Yves Tripon
Abonné·e de Mediapart

35 Billets

0 Édition

Billet de blog 21 déc. 2013

Cricket, Cendres et Galipoli

Yves Tripon
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le 25 août dernier, les feux d'artifice éclataient au-dessus de Londres. L'Angleterre gardaient les Ashes, les Cendres, ou plutôt l'urne contenant les cendres, ou plutôt la réplique de l'urne contenant les cendres des piquets brûlés par des dames de Melbourne déposées dans la fameuse urne siégeant au Marylebone Cricket Club, propriétaire du terrain mythique de Lord's et des lois du Cricket. L'Angleterre avait remporté la série par 3 matchs gagnés et 2 inachevés (dra

© 

w). L'Angleterre avait dominé l'Australie. L'Empire renaissait. L’Australie redevenait, quelque part, un dominion...
Rule Britannia ! Règne Britannia, Règne sur les vagues ! Les Britons ne seront jamais asservis !
Après la troisième défaite de l'équipe anglaise à Perth, ce n'est plus Rule Britannia, mais Coule Britannia.
Il reste certes deux matches à jouer, mais quel qu’en soit le résultat, les Anglo-gallois  ne conserveront pas le trophée. Il est d'ailleurs, au vu des trois premières rencontres, douteux qu'ils ne se ramassent pas un « lessivage », c'est-à-dire un cinq défaites sur cinq matches. La grande question est : d'où vient ce retournement en si peu de temps ?

Des Anglais affaiblis

D'un point de vue strictement sportif, les Anglais avaient sélectionné quatre nouveaux sur les dix-huit choisis pour aller représenter leur nation, dont trois lanceurs rapides, c'est-à-dire des joueurs jouant plus sur la force que sur l'effet donné à la balle, inexpérimentés sur le plan international. Ces trois étaient censés s'appuyer sur deux autres lanceurs moyens vétérans, Broad et Anderson. En effet, le lancer rapide exige de courir beaucoup et est donc beaucoup plus fatiguant que le lancer court ou moyen. Selon un certain nombre de spécialistes du cricket, ce choix était loin d'être évident. Il s'est avéré en réalité très mauvais, ce d'autant que les trois nouveaux étaient loin d'être au mieux de leur forme.
La ligne des batteurs semblait tout à fait excellente, le problème est que l'un d'eux, Jonathan Trott, s'est blessé lors des matchs de préparation en Australie. Trott joua ainsi le premier match avant de repartir de lui-même, le moral dans les chaussettes, pour l'Angleterre après une pitoyable démonstration.
Insuffisamment solide au lancer, déséquilibrée à la batte, l'équipe anglaise était sérieusement affaiblie.
À cela s'ajoutait une fatigue de départ de la part d'un certain nombre de joueurs pivots d'une équipe d'Angleterre au calendrier très chargé, pour ne pas dire plus, joueurs jouant dans divers formats (test, One Day International et T20). Cela fait beaucoup et le moindre faux pas a un effet alors épouvantable sur le moral et la motivation.

Des Australiens préparés à la revanche

Côté australien, tout remonte à plus de six mois, c'est-à-dire avant la sévère défaite en Angleterre. L’entraîneur d'alors, Arthur fut limogé trois semaines avant la première rencontre de la série en Angleterre, alors que l'équipe australienne était déjà en perfide Albion. Cette éviction avait pour origine une série de mauvais résultats, dont la perte des Ashes en Australie même. Cricket Australia, la fédération australienne de cricket, avait donc décidé de prendre le taureau par les cornes et était prête à perdre une fois de plus en Angleterre pour préparer la revanche...
Elle choisit pour cela comme coach un homme impressionnant par son calme et sa détermination, Lehman. Ce dernier n'hésita pas à faire jouer de

© 

jeunes joueurs afin de leur donner de l'expérience, passant par pertes et profits les Ashes 2013. Malgré la défaite, il a su redonner la confiance et l'envie de gagner aux joueurs australiens. Quand l'heure de la revanche a sonné le 21 novembre 2013, il s'est, cette fois, appuyé sur des joueurs d'expérience et c'est une équipe calme et confiante que les Anglais, affaiblis par blessure, fatigue et mauvais choix, ont affronté.
Et ce calme et cette confiance était essentielle, car les cricketeurs australiens n'avaient pas à faire face qu'aux Anglais, mais aussi à leur public, aux supporters australiens.

