Le 17 novembre affole les organisations syndicales, politiques et associatives

Cet appel à un blocage des citoyens par les citoyens émis par l’on ne sait qui semble jeter le trouble au sein de nombreuses  organisations de l’opposition, qu’elles soient syndicales, politiques ou associatives. Nombreux sont ceux qui redoutent de ne pas être au rendez-vous de ce potentiel grand réveil citoyen.Les respinsables politiques partent dans tous les sens, les uns embrayant le pas ce cette mobilisation particulière en y ajoutant leurs mots d’ordre, les autres en hurlant de ne pas y aller car c’est faire le jeu du RN (ex FN) qui agirait en sous main. De leur côté les syndicats sont tout aussi discordants. Des association appellent à manifester, d’autres s’y refusent  Sur la toile et les réseaux sociaux la cacophonie bat son plein les uns et les autres s’invectivent, s’insultent, se traitent de tous les noms...

Pour ma part je n’irai pas car le motif de départ est désuet: « la hausse du prix des carburants », qui renvoie à des préoccupations individuelles de ceux qui ont le luxe de posséder une voiture et de pouvoir y mettre de l’essence est un bien petit soucis par rapport à toutes les réformes mises en oeuvre ou envisagées de ce gouvernement. De plus on élimine  les 9 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté qui ne sont pa s nombreux à posséder une voiture et pourtant ne doivent pas manquer de raisons de houspiller contre la politique de Macron

Certains nous disent que cette hausse du prix des carburants n’est que la goutte d’eau qui fait déborder le vase et entraîne cette réaction de colère. Ce n’est pas par la colère que l’on va changer le monde. Cela ne peut-être qu’un long et difficile processus qui fait appel à l’intelligence collective, qui demande réflexion, patience et discussion.

Répondre à un appel émis par des inconnus et repris par des opportunistes n’augure pas d’une réflexion de fond, d’un mouvement construit par les citoyens, cela ressemble beaucoup plus à de la propagande habile dont les finalités ne sont pas claires du tout. A priori la décision de cette mobilisation n’est que la proposition d’une poignée d’individus, le choix du mot d’ordre aussi. Avez-vous été consulté, y a t-il un semblant de démocratie à l‘origine de cet appel? Nenni rien de rien. Sur BFMTV, un des initiateurs de l'appel promet une suite à ce mouvement ainsi que d'autres revendications, avec qui décide-t-il ? Mystère… Aucune rencontre n’est proposée, pas de lieu ni de temps d’échange. Comment adhérer et suivre un tel appel où la suite du mouvement et les nouvelles revendications nous seront révélées qu’une fois que l'on sera engagé ? C’est signer un chèque en blanc et l’abandonner dans un hall de gare!

Pour finir c’est quand même faire peu de considération de nos concitoyens de croire qu’ils vont rejoindre en masse cette appel sans plus se questionner. Si cet appel fait le buzz c’est qu'il fait sans doute écho à une vraie colère, en effet tout va de travers. Il est toutefois plus que probable que le passage à l'action ne soit pas aussi massif que les coups de gueule sur le net, un clic de souris c’est plus simple que d’aller participer à ’une journée de blocage. Il est probable également que le quotidien rattrape tous ces contestataires d'un jour et il y a fort à parier que comme chaque samedi ils iront faire les courses pour remplir le frigo.

Ce n’est d’ailleurs pas innocent si de nombreux rendez-vous fixés par les initiateurs de ce pseudo blocage du pays ont été fixés sur les parking des grandes surfaces. Ils espèrent sans doute pouvoir recruter….

Donc pas de panique le 17 novembre ne sera pas le grand jour à ne pas manquer, tout au plus un rassemblement sans lendemain. Cette épisode doit toutefois nous questionner sur les modes d’organisations qu’il va falloir utiliser ou inventer pour contrer efficacement la politique de Macron qui fait de plus en plus de mécontents et cela c’est bien réel!

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