Yves Tripon
Abonné·e de Mediapart

35 Billets

0 Édition

Billet de blog 25 oct. 2018

Ce n'est pas ce que dit Médiapart qui pose problème, c'est qu'il ne dit pas

Explications nettement insatisfaisantes.

Yves Tripon
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quand Mediapart va-t-il cesser de jouer les borgnes ?

Je suis en complet désaccord avec la France Insoumise.
Parti qui ne dit pas son nom, avec une direction soumise à l'autorité d'un seul homme exigeant une discipline centrale de la part de ses militants tout en donnant l'illusion à ceux-ci qu'ils peuvent participer, refusant l'élection démocratique au profit du tirage au sort, rêvant de reconstituer un parti de gauche aussi puissant que le fut le PS des années 1970 et de recommencer ce qui se fit en 1981 sans jamais s'interroger sur les causes de l'échec d'une relance par la consommation dans le cadre d'une économie de marché, donc prêt à replonger dans les mêmes pièges du libéralisme que son idole Mitterrand, récupérateur des mouvements sociaux sans y participer, LFI a tous les défauts des partis dont le mouvement ouvrier doit impérativement se défaire s'il veut reprendre la place qui est la sienne, celle de moteur des forces sociales à même d'en finir avec le capitalisme. Et je ne parle pas des délires sur le Frexit ou le refus d'ouvrir les frontières.

Mais mes désaccords politiques ne m'amènent pas à nier le fait que LFI, jusqu'à présent, est un parti populaire aux moyens sans commune mesure avec ceux du FN, de LREM, des Républicains, ou même du Modem ou du PS. Pour l'instant, aucun secteur de la bourgeoisie un minimum important n'a décidé de lui apporter de gros moyens de financement. Dans ce cadre, il est inévitable que la question de son financement l'entraîne à certaines entorses avec la loi et quelques entourloupes financières.

Le fait de dénoncer de la part de Mediapart n'est pas en soi scandaleux. Ce qui l'est par contre, c'est de le faire sans tenir compte une seule fois des circonstances dans lesquelles les magouilles sur les comptes de campagne se sont opérées. La Société des Journalistes de Mediapart s'est indignée qu'on l'accuse de faire le jeu du pouvoir et s'est drapée dans le drapeau de la rigueur journalistique s'en tenant aux faits. Sauf que le groupe de journalistes qui s'occupe de l'affaire LFI n'a retenu jusqu'ici que les faits issus des infos passées en douce par des gens aux intentions bonnes et soucieuses de la morale publique qui gravite dans les commissariats et les alcôves des bureaux du procureur dont on connaît tous le souci de l'intégrité et l'impartialité de la justice (surtout quand il s'agit de défendre la police et le pouvoir en place). Pas une seule fois, la question ne leur est venue en tête de l'inadéquation des moyens des partis de gauche (j'exclus évidemment ici de ceux-ci le PS) par rapport à ceux du centre, de la droite et de l'extrême-droite, l'effort colossal qu'il leur faut pour se faire entendre face à des médias aux mains de quelques milliardaires. Et,ça, ce sont aussi des faits qui doivent toujours être mis en balance pour qui veut rendre compte de la réalité.
Ce n'est pas ce qu'ont fait les journalistes s'occupant de l'affaire LFI. Ils n'ont pris que la moitié des faits et s'en sont contentés. En ce sens, ils n'ont fait que la moitié du travail et, comme le sait tout travailleur, boulot à moitié fait, boulot non fait.

Si Mediapart veut du scandale, qu'il aille donc voir, par exemple (mais je pense qu'en grattant bien on trouverait sans problème ailleurs) du côté de la mairie de Villejuif, de ses promoteurs immobiliers, de ses magouilles pour permettre la construction d'un lycée privé catholique, de sa répression contre le personnel municipal, etc. Mais, ça, c'est faire du journalisme, c'est-à-dire ouvrir les deux yeux au lieu de jouer les borgnes.

À jouer les pourfendeurs des magouilles financières, certains se sont créés pour eux-mêmes l'image de purs et durs. De la pureté au puritanisme, il n'y a qu'un pas. Et hop, d'un petit saut, ils y sont allés. Mais rappelons que le puritanisme ne mène qu'à une seule chose : la chasse aux sorcières. J'espère bien qu'aucun d'entre vous n'en a la nostalgie.

Maintenant, pour revenir à la politique proprement dite, si vous aviez réellement des interrogations ennuyeuses à poser à LFI, il aurait été intéressant d'aller demander à ses dirigeants ce qu'ils pensaient des 700.000 manifestants demandant dans les rues de Londres un nouveau référendum sur le Brexit et quelles conséquences avaient l'échec de ce dernier sur le projet de la France Insoumise de sortie en France de l'UE . Oh ! excusez-moi, vous-même n'en avez pas parlé. C'est dur le journalisme quand on fait de la politique.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
Quand le candidat parle, ses militants frappent
À Villepinte comme à Paris, des antifascistes se sont mobilisés pour ne pas laisser le premier meeting d’Éric Zemmour se tenir dans l’indifférence. Dans la salle, plus de 10 000 personnes s’étaient réunies pour l’entendre dérouler ses antiennes haineuses, dans une ambiance violente.
par Mathieu Dejean, Mathilde Goanec et Ellen Salvi
Journal — Politique
En marge du meeting de Zemmour, des habitants de Seine-Saint-Denis fustigent « sa politique remplie de haine »
Éric Zemmour a tenu le premier meeting de sa campagne présidentielle dans un département qui représente tout ce qu’il déteste. Cibles quotidiennes des injures du candidat d’extrême droite, des citoyens de Villepinte et des alentours témoignent.
par Hannah Saab (Bondy Blog)
Journal — Gauche(s)
À La Défense, Jean-Luc Mélenchon veut montrer qu’il est le mieux armé à gauche
Lors de son premier meeting parisien, le candidat insoumis à la présidentielle s’est posé comme le pôle de résistance à la droite et à l’extrême droite. Il a aussi montré sa capacité de rassemblement en s’affichant aux côtés de nombreuses personnalités de gauche.
par Pauline Graulle
Journal — Europe
En Andalousie, la colère intacte des « travailleurs du métal »
Après neuf jours d’une grève générale qui a embrasé la baie de Cadix, le retour au calme semble fragile. Nombre d’ouvriers des chantiers navals ou de l’automobile n’en peuvent plus de la flambée des prix comme de la précarité du secteur. Ils se sentent abandonnés par le gouvernement – de gauche – à Madrid.
par Ludovic Lamant

La sélection du Club

Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et la compagnie Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre
Billet de blog
Ah, « Le passé » !
Dans « Le passé », Julien Gosselin circule pour la première fois dans l’œuvre d’un écrivain d’un autre temps, le russe Léonid Andréïev. Il s’y sent bien, les comédiens fidèles de sa compagnie aussi, le théâtre tire grand profit des 4h30 de ce voyage dans ses malles aérées d’aujourd’hui.Aaaaah!
par jean-pierre thibaudat
Billet de blog
« Une autre vie est possible », d’Olga Duhamel-Noyer. Poings levés & idéaux perdus
« La grandeur des idées versus les démons du quotidien, la panique, l'impuissance d’une femme devant un bras masculin, ivre de lui-même, qui prend son élan »
par Frederic L'Helgoualch
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai