La portion incongrue d’un ancien président

Dans le cas, improbable,  où il l’ignorerait, l’ancien président Sarkozy devrait se souvenir du devoir de réserve qui incombe à tous ceux que le service de l’Etat et celui de la France imposent à leurs détenteurs.

Dans le cas, improbable,  où il l’ignorerait, l’ancien président Sarkozy devrait se souvenir du devoir de réserve qui incombe à tous ceux que le service de l’Etat et celui de la France imposent à leurs détenteurs.

On ne peut impunément prétendre incarner la République puis, de retour à sa charrue – ce qui n’est pas, je le concède, le cas du personnage – se répandre en propos peu avenants sur son successeur et, pire, sur des pays avec lesquels nous entretenons des relations amicales. Je veux parler de l'Algérie, brocardée depuis la Tunisie voisine. Longtemps tenu pour le « yaouled » de nos amis américains, le pensionné, gardé et voituré de Neuilly pourrait respecter un pays qui ne lui a jamais causé le moindre tort mais aux intérêts et à la tranquillité duquel il a nui gravement dans et par son équipée inconsidérée de Libye. Dont nous continuons à payer la vertigineuse facture. 

                  La petite phrase qui se veut  spirituelle (On ne choisit pas ses voisins) n’est pas à la hauteur de quelqu’un qui aspire au retour dans les ors de la  fonction et dans les délices qu’il estime ne pas avoir épuisé de cette Capoue républicaine. Elle a peiné nos amis algériens et je suis de ceux qui la jugent plus que maladroite, incongrue et sotte.

                  In fine, je rappelle au chef des armées que fut l’ancien président Sarkozy que les yaouled étaient ces gamins qui ciraient les chaussures des bourgeois d’Algérie – les militaires devaient s’acquitter eux-mêmes de cette corvée – et en recevaient la modeste rétribution. Avec des sourires de gosses heureux. Et sans perdre leur dignité.

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