Youcef Amrouche (avatar)

Youcef Amrouche

Éducateur de Jeunes Enfants, Consultant & Formateur petite enfance

Abonné·e de Mediapart

4 Billets

0 Édition

Billet de blog 15 septembre 2025

Youcef Amrouche (avatar)

Youcef Amrouche

Éducateur de Jeunes Enfants, Consultant & Formateur petite enfance

Abonné·e de Mediapart

Et si on rendait les enfants à leurs parents ?

À l’occasion de la Journée internationale pour la liberté de l’instruction (JIPLI), cette tribune plaide pour redonner aux parents le rôle central dans l’éducation de leurs enfants. Plutôt que de confier systématiquement nos tout-petits à des institutions, célébrons l’instruction en famille, source d’humanité et de liberté.

Youcef Amrouche (avatar)

Youcef Amrouche

Éducateur de Jeunes Enfants, Consultant & Formateur petite enfance

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Et si on rendait les enfants à leurs parents ? © Youcef Amrouche

À l’occasion de la Journée Internationale pour la Liberté de l’Instruction (JIPLI)

✨ Et si, dans un sursaut de conscience, nous décidions de rendre les enfants à ceux qui les aiment le plus - leurs parents ?

Et si, au lieu de les confier dès les premiers mois à des institutions standardisées, nous leur offrions le droit fondamental d’être élevés, instruits, et aimés par ceux qui les connaissent dans leur moindre soupir ?

👶 L’enfant n’est pas un projet éducatif. C’est un être de lien.

Dans ces lieux, l’enfant apprend trop tôt à se conformer, à se fondre dans le groupe, à taire ses élans.

Il découvre le bruit des collectifs avant le silence des regards. Il apprend à se détacher avant d’avoir appris à s’attacher. On lui impose des rythmes, des règles, des routines, alors qu’il aurait simplement besoin de bras, de présence, de lenteur.

Et les parents ? On leur dit qu’ils doivent « reprendre le travail », « faire confiance aux professionnels », « déléguer pour mieux respirer ».

Mais que devient leur instinct, leur désir de transmettre, leur capacité à aimer sans méthode ?

On les infantilise, on les culpabilise, on les remplace.

🌱 Et si on faisait autrement ?

Et si, au lieu de créer des structures pour accueillir les enfants, on créait des structures pour accueillir les parents avec leurs enfants ? Des lieux où l’on accompagne sans prendre le relais. Des espaces où l’on soutient sans supplanter. Des temps où l’on forme sans formater.

🎓 Regardons du côté de l’instruction en famille (IEF)

Des milliers de familles choisissent chaque année de s’occuper elles-mêmes de l’éducation de leurs enfants.

Elles les instruisent, les élèvent, les accompagnent dans une relation de confiance, de respect, de liberté.

Ce modèle, loin d’être marginal, est une démonstration vivante que l’éducation peut être intime, créative, humaine.

Mais que fait l’État ? Il le freine. Il le surveille. Il le restreint.

Comme si cette liberté d’éduquer était une menace.

Comme si le lien direct entre parent et enfant devait être encadré, contrôlé, corrigé.

💪 Et si, au lieu de l’écraser, on s’en inspirait ?

Et si l’État devenait un allié des familles, un soutien logistique, un appui pédagogique ?

Et si l’on valorisait l’IEF comme un laboratoire d’humanité, une source d’innovation éducative, un modèle de proximité ?

Et si l’on reconnaissait enfin que les parents sont capables - et souvent les mieux placés - pour guider leurs enfants dans le monde ?

Ce n’est pas un retour en arrière. C’est un bond en avant.

Rendre les enfants à leurs parents, ce n’est pas nier les besoins de la société.

C’est reconnaître que le socle de toute société, c’est le lien.

Et que ce lien se tisse dans les bras d’un parent, pas dans les murs d’une institution.

Rêvons d’une utopie où l’on ne sépare plus par défaut, mais où l’on unit par choix.

Rêvons d’un monde où l’on ne confie plus les bébés à des horaires, mais à des regards.

Rêvons d’un monde où l’on rend les enfants à leurs parents - et les parents à leur puissance d’aimer.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.