évaluation » afin d'améliorer l'efficacité de l'action publique.

© 2007 SA Le Monde. Tous droits réservés.


Le ParisienVIVRE MIEUX, mardi, 9 janvier 2007, p. 10

SDF.
Les Enfants de Don Quichotte vont lever le camp
Violette Lazard

Un peu plus de trois semaines après l'installation d'un campement SDF à Paris, les Don Quichotte ont gagné leur pari : le gouvernement a débloqué 27 100 places d'hébergement durable. L'association promet de lever le camp. Des SDF sont sceptiques.

D'ICI quelques semaines, les bords du canal Saint-Martin devraient retrouver leur visage habituel. Les 300 tentes rouge et noir de SDF et de « bien logés solidaires », installées depuis le 16 décembre au coeur de Paris à l'initiative des Enfants de Don Quichotte, vont progressivement quitter les lieux. Et leurs habitants rejoindre de vrais logements. « Nous lançons immédiatement un processus qui mettra fin à tous les campements ici et dans toute la France », a annoncé hier en début d'après-midi le très charismatique fondateur des Enfants de Don Quichotte, le comédien Augustin Legrand, devant un parterre de journalistes digne d'une intervention d'un chef d'Etat. « Il ne s'agit pas de mettre fin au campement aujourd'hui, a précisé Jean-Baptiste Legrand, frère du fondateur et porte-parole du collectif, qui restera sur le campement tandis qu'Augustin s'est envolé hier après-midi pour l'Afrique du Sud pour un tournage de plusieurs semaines. Nous démonterons les tentes au fur à mesure que des logements durables seront proposés aux sans-abri. »

« Rien n'a été signé, ce ne sont que des promesses »

Car la décision de mettre fin au campement n'est pas synonyme de défaite : elle sonne plutôt la victoire. Après plusieurs semaines de bras de fer avec les pouvoirs publics, et de longues heures de négociations ce week-end avec le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo (lire ci-dessous), et sa ministre déléguée Catherine Vautrin, un « plan d'action renforcé » pour les SDF a été annoncé hier. Reprenant plusieurs points de la Charte du canal Saint-Martin, et notamment le remplacement de l'hébergement d'urgence par des structures plus stables, celui-ci prévoit la création de 27 100 places pérennes pour les sans-abri courant 2007. Pour atteindre ce chiffre, 13 500 places d'hébergement d'urgence seront transformées, seule la moitié d'entre elles seront donc véritablement créées. Autre volet du plan, le logement social. Alors que 160 000 doivent être construits en 2007, le plan prévoit un effort particulier sur les logements très sociaux pour porter l'objectif en 2007 de 63 000 à 80 000. Enfin, dernière mesure, demandée celle-ci par le chef de l'Etat lors de ses voeux, la mise en oeuvre du droit au logement opposable. Un projet de loi en ce sens doit être présenté au Conseil des ministres mercredi prochain. « Et pour vérifier que toutes ces mesures seront appliquées, un comité de suivi coprésidé par Catherine Vautrin et Augustin Legrand sera mis en place », ajoute Jean-Baptiste. Mais, malgré toutes ces promesses réjouissantes, sur les bords du canal Saint-Martin comme dans quelques villes de province où des tentes ont commencé à fleurir ces derniers jours (lire en encadré), ces annonces ne rassurent pas toujours. « Rien n'a été signé, ce ne sont que des promesses qui n'engagent personne, expliquait hier un sans-abri après les annonces d'Augustin Legrand. La Constitution est truffée de droits : beaucoup sont applicables, mais peu sont appliquées ! Moi, tant que je n'ai pas un vrai logement avec des clefs, je continue à camper. » Sans logement depuis 2003, Ahmed, 39 ans, est lui aussi sceptique. « Pour mettre fin au campement, le gouvernement nous relogera peut-être, soupire-t-il. Mais qu'en est-il de tous les autres ? Et qui nous dit qu'une fois les élections passées nous ne serons pas immédiatement remis à la rue ? »

PLAN FROID 2008

vigilance est renforcée


Le ParisienOISE, mercredi, 29 octobre 2008, p. 3
Hébergement d'urgenceLe nombre de places pour les sans-abri va doubler
Amandine Meunier

