Chers frères, soeurs et ami(e)s

 Ma mission au CCIF se termine après une année intense au regard de la triste actualité et des dégâts causés dans notre société par la normalisation du racisme et l’augmentation des actes terroristes affrontés avec cynisme et lâcheté par “nos élites”.

 Même si je leur ai déjà dit, je tiens encore à remercier chaleureusement les bénévoles, les juristes et mes collègues de la communication et du fundraising avec lesquelles j’ai travaillé sans relâche et été témoin de leurs sacrifices. Leur compagnie et leur professionnalisme ont été exemplaires.

Libre de tout engagement, je vais maintenant poursuivre mon travail de terrain avec les associations et les militants pour la défense des  libertés publiques, avec les mouvements sociaux, auprès des institutions, des universitaires et en prenant part aux débats publics, en France comme à l’étranger. Inutile de dire que rien ne changera, sauf mon étiquette.

Je ne me fais aucune illusion sur les mois à venir. La campagne présidentielle se fera sur le dos des groupes dominés, à commencer par les citoyens de confession musulmane qui joueront avec d’autres, le rôle de boucs émissaires pour occulter la trahison de la France par ses élites, un système politique en ruine et la mise sous tutelle du pays par une poignée d’individus. Il est plus que temps de regarder vers l’avant et je le ferai avec les bonnes volontés, soucieuses de combattre l’islamophobie et toutes les formes d'injustice plus généralement.

 Si certains ont cru en moi, qu’ils soient rassurés de ma loyauté et que je ne leur ferai pas défaut. Nous avons bien du chemin à faire ensemble et j’espère vous avoir à mes côtés.

Mon travail pour la défense des droits de l’homme et des libertés publiques a déjà repris. Nous sommes tous concernés par l’islamophobie car il n’est plus à démontrer que les musulmans sont en première ligne face à cette succession de politiques injustes et que, à chaque fois qu’on a appliqué des mesures d’exception à leur égard, ce ne fut qu’une question de temps avant qu’on l’applique aux autres. L'application de l'état d'urgence et la repression des mouvements sociaux en sont la plus récente illustration. Sans convergence de nos luttes, nous n’irons nulle part.

Je termine par ce que j’écrivais dans mon mail d’au revoir à mes collègues. Je quitte la cabine d’une association, mais pas le bateau.

Aucune porte ne se ferme sans qu’une autre ne s’ouvre.

Yasser Louati

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