Le triomphe de la révolution blanche est inéluctable

Il y a eu des révolutions colorées, orange, il y a eu des révolutions saisonnières, printanières, avec la révolution algérienne, qui ne surgira là où personne ne l’attendait, on innove par la révolution de la table rase, tous doivent partir et leurs instruments de domination constitutionnels et institutionnels avec.

Le triomphe de la révolution blanche est inéluctable

Youcef Benzatat, Le 1 avril 2019

Il y a eu des révolutions colorées, orange, il y a eu des révolutions saisonnières, printanières, avec la révolution algérienne, qui ne surgira là où personne ne l’attendait, on innove par la révolution de la table rase, tous doivent partir et leurs instruments de domination constitutionnels et institutionnels avec. C’est la révolution blanche. Celle qui doit déboucher sur une nouvelle république, qu’on appelle première ou deuxième, c’est sans importance. Ce qui prime, c’est la feuille blanche sur laquelle on doit tracer les contours de cette nouvelle république et la personnalité du citoyen qui doit l’incarner, pour bâtir un vivre ensemble sur les ruines d’une inexistence collective, qui était dépourvue de tout lien social et de tout référent structurant le Nous, peuple, société et nation.

Rien n’y fait devant la détermination d’un peuple qui retrouve soudain une unité inébranlable, pour renouer avec le sens de la dignité et de la liberté. Après des décennies durant de division, entretenue, instrumentalisée et dressée comme un épouvantail pour empêcher l’émergence d’un quelconque contrepouvoir, l’unité retrouvée du peuple a tout ébranlé dans le système de chaines qui le tenait résigné et aliéné. L’acculant jusqu’à apparaitre divisé pour ruser. L’inversion de la division ici n’a rien de hasardeux. Gaid Salah n’est pas opposé à Bouteflika, ni à Tartag, ni à Toufik et même à l’opposition organique et structurelle. Voir même à « la main de l’étranger » sur laquelle le système pourra s’appuyer pour contrer la révolution. Une main de l’étranger qui a tout intérêt à ce que le peuple algérien continu à sombrer dans le sous-développement politique pour mieux disposer de ses richesses et l’empêcher d’être un concurrent potentiel. Tous sont à pied d’œuvre pour préserver le système de la déferlante révolutionnaire du peuple, qui se réveil comme un volcan avide de reconquête de son territoire vital. Tous ont une feuille de route au bout de leur sympathie avec la révolution, mais toutes ces feuilles de route mènent vers la préservation du système, y compris celles de ceux qui se prétendent opposés radicalement à la reconduction de ce système, en affichant une sympathie calculée et trompeuse à ne cesser de surfer sur la vague dans l’objectif de vouloir incarner l’apparent déficit de représentativité de la révolution.

Gaid Salah ne s’est opposé, ni au troisième mandat après le viol de la constitution, ni au quatrième après l’empêchement de Bouteflika suite à son AVC, ni au cinquième mandat après l’extinction totale de ce dernier qui le rendait inapte à gouverner aux yeux du monde entier. Allant jusqu’à participer au jeu de rôles organisé pour prolonger le quatrième mandat et soutenir la ruse de la feuille de route proposée par la présidence. Pour ensuite brandir l’article 102 de la constitution à quelques jours de la date fatidique du 28 avril, pour espérer séduire le peuple et pouvoir mettre en pratique cette même feuille de route, en vérité pour le tromper et empêcher que la révolution ne s’empare du pouvoir.

Pendant ce temps le peuple sait que pour arriver à bon port et triompher des forces contre-révolutionnaires, il doit attendre au préalable de déblayer l’environnement politique, constitutionnel et institutionnel, par son expression directe dans son mouvement d’accaparement de l’espace public, jusqu’à l’usure et l’abdication du système, pour ensuite mettre en pratique sa propre feuille de route. Celle qui devrait déboucher sur l’élection d’une assemblée constituante, la rédaction et l’adoption d’une nouvelle constitution et la consécration d’une nouvelle république. C’est le mot d’ordre et la sentence des manifestants depuis le 22 février et aucune ruse ne pourra venir à bout de leur détermination dans ces conditions. La révolution blanche est en marche et les tentatives du système de la contourner ne sont que les signes de ses dernières convulsions pour tenter de durer le plus longtemps possible dans une marge de temps très étroite.

Y.B.

 

 

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