Monsieur le Président, l’Accord de Paris vaut mieux qu’une grand messe !

Ceux qui pensaient qu’il suffisait d’une vigoureuse poignée de main ou d’une réception tout en nostalgies régressives à Versailles pour commencer à changer le cours du monde en sont pour leurs frais : il va falloir autre chose qu’une communication savamment orchestrée pour mettre fin aux guerres ouvertes en Syrie ou en Ukraine comme aux guerres de l’ombre menées contre la démocratie ou le climat.

Quatre jours après le G7 de Taormine, Donald Trump annonçait le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. Trois jours plus tard, c’est la Russie qui reportait à 2019 -au mieux !- sa propre ratification. L’invitation du Président américain au défilé du 14 juillet aura sonné comme l’affligeante récompense d’un acte criminel pour l’humanité : Ni #MakeAmericaGreatAgain, ni #MakeOurPlanetGreatAgain, mais un « banal » #MakeMacronGreatAgain !

Il ne suffit pas non plus de prétendre respecter les engagements de l’Accord de Paris pour être exemplaire : l’objectif ambitieux et responsable de limiter entre 1,5 et 2 degrés la hausse de la température globale par rapport à l’ère préindustrielle dépend d’abord du bon vouloir des Etats. A ce stade, les engagements qu’ils ont pris à Paris nous amènent à un réchauffement de 3 à 4 degrés, soit le chaos climatique ! Et l’annonce par le Président français d’un Sommet climat sur le financement le 12 décembre prochain ne saurait masquer les reculs sur la taxe sur les transactions financières et la réduction inadmissible du budget de l’aide publique au développement.

Pas de fatalisme ici mais trois évidences : ce ne sont ni les discours ni les slogans qui freinent le réchauffement, ce sont les actes ; seule l’Europe peut assumer un leadership international efficace dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris ; c’est par un changement déterminé et structurel de nos politiques publiques que l’Europe imposera un nouveau rapport de force vis-à-vis des deux climato-sceptiques Donald Trump et Vladimir Poutine.

« Follow the money ! »

Si la lutte contre le dérèglement climatique n’avance pas aussi vite que pourrait le laisser penser le large consensus ambiant, c’est que derrière les discours interviennent d’énormes puissances économiques. Les déclarations des deux dirigeants du deuxième et du quatrième pollueur mondial relèvent moins d’un négationnisme scientifique que d’une défense acharnée d’intérêts auxquels ils doivent leur pouvoir. Les combustibles fossiles représentent 80% des émissions de CO2 et deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. Atteindre l’objectif de l’Accord de Paris exige d’en sortir au milieu du siècle. Autrement dit, imposer aux quelques firmes qui se partagent cet énorme gâteau de laisser dans le sol 80% des réserves connues de charbon, de pétrole et de gaz, donc de renoncer à un marché potentiel de 27 000 milliards de dollars1, et ainsi perdre de 30 à 60% de leur valeur boursière. Rien de moins !

Pas étonnant qu’on apprenne que les 22 sénateurs qui ont exhorté Trump à quitter l’Accord sur le climat aient touché 10 millions de dollars du lobby pétrolier depuis 2012. Une corruption qui mobilise en réalité des dizaines de millions de dollars à travers le financement des campagnes électorales de centaines d’élus. Exxon Mobil en particulier, dont l’ancien PDG Rex Tillerson dirige désormais le Secrétariat d’Etat, s’est révélé un acteur zélé de ces pratiques, comme les frères Koch dans le secteur du charbon. Ils ne sont évidemment pas les seuls. Même Areva et Engie (entreprises françaises à capitaux publics !) ont financé les campagnes électorales de climato-sceptiques notoires.

Pour les mêmes raisons, et parce que l’industrie pétrolière reste le seul pilier de l’économie russe et qu’elle finance l’oligarchie corrompue sur laquelle repose le pouvoir de Vladimir Poutine, ce dernier a signé le 13 mai dernier un rapport qui identifie les économies d’économies et les technologies vertes comme une menace majeure pour la sécurité économique de la Russie !

