Complice du pire dit-il

C'était devant la statue de P. Pinel, celui à qui est attribué l'enlèvement des chaines des aliénés, mais l'oubli de Marguerite et jean-Baptiste Pussin doit être rappelé...c'est une autre Histoire.

C’est toujours bien de commencer la journée avec un texte de Jean Oury

En 1793, Jean-Baptiste Pussin, un ancien patient nommé surveillant et sa femme Marguerite ont amené Philippe Pinel, médecin-chef de Bicêtre, à retirer les entraves et les chaînes aux aliénés.

Donc le collectif des 39 organisa un meeting, dont l'écho devant la phrase du jour "complice du pire" résonne à mes oreilles...

Collectif des 39 Contre la Nuit Sécuritaire

Meeting National Politique et Poétique

Samedi 9 avril 2011

« UN POUR TOUS ET TOUS CONTRAINTS »

Devant la statue de Pinel

47 Bld de l’hôpital 75013 Paris



« Petit discours que Philippe Bichon pourra lire samedi 9 avril 2011 à Paris
Je suis dans l’impossibilité de venir.
En psychiatrie c’est plus visible, mais c’est général. Comme ça se dit également, on assiste à « l’invasion de la gestion, et au despotisme des marchés... ». Ca fait longtemps ! Plus de quarante ans , avec la complicité objective des principaux intéressés et de tout ce qui grouille autour. .. Aussi bien à l’école, dans les universités, les hôpitaux, etc,... C’est le même profil « managérial ». On crée des systèmes de protection contre ce qu’on a créé soi-même : des zones de dangerosité, mais aussi des éclatements d’agression provoqués par la débilité d’une « logique » hyperorganisationnelle.
Pauvre Pinel qui ne sait plus quoi faire de ses chaînes. On a réalisé des progrès techniques depuis ! Bentham en serait jaloux : transparence, caméras, bracelets électroniques, et surtout le rétrécissement de « l’esprit » , si on peut appeler comme ça une sorte de réflexologie galopante.
On avait constaté que c’était bien vrai ce qui avait été dit dans les années vingt : que pour soigner les malades mentaux il faut
« soigner » l’Etablissement. Ça vaut bien sûr pour la psychiatrie, mais également pour la médecine, la chirurgie, la pédagogie, etc.. Ça demande un certain changement d’habitudes, en particulier de ne pas confondre l’intelligence avec une calculatrice. Mais il y a tellement d’intérêts sordides pour favoriser ce glissement organisationnel : chaque geste est comptabilisé, inscrit dans une opération de triage des « résidus », de ce qu’on ose même plus appeler « société ». La poésie fout le camp, la vraie, celle qui fait
le sens de tout existence, « malade » ou non.
Alors ? Nous sommes encore pas mal nombreux pour empêcher le pire. Il n’y a pas que le fric qui compte ! »
Jean OURY

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