Détournements de fonds à l'université des Antilles et de la Guyane ? circulez il n'y a rien à voir !

 Alors que Victorin LUREL, Président de la Région Guadeloupe proposait dernièrement un amendement au projet de loi de la ministre Fioraso par lequel il demandait dès le début de l'année 2015 de nouvelles élections, sans se gêner pour charger la barque du Président de la Région Martinique. Et pourtant, il semble bien que des alliances se nouent "en bas feuille" pour étouffer les poursuites en cours.

Evidemment le tort de l'actuelle Présidente a été de déplaire a des mafieux  qui l'ont menacé de mort tout comme sa famille et les universitaires qui la soutenait. Voyant le feu dans la maison (laquelle ? La maison politique ? la maison universitaire ? un peu des deux ?), mis par les mêmes indélicats, les seconds couteaux se sont relayés pour attaquer directement la Présidente.

On sait bien qu'on ne trouvera pas beaucoup d'individus capables d'encaisser autant de coups et d'en porter à son tour. On sait bien aussi que si elle se maintient, ce ne sont pas les heures supplémentaires indûment touchées qui seront seulement mises à nu comme certains font semblant de le demander pour ériger un rideau de fumée et protéger les vrais indélicats, mais sans doute que ce seront d'autres qui tomberont. Les termites s'agitent donc en tous sens pour éviter un nouveau coup de pied qui remettrait en selle une université rénovée avec le lustre de cet aboubement ministériel, et une présidente qui a montré son inflexibilité. Plutôt tuer l'université !

Hélas ! Le ministère semble faiblir, il vacille et tombe...et cède aux pouvoirs occultes! A croire que derrières les détournements, ce sont d’autres, plus puissants qui sont concernés. Pauvres Antilles et pauvre université ! En France, tout de même, on arrive à faire la lumière sur un Cahuzac, un Woerth, un Sarkozy….

Faut-il s'étonner d'une telle possible fin ? L'improvisation ministérielle qui a prévalu dès le début avec notamment la scission politiquement imposée par-dessus les instances légitimes pouvait-elle faire autre chose que pondre un poussin mort-né ? Pouvait-elle le faire autrement qu'à travers le sentiment profond d'une nouvelle valse-hésitation qui témoigne de l'incapacité du pouvoir central à mener une quelconque politique universitaire qui ait un sens !

Au moment où tout est fait par le gouvernement pour étouffer la grève des cheminots, comme si on peut étouffer ce qui vous éclate en plein visage, au moment où on prépare une réforme universitaire complètement folle, ce nouvel épisode témoigne bien de ce que ce gouvernement n'est pas de gauche, mais que, de surcroît, il conduit outre-mer une politique bananière.

Dormez ! On s'occupe de tout.

 

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