LES PREMIERS froids arrivent. Avec la baisse des températures, les projecteurs se tournent immanquablement vers les exclus. Les sans-abri feront l'objet d'une vigilance particulière lors du plan d'Urgence hivernale, du 1 e r novembre au 1 e r avril. L'objectif ne change pas : éviter les morts de froid dans la rue. Cet hiver, dans le cadre de son dispositif d'accueil, d'hébergement et d'insertion, la préfecture de l'Oise renforce ses moyens. Le nombre de places en hébergement d'urgence va doubler pour atteindre la centaine début novembre. Les structures, comme l'Association départementale d'accueil et de réinsertion sociale qui gère le foyer l'Etape à Beauvais, ne vont pas pousser leurs murs. Pas question non plus de surcharger les chambres. Les associations trouveront en priorité des solutions avec leurs partenaires bailleurs l'Adoma, l'Opac, etc. « Nos crédits augmentent, explique le préfet Philippe Grégoire. Ils sont passés de 5,3 millions d'euros en 2003, à 8,1 millions cette année. Le problème de l'exclusion prend une ampleur croissante. Nous voulons y apporter une réponse complète et de qualité. »

« La vigilance est renforcée »

En 2007, la plate-forme d'accueil téléphonique, le 115, a recensé 2 785 ménages en demande d'hébergement. Une majorité d'hommes seuls. Souvent très loin de l'image du clochard, des SDF totalement désocialisés. Les foyers accueillent des familles, des personnes âgées et des travailleurs pauvres. Ces populations demandent une attention spécifique. Pour mieux répondre à leur détresse, le 115 va être renforcé et certains services d'accompagnement seront mutualisés pour plus d'efficacité. « Nous serons plus parés pour répondre en permanence à ces problèmes qui ne s'effacent pas quand l'hiver se termine », assure Philippe Grégoire. Dans l'Oise, les personnes en difficulté peuvent trouver un parcours d'aide complet : de la prise en charge par le 115 et le Samu social à l'hébergement en foyer d'urgence ou en logement plus durable. « L'hiver reste une période d'acuité particulière, affirme le préfet. La vigilance est renforcée, avec plus de maraudes et des plans d'urgence augmentant les capacités d'accueil, voire réquisitionnant les salles communales selon le froid. »

Illustration(s) :

LP/A.M.

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AFP - Journal InternetVendredi, 7 novembre 2008 - 21:52
Boutin: 16.400 places d'hébergement d'urgence pour le plan grand froid


PARIS (AFP) - La ministre du Logement Christine Boutin a présenté vendredi à Paris le plan hivernal d'hébergement d'urgence qui offrira cette année 16.400 places, un "chiffre en forte augmentation" car il n'y avait que 13.138 places en 2006.

"En fonction du froid, les préfets ont la possibilité d'augmenter ponctuellement le nombre de places, de réquisitionner des gymnases ou des casernes" a-t-elle dit, ajoutant que le ministère prévoit aussi l'achat de 100 bungalows.

"Jamais l'Etat n'a mis autant d'argent pour l'hébergement et la lutte contre l'exclusion", a affirmé la ministre à l'issue d'une visite au centre d'hébergement Chrysalide à Paris, qui héberge 40 femmes. "La France est le pays européen qui consacre le plus d'argent pour les démunis : 1,117 milliard d'euros au budget 2009, contre 690 millions en 2001", a précisé la ministre du Logement et de la Ville.

Selon elle, les spécialistes estiment que le nombre de sans-abri en France à 100.000 et le pays dispose de 99.600 places d'accueil.

Insistant sur la diversité des demandes d'accueil, des femmes seules, de familles avec enfants, de SDF avec des chiens, M. Boutin a reconnu que l'Etat allait payer pour 10.000 nuitées d'hôtel en 2008, "un chiffre qu'on espère faire baisser car cela coûte très cher".

"Il faut mutualiser les places disponibles dans les centres d'accueil, et afin d'assurer une meilleure coordination du dispositif, j'ai créé un groupe opérationnel de coordination", a affirmé la ministre.