Dénoncer Trump ne suffit pas !

Mais dénoncer Donald Trump et Vladimir Poutine ne doit pas nous exempter de nos propres responsabilités. Car l’Union européenne ne respecte pas non plus la trajectoire de réduction de nos émissions compatible avec l’objectif de l’Accord de Paris.

Elle a pourtant longtemps assuré le leadership dans ce domaine : Protocole de Kyoto, paquet climat-énergie européen adopté en 2008 fixant d’ici 2020 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20% de renouvelables dans le mix énergétique et 20% d’efficacité énergétique, directives sur le bâtiment neuf et ancien, l’éco-conception des équipements, les émissions de CO2 des voitures, etc. Ces politiques ont généré des ruptures dans nos modes de consommation et de production et structuré de puissantes filières industrielles et de services. Plusieurs pays (Allemagne, Italie, Portugal, Danemark, Espagne, Suède…), de nombreuses régions et villes, des entreprises et de plus en plus de citoyens s’en sont emparés comme autant d’opportunités quand d’autres prenaient du retard : la Pologne avec le charbon et ses rêves effondrés de gaz de schiste, la France avec son nucléaire à n’importe quel prix, à n’importe quel risque !

Victime de son succès, cette transition fait depuis l’objet d’attaques lourdes menées par les grands groupes d’électricité issus du gaz, du charbon et du nucléaire. En octobre 2014, c’est la contre-révolution énergétique qui se met en branle. Intoxiqués ou complices, les dirigeants européens ont soutenu cette contre-révolution en adoptant en 2014 des objectifs médiocres pour 2030 : 40% au moins de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 27% de renouvelables, et autant pour l’efficacité énergétique. Très loin du nécessaire et du possible : 55% pour les émissions, au moins 40% pour les renouvelables et l’efficacité. Ils refusent par ailleurs de purger le marché carbone de ses excédents pour faire remonter son prix et favoriser la sortie des énergies fossiles. Bref, nos dirigeants proposent pour la décennie 2020-2030 de réduire dramatiquement notre effort dans la transition énergétique par rapport à la décennie 2010-2020, jusqu’à 5 fois pour les renouvelables ! Une aberration économique au moment où les énergies renouvelables sont devenues compétitives, les technologies et les programmes d’isolation des logements performants.

La transition énergétique : une révolution économique, sociale, démocratique

Le pouvoir économique et d’influence du vieux monde ne doit pourtant pas détourner l’attention des opinions publiques et encore moins celle des dirigeants de la réalité et du potentiel économique, social et démocratique du monde qui vient.

Quatre jours à peine après la décision criminelle de D. Trump, 125 villes, 9 États, 902 entreprises et investisseurs, et 183 universités lancent l’initiative « We are still In ». Ce groupement représente  « 120 millions d’Américains et contribue à hauteur de 6 200 milliards de dollars à l’économie américaine (plus de deux fois le PIB de la France). Il entend « continuer à s'assurer que les États-Unis demeurent un chef de file mondial dans la réduction des émissions de carbone ».

Car la transition énergétique est en cours. Malgré des subventions publiques deux fois plus élevées dans les énergies fossiles que dans les renouvelables (325 contre 150 milliards de dollars en 2015), les renouvelables représentent plus de la moitié des nouvelles capacités de production électrique dans le monde (près de 90% en Europe). Les coûts de production du photovoltaïque ont été divisés par 7 ces dix années quand leur rendement augmentait. Ce processus, qui concerne aussi l’éolien et les autres énergies renouvelables, va se poursuivre, les rendant plus compétitives que les énergies conventionnelles (pétrole, gaz, nucléaire et dans certaines régions le charbon). La Chine l’a bien compris qui s’est hissée en quelques années à la première place mondiale de leur production.

