Penser notre impuissance

Sortir de notre routine militante pour opérer des changements radicaux a un coût, mais fait preuve de davantage d'efficacité ces dernières années que les formes de luttes traditionnelle comme la grève ou la manifestions (qui restent essentielles pour maintenir la pression mais peu opérantes pour provoquer des bouleversements radicaux nécessaires)

Repenser nos modes d'action, de mobilisation, de résistance face à la domination. C'est un impératif pour le mouvement social dans toute sa diversité : Réfugié.e.s, fonctionnaires, chômeurs/euses, retraité.e.s, étudiant.e.s, personnes incarcérées, victimes de violences policières, victimes de sexisme, d'homophobie, de transphobie, de harcèlement... Les motifs de lutte ne manquent pas et touchent plus ou moins chaque personne dans notre société. Pourtant, notre impuissance est criante, depuis 15 ans, rares sont les motifs de réjouissance dans le monde militant à gauche. au mieux pouvons-nous nous réjouir d'avoir faire reculer ou différer les tenants du pouvoir. Rares ont été les occasions de fêter une conquête du mouvement social comme pour les congés payés, la sécurité sociale, de droit à l'avortement...

Dans une période où toutes les raisons sont justes de se mobiliser pour ses droits ou ses conditions matérielles d'existence, où le pouvoir exécutif se raidi dans l'autoritarisme pour tenir face à sa crise de légitimité, nous sommes incapable à grande échelle d'imposer un discours victorieux basé sur une volonté de conquête. Au-delà de la tambouille interne des partis de gauche qui se tirent la bourre pour arriver le plus fractionné possible en 2022, nos modes d'action sont sabotés par l'appareil d'Etat comme dernièrement par l'action policière

Ces personnes ne prennent même plus de gants pour rendre nulle et non avenue toute tentative de mobilisation, réduite au mieux à une manifestation d'un mécontentement, inoffensif. Pendant ce temps là, la ZAD de Notre Dame des Landes s'est organisée pour protéger l'environnement et une autre manière de produire, Carola Rackette a forcé le blocus maritime européen pour sauver des êtres humains persécutés de la noyades, Cédric Hérrou a aidé des réfugié.e.s à traverser la frontière franco-italienne pour leur donner des soins et un toit... Autant d'actions valeureuses et inspirantes, pour des causes justes, en dépit du cadre légal au service du statu-quo. Elles/ils sont passé en force pour créer un autre monde, plus humain, au péril de leur vie, elle et ils ont connu en représailles : violences policières, arrestations, gardes à vue, mises en examens...

Ces personnes doivent rester dans nos imaginaires comme des figures de résistance victorieuse.

Pour continuer la réflexion :

Geoffroy de Lagasnerie: "Manifestation et grève sont des formes d'expression, mais plus d'action" © France Inter

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