La ministre a précisé qu'une enveloppe de 3 millions d'euros avait été débloquée pour être allouée à des équipes mobiles d'intervention, avec des psychologues et des psychiatres, qui "iront dans la rue répondre aux besoins des personnes en grande difficultés psychologiques qui ne veulent pas venir dans les centres d'accueil".

"Toutes ces opérations ne seront efficaces que lorsque nous aurons construit des logements sociaux", a-t-elle dit, rappelant 100.000 logements sociaux ont été financés en 2007, qu'il y en aura 110.000 en 2008 alors qu'il n'y en avait que 40.000 en 2000.

Illustration(s) :

Patrick Kovarik
La ministre du Logement Christine Boutin a présenté vendredi à Paris le plan hivernal d'hébergement d'urgence qui offrira cette année 16.400 places, un "chiffre en forte augmentation" car il n'y avait que 13.138 places en 2006.

© 2008 AFP - Journal Internet AFP. Tous droits réservés.


Le ParisienPARIS, samedi, 22 novembre 2008, p. 3
Sans-abri
Première mobilisation contre le froid
Julien Solonel

QUATRE degrés aujourd'hui, un degré demain selon Météo France : le froid va s'abattre ce week-end sur la capitale. Alors qu'un sans-abri a été retrouvé mort fin octobre dans le bois de Vincennes (XII e ), les pouvoirs publics et les associations se mobilisent pour offrir des places au chaud pour les plus démunis. Un gymnase ouvert dans le XIV e . En prévision de la chute des températures, la mairie de Paris a ouvert dès hier en urgence le gymnase Mouchotte, (33, rue du Commandant-René-Mouchotte, XIV e ). Ce centre d'hébergement d'une capacité de 90 places accueille des personnes qui ont appelé le Samu social. Ouvert tous les soirs à partir de 18 heures, au moins jusqu'à vendredi, il permet aux sans-abris de passer la nuit, de prendre une douche ainsi qu'un repas chaud et un petit déjeuner. Cette ouverture est une première étape dans le plan Grand froid de la mairie, que Bertrand Delanoë détaillera la semaine prochaine et qui prévoit notamment un renforcement des maraudes. Au total, 8 925 lits d'hébergement d'urgence. Le dispositif de la Ville vient en complément du plan hivernal du gouvernement. Activé depuis le 1 e r novembre, celui-ci comporte plusieurs paliers selon les températures. Sur Paris, le dispositif permet d'ouvrir 8 925 lits d'hébergement d'urgence, soit 200 de plus que l'an dernier. En comptant les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) - qui proposent un accompagnement des SDF - 14 761 places sont disponibles cet hiver dans la capitale, en cas de mobilisation maximum. Pour éviter l'engorgement du 115 un groupe de coordination a été mis en place entre Samu social, Direction départementale des affaires sanitaires et sociales et des associations comme Emmaüs et l'Armée du salut. L'objectif : mieux répartir les personnes selon les capacités des centres. Le 115 mobilisé. Le numéro d'appel du Samu social a été renforcé pour faire place à l'afflux hivernal. Par ailleurs, neuf camions circuleront ce week-end pour discuter avec les sans-abri et les orienter vers des structures d'accueil. « Si le froid se poursuit nous pouvons mobiliser jusqu'à 22 véhicules », annonce le docteur Xavier Emmanuelli, président du Samu social. 30 lits ont aussi été ouverts à la cité-refuge de l'Armée du salut (12, rue Cantagrel, XIII e ).

Illustration(s) :

LP/ALAIN AUBOIROUX.

© 2008 Le Parisien. Tous droits réservés.

Plan grand froid 2009

les sites d'accueil d'urgence saturés


Le ParisienParis, mercredi, 16 décembre 2009
L'ACTU EN FLASH
Sans-abri : les sites d'accueil d'urgence saturés
B.H.

