Projet Phare Pour l'Agglomération
Compte rendu d'une réunion surréaliste dans les bureaux de la mairesse d'Athis Christine Rodier et son projet de mosquée dirigée par le consulat marocain via un cadre du PJD du même pays. Dans un "souci de transparence" envers ses Membres et les fidèles de la commune d’Athis-Mons, l'association a tenu à répondre à leurs interrogations et rendre compte de la réunion du Vendredi 04 Juillet 2014, tenue en présence de Madame le Maire Christine Rodier, Monsieur le Maire Adjoint Antoine Guiséppone et le cadre du parti politique marocain PJD Omar El Mourabet, chargé de l’action sociale et de la vie dans les quartiers, ainsi que les représentants des Associations Marocaine et Maghrébine.
L'ABPE n'a pas vocation à faire de politique ni à entrer dans la cuisine politicienne locale. Néanmoins certaines situations nous poussent à agir et ne pas nous comporter comme des irresponsables ou à faire l'autruche pendant que les arrangements personnels de certains se font sur le dos des Athégiens, musulmans et non musulmans.
L'ordre du jour: Rencontre entre le Maire et les Trois Associations Musulmanes de la Commune
Au vu de notre mission de fédérer les musulmans de la ville, nous avions accueilli l'invitation avec optimisme. Cette réunion s’inscrivait dans la continuité du dialogue initié depuis la veille des dernières municipales, alors que Madame Rodier demandait à l’ABPE de mobiliser l’électorat musulman en sa faveur. Effectivement, nous avons mobilisé l'électorat musulman de la ville pour qu'il participe à cette fête de la démocratie locale. (L’histoire retiendra que nous avions refusé de donner une consigne de vote mais avions promis de mobiliser 500 électeurs et qu'il lui reviendrait à elle et aux autres candidats de les convaincre.) Selon l'opposition actuelle, Madame Rodier et son équipe se seraient même servis de nos flyers durant la campagne, chose que nous avons condamné et avons fait savoir aux deux partis.
Ceci dit, nous n'avons pas tardé à être surpris par le discours tenu par Mme le Maire et Mr El Mourabet. Face à une Maire reprochant à l’ABPE son professionnalisme et ses ambitions, et un adjoint revendiquant son poste de défenseur d’intérêts politiques étrangers en France, la teneur des propos entendus a plus que suscité notre inquiétude. Ce qu’il fallait comprendre, c’est qu’une fois les élections passées, la contribution citoyenne des musulmans allait être récompensée en répondant aux ambitions personnelles de Mr El Mourabet et son parti politique d’origine,le PJD Marocain. En effet, Mr El Mourabet ne communique jamais en tant qu’élu local, mais en tant que Secrétaire du PJD en France et Président de l’association Maroc Développement. Mieux encore, Mr El Mourabet a tenté de nous faire accepter qu’il est “normal que le Royaume du Maroc soit propriétaire de la Future Mosquée d’Athis-Mons”. Position que nous avons bien sûr dénoncée et considéré comme une insulte aux intérêts d'une communauté aussi diverse que la nôtre et à notre combat pour un véritable Islam de France.
En parallèle de cela, alors que nous demandions une stricte séparation entre l’Etat et la Religion ainsi que la non affiliation de la future mosquée aux consulats étrangers, notre Maire répond: "Ca ne me dérange pas que la mosquée soit affiliée au Maroc, si demain j’y suis invitée... d’ailleurs ma fille a été invitée par un ministre marocain au mariage de sa fille”. Avec ce genre de discours, nous en sommes en droit de nous poser des questions quant aux intérêts privés qui animeraient notre Maire Madame Rodier.
L’ABPE a d’abord souligné l’importance que nous accordons au principe d’impartialité au sein de notre association et tenu à réaffirmer le principe de laïcité qui interdit l'ingérence de l'Etat dans les affaires religieuses. Nous avons rappelé qu’il n’est pas normal voir même illégal, qu’un élu de la république s’immisce dans les affaires du culte et déclare fièrement avoir “obligé” deux associations à fusionner, en l’occurrence l’Association Maghrébine et l’Association Marocaine.
