Mediapart vs Marine Le Pen, chapitre 3.

La première des libertés, c’est la liberté de penser… 

 

Je reviens donc sur l’article de Mediapart intitulé:  le front national : « notre contre argumentaire en 20 fiches »

 

« Le deuxième enseignement est plus surprenant. Il tient à la faiblesse de l’expertise, de la précision et de la cohérence de cet ensemble programmatique. L’analyse de l’état de la société française relève d’un salmigondis de revues de presse, empruntant, dans le plus grand désordre, statistiques ou travaux de recherche. Des affirmations contenues dans un chapitre sont contredites dans un autre. Des chiffrages trouvés ici ne sont plus les mêmes là. Des mesures sont clairement hors du cadre idéologique… »

 

Les chevilles ouvrières de l’élaboration et du chiffrage du programme économique et social de Marine Le Pen sont les personnes suivantes :

 

Jean-Richard Sulzer :

professeur à l'Université Paris-Dauphine, agrégé des Facultés de gestion et diplômé de l'École des hautes études commerciales (HEC). Fondateur et ancien directeur du centre de recherche en gestion de l'Université Paris-XIII, il fut expert financier auprès des tribunaux ainsi que membre du Conseil des Impôts.

 

Bruno Lemaire :

docteur en mathématiques, docteur es sciences économiques, diplômé d’ Harward, ancien professeur de Management à HEC, a été responsable Recherche et Développement d’IBM-Conseil, après avoir été doyen associé d’HEC chargé de technologies de communication.

 

Thibaut de La Tocnaye :

ingénieur, polytechnicien, diplômé de l'École centrale de Lyon.

 

Florian Philippot :

Diplômé de l’ENA et d’HEC, ancien haut fonctionnaire au sein de l'inspection générale de l'administration (IGA).

 

Vouloir faire passer ces messieurs pour des incompétents irresponsables qui se seraient contentés de regrouper des coupures de presse me semble un peu fort de café, mais Médiapart n’est pas à « ça » près. De plus de nombreuses autres personnes travaillent pour Mme Le Pen, dans l’administration ou des grandes entreprises, discrètes parce que ne voulant pas subir les foudres du parti unique, je veux dire l’ UMPS. Elles abondent en documents, chiffres, statistiques, études, analyses, l’équipe publique de ce programme.

Il faut ajouter aussi que ces propositions sont dans la droite ligne des « recommandations » de Mr Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie, qu’on ne peut pas taxer de s’être mis au service des financiers et spéculateurs anglo-saxons.

 

« Ce manque de cohérence et de fiabilité vient souligner ce qu’est encore aujourd’hui le Front national : le parti des Le Pen, entreprise dynastique, où le travail théorique, la construction d’un corpus idéologique et l’affichage d’une véritable volonté de gouverner ne sont qu’accessoires. Le Front national demeure ce parti tribunitien construit sur les charismes du père puis de la fille. A contrario, imaginerait-on le FN aussi puissant si Bruno Gollnisch en était aujourd’hui le président ? En un quart de siècle de présence massive dans le champ politique, cette formation n’est donc pas parvenue à dépasser le stade des slogans et imprécations. C’est une raison d’espérer. »

 

Et pourquoi pas imaginer l’UMP représentée par Vaneste, le PS par Cambadélis etc…

Mais au moins vous avez bien noté que B. Gollnisch avait écarté et nombre de ses partisans avec lui. Ce qui veut dire qu’au delà des personnalités, ce sont deux visions programmatiques qui se sont opposées, Mme Le Pen ayant réussi à imposer la sienne.

Le FN subit depuis 30 ans le soi-disant « Front Républicain » qui consiste à maintenir au pouvoir l’UMPS, même front républicain bien rassemblé pour abolir le résultat du référendum sur l’Europe. Le système est rodé, usé jusqu’à la jante, et l’abstention en atteste lors des élections. Les Français en prennent conscience peu à peu, je m’appuie sur le fait que plus de 60 % des sondés souhaiteraient que Marine Le Pen puisse être candidate (le conditionnel s’impose dès qu’on se réfère à des sondages et peut-être que 60% est une fourchette basse…).