Les centres d'accueil des sans-abri, ouverts par la mairie de Paris pour renforcer le plan d'Urgence hivernale de la préfecture, sont déjà à saturation. Depuis vendredi dernier, 85 des 90 places aménagées dans le gymnase Mouchotte (XIVe) sont occupées toutes les nuits. « Les quelques places restantes sont vacantes parce que nous les gardons en réserve pour les maraudes qui vont à la rencontre des SDF installés dans les bois de Vincennes et Boulogne », note-t-on en mairie. Les 25 lits installés lundi soir dans un local de la mairie du IVe ont également été tous occupés dès la première nuit. Le gymnase Lancette dans le XIIe (60 places aménagées) a lui aussi fait le plein dès son ouverture la nuit dernière. Pour renforcer encore le dispositif d'accueil d'urgence, une autre salle d'une quinzaine de places pourrait être aménagée d'ici à la fin de la semaine dans la mairie du IIIe. « Nous poursuivons par ailleurs les maraudes, de jour comme de nuit, dans les deux bois de la capitale, soulignent les services sociaux de la mairie. Depuis ce week-end, elles ont permis la mise en sécurité de trois sans-abri qui était en situation de réel danger. Le froid ressenti dans les bois est inférieur de 3 à 4 degrés à celui de Paris intra-muros. »

© 2009 Le Parisien. Tous droits réservés.

Numéro de document : news·20091216·PA·745863


Libération, no. 8894France, mardi, 15 décembre 2009, p. 10


analyse
L'aide aux SDF, un objectif trop saisonnier
Avec le plan grand froid, les gymnases ouvrent et les maraudes s'organisent. En attendant, comme tous les ans, des mesures pérennes d'hébergement.
Par tonino serafini

Début décembre, lorsque les températures étaient encore clémentes, le Collectif des morts de la rue a publié une étude montrant que 320 SDF avaient été retrouvés sans vie en divers lieux de l'espace public depuis le début de l'année. A l'heure où les pouvoirs publics déclenchent le plan grand froid, que la météo affiche des températures négatives, ces chiffres rappellent que les sans-abri décèdent en toutes saisons des conséquences de leur «vie à la rue» : errance, épuisement, malnutrition, absence de soins, sommeil en pointillé, violences... Les SDF meurent très prématurément du fait de conditions de vie qui les abîment et les usent au quotidien. La moyenne d'âge des personnes décédées recensées par le collectif est de 47,6 ans, à comparer avec l'espérance de vie en France qui est de 77,5 ans en pour les hommes et de 84,3 ans pour les femmes.

«Statistiquement il n'y a pas plus de morts en hiver que pendant les autres mois de l'année», souligne Christophe Louis, le président du Collectif des morts de la rue. Le froid n'est qu'un danger de plus, parmi tant d'autres, que doivent affronter au jour le jour les sans-abri.

variations. Pourtant, le degré de mobilisation des pouvoirs publics sur la question cruciale des personnes sans domicile fixe semble intimement lié aux seules variations du thermomètre. On renforce les maraudes (les équipes qui vont à la rencontre des SDF), on ouvre des gymnases et des salles à la va-vite. «Le froid et les SDF, c'est devenu un sujet marronnier des médias. Ça met la pression sur les politiques», analyse Didier Cusserne, délégué général d'Emmaüs, qui gère 1 500 places d'hébergement à Paris. «Les mesures prises obéissent à une stratégie de gestion de l'émotion publique vis-à-vis des SDF qui monte d'un cran en période hivernale. Les pouvoirs publics ne supportent pas d'être mis en cause à propos de SDF morts de froid», poursuit le responsable d'Emmaüs.

Quand la météo devient glaciale, l'objectif premier consiste«à mettre à l'abri un maximum de personnes» vivant à la rue. Ce sont des mesures d'urgence et non des réponses pérennes pour tenter de traiter au fond et dans la durée la problématique du «sans-abrisme». On ouvre des locaux, des lits, que l'on ferme dès que le thermomètre remonte. Or, si l'on en juge par l'omniprésence de personnes à la rue dans toutes les villes, grandes et plus petites, la question des SDF est devenue un sujet sociétal. Sa résonnance, énorme, génère un climat anxiogène : selon un sondage CSA pour Emmaüs, publié le 19 novembre, 56% des Français craignent de devenir un jour SDF. A la question «Pensez-vous que vous pourriez devenir un jour sans abri ?», 44% des sondés répondent «oui, cela pourrait m'arriver», et 12% «oui, c'est très possible».

