Pluie de météorites en Russie

Une pluie de météorites ! Voici un évènement digne de films catastrophes ; mais qui s’est pourtant véritablement déroulé ce 15 février.

La région de Tcheliabinsk en Russie a en effet subit la déflagration d’un astéroïde. Il mesurerait entre 5 et 10 mètres de superficie selon François Colas, un chargé de recherche au CNRS à l’institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides(IMCCE). L’onde de choc provoquée par son explosion dans l’atmosphère a directement touché des populations russes.

Une catastrophe locale

Plus de 1 000 blessés : voici le chiffre qui circule dans les médias pour recenser le nombre de touchés. Concrètement, cette onde de choc en plus d’avoir brisé l’essentielle des vitres provoquant ainsi de nombreux éclats de verres source de blessures, a aussi eu pour conséquence l’effondrement de certains bâtiments comme des murs d’usine. Heureusement, le nombre de blessés graves d’après les autorités russes reste très limité et c’est surtout un choc moral qui a retenti ce matin-là vers 9h20. La population s’est retrouvée dans l’incompréhension totale à la vue de cette boule incandescente accompagnée d’une vive lumière blanche se déplaçant à très grande vitesse dans le ciel. Bref, nul n’avais envisagé la venue d’un tel évènement

Un danger durable mais insuffisamment géré

Cette information dont la nature est assez rarissime, il faut le dire, survient parallèlement au passage de l’astéroïde 2012 DA 14 tout près de notre planète. Sauf que l’une des différences majeures entre ces deux évènements est que la catastrophe en Russie n’a en aucun cas été prévue ou même envisagée par des autorités (quelqu'elles soient).

 Il peut être intéressant de rappeler la « chute » d’une autre météorite en Russie le 30 Juin 1908 ; ce corps céleste avait explosé dans l’atmosphère au-dessus de la Toungouska en Sibérie mais ne faisant que peu de dégâts au final étant donné la région désertique.

Or en 150 ans, rien n’a réellement changé : il reste impossible de prévoir l’arrivé de toute météorite sauf les plus conséquentes. Les programmes se focalisent en priorité sur les corps célestes de plus de 100 mètres, susceptibles de provoquer des dégâts catastrophiques en cas de chute sur terre, toujours selon François Colas.

Par conséquent, c’est d’avantage à la chance (ou à l’absence de malchance !) auquel on peut s’attacher. L’un des signes les plus flagrants de cette impuissance est l’absence dans les médias de la simple question : « Aurait-on pu prévoir cela ? » à propos de la météorite Russe. Cela est d’autant plus grave que cet évènement aurait pu prendre une toute autre ampleur en touchant l’une des nombreuses centrales nucléaires présentes en Russie par exemple.

En tous cas, on se défend déjà de toute négligence dans le milieu scientifique : l’Institut d’Astronomie a fait savoir que l’Etat ne lui avait pas accordé les fonds nécessaires pour travailler efficacement. Une source du ministère de la défense, interrogée par le quotidien Kommersant, a expliqué que les autorités s’attendaient à une décomposition de la météorite après son entrée dans l’atmosphère terrestre. Ainsi, le problème financier revient une fois de plus et il est sans doute permis de douter de toute amélioration future étant donné que les phénomènes de météorites ayant des répercussions directes sur l’homme restent des cas très rares.

Malgré tout, il est important de dire que suite à cet évènement, le vice-premier ministre russe en charge de la défense et de l’industrie a demandé la création d’un système anti-astéroïde international. Reste à concrétiser ces nouveaux souhaits politiques et que ces projets restent ensuite d’actualité, sans qu’il n'y ait besoin de « piqures intergalactiques » de rappel de temps en temps.

 

Yonathan Van der Voort

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