Ce système a causé la disparition du Parti Communiste et des Verts, ce qui ne semble pas vous avoir sauté aux yeux, mais le Front National est toujours là, qui plus est à un niveau jamais atteint dans son histoire. Ne croyez vous pas qu’il faut plus que des slogans et des imprécations pour un tel résultat ?

 

« …une véritable envie de gouverner n’est qu’accessoire », écrivez vous ? Alors là c’est une grave erreur : le Front National gouvernera un jour et peut-être plus tôt que vous ne pourriez le penser, toujours trop tard pour moi,  et ce n’est pas vos imprécations de nouveaux  Torquemadas, inquisiteurs de la pensée politique, qui changeront le cours de l’histoire.

Marine Le Pen a du charisme, c’est sûr et c’est tant mieux. Et c’est bien embêtant pour vous et ses adversaires. Mais elle a su surtout rompre de façons claire avec les errements idéologiques des anciens, quoique vous en disiez. Elle propose un programme économique souverainiste mais aussi et surtout très attentif aux questions sociales, alors que le socialisme a depuis longtemps été déserté par le camp de la gauche, fut-elle extrême. Sur ce sujet, le père était, à l’inverse de la fille, ultra libéral dans la lignée des Thatcher et Reagan.

Et vous ne voyez aucun changement ?  Ne comparez pas l’une à l’autre, vous y gagnerez peut-être en crédibilité !

Au lieu de vous préoccuper de la dynastie Le Pen, pourtant fondée sur le vote des militants, anciens du FN et nouveaux, interrogez vous sur la consanguinité de vos proches, qui fait de vous les néofascistes du XXI eme siècle.

 

 

 

« Le troisième enseignement peut être également une bonne nouvelle. L’immense majorité du programme du Front national est simplement inapplicable sauf à faire de ce pays une table rase. L’essentiel de son programme économique est une vue de l’esprit. L’ensemble des chiffrages est totalement fantaisiste. Le 12 janvier d’ailleurs, la présidente du FN avait convoqué la presse pour une mise en scène de graphiques, tableaux et chiffres. Un mois plus tard, cet exercice de chiffrage était mis à bas par le numéro 2 du FN, Louis Aliot. Invité de «Radio France Politique» le 5 février (voir cette vidéo à 14'15), il expliquait : «Bah... c'est financé, il suffira de mettre le budget en ordre de marche, de récupérer la compétitivité, la croissance, de faire des économies, c'est de la macro-économie.»

En plein exercice incantatoire, Louis Aliot ajoutait : «Il faut dire : la candidate c'est Marine Le Pen, il y a un projet. Il y a des économies à faire sur des postes budgétaires, c'est une économie d'ensemble qu'il faut voir, il ne faut pas sectoriser les mesures.» Marine Le Pen tombe ainsi en plein dans le travers qu'elle croit voir chez ses adversaires : «des slogans publicitaires aussi vides que creux». La campagne électorale peut ainsi être un moment de pédagogie citoyenne qui permettra de démonter un programme fantasmatique : à condition, justement, que ses adversaires en fassent une priorité."

 

Et vous vous appuyez sur des remarques (d’ailleurs pleines de bon sens) de Louis Aliot, Docteur en droit, que l’on fait parler d’économie ! L’idée générale qui consiste à récupérer de la compétitivité, relancer la croissance et faire des économies, vous semble inadéquate ? C’est pourtant le consensus qui va de Sarkozy à Hollande en passant par Bayrou, et peut-être même de Mélanchon, quand il est son seul auditoire, en prenant sa douche ou en se rasant le matin…

Bon Mélenchon veut un smic à 1700 euros, on va le laisser de côté tant cette proposition est fantaisiste, puisqu’il n’a pas l’intention d’abandonner l’euro et sortir de l’UE, la Pologne gardant elle son salaire minimum à 348.68 €… (Roumanie 157.20, Slovaquie 317, Lettonie 281,93 etc.)

http://www.journaldunet.com/management/repere/smic.shtml

 

« Ouais, il faut que les Polonais gagnent aussi 1700 € ! ».

