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Billet de blog 15 janvier 2026

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Controverse de la COP31 en Turquie : un hôte contesté et un appel au boycott

L’accueil de la COP31 par la Turquie est controversé en raison de politiques climatiques destructrices, ainsi que de son bilan dégradant et préoccupant en matière de droits humains et de libertés fondamentales. Ces controverses menacent la crédibilité des COP et la lutte contre le changement climatique. L’appel au boycott pourrait constituer un levier puissant pour mobiliser divers acteurs.

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La Turquie est l’hôte de la COP31 cette année.

Cette décision est controversée pour plusieurs raisons, notamment en raison des politiques délibérément destructrices menées par le pays en matière de climat et de protection de la nature, ainsi que de son bilan dégradant et profondément préoccupant en matière de droits humains et de libertés fondamentales, qui continue de susciter de vives critiques et de fortes désapprobations au sein de la communauté internationale.

L’appel au boycott de la COP31 organisée par la Turquie est plutôt d’un sens des responsabilités que d’un simple appel symbolique.

Dans l’espoir que les individus, les ONG, les pays européens, les entités et les autres acteurs concernés se mobilisent autour de cette question hautement controversée, je souhaite évoquer les points pour lesquels l’organisation de la COP31 en Turquie devrait être reconsidérée.

D’abord, un boycott similaire a déjà eu lieu lors de la COP29 organisée par l’Azerbaïdjan à Bakou, au sein de la communauté internationale. L’organisation de ce sommet a été vivement critiquée par des ONG renommées, des activistes de la société civile, des militants climatiques et des défenseurs des droits humains, en raison du triste bilan du pays en matière de violations des droits humains, de répression des dissidents et de politiques climatiques fondées sur les énergies fossiles. De notre côté, la France a également boycotté le sommet en refusant d’y envoyer des représentants de haut niveau.

Le même schéma risque de se reproduire pour la COP31 sous la présidence de la Turquie, malgré la présence de la présidence australienne des négociations après le retrait de la candidature de l’Australie, à la suite d’un bras de fer avec la Turquie pour l’accueil du sommet. Le retrait de la candidature australienne représente une perte majeure en termes de visibilité pour les nations du Pacifique, directement touchées par la catastrophe climatique, comme l’ont souligné plusieurs responsables de pays de cette région. L’accueil du sommet par l’Australie aurait constitué une avancée significative pour ces pays, confrontés à des catastrophes climatiques menaçant la destruction de leurs territoires.

Ensuite, la Turquie a ratifié l’Accord de Paris avec un retard de six ans, devenant le dernier pays du G20 à le faire, ce qui démontre une fois de plus sa réticence délibérée à faire face aux catastrophes climatiques. En 2021, les dirigeants mondiaux se sont réunis à Glasgow pour la COP26 à la suite du sommet du G20 à Rome. Toutefois, le président turc a décidé de ne pas se rendre à la COP26 à Glasgow, invoquant son insatisfaction quant aux dispositions prises en matière de sécurité et de protocoles.

Les faits prouvent que le pays n’a pas réussi à réduire ses émissions de gaz à effet de serre ni à adopter des politiques pertinentes de préservation des ressources naturelles, et qu’il continue de dépendre fortement des énergies fossiles, notamment du charbon et du gaz.

En outre, des mobilisations locales et des recours juridiques sont souvent observés en Turquie, alors que des communautés tentent de s’opposer à des entreprises proches du gouvernement qui détruisent des forêts et des zones aquatiques afin de mener des projets immobiliers, des mines de charbon, d’or, etc. Les opérations d’exploitation aurifère polluent et intoxiquent les ressources naturelles, mettant en danger la santé publique malgré les alertes lancées par des experts et des spécialistes, lesquels sont eux-mêmes souvent victimes d’intimidations ou de sanctions de la part de l’État et d’un système judiciaire devenu un outil de répression.

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments insoutenables, la controverse entourant l’organisation de la COP31 par la Turquie en 2026 ne pourra que nuire à la confiance, à la volonté multilatérale de coopération et aux efforts collectifs de lutte contre le changement climatique et pour le respect de l’objectif de 1,5 °C.

Ces réactions risquent d’éclipser l’importance des futures conférences des COP et leur impact potentiel sur notre planète et notre avenir.

En tant que jeune Européenne concernée et engagée, qui soutient le droit international, l’État de droit, la démocratie, les droits humains et les libertés — en particulier la liberté d’expression — ainsi que la justice, je rappelle à toutes les parties et à tous les acteurs pertinents la nécessité d’agir avant que la dignité de la conférence ne soit compromise.

Nos voix et nos actions, en ce moment critique, peuvent jouer un rôle déterminant pour éviter de nouveaux dommages à la réputation de la conférence et pour préserver les principes et les valeurs défendus par la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Je fais confiance au bon sens, au sens des responsabilités et à la volonté collective en ce qui concerne la vie humaine, la dignité, la nature, le climat et le monde que nous partageons.

J’espère sincèrement que davantage d’acteurs contribueront à cet effort en appelant à la reconsidération de la désignation de la Turquie comme pays hôte de la COP31, car l’intégrité de notre mission mondiale commune contre le changement climatique et pour notre avenir commun en dépend.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.