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Le Club de Mediapart ven. 6 mai 2016 6/5/2016 Dernière édition

Boire (à)droite(ment)...

Que boire quand on est à droite ?

 

Le choix n'est pas aisé et politiquement délicat.

 

Boire n'est pas anodin. Boire classe, étiquette, ordonne.

 

L'homme de droite ne saurait se réduire au politiquement consensuel, qui affirme "qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse...".

 

L'être de droite sait déjà ne pas quoi boire. Cela peut paraître anodin, mais fallacieuse apparence des choses anodines.

 

Par nostalgie coloniale, il ne peut s'adonner au Lumumba, qui mélange chocolat froid et cognac, et qui célèbre l'indépendance du Congo, certes celui de nos cousins belges, mais tout de même. Entre le belge colonial et l'homme de droite impérial, il y a une communauté de sentiments et d'intérêts.

 

Même s'il entonne, à l'occasion, l'imprécation gaullienne ou la philippique gaulliste, il ne saurait adopter, à l'heure du cocktail, le Cuba libre, qui exalte l'expérience socialiste insulaire et tropicale. Par essence, par débit, pardon... par dépit, il refuse cette internationale du breuvage. Boissons de tous pays, unissez-vous... n'est pas son adage favori, ne nous étonnons pas. Il répugne aussi au bloody-Marry, dont la couleur et la consonance albionne lui restent sur l'estomac. Et il n'est pas être à prendre ensuite de l'alqua-Selzer... Car des bulles, il préfère celles de Champagne.

 

Il sait ainsi, en être respectueux des traditions qui donnent un sens à sa vie et et un rôle choisi à sa femme, préférer le brut (impérial) au mousseux plébéien, cher (enfin, cher, c'est une image...) à la gauche oeuf-de-lump.Par facétie, car il aime les clins d'oeil, il ne dédaigne pas boire de temps à autre un brut... rosé...

 

Il s'adonnerait bien, comme nos Tontons, à une petite gnôle des familles, à un bizarre, à une de ces drôleries d'antan, qui sentent si bon nos terroirs et nos usages séculaires. Mais las... la gauche perfide, car radicale, a aboli le privilège des bouilleurs de cru. La drôlerie s'étiole, le liquide ambré de l'alambic disparaît, et avec lui ces petits riens qui donnaient un sens au conclave improvisé. Il n'oubliera pas, aux élections, ce méfait infâme et a le souci de le rappeler aux générations futures. Brader l'empire, d'accord, mais se défaire de la goutte, non...

 

Alors que reste-t-il ? Car l'heure tourne et il commence à faire soif.

 

Il peut, par inclinaison royaliste, s'adonner au Cadoudal, cher à notre agité du bocage, et qui permet de noyer la gueuse, tout en la contemptant. 1/3 de whisky, 2/3 de chouchen, une rondelle de citron et trois cerises à l'eau de vie (allusion fruitière à la Trinité sainte et apostolique) et c'est le paradis. Le cocktail renouvelé avec ardeur permet aussi de faire un sort aux cousins bonapartistes qu'on n'aime guère.

 

Car les bonapartistes, en plus de tuer les chouans courageux et de spolier les Bourbons (sans glace pour moi, merci...), boivent aussi, mais mal aussi, évidemment... Lisez donc...

 

Ces derniers, arborant à leurs revers une violette discrète, aiment se forger dans des shakers du vieux Paris des Impériaux, dont le savant ordonnancement ravit à la fois le vieux grognard des Hauts de Seine comme le jeune Turc de Corrèze. Par souci de salubrité publique et même aquatique, les bonapartistes adorent aussi, quand ils évoluent au sud de la Loire, le Pastis et/ou le Ricard. Ils rappellent ainsi, n'en déplaise aux députés et sénateurs de la vague (salée) rose des années 80, qu'ils sont ainsi les plus grands buveurs d'eau de France, et de Navarre, car il est bon, en ces temps tourmentés, de faire une allusion au Béarnais.

 

Les plus extrémistes et les plus cocardiers, eux, goûteront avec délice, en apéritif, pour s'ouvrir l'appétit et oublier les revers électoraux au... National.

 

Ainsi, à l'heure exacte des premières bulles, l'homme de droite sait quoi boire, et, en ce moment, il a de quoi...

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Je rappelle à tous et à toutes que le sujet de ce fil était, liminairement, la boisson de droite et à droite... Il convient de temps à autre de recentrer un peu les propos. On parle de crème, de gâteau, on s'oublie, on s'égare et tout cela finit par donner soif. CQFD

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