2020, le deuil par l'espoir

Le passage à une nouvelle année est souvent synonyme d’attentes, d’espoirs, de renouveau. Mais lorsque l’année passée semble n’avoir eu que peu de présent réel tout en ouvrant autant d’incertitudes, comment faire le deuil de 2020 et en faire une base de renouveau pour 2021 ?

Je ne ferai pas de résumé de cette année passée, celle qui a permis, dans une crise sans précédent, d’assouvir un peu plus chaque jour les néo politiques du libéralisme autoritaire. Celle qui a porté en exergue la crise de défiance envers les gouvernants, qui a élargi la fracture entre les lieux de pouvoirs et le peuple. Il n’est peut-être même pas utile d’évoquer le cynisme des élites politiques et économiques, qui usent de toutes sortes d’instruments de violence contre le peuple qui leur montre qu’un temps est en passe d’être révolu.
Non, ce n’est pas nécessaire, ces choses, nous les ressentons au fond de nous-même. 

Nombre d’entre nous subissent une grande part de leur quotidien, entre emplois de plus en plus absurdes, mais nécessaire à notre vie dans la société, poids des décisions extérieures qui changent notre quotidien, mais pour lesquelles nous n’avons part au débat, volonté de consommation responsable, mais en restant dans les circuits du capitalisme néolibéral, volonté de manifester son désaccord, mais peur des manifestations.

Peut-être fais-je de mon cas une généralité, mais je sais que nous sommes plusieurs à connaître ces paradoxes, et tant d'autres, et le malaise qui en découle. Que nous essayons, échouons et réessayons, mais que la mainmise de tout un système sur nos vies semble nous brider dans nos volontés.

2020 a été pour moi, pour beaucoup, l'année de la mise en lumière de ce que nous savions déjà, mais n'acceptons plus : la société dans laquelle nous vivons ne peut nous rendre heureux telle qu'elle est. Lorsque nous l'avons vu, nous ne pouvons continuer sans nous oublier et sans oublier l'autre.

2021 sera l'année des engagements pour combattre ces paradoxes et ces absurdités,  et essayer de faire du futur un lieu commun dans lequel nous nous accepterons mieux, dans lequel nous aurons part à la société, dans lequel nous pouvons exprimer notre humanité.
Pour moi, cela commence par ce premier billet, certes brouillon, certainement vide, mais qui m'est porteur d'espoir. 

A l’image de l’arbre qui, emprisonné par le bitume, développe ses racines en fissurant celui-ci pour finir par le faire exploser, développons les racines de la société que nous voulons dans les interstices laissées par les élites en espérant que celui-ci suive le même destin que le bitume tortionnaire de l’arbre ! 

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