Plus jamais ce mot dans mon sport

Une petite réaction à chaud sur une actualité qui me touche...

Le retour des supporters dans les stades de foot est un motif de réjouissance pour tou•tes les amateur•ices et des professionnel•les de ce sport. Néanmoins, il m'est apparu important de réagir à un certain mode d'expression d'une partie des supporters, qu'on peut souvent qualifier "d'ultras", c'est-à-dire de profondément engagés dans la vie du club, attachés à son histoire et ses valeurs... Et souvent éléments moteurs des animations au sein des tribunes (tifos, banderoles, chants...) pour le meilleur et pour le pire...

Le retour des chants dans les stades a rendu possible d'accompagner certains événements jeu par manifestations de satisfaction ou de mécontentement de la part des spectateur•ices. Une manifestation courante du mécontentement à l'intérieur du stade vis-à-vis de faits de jeu est l'injure, l'une des plus répandues est le trop tristement célèbre "enc*lé" (que je n'écrirai pas dans son intégralité faut pas abuser non plus).

Souvent utilisé pour s'en prendre verbalement à un joueur adverse, à un un dirigeant de son club, ou à l'arbitre (oui, il est surtout utilisé pour insulté des hommes ou des personnes identifiées comme tel), il est souvent défendu par ses utilisateurs (oui, ce sont souvent des hommes qui l'utilisent) comme un terme du folklore footballistique, une tradition, un bien précieux du sport, qu'il ne faudrait pas interdire parce qu'il ne serait surtout pas homophobe ou sexiste.

Parce qu'il l'est, homophobe et sexiste, je m'explique : c'est une injure, c'est un propos utilisé pour humilié et dévalorisé son receveur comme toutes insultes. Le caractère homophobe et sexiste apparait dans l'imaginaire qu'il convoque, celui de la sodomie, de la pénétration anale en somme. Or, dans l'imaginaire patriarcal et hétéronormé, qui est sodomisé? Les femmes et les gays, dans une pratique jugé (a tord) comme un signe de soumission, de passivité et de saleté. Donc, c'est en renvoyant l'insulté à cet condition (erronée) de soumis et de souillé qu'apparait le caractère homophobe et sexiste. Se représenter les femmes et les gays des personnes passives, sales et soumises.

Dans un contexte ou les luttes pour les droits et les représentations des femmes et des personnes LGBT+ dans les sports connaissent des victoires, des contre-révolutions ont lieu dans certains endroits du globes, au bénéfice de politiques réactionnaires, racistes, homophobes... Avec la complicité passive de certaines instance (coucou l'UEFA) : https://www.francetvinfo.fr/euro/loi-homophobe-en-hongrie-comment-le-drapeau-lgbt-a-cause-un-bras-de-fer-entre-l-uefa-et-les-dirigeants-europeens-en-neuf-actes_4675501.html

Il est alors important de défendre l'inclusivité et le respect des diversités de genres, d'orientation sexuelle, de religion, de couleurs de peau... Partout où c'est possible, ce sera pour moi, la meilleure manière d'éradiquer les violences de le sport.

Et rassurez moi les ultras français, il est possible de mettre de l'ambiance dans un stade sans dire "enc*lé" quand même? Vous êtes pas aussi bêtes que le président hongrois?

Des bisous (si consentis)

Yohann

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