Et puis... (Petite histoire de "nationalité")

Et puis…

Il y eut un jour Quel jour était-ce ?
En toute Fraternité
Elle m’inspira la joie d’aimer
Aimer en toute Égalité
Elle était fraîche et légère et libre et moi
Moi Bien pauvre j’étais
C’était trop beau c’était trop gai et moi
Moi je me méfiais 
Craignant de trop m’accoutumer
Me laisser abuser Et
Et moi je me laissais bercer

Elle était belle et fraîche et libre et moi Moi
J’avais le cœur ouvert et l’âme bée
Que c’était doux que c’était bon
Ses baisers chauds son corps brûlant
Partout où je voguais je ne
Trouvais que Liberté
Liberté Égalité Fraternité
Inscrits partout écrits partout
Ces mots trop beaux me poursuivaient

Elle était jeune et belle et fraîche et libre et moi Moi
J’avais le cœur ouvert et l’âme bée
Que c’était doux que c’était bon
Ses baisers fous son lit plaisant
Les nuits en déambulations
Et les journées en excursion Et moi
Et moi bien sûr j’aimais à penser
Penser qu’il put un jour en être ainsi Là-bas
Au sud de la mer Méditerranée

Il y eut un jour Quel jour était-ce ?
Je ne m’attendais à ce qu’elle fut ma maîtresse
Que c’était fou que ce fût bon
Ardent itou et flamboyant
Nos flâneries nos cavalcades 
Nos dialogues et nos algarades
Je la fis mienne Et je la protégeais
De tout ce qui aurait pu l’affliger
À mon tour je l’alimentais
De moi le meilleur lui offrais
Ardeur flegme rire joie curiosité
Désinvolture bon-vivre sérénité
À ses yeux enjoués me laissais enivrer
Heureux de l’en voir prospérer

Il y eut un jour Il y eut un autre jour
Elle dit qu’elle se sentait le cœur gourd 
Et que pour bon nombre de raisons
Ne croyait plus en mes calembours
Que sur moi pesaient tant de soupçons
Qu’il m’en fallait partir sans trompetter
Qu’elle ne supportait d’ailleurs plus mes chansons
Qu’elle ne les avait d’ailleurs jamais aimées
Qu’elle préférait son apéro son Jurençon
À mes cornes de gazelle et à mon thé menthé

Il y eut une nuit Il y eut un autre jour
M’écrit qu’il en était fini de mon amour
Eut des mots durs me traita de bédouin
Dit qu’à son cœur je n’étais plus rien Et moi
Moi Je la conjurais de revenir à la raison
Ma chérie mon amour ! Tu es en train de t’égarer
Repose-toi donc un peu Vas voir un psy
Allons tu es bien trop fatiguée
Mais son cœur restait bien trop sourd
Au bannissement me livra À l’opprobre et au tollé
Nos plus belles heures m’attelais alors à lui remémorer 
Mais elle s’en allait composer une situation de non-retour

Il y eut une nuit Il y eut un autre jour
Elle était malade et moi Moi je l’aimais
À l’exil elle me condamna Et moi
Moi
Je lui rendis sa liberté

YB - 25/12/2015

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