En outre, le contenu en emplois est deux à trois fois supérieur dans la transition énergétique que dans le mix actuel. Déjà 10 millions d’emplois dans le monde dans le secteur des énergies renouvelables, avec une progression d’environ un million d’emplois par an qui lui aussi devrait se poursuivre. Même aux Etats-Unis, les emplois dans les renouvelables dépassent déjà ceux des énergies fossiles. Le solaire seul fait mieux que le charbon avec 242 000 emplois contre 160 000. En France, pourtant l’un des pays européens les plus à traîne sur ses objectifs en matière de renouvelables pour 2020, les renouvelables emploient déjà 162000 personnes directement et indirectement contre 225000 dans le nucléaire, avec une contribution à notre mix électrique 5 fois moindre ! Rien qu’en augmentant de 27 à 30% l’objectif européen pour les renouvelables en 2030, on créerait 600 000 emplois supplémentaires. Un objectif de 40% d’efficacité générerait 2 millions d’emplois d’ici 2020, et potentiellement 2 autres millions à l’horizon 2030. Sans parler de la baisse des factures d’énergie pour les ménages alors que plus de 50 millions d’Européens souffrent de précarité énergétique.

Un nouveau modèle énergétique émerge donc à côté du vieux modèle centralisé, obsédé par la rente, bâti sur l’offre et trusté par quelques géants qui se partagent le business. Il est décentralisé, construit sur les besoins, centré sur les citoyens et les acteurs locaux des coopératives, des PME, des villes et des régions. Il est démocratique. Il est révolutionnaire puisque chacun, individuellement ou collectivement, peut produire l’énergie dont il a besoin à partir du soleil, du vent, de la biomasse, du sol ou de l’eau. Le choix citoyen en lieu et place des intérêts des grands groupes ; la démocratie plutôt que les dictatures du pétrole ; l’intérêt collectif plutôt que le profit ; le partage plutôt que la rente ; la convivialité plutôt que la menace nucléaire.

Un projet de paix

Et l’enjeu démocratique de cette transition ne s’arrête pas à son appropriation citoyenne et locale. Puisque nos prédations et nos pollutions intensifient le chaos dans le monde, notre transition écologique est un projet de paix civile et de paix mondiale.

Tout est lié. Le silence assourdissant de la classe politique qui a accompagné les bombardements et les massacres en Syrie n’a-t-il pas fait tomber le voile sur l’influence nouvelle du système Poutine dans le jeu géopolitique ? N’a-t-il pas dit la menace pour notre souveraineté et nos vies démocratiques ? Cette amicale du Kremlin n’est pas qu’une lubie passagère. Elle n’est pas qu’un fantasme d’autorité virile. Elle répond d’un rapport de force ancré dans le réel.

L’influence de Poutine, c’est aussi l’influence des énergies fossiles, du gaz et du pétrole. L’Europe dépense chaque jour un milliard d’euros pour satisfaire notre addiction au pétrole et notre ébriété énergétique. Notre dépendance à ces énergies et l’argent qu’elles génèrent sont des chaines politiques et géopolitiques. Ce sont ces mêmes chaines qui ont trop longtemps fait taire les responsables politiques français à propos des stratégies troubles de l’Arabie Saoudite ou du Qatar vis-à-vis des mouvements salafistes et terroristes et vis-à-vis de la guerre menée au Yémen. Ces mêmes raisons qui expliquent d’autres complaisances comme avec le régime d’Ali Bongo. Avec un objectif de 40% d’efficacité énergétique en 2030, soutenu par le Parlement européen, l’Europe réduirait d’autant ses importations de gaz, soit l’équivalent de la totalité du gaz russe importé. Construire une France et une Europe 100% renouvelables c’est promouvoir une politique étrangère forte guidée par les droits humains, la défense de la démocratie et la protection de la planète, plutôt qu’une diplomatie complaisante dictée par l’accès aux ressources et les ventes d’armes.

Pour une Europe du climat

La feuille de route pour une société et une économie climatiques couvre de nombreux chantiers, y compris dans les secteurs très émetteurs des transports, de l’agriculture intensive ou de la chimie que nous évoquons peu ici mais qui ne sont pas les derniers à défendre le vieux monde. Ces chantiers sont d’abord européens, même s’ils obligent chaque Etat à balayer sérieusement devant sa porte. Et la France a besoin d’un gros coup de balai !