Un public... exigeant

Il faut savoir que le cricket est le premier sport, loin devant tous les autres, en Australie. Pour donner une idée, selon un sondage national paru dans The Age en 2007, 59 % des Australiens affirmaient préférer le cricket. Une autre enquête plus ancienne demandée par la fédération australienne, Cricket Australia, indiquait qu'en 2003/2004, 471.329 personnes avaient joué en clubs, dans des centres de formation ou des écoles au cricket, ce qui équivaudrait environ à 1,5 millions de personnes en France. La place de capitaine, dont le rôle en cours de match est fondamental, de l'équipe nationale de cricket est considérée comme la fonction la plus prestigieuse en Australie après celle de Premier ministre.
Avec 7 défaites et 2 nuls sur les neuf derniers matchs (5 en Angleterre et 4 en Inde), l'équipe test de l'Australie se devait de réagir. Le public australien avait été outré d'une telle défaite.
Comment ? Nous, Australiens, nous pouvons tolérer à la rigueur que les Sud-Africains soient meilleurs que nous. On pourrait même admettre un match perdu contre la Nouvelle-Zélande (quoique, enfin, pas une série) ou contre l'Inde ou le Pakistan (quoique...), mais l'Angleterre... Quelle horreur ! « No worries, mate » (Pas de problème, mon pote), on va régler ça. Et, là, il faut le dire, quatre mois après leur raclée en Angleterre, ils l'ont eu leur vengeance. Et quelle revanche !
Trois victoires à zéro et la perspective d'un lessivage !!!
L'enjeu, on s'en doute, va en fait au-delà du cricket et même au-delà du sport.
Pour comprendre pourquoi quand une équipe australienne, que ce soit au cricket ou au rugby, est plus que déterminée à vaincre face à l'Angleterre, il faut comprendre l'histoire de l'Australie et son rapport à l'Empire britannique.

Australie – Angleterre un lourd passif

L'Australie est devenue sujette de la couronne britannique en 1788. Elle servit longtemps de colonie pénitentiaire. Les autorités anglaises y envoyaient délinquants, vagabonds, etc., mais aussi opposants politiques, pour l'essentiel irlandais. Progressivement, le pays continent fut conquis au détriment des Aborigènes.

© 

Le cricket suivit là comme partout l'expansion de l'Empire britannique dès 1804 en tant que moyen d'intégration des élites locales. Et l'application de cette politique auprès des Aborigènes fit que c'est eux qui composèrent la première équipe australienne à faire une tournée en Grande-Bretagne en 1868, dirigée par un pasteur, tournée au cours de laquelle ils rencontrèrent diverses équipes locales avec un résultat plus qu'honorable, 14 victoires, 14 défaites et 19 non terminés. Mais les lois racistes d'alors empêchèrent ces joueurs de faire carrière dans ce sport. Dix ans plus tard, en 1878, c'est une équipe blanche qui remporta en Angleterre ce qui devait devenir les Ashes.
Le cricket était déjà, dès le XIXème siècle, l'expression à la fois des rapports internes à l'Australie et de la rivalité naissante de cette dernière face à l'Empire.

Vers l'indépendance

Sur le plan politique, l'Australie acquit l'autonomie, sous la forme de dominion, en 1901. Entre temps, elle avait connu tout le long du XIXème siècle une forte émigration volontaire, surtout lors de la ruée vers l'or. Les diverses colonies avaient acquis progressivement une certaine autonomie non sans conflit avec l'Empire. Tout cela avait donné naissance à un certain nationalisme et une convention en vue de la fondation d'une fédération des six colonies se réunit en 1891. Ce projet se concrétisa en 1901 suite à l'approbation par la Chambre des Communes britanniques du nouveau statut.
Le nouveau Parlement australien s'empressa de promulguer des lois restreignant l'immigration principalement asiatique, reflétant ainsi la réalité de la hiérarchie raciale gouvernant l'Empire : les blancs d'abord. Certes quelques voix s'exprimèrent contre, dont l'une rappela que les Anglais s'étaient imposés en Chine à la pointe des baïonnettes. « Maintenant que nous leur avons imposé notre peuple, pourquoi au nom de la justice n'admettrions-nous pas le leur ici ? ». Mais ce ne furent que des paroles lancées le désert. Au-delà de la défense du droit à la libre circulation, ce discours du député de Tasmanie, Donald Cameron, indiquait aussi que les Australiens se considéraient alors toujours, bien qu'autonomes, comme Anglais.
Tout cela devait changer, pour eux comme pour les Néo-Zélandais, avec la Première Guerre Mondiale.