Il y aurait en France plus de 100 000 SDF, et cette exclusion diffuse, qui dure depuis une trentaine d'années, semble fragiliser toute la société, sans que des mesures à la hauteur ne soient prises. C'est devenu rituel : tous les ans, à l'approche de l'hiver, le ministre en charge du dossier organise une conférence de presse pour annoncer son «plan pour les SDF». Le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu, n'a pas dérogé à la règle, en dévoilant le 10 novembre «20 mesures» pour améliorer le dispositif de prise en charge.

maillage. Parmi les mesures présentées cette année figure une meilleure coordination des maraudes, pour éviter que certains quartiers ne soient quadrillés par plusieurs associations (Samu social, Emmaüs, Croix-Rouge...) alors que d'autres seraient délaissés. Le territoire parisien, par exemple, a été subdivisé en quatre secteurs pour assurer un meilleur maillage. Autre initiative : dans la capitale et la petite couronne, un dispositif consistant à mieux recenser les places vacantes dans les centres d'hébergement doit entrer en vigueur, pour donner au 115 la possibilité d'attribuer tous les lits éventuellement disponibles et éviter les pertes en ligne. Pour plus tard, c'est-à-dire d'ici au printemps 2010, Benoist Apparu veut mettre en place un «service public de l'hébergement et de l'accès au logement». Il conviendra de juger sur pièces et sur le terrain le moment venu. En attendant, c'est reparti comme avant.

Face à la chute des températures, plusieurs départements (Marne, Manche, Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine) prévoient une vigilance accrue et des moyens d'accueil renforcés. A Paris, la mairie prévoit d'ouvrir cinq gymnases ayant une capacité totale d'accueil de 300 lits. Depuis vendredi soir, le gymnase Mouchotte (Paris XIVe) a ouvert ses portes et peut recevoir 90 personnes. Le Fort de Nogent (130 places) a aussi ouvert ses portes, de même qu'un bâtiment dans l'hôpital Charles-Foix à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). En cas d'hiver spécialement glacial, jusqu'à 5 481 places supplémentaires sont mobilisables dans l'Hexagone, dont 2 126 en Ile-de-France. Elles fermeront aussitôt les beaux jours revenus. Ainsi vont les politiques publiques relatives aux SDF.

© 2009 SA Libération. Tous droits réservés.

PLAN uregence 2010


Le ParisienVal de Marne, samedi, 27 novembre 2010, p. 94_E_3
Plan Grand Froid
Davantage de places dans les centres pour SDF
B.L. et C.B.

En raison de la forte baisse des températures annoncées par Météo France pour ce week-end, la préfecture du Val-de-Marne renforce le plan Grand Froid.

A compter d'hier soir à 18 heures, les capacités d'accueil dans les centres d'hébergement d'urgence du département ont été augmentées. 45 nouvelles places viennent compléter le dispositif d'accueil composé déjà de 200 places. Par la même occasion, la fréquence des maraudes effectuées par les équipes mobiles du Samu social ont aussi renforcées. Le signalement d'une personne en danger dans la rue doit être effectué auprès du Samu social en composant le 115 sur votre téléphone. Ce numéro déclenche ensuite l'intervention des équipes mobiles et régule les places d'hébergement disponibles pour la nuit sur l'ensemble du département.

Par ailleurs, pour orienter les SDF vers les lieux d'hébergement, la ville de Paris a aussi décider de renforcer les maraudes municipales avec le soutien d'Emmaüs et l'aide de la préfecture de police. Celles-ci sont intensifiées la nuit, jusqu'à 3 heures du matin, notamment dans le bois de Vincennes, où une veille sociale, sanitaire et des distributions de duvets sont assurées.

Mais, en signe de protestation après l'éviction, par mesure de sécurité, d'une partie des sans-abri du bois le 19 novembre et la destruction de leurs cabanes, une soupe chaude est organisée par les SDF et le DAL (Droit au logement) cet après-midi à 14 heures. Les sans-abri donnent rendez-vous à ceux qui veulent les soutenir avenue de Gravelle, à Saint-Maurice.

Illustration(s) :

(LP/B.H.)

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