Catastrophes en vue ?

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Nous vivons des temps annonciateurs de mutations, catastrophiques peut-être, ou seulement radicales si l'on est optimiste.
L'ultralibéralisme est un avatar outrancier et dévoyé de théories économiques vieilles de plusieurs siècles. Prônant la liberté maximale d'agir pour la sphère économique, il ignore les vertus de l'équilibre des pouvoirs, au bénéfice du pouvoir financier.
Montesquieu (L’esprit des lois) l'a fort bien dit : « Comme celui qui a l’argent est toujours le maître de l’autre, le traitant se rend despotique sur le prince même : il n’est pas législateur, mais il le force à donner des lois. »
Ce que Montesquieu ne pouvait pas prévoir, c'est le développement de notre capacité de nuisance. Ceux qui disent que l'histoire se répète et que le balancier finit toujours par revenir oublient une chose : l'humanité n'a jamais disposé de forces de destruction aussi redoutables (nucléaires, biologiques ...) en un temps où les motifs de conflits se multiplient (fanatismes, luttes pour l'eau, les terres ...). Dans ce contexte, parier sur l'éthique ultralibérale dans un monde "globalisé" est une sinistre plasanterie. Ce sont les institutions qui contiennent les passions destructrices. On a tendance à l'oublier quand on vit dans le confort d'une démocratie prospère, mais cet équilibre est en permanence menacé et doit donc, en permanence, être défendu.
Les "passéistes" ne sont pas ceux qui agissent pour la promotion d'une organisation politique et économique plus propice à la coopération qu'à la compétition. Ce sont ceux qui se soumettent au dogme benêt et dangereux de la "compétitivité" à tout prix.

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