Galipoli

Le nouveau statut prévoyait la possibilité pour les Anglais de demander la levée de troupes en Australie. Et ils l'avaient fait au moment de la guerre des Boers en Afrique du Sud. Mais 1914 fut d'une autre dimension.
20,000 hommes prirent le bateau, rejoignirent l'Égypte et furent utilisés pour défendre le canal de Suez contre les Ottomans. Durant ce temps, la guerre en Europe s'était embourbée dans les tranchées et c'était à qui avait sa solution, du côté français ou du côté britannique, pour tout débloquer avec l'insuccès massacrant que l'on connaît. À l'est, la Russie occupait une partie de l'Autriche-Hongrie, mais était menacée par les forces allemandes au nord, à partir de la Prusse Orientale. La Roumanie résistait. Mais Russie et Roumanie était isolées de leurs alliés français et britanniques par l'Empire Ottoman qui détenait le détroit du Bosphore,
En 1915, un certain Winston Churchill, lord de l'amirauté britannique, mettait en application un plan visant la prise de Constantinople et

Galipoli © 

l'ouverture aux navires alliés de l'accès à la Mer Noire. Dans ce cadre, plusieurs assauts et débarquements eurent lieu, dont un à Galipoli.
Celui-ci engagea pour la première fois des troupes australiennes et néo-zélandaises. Au prix d'énormes pertes, ces troupes prirent la première colline, mais elles durent se replier sous le coup des contre-attaques ottomanes dirigées par le futur fondateur de la Turquie moderne, Mustapha Kemal Atatürk. Cette bataille, impossible à gagner, provoqua un véritable traumatisme. Tout le monde avait annoncé une guerre courte et on avait une boucherie inutile et désastreuse, bien loin des marches impériales présentées comme glorieuses.
Depuis, chaque année, le 25 avril, en Australie et en Nouvelle-Zélande, on fête l'ANZAC day du nom du corps expéditionnaire conjoint, en souvenir du premier engagement militaire des deux pays considéré comme leur véritable acte fondateur. Plus tard, les deux contingents furent séparés. À la fin de la Première guerre mondiale, les Australiens avaient perdu 18 % de leurs conscrits.
Le désastre de Galipoli n'a depuis cessé de hanter la mémoire des Australiens, un peu à la manière de Verdun, à la différence près que ce débarquement fut une défaite cuisante. Le blâme en fut porté par Churchill et au-delà par l'amirauté anglaise, tout le Royaume-Uni et l'Empire.

Cricket et rancœur
Devenus rencontre plus ou moins régulière, les Ashes, les matchs traditionnels opposant l'Angleterre à l'Australie, prirent, après la Première guerre mondiale, un goût de « revanche », voire de vengeance pas toujours consciente, qui se traduisit par une âpreté peu courante au cricket.
Les Anglais mirent un certain temps à le comprendre et leur réaction, dans les années 1930, suite à toute une série de défaites, par l’utilisation du style de lancer dit Body Line, particulièrement dangereux pour le batteur, fut perçue en Australie et dans tout l'Empire comme une tricherie. Ils durent battre en retraite et abandonner ce style aussi agressif. Ce n'était plus eux qui faisaient la loi au cricket, même si celles-ci restaient codifiées par le Marylebone Cricket Club à Londres, à l'image de cet Empire que le Royaume-Uni avait de moins en moins les moyens d'entretenir.
Tout comme ils durent abandonner leur Empire tout en réussissant à maintenir, grâce au Commonwealth, leur souverain(e) chef d'État honorifique des anciennes colonies, les Anglais durent concéder plus de défaites que de victoires aux Ashes, tout en se considérant toujours comme le pays phare du cricket. Ce titre, l'Australie n'a cessé de le lui contester, et, osons le dire, avec un réel succès. Quand l'équipe d'Angleterre vient donc jouer en Australie, elle sait qu'elle entre dans un véritable chaudron.