Malhonnête, comme d’habitude, mais ce n’est pas l’important, on le sait tous.

Question suivante ?

 

Mediapart,  l’ Europe que vous défendez (ah, toujours cet internationalisme…) c'est ce que les économistes appellent une « zone économique optimale » permettant de mettre en œuvre une monnaie unique, en dehors de lourds transferts de richesse, comme on le voit vers la Grèce, l’Irlande ou encore le Portugal, en ce moment. 

 

« Le quatrième enseignement est, lui, des plus inquiétants. On peut juger inapplicable ce projet et constater dans le même temps qu’il est porteur de ce qu’il faut bien appeler une guerre civile. Les remises en cause fondamentales des droits et libertés des citoyens, le pétainisme social, l’exacerbation de la priorité nationale articulée à une persécution des étrangers ou des Français d’origine étrangère sont autant de garanties de mettre le pays à feu et à sang.

L’isolement d’une France barricadée derrière ses frontières, ayant rompu avec l’Europe, donc indirectement avec les autres puissances démocratiques, est un autre danger funeste. Enfin le désastre économique programmé et la ruine de pans entiers de notre économie (agriculture, par exemple) rendraient simplement insupportable au pays une telle thérapie. On objectera que les programmes sont faits pour ne pas être appliqués. C’est d’ailleurs ce que le FN avait fait dans ses très rares conquêtes électorales locales. Les gestions médiocres, faites de renoncements et d’incompétence, de quelques villes vite perdues (Toulon et Vitrolles par exemple) ont montré que ce parti tribunitien ne pouvait passer l’obstacle de la gouvernance. »

Quand j’ai lu « guerre civile », je me suis demandé si vraiment, à ce niveau de pitrerie, ça valait encore le coup de continuer à commenter. Et puis finalement ne pas le faire risquerait d’être interprété comme un manque d’arguments à opposer aux sottises de Mediapart et à ses lecteurs les plus sujets, ses groupies comme je les appelle...

En fait c’est Médiapart qui, de manière indirecte en en suggérant l’idée, en appelle à la guerre civile, et pose une vraie menace pour la démocratie. C’est trop grave pour laisser passer !

Personne au Front national ne dit ces insanités, aucune ligne du programme n’appelle à remettre en causes les droits et libertés des citoyens, qu’ il faudra aller récupérer par ailleurs au fond du cul de basse fosse où les ont mis les partis qui ont gouverné depuis 40 ans. C'est même tout le contraire.

http://www.marinelepen2012.fr/le-projet/refondation-republicaine/democratie-institutions-et-morale-publique/

 

Les élus qui ont mal géré les villes conquises par le FN (il y a 15 ou 20 ans, en politique ça s'appelle l'antiquité) ont été exclus du parti, on ne peut pas en dire autant des élus du PC, PS ou UMP, y compris pour les plus corrompus.

 

Le programme du Front National n’entend pas ériger des barricades aux frontières mais mettre en place des écluses (ouverture contrôlée) pour permettre dans le même temps à nos entreprises de retrouver leur compétitivité. Il n’est pas davantage question de rompre avec l’Europe mais de promouvoir une Confédération d’Etats Nations.

http://www.marinelepen2012.fr/2012/02/15/presentation-par-marine-le-pen-de-son-projet-pour-leurope-des-nations/

En remarquant au passage que le démocratie est bien mal en point là où le suffrage universel est interdit (Grèce), bafoué (France), détourné (Irlande) où les hommes de LB sont mis en place sans aucun mandat donné par les peuples. Cette idée de la démocratie vous convient peut-être, à moi pas.

