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Billet de blog 25 janvier 2026

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L'Eglise du Congo Brazzaville face au defi des compétences

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L’Église du Congo face au défi des compétences : pour une pastorale fondée sur la formation

L’Église du Congo, riche de son histoire, de sa foi vivante et de son influence sociale, demeure l’un des piliers moraux et spirituels de la nation , en depit des difficultés du moment. Elle doit jouer un rôle déterminant dans l’évangélisation, l’éducation, la santé, la médiation sociale et la défense de la dignité humaine.

 Toutefois, malgré cette mission noble et essentielle, un constat préoccupant s’impose : le déficit de compétences dans certains secteurs de la gestion ecclésiale fragilise l’efficacité de l’action pastorale et institutionnelle.

Des affectations parfois inadaptées
Dans plusieurs diocèses, paroisses et institutions de l’Église, des ouvriers apostoliques : prêtres, religieux, religieuses et parfois des laïcs engagés sont affectés à des postes pour lesquels ils n’ont pas reçu de formation adéquate. Administration financière, gestion des projets, direction des œuvres sociales, leadership organisationnel ou encore communication institutionnelle sont souvent confiés à des personnes de bonne volonté, mais insuffisamment préparées.
Cette situation n’est pas le fruit d’un manque de foi ou d’engagement, mais plutôt d’une absence de politique cohérente et systématique de formation spécialisée. La bonne intention, aussi louable soit-elle, ne peut remplacer la compétence dans des domaines aussi sensibles que la gestion des ressources humaines et financières.

Conséquences : mauvaise gestion, aventurisme et gaspillage
Le manque de compétences conduit inévitablement à des dérives. On observe alors :
une mauvaise gestion des biens matériels et financiers de l’Église ;
des décisions improvisées, relevant parfois de l’aventurisme administratif ;
le gaspillage des ressources, pourtant rares et souvent issues des sacrifices des fidèles et des partenaires.
Ces dysfonctionnements portent atteinte à la crédibilité de l’Église, freinent la réalisation de sa mission et peuvent susciter incompréhension, frustration et scandale au sein des communautés chrétiennes.

La formation : une urgence pastorale et institutionnelle
Face à ces défis comme, l'a pensé Monseigneur Théophile Mbemba , premier Archevèque congolais, il devient impératif que l’Église du Congo mette l’accent sur la formation intégrale et continue de ses ouvriers apostoliques. Former ne signifie pas seulement approfondir la théologie ou la spiritualité , bien que cela reste fondamental , mais aussi offrir des compétences pratiques et professionnelles adaptées aux responsabilités confiées.
Il est essentiel de renforcer :
la formation des prêtres, afin qu’ils soient à la fois pasteurs et gestionnaires responsables ;
la formation des religieux et religieuses, souvent en première ligne dans les œuvres sociales ;
la formation de certains laïcs, appelés à collaborer étroitement à la mission de l’Église et à occuper des postes techniques.
Des domaines tels que la gestion financière, le management, le droit canonique appliqué, la gouvernance, la planification stratégique et l’éthique administrative devraient faire partie intégrante des parcours de formation.
Pour une Église plus crédible et plus efficace.
Une Église bien formée est une Église plus crédible, plus transparente et plus efficace dans sa mission évangélique. Investir dans la formation, c’est investir dans l’avenir de l’Église et dans la qualité de son témoignage au cœur de la société congolaise.
En mettant l’action sur la formation des prêtres, des religieux, des religieuses et de certains laïcs, l’Église du Congo pourra non seulement éviter les erreurs de gestion et le gaspillage, mais aussi renforcer sa capacité à répondre aux défis contemporains avec sagesse, compétence et fidélité à l’Évangile.
La foi éclaire la mission, mais la compétence en garantit la bonne réalisation.

Yves Nkounkou le pape

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