© 

La revanche
C'est bien dans cet état d'esprit que le premier match de la série 2013-2014 des Ashes s'est déroulé dans le stade de cricket de Brisbane à Woolongabba, en abrégé Gabba.
Gabba fait partie de ces stades mythiques du cricket. L'équipe d'Australie n'y a plus perdu depuis 1988. L'ambiance, quand l'équipe nationale y joue, est équivalente à celle du Maracana à Rio, quand l'équipe de foot du Brésil y tape le cuir. Le choix de Gabba comme lieu du premier match n'était donc pas tout à fait innocent de la part de Cricket Australia.
Vilipendé par la presse australienne, dont un journal local de Brisbane refusant d'imprimer son  nom et le dénommant « l'homme sans nom », sifflé aussitôt qu'il touchait la balle par le public, le lanceur anglais Stuart Broad n'en fut pas décontenancé pour autant. Il élimina cinq batteurs australiens et, sans la détermination de Johnson et Haddin, l'Australie aurait vécu de nouveau des heures sombres. Si, à la fin de la première journée, ils avaient 8 éliminés, leur nombre de courses s'élevaient à 273. La journée suivante, quand tous leurs batteurs furent éliminés, les Australiens avaient marqué 295 runs. Pour les Anglais, il s'agissait d'un score difficile à remonter, mais loin d'être impossible. En fait nos Britons avaient déjà mangé leur pain blanc.
Une fois leurs trois premiers batteurs éliminés (les meilleurs), ce fut la déroute. Ils avaient à peine marqué 94 runs qu'ils avaient 8 éliminés. Ils parvinrent quand même à 136 avant d'être tous éliminés, Broad, encore lui, surnageant un peu avec 32 runs, ce qui n'est pas mal pour un non-spécialiste de la batte. À la fin de la journée, l'Australie avait déjà commencé sa seconde manche avec 65 runs et aucun éliminé. Le lendemain, le capitaine australien, Clarke, faisait ce qu'on appelle une « déclaration », c'est-à-dire qu'il arrêtait la seconde manche à la batte des Australiens avant que ceux-ci soient tous éliminés. L'Australie avait alors 401 runs marqués pour 7 éliminés, ce qui faisait que l'équipe anglaise devait marquer au cours de sa seconde manche :
 295 (points ou courses ou runs, selon le terme que l'on préfère, marqués par l'Australie lors de la première manche)
+ 401 (points australiens de la seconde manche)
- 136 (points des Anglais lors de la première manche)
+ 1 (le point gagnant),
(et on ne tient évidemment pas compte de l'âge du capitaine), soit 561 runs, autant dire mission impossible.
Saint-George, patron des Anglais, ne fit pas de miracle et, en 4 jours au lieu de 5, l'Angleterre, dont tous les batteurs avaient été éliminés après

© 

avoir marqué 179 courses, l'Angleterre était vaincue par un écart défavorable de 381 runs (ou courses) au milieu d'un public délirant. L'atmosphère avait été telle que, excités par l'ambiance, les joueurs australiens étaient tombés dans leur travers favori, la provocation verbale, et le capitaine de l'équipe se fit prendre à ce jeu en déclarant stupidement devant un micro installé sur le terrain à Anderson, alors à la batte : « On va te péter le bras ».
Le cricket à Brisbane, quelle ambiance !
On pouvait croire, et on a cru, un temps, à un accident, mais le second match devait confirmer le premier... en pire
Le deuxième match avait lieu à Adelaide sur la côte sud. L'Australie gagnait encore une fois le tirage au sort. Dès le deuxième jour, son capitaine faisait à nouveau déclaration avec 9 joueurs éliminés et 570 runs d'inscrits. Dès le 3ème jour, les Anglais étaient tous éliminés avec seulement 172 runs. Au quatrième, les Australiens « déclaraient » avec seulement 3 éliminés et 132 points. Les Anglais avaient donc 530 courses à marquer. Tâche impossible à réaliser que l’équipe anglaise ne réalisa pas. Son capitaine Cook (ça ne s'invente pas, si, si c'est son nom, et même que son prénom c'est Alastair) ne pouvait jouer qu'une carte : faire du bat-pad, littéralement du batte-et-guètre, c'est-à-dire tenir le plus longtemps possible, jouer défensif à fond et arriver à la fin de la dernière journée sans que tout le monde soit éliminé. Raté. Les Aussies avaient bouffé le Rosbif.
 Le troisième match était décisif, car si l'Australie l'emportait, elle récupérait la petite urne. Eh bien, c'est ce qu'elle a fait à Perth sur la côte ouest. Première manche : Australie 385 tous éliminés au 2ème jour ; l'Angleterre 251 tous éliminés au 3ème jour. Deuxième manche Australie 369 pour 6 éliminés déclaration au 4ème jour, Angleterre 353 tous éliminés.

