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Billet de blog 4 avr. 2016

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Jean-Luc Mélenchon revient sur les propos de Mme Laurence Rossignol

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Lorsque Mme Rossignol parle de "nègres" partisans de l'esclavagisme afin d'illustrer sa conception de la femme voilée, c'est une erreur politique et un dérapage verbal au goût douteux. En revanche le parcours de la ministre suffit à la discrediter du procès en racisme qui lui est immédiatement fait. Voici ce qu'a rappelé J.L Mélenchon et c'est plutôt légitime de défendre une amie que l'on sait injustement attaquée. Pourtant, ces déclarations ont suscité du remou dans la base militante.

La question de la laïcité telle qu'elle est posée depuis quelques années est devenue clivante alors qu'elle devrait être plutôt consensuelle et ne faire l'objet de résistances que de la part des fondamentalistes religieux aisément identifiables. Alors sortons des postures habituelles féministes/communautaires/laïcardes/démagogues pour tenter de comprendre les forces qui s'opposent dans le débat sur le voile et plus largement sur la laïcité.

Symbole de l'asservissement des femmes pour certains, force est de constater qu'il n'y a pas une seule catégorie de femmes portant le voile. Ce même voile dont on parle sans distinction peut désigner le hijab porté par les primo-arrivants du maghreb et facilement superposable aux fichus que l'on peut encore voir dans les campagnes. Il peut aussi désigner la burqa, cette tenue importée du Golfe et que l'on ne voyait quasiment pas il y a encore 10 ans dans nos banlieues. De la même manière, quelles sont les motivations qui se cachent derrière ce voile ? Peut-on les résumer à une contrainte plus ou moins acceptée inconsciemment par celles qui le porte ?

Une des raisons de l'hystérisation des débats, y compris et surtout dans la communauté musulmane, est cette assimilation du voile à un marqueur identitaire. C'est une motivation du port du voile, ce "bouclier identitaire de protection" comme l'appelle (en le dénonçant) le recteur de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, et en même temps une explication de l'attachement de certains musulmans au voile islamique. Cette pratique a muté en une pratique cultuelle (ce qui est un non-sens théologique) alors qu'elle n'est qu'une prescritption islamique sociale finalement assez périphérique sur le plan de la pratique religieuse.C'est à mon avis tout le jeu qu'ont joué les prédicateurs "fréristes" (type UOIF) qui craignent en premier lieu une sécularisation de l'Islam et utilisent ces marqueurs visibles comme autant de symboles pour autant de luttes. Ce sont des sujets qu'ils veulent rassembleurs pour la communauté musulmane.

En priorité, nous devons déconstruire le communautarisme et lutter contre les inégalités sociales. Pour lutter contre le port du voile il faut reconstruire des modèles d'identification pour tout une jeunesse issue de l'immigration qui se sent citoyenne de seconde zone, ceci dans un contexte de retour au religieux. S'opposer frontalement au voile sans propositions accompagnant cette posture c'est faire le jeu de tous les communautarismes, c'est susciter des vexations inutiles et finalement ancrer toujours plus cette question dans le débat public. Le problème est social et sociétal, très peu religieux.  

Quant à la mode prétendue islamique, certaines de ces tenues sont parfois plus ostentatoires qu'un joli tailleur... Interdire à la mode de s'y interreser fera t'il reculer le port du voile ? C'est l'occasion de relancer le débat mais ne fait n'y partie du problème ni de la solution.            

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