Un élu ne peut cotiser auprès d’une association, en être le conseiller et se servir de son poste pour la soutenir politiquement sans risquer de tomber dans le conflit d’intérêts. En effet, nous ne pouvons pas concevoir d’un élu, appartenant à un parti politique étranger puisse en même temps exercer un mandat local pour servir des intérêts autres que ceux de ses administrés. C'est pourtant le cas de Mr Omar El Mourabet qui ne cache ni son travail au service d'intérêts étrangers en France, ni son trouble jeu entre cotisations pour une association affiliée au consulat marocain et le lobbying politique qu'il exerce pour l'imposer commer seul représentant des musulmans de la ville. Cette dénonciation est tout à fait fondée et avons invité nos responsables politiques à en prendre la pleine mesure.
Lors d’une précédente réunion (le 29 Avril) Mr El Mourabet avait lui même qualifié l’Association Marocaine de groupe fermé, réservé à la même famille dont “le niveau intellectuel est limité” et qu’il aurait plus de chances d’être ministre que membre de leur bureau. Si cette association est ainsi, en quoi peut elle représenter les musulmans de la ville et pourquoi l’imposer comme interlocuteur privilégié. Nous sommes d'autant plus inquiets que Mr El Mourabet explique dans un entretien donné au site du PJD: "Ma candidature aux élections municipales françaises s'inscrit dans la continuité de mon combat politique (Au Maroc)". Y a t il des enjeux que nous ignorons?
Malgré une réunion aux décisions déjà prises en amont et des arrangements flagrants, l'ABPE a proposé son projet de fédération musulmane. Cette fédération devra être représentative de la communauté dans son ensemble, n’exclure personne et garantir à chaque musulman la possibilité d’y être représenté, servi et entendu. Les extrémismes se nourrissent de l’exclusion de certains et nous estimons que cette fédération devra être un rempart contre cela.
Pour l’ABPE, il fallait respecter trois conditions pour qu’émerge une fédération viable:
I. Définir Sa Mission: Être au service de la communauté musulmane
1. Organisation et tenue du culte en suivant les préceptes du juste milieu
2. Lancer un projet fédérateur, socialement actif et financièrement autonome. L'ABPE l'a déjà fait avec un projet de "Centre Culturel Pour Tous"
3. Education et Enseignement des fidèles, jeunes et moins jeunes pour damer le pion à l'ignorance, source de tous les extrémismes
4. Contribution citoyenne et ouverture aux autres
II. La Transparence
1. Saine Gouvernance: Pas d’accumulation de pouvoirs entre les mêmes mains et instauration d’un système de pouvoirs/contre pouvoirs. Les représentants devront être élus et des gardes fous mis en place pour éviter les dérives.
2. Concertation avec les fidèles au sujet des décisions qui les concernent. Personne ne peut s’arroger le droit de décider pour les autres avant de les consulter. L’ABPE applique déjà ce principe qui garantie l’adhésion de la majorité et de son soutien.
3. Fin de l’opacité, du clientélisme familial et nationaliste et gestion rigoureuse des dons. Il est hors de question que l’on continue de solliciter la générosité des fidèles sans leur dire où va cet argent. Une comptabilité claire et transparente doit être maintenue et des comptes doivent être rendus aux musulmans sur les dépenses. Les généreux donateurs ont le droit de pouvoir vérifier par eux mêmes. L'ABPE applique déjà cette méthode et invite toute association soucieuse d'être crédible à en faire autant.
4. Les Représentants de la communauté doivent être responsabilisés et rendre des comptes sur leurs décisions. Ce principe se passe de commentaires.