Une défaite, sir ? Non, une humiliation

La messe était dite. L'Australie pouvait exulter. Les Britz sont à genoux. Et il est à prévoir que l'Angleterre ne parviendra probablement pas à redresser la barre et à sauver l'honneur, à moins que les Aussies lèvent le pied. On peut imaginer ce qui se dit dans l'arrière-cour sur le sauvetage nécessaire, mais on voit mal l'équipe anglaise remonter à voir les réactions de rage, voire haineuses de certains de ses membres à l'égard des Australiens. C'est ainsi que l'un d'eux, Swann, a comparé la défaite à Perth à un... viol ! Pas moins. S'il s'en est excusé, ses propos sont tout à fait révélateurs du moral anglais et de leurs rapports avec les locaux.
Il est vrai que les Australiens ont cherché non seulement à vaincre, mais à humilier. Au second match, ils pouvaient tout simplement assurer leur victoire sans risque en passant la main pour la seconde manche, c'est-à-dire ne pas jouer en premier. En effet, une règle permet à une équipe ayant plus de 200 points d'avance de passer la main, ce qui permet de raccourcir la durée du match, l'équipe menée ayant un handicap à rattraper tel qu'à moins d'un exploit, elle ne pourra pas soit combler son retard soit prendre une avance suffisante pour pouvoir ne pas être doublée par son adversaire avant la fin de la rencontre. Les Australiens ne l'ont pas fait, de sorte que les Anglais ont dû mastiquer un peu plus longtemps leur pain noir et se voir tous éliminés sans pouvoir parvenir à un draw (un match nul car inachevé).
Vaincus, humiliés, vilipendés par la presse, chahutés par un public moqueur et parfois même agressif, il ne fait pas bon d'être Briton au pays des

© 

kangourous.De quoi leur rappeler les mots du poète : « Happy is England! I could be content / To see no other verdure than its own » (Heureuse soit l'Angleterre ! Je pourrais me contenter de ne voir d'autre verdure que la sienne).

Galipoli, Galipoli.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Covid : en laissant courir Omicron, l’Europe parie sur un virus endémique
Un à un, les pays européens lèvent les restrictions comme les mesures de contrôle du virus. Certains, comme le Danemark ou la France, sont pourtant touchés par une contamination massive. Ils font le choix d’une immunisation collective, avec l’espoir de vivre avec un virus circulant tout au long de l’année à basse intensité.  
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Nouveaux vaccins, traitements… : des pistes pour protéger les plus fragiles
Avec des vaccins peu efficaces pour limiter la transmission d’Omicron, le raz-de-marée des infections se poursuit. Si une quatrième dose est écartée, des vaccins plus adaptés et de nouveaux traitements sont attendus pour aider à protéger les plus vulnérables.
par Rozenn Le Saint
Journal — Énergies
Nord Stream 2 : le gazoduc qui ébranle la diplomatie allemande
Entre intérêts économiques et alliances, Nord Stream 2 se retrouve au cœur des contradictions de la politique allemande. Sous pression, la coalition gouvernementale accepte finalement que le gazoduc construit pour écouler le gaz russe vers l’Allemagne par la mer Baltique, soit inclus dans les sanctions en cas d’invasion de l’Ukraine.  
par Martine Orange et Thomas Schnee
Journal
Aux jeunes travailleurs, la patrie peu reconnaissante
Dans la droite ligne de 40 ans de politiques d’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi, le gouvernement Macron s’est attelé à réduire « le coût du travail » des jeunes à néant. Selon nos invités, Florence Ihaddadene, maîtresse de conférences en sociologie, et Julien Vermignon, membre du Forum français de la jeunesse, cette politique aide davantage les employeurs que les jeunes travailleurs et travailleuses.
par Khedidja Zerouali

La sélection du Club

Billet de blog
Pour en finir avec la Primaire populaire
[Archive] Allons ! Dans deux semaines aura lieu le vote de la Primaire populaire. On en aura fini d'un mauvais feuilleton qui parasite la campagne « à gauche » depuis plus d'un an. Bilan d'un projet mal mené qui pourrait bien tourner.
par Olivier Tonneau
Billet de blog
La Chimère Populaire (bis)
Un prolongement du billet du chercheur Albin Wagener, sur les erreurs de la Primaire Populaire pour organiser la participation aux élections présidentielles, avec quelques rapides détours sur les formes de participation... Alors que la démocratie repose bien sur des techniques, elle est tout autant une affaire sociale et écologique !
par Côme Marchadier
Billet de blog
La Chimère Populaire
Pourquoi certain·es d'entre nous se sont inscrit·es à la Primaire Populaire et envisagent désormais de ne pas y voter ? Un petit billet en forme de témoignage personnel, mais aussi d'analyse politique sur l'évolution d'un choix électoral - parce que la trajectoire de l'électorat est mouvante, n'en déplaise aux sondages ou aux Cassandre de tous bords.
par Albin Wagener
Billet de blog
Pour la « primaire populaire »
[Archive] Partout, dans mes relations comme sans doute dans les vôtres, les gens se désespèrent de la multiplicité des candidatures de gauche. C’est le découragement, la démobilisation des électeurs potentiels, et la probabilité d’un désintérêt conduisant à l’abstention. Même si les chances de réussite sont faibles, tout, absolument tout, doit être tenté pour éviter une cinglante déroute.
par Jean Baubérot