Rejeter les religions, dominer la nature......c'est la vérité

dénonciation toute politicienne des croyances

Dans un billet récent, un philosophe très remonté contre les religions qu'il qualifie d'institutions fascistes, de totalitarismes, d'aliénations, nous ouvre la voie, ou plutôt la Vérité : satisfaire nos besoins matériels, dominer la nature.........

Dominer la nature, à commencer par soi, chacun la sienne, humaine et subjective ; et le monde qui environne, matériel, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, en passant par les innombrables phénomènes intangibles, par ceux dont on ignore tout : voici un projet bien ambitieux qui n'est pas à la portée d'un homme ni même "des hommes"...........

Seul un dieu pourrait y parvenir...................

Inutile d'aller chercher bien loin les raisons pour lesquelles notre philosophe aborde les religions comme des outils de soumission, de mystification, qui le sont parfois, mais pas toujours, comme il refuse de le dire.

Dans sa quête, soumettre la nature, c'est-à-dire être le dieu de la nature, celui qui préside à son destin, notre philosophe applique aux religions ce qu'il met dans son propre projet déiste : dominer.

Autrement dit, les reproches que le philosophe fait aux religions ne sont autres que les fondements de sa propre représentation de la relation homme-nature.

Dominer la nature, c'est la parfaire, c'est la parfaite religion de notre philosophe : trouver un être, l'humain, dont le pouvoir surpasse toutes forces à l’œuvre ici -bas et les module afin de réaliser sans entraves ce qu'il envisage envisage.

Ainsi avons-nous le Christ, Allah, Zeus.......et notre philosophe.

Alors pourquoi dénoncer ailleurs ce qu'on envisage pour soi ?

Notre philosophe regarde les religions comme concurrences intellectuelles, métaphysiques ; il ne souhaite pas croire en, mais que l'on croit en lui, que l'on croit en l'homme...Et dominer la nature serait espérer qu'elle implore notre pitié (ce qui prête à rire).

Croire en l'humain, mais à renverser ce qui nous dépasse, c'est précipiter son désespoir.............Ce qui diffère du courage qui est l'acceptation de vivre avec l'impossible, le plus que soi.

Rancière dit bien : le vrai révolutionnaire est celui qui s'attache à changer ce qui peut l'être.

Face à une nature toute puissante, dans une quête désespérée, avec une interlocutrice qui en lieu et place de complaintes déclenche des catastrophes dommageables pour les hommes, face à cet ensemble qui inéluctablement s'impose, comment notre philosophe exprime-t-il ses frustrations essoufflées et sa conscience d'un échec annoncé ?

Sinon qu'en incarnant en l'autre les souffrances, les plaies consécutives aux coups portés par volonté d'être le plus fort ?

Sinon qu'en ce qui est à sa portée : ses semblables, et en particulier en celles et ceux qu'il considère comme étant d'une autre nature, d'une autre culture....?

 

 

 

 

 

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