Netanyahu, le drapeau de la France et Nous

Notre obligation ici en France, ce n’est pas de dénoncer un soi disant lobby juif qui serait surpuissant mais d’agir contre un lobby sioniste qui récolte les fruits de son travail idéologique et politique.Tant qu’il ne sera pas dans l’intérêt des décideurs de ce pays d’agir contre la politique d’occupation israélienne, rien ne changera.

Conférence de presse: Benyamin Netanyahu, Emmanuel Macron Conférence de presse: Benyamin Netanyahu, Emmanuel Macron
Alors qu’il devrait être jugé pour crimes de guerre, Bennyamin Netanyahu a été une nouvelle fois reçu en grande pompe par le président français Emmanuel Macron.

Au menu, l’accord sur le nucléaire iranien que le premier Ministre israélien veut faire annuler. Netanyahu, premier ministre d’un pays qui se veut être le foyer national juif, a donc endossé le rôle de VRP pour Donald Trump, lui même élu par les pires antisémites américains. Ca ne s’invente pas!

Après avoir commis un énième massacre de civils Palestiniens, Benjamin Netanyahu est revenu à Paris sans que le président français n’ait eu le courage d’exiger la libération de Salah Hamouri ni même de dénoncer ce qui se déroule actuellement à Gaza.

Les Gazaouis qui sont entassés dans le plus grand camps de concentration du monde en raison du blocus aérien, maritime et terrestre imposé par israel, sont comme toute population civile assiégée, sortis pour manifester pour leur liberté et le droit de vivre sans craindre la faim, la maladie ou les bombes de l’occupant.

Razan Al Najjar, jeune infirmière palestinienne de 21 ans, abattue d'une balle dans le dos par un sniper israélien Razan Al Najjar, jeune infirmière palestinienne de 21 ans, abattue d'une balle dans le dos par un sniper israélien

Au moment où je parle, plus d’une centaine de civils ont été abattus par les valeureux snipers israéliens alors qu’ils étaient désarmée et le nombre de blessés s’élève lui à 8000. 

La jeune infirmière Razan Al Najjar, 21 ans, dont la photo a fait le tour du monde, a elle été abattue d’une balle dans le dos alors qu’elle avait les mains en l’air. La balle qui lui a traversé la poitrine était une balle conçue pour exploser à l’intérieur du corps de la victime en déchiquetant tissus, artères et organes vitaux.

Même les manifestants en fauteuil roulant à l’image d’Ibrahim Abu Thuraya ont été des cibles de choix pour les snipers israéliens.



De l’avis du personnel médical sur place, ces munitions étaient inconnues jusqu’à présent. Après le phosphore blanc et les gaz toxiques, israel a une nouvelle fois innové et réussi à confirmer la nature inhumaine de son régime.

On dénonce, on manifeste, on s’offusque sur les réseaux sociaux, mais il faut faire l’amer constat que toute ces réactions de solidarité ne pèsent pas lourd sur la balance de la réalpolitik. Tous les ans, on commémore le nettoyage ethnique qui a précédé la naissance de l’état d’israël, son terrorisme permanent pour empêcher le retour des palestiniens sur leurs terres et pour rappeler à ceux qui y vivent encore qu’ils ne sont plus chez eux.

 

Israel n’est certes pas un état comme un autre. Aucun autre état voyou ne jouit du même degré d’impunité face au droit international. Netanyahu peut ordonner un massacre de civils à Gaza et venir s’essuyer les mains avec le drapeau de la France, pendant que son président l’accueille à bras ouverts.

 

Ibrahim Abu Thuraya Ibrahim Abu Thuraya

Les nationalistes et républicains de tous bords ne cessent de chanter la grandeur de la France et le rôle qu’ils estiment être le sien pour illuminer le monde, mais les slogans républicains sont rapidement mis en sourdine dès qu’il s’agit d’israël. Il suffit de regarder le dîner annuel du CRIF pour s’en rendre copte.

La colère est palpable et légitime mais ces réactions émotives sont devenues pathétiques. Le problème de beaucoup de pro-palestiniens, c’est qu’ils ne se sentent palestiniens que lorsqu’Israël commet un nouveau massacre. La dure réalité des Palestiniens, c’est que l’occupation de leurs terres se poursuit entre deux massacres et que les élans de solidarité verbale, les drapeaux sur les réseaux sociaux n’empêcheront pas le prochain crime de guerre en Palestine.

Ce dont la Palestine a besoin c’est de pouvoir défendre son droit d’exister, et pour sa population, de pouvoir vivre. A chaque fois que j’entends “qu’Israël a le droit de se défendre”, je ne peux m’empêcher de me demander “Et les Palestiniens? Qu’ont ils le droit de faire?”, “Mourir en silence ou vivre humiliés?”.

Je sais que beaucoup se demandent ce qu’ils peuvent faire de plus. Je leur répond qu’il faudrait d’abord refuser que la Palestine soit réduite à une question “humanitaire” ou encore de n’y appliquer qu’une lecture religieuse. Musulmans contre Juifs en attendant la fin du monde.

La Palestine est une question éminemment politique qui ne trouvera de réponse viable que par une lutte politique encore plus déterminée que la lutte portée par les relais sionistes de l’ambassade d’israël.

Comme pour les autres luttes que nous portons, il ne suffit pas de dénoncer une injustice pour que le dominant et ses alliés soient pris par une crise de conscience et fassent amende honorable.

Notre obligation ici en France, ce n’est pas de dénoncer un soi disant lobby juif qui serait surpuissant mais d’agir contre un lobby sioniste qui récolte les fruits de son travail idéologique et politique.

Tant qu’il ne sera pas dans l’intérêt des décideurs de ce pays d’agir contre la politique d’occupation israélienne, rien ne changera. Et vous aurez beau pleurer et hurler à l’injustice, vous passerez pour une masse de gens qu’on méprise et qu’on regarde de haut.

Les pistes de travail ne manquent pourtant pas. 

Le mouvement BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions) est plus que jamais diabolisé par les organisations, militants et sympathisants sionistes à travers le monde. C’est une excellente nouvelle; car cette diabolisation veut dire que les actions citoyennes ont un poids et me concernant, on ne boycottera jamais assez un état criminel.

L’idéologie officielle israélienne qu’est le sionisme atteint des records de désapprobation dans l’opinion publique française. Selon une étude menée par l’Union des Etudiant Juifs de France, un syndicat qui se veut représentatifs des étudiants juifs mais qui confond judaïsme et sionisme, 57% des français ont une mauvaise image d’israël et 69% ont une mauvaise image du sionisme qu’ils associent au racisme. Ça, c’est un capital politique qu’il faut faire fructifier.

Les élites de ce pays, à l’image de Macron auront beau faire le lien entre antisémitisme et anti-sionisme pour étouffer toute critique d’israel, mais le chantage à l’antisémitisme ne prend plus. Et le choix de Macron de lier antisémitisme et sionisme n’est qu’une imposture de plus, la énième vous me direz. Combien de juifs dénoncent israel sans concession et se retrouvent harcelés, pourchassés et tabassés par les militants sionistes. J’en profite ici pour saluer le travail de l’Union Juive Française Pour la Paix ou encore Des Voix Juives pour la Paix aux Etats-Unis et ces rabbins qui dénoncent israel, la thorax à la main.

Aller, à vos boycott. BDS un jour, BDS toujours.

 

 

 

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