Le FN s'est-il attaché toutes ces années passées à chasser l'image de parti fasciste sur laquelle tant de monde semblait s'accorder jusqu'aux premières années du XXIe siècle ?
Si au cours des derniers temps, à la direction du mouvement, on a parfois condamné les sorties xénophobes des membres ou sympathisants, dont celles du fondateur lui-même, c'est qu'elles visaient en réalité la communauté juive ou des ministres "de couleur". D'autres déclarations insupportables sont passées comme des lettres à la poste parce qu'elles s’attaquaient en fait à des communautés plus mal logées au "pays des Droits de l'Homme", en particulier à celle musulmane, le nouvel épouvantail des gens désireux d'anéantir.
Le conflit qui opposa le président de père à la fille frondeuse témoigne davantage de convoitises du pouvoir plutôt que de réelles fractures idéologiques. Il s'agissait en outre de ménager les alliances soudaines entre l'extrême-droite française et son homologue israélienne, toutes deux engagées, avec leurs consœurs européennes, dans la chasse au musulman et supposé comme tel.
Aujourd'hui, Médiapart nous informe qu'au FN, la dédiabolisation, c'est terminé.
Si tel est le cas, ce n'est pas tant qu'ils en ont assez de taire qui ils sont - ils n'ont jamais cessé de proclamer leur nature -, que la société française traditionnelle les a pour très bonne partie dédiabolisés, non en leur faisant renoncer à leurs manies identitaires, mais au contraire en reconnaissant celles-ci comme pertinentes et urgentes, les acceptant, les pratiquant, les revendiquant.
Si au FN, on réaffirme les valeurs fascistes, c'est finalement qu'on s'y sent autorisé plus que jamais par une frange très importante de la société traditionnelle, dite républicaine, de droite et de gauche, et l'appel à l'union par des ténors des LR est tout à fait symptomatique de cela.
Tout le monde le sait, l'essence fasciste et xénophobe du mouvement n'a jamais été mise à l'index...........C'est le reste de la société française qui s'est rapprochée de ces thèses, du moins dans le verbe car les motivations de rejet de l'autre sont diverses, y compris à gauche, à l'image d'un Valls, d'un Mélenchon, d'une Artaud, d'un Sapin....et de bien d'autres.
Les 34 %de Marine Lepen au second tour de la présidentielle, les politiques racistes des gouvernements dits "républicains" depuis plus de vingt ans, et notamment de l'actuel, dont le premier ministre ne voit par exemple rien à redire à la réédition de pamphlets antisémites coupables de génocide, permettent au FN d'imposer et déclamer à nouveau fort ce qu'il est depuis sa création.