L’agriculture n’a rien à craindre puisque la Politique Agricole Commune qui  nous impose Monsanto et les OGM sera remplacée par la Politique Agricole Française, avec les mêmes aides, comme expliqué dans le programme.

Le bilan de notre agriculture dans le cadre de l’UE est le suivant : « baisse sur longue période du revenu moyen des agriculteurs (en dépit de la diminution vertigineuse du nombre d’exploitations et de l’augmentation de leur taille moyenne), volatilité croissante des prix et insécurité économique insupportable en résultant pour les producteurs, inégalités croissantes de revenus entre agriculteurs, tout comme entre ces derniers et le reste des Français, écarts croissants entre prix à la production et prix payés par le consommateur, niveau scandaleux des retraites agricoles, pénalisées par le déséquilibre démographique qui est le revers des gains de productivité. »

http://www.marinelepen2012.fr/le-projet/redressement-economique-et-social/agriculture/

 


« Le cinquième enseignement est que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy se marchent dessus trop souvent. Surtout depuis que le président-candidat a énoncé les contours – très à droite – de son projet dans Le Figaro Magazine. Les deux candidats partagent un ensemble de positions (opposition au droit de vote des étrangers, à la légalisation de l'euthanasie, au mariage homosexuel) et de propositions (recours au référendum populaire). Surtout, leurs projets stigmatisent les «assistés» et les étrangers. »

 

Alors là, faire porter le chapeau des conneries dites par Sarkosy à Marine Le Pen, c’est un peu fort de café ! D’autant que Sarko n’est que dans l’électoralisme et l’enfumage, alors que Marine Le Pen est porteuse d’un projet inédit, compact, charpenté, convaincant et réaliste, bien loin des tenants de la pensée unique.

Le référendum de Sarkozy n’a rien à voir avec ce que propose Marine Le Pen,

http://www.marinelepen2012.fr/le-projet/refondation-republicaine/democratie-institutions-et-morale-publique/

 

et personne ne veut « stigmatiser » personne, ni les assistés, ni les étrangers. Mediapart a par contre un vrai talent pour désigner des boucs émissaires, en la circonstance Marine Le Pen.

 

Wiki : « Le phénomène du bouc émissaire est la loi du « tous contre un ». Il a pour fonction d’exclure la violence interne à la société (endémique) vers l’extérieur de cette société. Pour que ce phénomène soit effectif, il faut :

- que la mise en œuvre du rituel du bouc émissaire reste cachée,

- que la violence résultante de cet acte n’entraîne pas une escalade de violence, d’où la nécessité d’un « typage » des victimes (elles ne sont pas choisies au hasard). C’est le principe de moindre violence,

- que les individus soient persuadés de la culpabilité du bouc émissaire,

- et (dans une moindre mesure) que les victimes soient persuadées d’être coupables. »

 

 

Mais c’est sur la dernière condition que vous allez avoir un problème : nous n’avons pas l’intention de nous laisser faire et de jouer le rôle de la victime… La culpabilisation, appelée diabolisation, de l’électorat de Marine Le Pen a marchée un temps, mais c’est terminé !

 

Arrivé au terme de ce petit commentaire, je dois avouer que je me suis régalé ! Les arguments de Mediapart sont tellement doctrinaires et spécieux, en un mot médiocres, que c’est un vrai plaisir de s’y intéresser et d’aller voir « plus près ». Je n’aurai bien entendu pas le temps de tous les commenter, noyé sous l’avalanche d’articles tous plus malhonnêtes les uns que les autres, mais je m’y collerai de nouveau sur quelques uns, je pense que ce sera suffisant pour les (é)lecteurs pour se familiariser avec l’ ambition de Marine Le Pen et mieux comprendre le sens de sa démarche, hors de toute intox ou manipulation. Lisez donc son programme, ses idées sur son site, analysez et pensez par vous même. Vous avez le droit de ne pas être d’accord, nais au moins vous saurez pourquoi, et sans intermédiaires militants participants du système mis en place depuis trop d’années.

La première des libertés, c’est la liberté de penser… 

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