Après l’échec du sommet sur le climat à Copenhague en 2009, l’UE s’est repliée dans un rôle de facilitateur des négociations internationales, subissant, y compris par ses mauvais choix de politiques économiques et budgétaires, le déplacement du centre de gravité économique mondial vers le Pacifique et la reprise en main par les Etats-Unis et la Chine des initiatives climatiques. Avec le retrait des Etats-Unis, et malgré les efforts significatifs de la Chine dans le domaine climatique, il n’y a pas d’alternative au leadership européen. A défaut, la négociation climatique post-COP21 se transformera en une succession de grands discours et de promesses non tenues compensés par une grande foire des initiatives concrètes des acteurs non-étatiques (collectivités, entreprises, citoyens…). Bref, une démonstration écrasante de la vitalité d’une partie de la société et de l’irresponsabilité des Etats.

Affirmer un leadership dans la négociation climatique exige l’exemplarité de notre action climatique. Le retrait des Etats-Unis de l’Accord de Paris a un impact direct sur le financement du Fonds vert destiné aux pays du Sud les plus vulnérables. L’UE doit en urgence rehausser sa propre contribution à l’atténuation comme à l’adaptation, en y affectant une partie des recettes des enchères des quotas de carbone et de la mise en œuvre (enfin !) d’une taxe européenne sur les transactions financières.

L’Union est engagée dans la renégociation de son paquet climat-énergie pour 2030 : nous l’avons dit, elle peut et elle doit hausser substantiellement son niveau d’ambition pour s’inscrire dans une trajectoire de 1,5 à 2 degrés de réchauffement global. La négociation entre les égoïsmes énergétiques nationaux au sein de la fausse Union de l’Energie est souvent indigente. En 2014, la France avait saboté l’objectif « renouvelables » pour défendre le gaz d’Engie et le nucléaire d’Edf. Elle participe actuellement à diluer les efforts de réduction des émissions issues de l’agriculture et la forêt. Elle doit radicalement changer de pied et mettre en cohérence ses discours à Paris et les positions défendues à Bruxelles.

En novembre prochain se tient la COP 23 à Bonn. Si la Présidence de la COP est fidjienne, l’Allemagne est le pays d’accueil, alors que la France est gardienne de l’Accord de Paris. C’est l’occasion pour le couple franco-allemand (élargi aux pays européens volontaires) d’y annoncer de nouvelles ambitions climatiques et énergétiques pour leurs pays et, partant, pour l’Union.

Une COMETE pour l’Europe

En 1952 naissait la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, première pierre à l’édifice européen, avec pour mission de garantir la paix et de reconstruire l’économie européenne par la gestion partagée des ressources de charbon, l’indépendance énergétique et la relance de la sidérurgie. Soixante cinq ans plus tard, la France et l’Allemagne doivent prendre l’initiative d’une COMmunauté Européenne de la Transition Energétique (COMETE). Sa mission : développer dans les secteurs de l’efficacité, des renouvelables, des réseaux et des transports collectifs des partenariats de recherche, de développement industriel, de coopération entre acteurs économiques, coopératives et initiatives citoyennes, collectivités locales.

La COMETE devra s’adosser à deux outils économiques indispensables : un prix plancher pour le carbone et un plan massif d’investissement.

A l’instar du Royaume-Uni, la France et l’Allemagne peuvent initier l’instauration d’un prix plancher pour le carbone dans le cadre d’une coopération renforcée. Un tel prix est reconnu par tous les experts comme un signal indispensable pour réorienter les investissements et décarboner notre économie.

Mais il faut de l’investissement. Massivement ! Le plan Juncker, quantitativement et qualitativement insuffisant, n’a permis ni de rompre avec l’austérité, ni de relancer l’économie européenne sur de nouvelles bases. La Banque centrale européenne rachète chaque mois pour 60 milliards d’euros de dettes publiques sur le marché secondaire avec un impact très marginal sur le financement de l’activité réelle. Je propose que la moitié de ces engagements, soit 360 milliards d’euros par an, garantissent ou rachètent les prêts accordés par la Banque européenne et les banques nationales d’investissement (BEI, BPI…) et destiné prioritairement à la transition énergétique.

