Dans une interview télévisée très récente, le député LFI était interrogé sur le fameux RIC, référundum d'initiative citoyenne.
Le journaliste attire l'attention sur le fait que des lois désormais admises, assurant un reste d'humanisme à notre société, comme le rejet de la peine de mort, pourraient être annulées par la population.
Le député LFI rétorque que la démocratie est en effet un exercice difficile, périlleux, mais qu'il faut savoir choisir entre souveraineté populaire et soumission à des représentants.
Cependant, M. Quatennens affirme vouloir graver dans la Constitution le droit au mariage pour tous et à l'avortement, non pas tant pour préserver ces dispositions des aléas de la conscience collective, mais compte-tenu "de ce qui se passe ailleurs", autrement dit à l'étranger.
Il veut inscrire ces règles selon ses propres termes "au-dessus des lois", qu'elles ne soient plus "discutées".
Autrement dit, M Quatennens sort la Constitution de la démocratie puisque celle-ci, bien curieusement, ne doit plus être débattue, placée au-delà de toute compétence citoyenne, mise dans la mains des dieux.
Ce raidissement autoritaire très inquiétant intervient au moment même où M. Quatennens vient protéger les valeurs françaises pour lui imprescriptibles non pas de manière positive, mais en regard, relativement à d'autres, celles de cultures étrangères qu'on identifie aisément, jugées à raison intolérables, mais qu'il stigmatise néanmoins une fois de plus.
Et cette double posture n'est pas inédite. Elle reprend en copié-collé le paradigme des franges les plus néo-conservatrices qui pour soi-disant défendre la société française contre des usages étrangers considérés à raison, mais également bien souvent à tord, comme obscurantistes, piétinent les libertés publiques les plus élémentaires.
On a donc ici, une séquence qui allie autoritarisme, confiscation de la souveraineté populaire, et stigmatisation de l'Autre, procédé dont on sait qu'il est aussi criminel à haute dose que n’importe quel autre coup raciste!