Les Partis Politiques: Voilà L'Ennemi © Yasser Louati

 

Les Partis, voilà l’ennemi!


Chronique du 10.04.2017

Je vais pas m’attarder sur ceux qui s’offusquent aujourd’hui après avoir porté aux nues Manuel Macron et découvrent ébahis! qu’un de ses soutiens à été éjecté en quelques heures. Et oui, quelques heures pour rappeler la précarité des personnes issues de l’immigration-post coloniale au sein des partis.

Depuis quarante ans maintenant, beaucoup se sont essayés à changer la donne comme ils disent, en intégrant les partis politiques pour les travailler de l’intérieur.

En quatre décennies, j’aimerai qu’on me donne ne serait ce qu’un seul exemple d’un musulman, d’une musulmane, d’un noir, d’un arabe, d’une personne issue des minorités discriminées, qui a réussi ce pari dans n’importe quel parti politique, de gauche comme de droite. Et par réussite, j’entends “contribution pour une société plus juste”, pas réussite individuelle?

Commençons déjà par le commencement.

De par leur mode de fonctionnement, le cynisme qu’ils exigent, leur corruption structurelle, le carcan idéologique qu’ils représentent, les partis politiques posent déjà un sérieux problème à ce qu’on appelle la démocratie, et si,

comme le disait Simone Weil -la philosophe, pas la femme politique-, les partis n’ont aucune légitimé pour parler au nom des français et encore moins pour décider à leur place,
quelle légitimité pourraient avoir les personnes issues de l’immigration post coloniale pour parler au nom de leurs semblables ou les représenter?

Mieux encore, combien de ces personnes ont tenté l’expérience puis ont été humiliés aprés avoir servi de faire valoir en période électorale, de caution ethnique et morale pour les thèses et les lois les plus racistes; ou encore pour disculper leurs auteurs?

On connait tous ces deux phrases “Je ne suis pas raciste, j’ai un ami arabe” ou “Notre parti n’est pas raciste, Mohammed en fait partie”.

Bien sûr c’est facile de déguiser une ambition strictement personnelle derrière un engagement pour une cause plus grande. Mais avant de chercher à avoir de l’influence à l’intérieur des partis, il faudrait d’abord en avoir à l’extérieur; parce que si on n’a rien d’autre à mettre sur la table, on finit toujours dessus.

Demandez à ceux qui ont lutté avant nous, l’engagement commence  et se perpétue sur le terrain avec les vrais gens, de la vraie vie qui vivent les vrais défis d’un régime politique hérité de l’ère coloniale.

La seule chose que ces personnes ont réussi à faire en 40 ans, c’est de conforter le communautarisme des élites et leur donner des raisons de croire que se servir de Mamadou, Mohammed ou Fatima est un jeu d’enfant et qu’il y en aura toujours pour manger dans la gamelle. Les exemples ne manquent pas et les poubelles de l’histoire en sont remplies.

Alors qu’est ce qu’on fait?

Ma foi, à ça aussi il y a une réponse.

La solution n’est ni dans le repli ni dans l’attente du représentant providentiel, mais dans la prise de conscience individuelle, l’auto-organisation, la solidarité,

l’insurrection culturelle, la reprise en main du discours, de l’histoire, le développement d’un nouveau sens commun et bien sûr une meilleur conception du monde

Il n’y a pas de raccourci ni de solution miracle et personne ne pourra faire l’économie du travail de longue haleine que terrain que beaucoup méprisent ou refusent de faire.




Je termine par ce vieux dicton: “
Trompe moi une fois
Honte à toi.
Trompe moi deux fois
Honte à moi”

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