Comme toujours la cohérence est un gage d’efficacité. La cohérence, c’est de ramener notre modèle de développement à la taille de la planète, alors qu’il est aujourd’hui deux fois plus gros, tant en consommation de ressources qu’en pollutions. Il faut donc en finir avec les accords de libre-échange TAFTA, CETA ou JEFTA (respectivement avec les Etats-Unis, le Canada et le Japon) qui sont le carburant de ce modèle écocide et de compétition de tous contre tous. Ils organisent le moins-disant environnemental, entendent multiplier le commerce des gaz de schiste et des sables bitumineux, mettent nos réglementations environnementales à portée de canon des groupes pétroliers et énergivores.

Et puisque nous voulons être exemplaires, que d’autres s’y refusent, nous devons mettre en place une taxe carbone aux frontières sur les produits issus d’entreprises ou de pays qui s’exonèrent de leur responsabilité climatique. Ce n’est pas du protectionnisme, c’est la protection d’un bien commun planétaire.

Coup de balai français

De nouveau active et ambitieuse sur la scène européenne, la France doit tenir ses promesses sur la scène nationale. Appliquer la Loi de Transition Energétique impose de procéder à des efforts sans précédent dans l’isolation des logements, ainsi que de faciliter et d’accélérer largement le développement des renouvelables. C’est donc assumer de fermer sur le quinquennat une quinzaine de réacteurs nucléaires pour être sur la trajectoire de 50% d’électricité nucléaire à l’horizon 2025. La programmation pluriannuelle de l’énergie, qui doit fixer dans les prochains mois les investissements en infrastructures sera le vrai test de ce gouvernement. Jouer comme Hollande et Sarkozy le statu quo, le « en même temps », c’est confirmer l’exception et désormais la faillite nucléaire française au détriment de l’innovation, de l’aménagement des territoires, de l’emploi.

Je suis conscient que les changements à engager peuvent inquiéter. Je veux convaincre celles et ceux qui savent l’urgence d’agir mais ne sont pas en situation de le faire. C’est pourquoi la puissance publique doit mettre toute sa force dans la sécurisation de la transition.

Il faut créer des Contrats Territoriaux de Transition Ecologique, tels qu’imaginés par le WWF. Financés par les plans d’investissement européen et français, ils pourraient être négociés pour 10 ans entre les entreprises, les salariés, la société civile, les collectivités locales et l’État. Ces contrats appuieraient les conversions économiques et industrielles à engager et développeraient l’accompagnement et la formation si besoin les salariés sur de nouvelles compétences. Objectif : aucun salarié sur le bord de la route !

L’exemplarité de la France, c’est aussi mettre fin, sur son territoire, aux projets dispendieux d’infrastructures, énergivores et polluants : l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la centrale gaz de Landivisiau, les forages pétroliers en métropole et en outre-mer… C’est encore stopper les subventions aux énergies fossiles : la COFACE, la Caisse des dépôts et des consignations, l’Etat et les collectivités locales, la caisse des retraites comme nos entreprises de l’énergie et nos grandes banques financent des projets et des entreprises fossiles, en France et dans le reste du monde. La France doit rejoindre la magnifique campagne internationale sur le désinvestissement.

Les terrains de bataille sont nombreux pour cette guerre de l’ombre entre le vieux monde et celui de l’après-pétrole. Une France et une Europe 100% renouvelable et zéro carbone ne nous réconciliera pas seulement avec notre avenir et avec le reste du monde. C’est le projet qui, par la perspective démocratique et citoyenne qu’il offre, la relocalisation de l’économie et les créations de millions d’emplois qu’elle génère, peut réconcilier les Européens avec l’Europe autour d’un projet enthousiasmant de civilisation. Une autre bonne raison de s’y atteler. Urgemment.

1 Les données sont principalement extraites des analyses de 350.org

 

Nota : Une version synthétique de ce texte a été publiée sur lemonde.fr le 13 juillet 2017.

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