III. L’Indépendance
1. La fédération tout comme la mosquée ne peuvent être gérés par ou appartenir à la même famille. Une mosquée c’est la maison de Dieu. Lorsqu’on y entre, nous sommes chez lui, pas chez quelqu’un. Les intérêts privés et ambitions personnelles des uns ne peuvent prendre le pas sur ceux du reste de la communauté. Si quelqu’un veut “sa” mosquée, qu’il la construise de "sa" poche sans piocher dans celle des autres.
2. Nul ne peut imposer aux musulmans qui doit les représenter. C'est aux Musulmans de choisir leurs représentants conformément à la laïcité, garante de l’autonomie du culte musulman. C'est ainsi qu'un ou une élu(e) local ou autre institution ne peut délibérément choisir "son" interlocuteur, surtout lorsqu’il est décrié par la communauté.
3. L’ABPE refuse toute affiliation à un consulat étranger. Qu'on en finisse avec cette notion d'Islam éternellement étranger. Nous sommes en France, pour la plupart nés ici et pour le reste, résidents depuis des décennies. L’affiliation consulaire, c’est transformer la mosquée en officine politique, maintenir la division chez les fidèles, recevoir ses ordres et son code de conduite depuis l’étranger, sacrifier les intérêts des musulmans de France et en faire des étrangers chez eux. Nous faisons savoir à nos fidèles lecteurs qu’un élu actuellement en poste nous a déjà demandé de nous affilier à son consulat d’origine contre subventions et soutien. Nous avons refusé cette proposition qui n’était rien d’autre qu’une tentative de récupération de notre travail.
4. La guéguerre entre consulats ne nous concerne pas. Nous ne pouvons pas concevoir être au service de notre communauté sans distinction de couleur ou origine ethnique, prêcher un Islam fraternel et universel, demander votre contribution, et en retour favoriser les intérêts d'une origine sur une autre. Nous sommes frères et soeurs, nés égaux devant Dieu et jouissons des
mêmes droits et devoirs. Cet Islam des consulats perpétue l’idée que le Musulman est un citoyen “différent” du reste de la population. Ce ne sont pas moins de dix origines différentes qui sont représentées au sein de l'ABPE (Maroc, Turquie, Hongrie, Portugal, Tunisie, Mali, Indonésie, Vietnam, Algérie, Italie etc...) et justice doit être maintenue entre tous.
5. L’Islam de France doit être au service des musulmans de France. Comment justifier à une communauté musulmane aussi diverse que ses représentants prendront leurs directives d’un pays inconnu? Qu’une vision unique sera adoptée, que les Imams seront imposés par le consulat, que les programmes d’enseignement viendront d’un ministère sur un autre continent et que les besoins de notre communauté ici passeront au second plan?
Ces propositions ont été rejetées par notre Madame Christine Rodier et bien entendu Mr Omar El Mourabet. Rien de constructif n'est ressorti de cette réunion. Nous invitons de nouveau nos frères à la raison et à délaisser leurs intérêts personnels et ambitions carriéristes quand il s'agit de leur communauté. Nous avons besoin d'apaisement et de nous rassembler. Les défis à relever son colossaux et requièrent de la dévotion au service des autres. Ce projet de fédération doit véritablement être fédérateur et représentatif.
Nous invitons certains élus à ne pas piétiner la laïcité quand cela les arrange et leur demandons de ne pas faire d'ingérence au sein de la communauté musulmane. Nos élus doivent à leurs administrés une impartialité sans faille et surtout, surtout, ne pas oublier leurs promesses et la contribution électorale de leurs administrés musulmans et non musulmans lors du dernier scrutin municipal. Ils sont en droit de demander du changement.
Billet de blog 23 janvier 2015
Fraichement Elue: la maire UMP d'Athis Mons Christine Rodier Piétine la Laïcité
Compte rendu d'une réunion surréaliste dans les bureaux de la mairesse d'Athis Christine Rodier et son projet de mosquée dirigée par le consulat marocain via un cadre du PJD du même pays.
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