Sexisme religieux, culturel et capitaliste en Occident

La femme : de l'interdit corporel et social au produit de consommation

Comme le rappelle Régis Boussières citant Saint-Paul, la culture occidentale est toute imprégnée de sexisme à l'encontre des femmes par le biais de son héritage chrétien. Celui-ci est revendiqué par exemple par l'Union européenne qui arbore un drapeau aux symboles mariaux ou au sein de partis politiques français et autres ou, comme le souligne Emmanuel Todd, conditionne toujours inconsciemment les réflexes de nombre de gens....(http://www.libre-penseur-adlpf.com/article-le-sexisme-de-l-eglise-une-bonne-vieille-tradition-115225970.html)

Régis Boussières cite des propos édifiants de Saint-Paul, Père de L’Église chrétienne, qui montrent à quel point les reproches adressés aux musulmanes aujourd'hui témoignent aussi des violentes difficultés qu'a notre civilisation à se tourner vers ce qu'elle fut, vers un passé qu'elle renie, aussi, faut-il l'admettre, pour de bonnes raisons (mais pas que), quoi qu'il en soit au prix de conflits psychiques, subjectifs, importants dont les autres font les frais...

Saint Paul disait déjà : « la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission. Je ne permets pas à la femme d’enseigner ni de prendre autorité sur l’homme, mais elle doit demeurer en silence. Si elles désirent s’instruire sur quelque chose, que chacune d’elles interroge son mari à la maison » (1ère épître aux Corinthiens chapitre XIV, versets 34 – 35) ; ou encore « Soumettez-vous les uns aux autres dans la crainte du Christ (on doit donc craindre Jésus). Femmes, soyez soumises à vos maris, comme au Seigneur, parce que le mari est le chef de la femme, de même que le Christ est le chef de l’Eglise. Ainsi, comme l’Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent l’être à leurs maris en toutes choses  » (Epître aux Ephésiens, chapitre V, versets 21 à 23).…

"Mais Saint Paul ordonnera aussi aux créatures (les femmes) de se voiler la tête : « Tout homme qui prie ou prophétise la tête couverte fait affront à son chef. Mais toute femme qui prie ou prophétise tête nue fait affront à son chef ; car c’est exactement comme si elle était rasée. Si la femme ne porte pas le voile, qu’elle se fasse tondre ! Mais si c’est une honte pour une femme d’être tondue ou rasée, qu’elle porte un voile ! L’homme, lui, ne doit pas se voiler la tête : il est à l’image et à la gloire de Dieu ; mais la femme est à la gloire de l’homme. Car ce n’est pas l’homme qui a été tiré de la femme, mais la femme de l’homme. Et l’homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme. Voilà pourquoi la femme doit porter sur la tête la marque de sa dépendance, à cause des anges » (1.Corinthiens, chapitre IV, versets 4 à 10)."

Régis Boussières rappelle que Saint-Paul ne fit qu'initier une longue tradition chrétienne.

Saint Pierre dira en effet aussi « Femmes, soyez soumises à vos maris » ( 1ère épître de Saint Pierre, chapitre III, verset 1), ou encore: «  Maris, montrez de la sagesse avec vos femmes comme avec un sexe plus faible » (verset 7).

Saint Grégoire le Grand tance : « de toutes les bêtes féroces, la plus dangereuse est la femme ».

Saint Bernard affirme que la femme « est l’organe du diable ».

Et Régis Boussières de nous remémorer que "l’Eglise catholique exterminera sur des bûchers, pendant des siècles, des milliers de femmes pour sorcellerie. L’historienne féministe Françoise d’Eaubonne évoque, dans son livre, le « sexocide » des sorcières. La femme, instrument du diable depuis Eve, est considérée comme un danger permanent. Les catholiques inventeront une fable pour seul modèle acceptable : la Sainte Vierge, qui accouche… en restant vierge".

Plus récemment, le Cardinal de Paris André Vingt-Trois "a déclaré en 2008, lors d’une émission de radio : « les femmes lisent l’Ecriture tant qu’elles le veulent, je ne pense pas que ce soit une question très difficile (même pour ces ignares). Ce qui est plus difficile, c’est d’avoir des femmes qui soient formées. Le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête ».

Avant lui, Jean Paul II considérait que « la vocation de la femme est la maternité : hier, aujourd’hui et toujours ».

De nos jours, l'avilissement de la femme réside, outre dans le refus qu'a la "modernité"de rémunérer les femmes autant que les hommes ou de leur faire place égale face aux décisions de la cité, naturellement dans la marchandisation à outrance, hallucinante de son corps, de son image, dans la récupération ultra-capitaliste des confins de son intimité.....Nécessités idéologiques et économiques qui justifient, entre autres, la haine des femmes voilées d'aujourd'hui, en l'occurrence musulmanes...

Il suffit pour s'en convaincre de prendre connaissance en outre du cliché de la jeune beauté  "faire-valoir de la belle bagnole" ou de la demoiselle "appât en magasin", de l'invraisemblable quantité de sites érotiques dits "artistiques" ou autres, qui proposent tels des téléphones portables, ordinateurs, voitures ou confiseries, des corps féminins à n'en plus savoir que faire, procédant souvent à des cours de gynécologie en règle...........

 

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