Au premier homme...

Au premier homme qui attira un chat, dans la lointaine Egypte, au milieu des papyri, près des greniers à blé.

 

A ce premier homme, qui sans le savoir, créa une race féline à part, le chat dit domestique. Ce qui montre que les biologistes ne comprennent pas grand chose aux chats, car à la question de savoir qui est le plus domestiqué entre le chat et le bipède, la réponse est évidente...

 

A ce premier homme, démiurge du règne animal, qui forgea une nouvelle espèce, et sans doute trop craintif devant son geste décida de faire de ces êtres étranges, venus d'ailleurs, des divinités...

 

A ce premier homme qui obligea ainsi ces chats à forger un nouveau cri, que le chat sauvage ne possédera jamais, et pour cause, car c'est le cri pour réclamer... à manger...

 

A ce premier homme, dont on ne saura jamais ni le visage, ni l'identité, et dont pourtant j'aurai aimé écrire l'histoire,

 

A ce premier homme, un héros du quotidien, les seuls que je respecte,

 

A ce premier homme, je dédie respectueusement ce billet, avant de partir pour de longs voyages durant plus d'un mois, autour de ce vaste monde, sans passer par la case départ, celle de l'Egypte...

 

A ce premier homme, un des rares qui, d'un geste banal a fait une épopée, un mythe, une fable fabuleuse...

 

A ce premier homme qui détestait les chiens, et qui donc ne pouvait être fondamentalement mauvais,

 

A ce premier homme et à ses pairs, comme Céline et Bébert, comme Mon Général et Gris-Gris, comme Lustrée et Fourrure pour Malraux, comme Nelson pour Churchill, à ce premier homme sûrement de droite donc,

 

A ce premier homme qui inspira les plus belles de Lorentz sur ce "félin en miniature", et des mots fabuleux de Baudelaire,

 

A ce premier homme, pour tous les chats que j'ai eus grâce à lui, j'écris merci.

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