Circulaire du 12 décembre 2017 : traquer l'étranger, tuer la solidarité

Faire du refuge un piège ; l'entraide, la compassion, l'humanité : des droits et des actes sous conditions d'identité.

Remercions d'abord Philippe Wannesson qui publie ce jour un billet détaillant les tenants et aboutissants de la circulaire du 12 décembre 2017 du ministère de l'intérieur, montrant la possible intervention de l’État dans les centres d’urgence afin d'examiner la régularité de la présence des personnes sur le territoire (https://blogs.mediapart.fr/philippe-wannesson/blog/281217/quand-une-circulaire-du-ministre-de-linterieur-est-au-dessus-des-lois).

Prenons ensuite conscience qu'en chargeant les responsables des structures d'accueil de veiller au suivi des décisions des agents de l'Etat, la circulaire du 12 décembre 2017 va bien au-delà de la traque au pauvre et à l'étranger "jusque dans les chiottes", si vous me passez l'expression qui exprime toute ma colère.

En effet, il s'agit de s'attaquer en outre fondamentalement au principe, à l'essence même de la solidarité humaine devant les dangers de notre condition (pauvreté, froid, solitude, .....) en faisant du refuge un piège, en transformant les institutions publiques d'entraide et leurs responsables en sites et agents de surveillance et de tri de l'humain dans le cadre de politiques de l'immigration aussi infâmes que celles qui font venir des gens chez nous, à savoir les guerres et les égoïsmes infinis.

Les refuges publiques qui accueillent des gens de tous horizons deviennent des organes de tris entre français et non français, étrangers en situation régulière et irrégulière............

Décisions ontologiques et politiques barbares !!

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