Angelique Ionatos fille de la Lune et du Soleil

C’est avec une grande tristesse que son fils Alexis Sevenier et ses ami·e·s proches ont annoncé le décès d’Angelique Ionatos ce mercredi 7 juillet 2021. Dotée d’une allure de déesse grecque et d’une voix grave de contralto, solaire et envoûtante, âpre et sensuelle, elle était également auteure, compositeure et guitariste...

Fille de marin, Angélique Ionatos est née à Athènes en 1954. Elle a quinze ans, en 1969, lorsqu’avec ses parents, elle quitte la Grèce pour fuir la dictature des colonels. La famille pose dans un premier temps les valises en Belgique, avant de s’installer en France. Angélique Ionatos y apprend « la langue de l’exil ». 

Au début des années 70, elle enregistre, en duo avec son frère Photis, un premier album en français : Résurrection, couronné par le prix de l'Académie Charles-Cros.

Dotée d’une allure de déesse grecque et d’une voix grave de contralto, solaire et envoûtante, âpre et sensuelle, Angélique Ionatos entame alors une carrière solo qui la voit, petit à petit, s’imposer comme auteur, compositeur et guitariste. Très vite, elle fait le choix de revenir à la langue grecque. Puisant son inspiration au cœur de la culture traditionnelle grecque, elle commence à chanter les poètes, grecs notamment. C'est par la mise en musique des poèmes du prix Nobel de littérature1979, Odysseas Elytis, qu’elle s’impose définitivement tant auprès du public que de la critique.

Elle a été Artiste associée au théâtre de Sartrouville sous la direction de Claude Sevenier.

Angélique Ionatos a également chanté la poétesse Sappho de l’île de Mytilène, les poètes grecs contemporains mais aussi Pablo Neruda ou Frida Khalo dont elle a mis en musique des extraits du journal intime. Tout au long de ce parcours, elle a recherché des collaborations fructueuses avec des musiciens de toutes origines. Si la magie opère à tous les coups, à chaque nouvel album (une vingtaine), c’est autant pour la qualité de la musique et des interprétations que pour la voix.

Sa puissance musicale et sa grâce ont impressionné tous ceux qui l’ont vue, sur scène.

Angélique Ionatos a publié en 2015, « Le soleil sait », une anthologie de poèmes d’Odysseas Elytis qu’elle a traduits en français.

Sa singularité d’artiste et son lyrisme sauvage manqueront au monde de la musique et au public qui a eu la chance de l’écouter.

Vous pouvez découvrir son site ici 

 Et une série de cinq entretiens radiophoniques, enregistrés en 2016, en écoute en podcast sur le site de France Culture.

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