☭ Point de vue communiste
pour aider à faire avancer les idées
à propos de l'article de Charles Hoareau
Encore espérer après Brignoles ?
paru dans "Rouge Midi"
Débat avec mes camarades de Rougesvifs Midi... Et toutes celles et tous ceux qui veulent s’y mêler pour faire avancer un point de vue communiste.
Si La Canaille partage pour l'essentiel les propos de l'article qui suit, reste deux ou trois questions qui ne sont pas encore abordées et qui mérite d'être intégrée à la réflexion.
Tout d'abord celle de l'abstention, son niveau, ses conséquences et sa signification politique (Pour ne pas alourdir, Canaille le Rouge vous renvoie à sa page du lundi 7 octobre sur son c@rnet : Brignoles-autopsie-d-un-étranglement).
Ensuite une seconde série de questions plus sur le fond, liées à la réalité du combat politique. Peut-on ne scander les moments d'avancement possible du mouvement populaire que par le calendrier des rendez-vous électoraux et faire du passage dans l'isoloir le lieu exclusif de l'intervention politique ?
Cette question est loin d'être annexe tant l'isoloir fonctionne comme un entonnoir-sas chargé de formater les comportements de nos concitoyens (du moins ceux qui sont électeurs) pour assurer la reproduction dans le champ politique des formes sociale de domination. C'est une des formes de la nature de classe de l'état (qui est à différencier des formes d'organisations de la vie collective partagée à réfléchir).
Comme cet état est entre les mains d'une bourgeoisie qui se transforme en aristocratie financiaro-industrielle, celle-ci façonne les institutions pour ne pas être menacée. C'est le rôle de toutes les modifications constitutionnelles proposé par la droite qui sont passivement acceptées (vote pour ou abstention du PS du PC comme lors du débat sur quinquennat, le traitée de Lisbonne ou autres.
Ceux qui n'organisent leur action politique uniquement qu'à partir de ce cadre, même s'il propose un vocabulaire porteur d'idée émancipatrice se rangent ainsi dans le camp des conservateurs des institutions et donc de ses rapports d'organisation de l'exploitation. C'est la caractéristique fondamentale de la dérive pécéeffienne.
Est-ce à dire que les élections sont à ignorer ? Bien sûr que non. Mais comment gagner des avancées politiques sur un terrain balisé par l'ennemi de classe sans organiser la contre-offensive politique sur les lieux qui concentrent les contradictions du système : le gâchis qu'est en soi le capital là où il se produit et se reproduit : les entreprises. Et aussi là où sont concentrés ceux qui le produisent et reproduisent : les quartiers et citées populaires, les mêmes qui s'abstiennent dans les cités parce qu'il ne trouve pour les uns pas de travail et pour les autres aucune modification positive à leurs problèmes dans l'organisation capitaliste de l'activité économique.
Il faut extraire la politique de ce carcan calendaire qui ne sert qu'à perpétuer le système en donnant l'image d'une démocratie totalement faussée puisque les institutions organisent la non-représentation de 95 % des actifs du pays, interdit le contrôle des mandats et font des élus des inamovibles quel que soient leur reniement au regard de leurs engagements ; tous éléments qui produisent abstentions voire parfois vote de colère contreproductive.
Rebondir de municipales en européenne ou législative pour aboutir à choisir pour la présidentielle entre la droite bleue, la droite rose ou la droite brune, les trois servant les gardiens des clés institutionnelles, referment les mâchoires d'un piège qui pourra être forcé que si l'espace d'intervention politique s'élargit à l'ensemble des activités citoyennes allant jusqu'à reconnaitre un statut non pas du travail salarié mais de la citoyenneté au travail pour s'affranchir de l'aliénation du travail salarié. Une citoyenneté liée au contrat de travail et non à la nationalité qui induit des droits d’intervention individuels et collectifs dans l’entreprise. Des droits qui exigent des batailles politiques dégagées des contingences et calendriers électoraux mais permettent d’aborder les élections dans la cité dans un cadre émancipé de la dictature du capital et de sa représentation.
Dès lors les moyens de combattre l’abstention qui valorise les récifs par recul du niveau du flot sont effectivement combattus.
Revendiquer cela ne fait pas d'ombre au besoin indispensable de s'organiser syndicalement pour collectivement porter les revendications des travailleurs bien au contraire. Cela participe à bousculer l'ordre moral qui sévit dans les entreprises où seuls les actionnaires et leurs commis ont le droit de penser comment user de la marchandise humaine qui s'appelle force de travail et qu'ils exploitent sans vergogne ni barrière légales autres que celles qu'ils s'acharnent à briser parce qu'imposer par les luttes politiques et sociales antérieures.
Ces questions sont peu, pas ou mal posées dans la période. Normal de la part de ceux qui comme bernicles sur un rocher institutionnel ne subsistent que parce que tributaires du substrat du rocher. Comme RougesMidi à l’évidence n’entre pas dans ces catégories autant engager avec eux mais aussi avec toutes celles et tous ceux qui ont des idées là-dessus discussion et actions.
C’est pour Canaille le Rouge un moyen de poursuivre le débat et proposer des pistes d’actions qui continue ce qui peut se construire à partir des Assises du communisme de Juin.