Les gilets jaunes mènent-ils des jacqueries ?

Quand ceux qui gouvernent jouent à se faire peur et à nous culpabiliser

Certaines langues acquises au phénomène voient dans le mouvement une forme de révolte inédite pour l'époque. C'est vite oublier, parce qu'il faut décidément qu'elles soient invisibles, hors de l'Histoire, les banlieues ghettos qui, elles, n'hésitent pas depuis bien longtemps à se faire entendre de la sorte, montant à l'assaut de forces à la solde d'un État criminel, s'en prenant aussi hélas à leur cadre de vie même si l'on peut y voir parfois la destruction de symboles d'une société traditionnelle qui les rejette.

Situation inédite pour une frange de la population seulement. Celle la mieux dressée en vérité, celle qui pour partie vote volontiers pour ses bourreaux, mais qui a tout de même compris que bien des institutions censées les mener au salut social sont trop engoncées dans leur posture hiérarchique et subventions nationales pour se bouger du canapé et du train-train des parcours administratifs sur autorisation.

Dans les cieux de l'Olympe auto-proclamé, ceux qui gouvernent ont bien entendu ce qui se passe. Les gilets révoltés à raison bloquent...Mais qui en réalité ?

En partie et surtout en ces temps de raréfaction de la puissance économique des gens qui pensent comme eux, leurs semblables, mais qui sont aussi prisonniers de leur quotidien, de leur vie, de celles leurs familles........

En vérité, ceux qui font la pluie et le beau temps sont épargnés, voient cela de loin, de très loin, et se réjouissent de voir que les gueux témoignent de leur impuissance à les renverser, voire de leur complicité, en s'en prenant à eux mêmes.

Mieux, aussi parce que pour eux le moindre sursaut des sans-dents équivaut à une déclaration de guerre, ils parlent de "jaqueries", c'est-à-dire de ces révoltes offensives directes contre les bourgeoisies et leurs seigneurs, de vrais conflits de classe pour le coup réprimés dans la mort.

Naturellement, les "gilets jaunes" n'en sont pas !!

 

 

 

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