Tensions ou pas, un crime est un crime et nécessite Vérité et Justice!

 « Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche et rien ne l’arrêtera. C’est d’aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupables qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Je l’ai dit ailleurs, et je le répète ici : quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. »

                                                                                                                             ainsi s'exprimait Emile zola dans son illustre article «J'accuse... !»



D'aucuns diront que le torchon brûle entre les deux vieux amis !

En effet, ces derniers temps, on ne cesse de nous parler de tensions, d'imbroglio ou de crise diplomatique entre le Maroc et la France, suite aux dépôts de plaintes pour torture et complicité de torture à l'encontre du patron marocain de la direction générale de la surveillance du territoire (DGST) Abdellatif Hammouchi, qui, lors de son séjour à Paris, s'est vu notifier sa convocation par la justice française par des policiers à l'ambassade du Maroc provoquant une réaction enflammée des officiels marocains « surpris » et « indignés » par une telle procédure et demandant à ce que les « habitudes » diplomatiques reprennent le pas sur l'indépendance de la justice.

Le Maroc est allé même jusqu'à suspendre les accords de coopération judiciaires avec la France. Pire encore, l’état marocain a mandaté des avocats en vue de déclencher des poursuites judiciaires à l'encontre des auteurs des plaintes, notamment le boxeur franco-marocain Zakaria Lmoumni, qui affirme avoir été torturé au Maroc et avoir reconnu l'un de ses tortionnaires en personne...Monsieur Hammouchi .

La France, quant à elle, s'est empressée de s'excuser de cet « incident regrettable ». Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères, a même précisé qu' "il aurait fallu prévenir les intéressés et les choses auraient dû se faire d'une manière plus diplomatique" tout en soulignant que "... la justice en France est indépendante et donc il faut en tenir compte" !

 Mais quand on connaît la nature et les rouages des relations franco-marocaines, les amitiés entretenues entre les dirigeants et les hauts responsables de ces deux états ainsi que les intérêts partagés sur le plan économique ou encore sécuritaire et stratégique, on ne peut s’empêcher de penser que toute cette agitation ne constitue en fin de compte qu'un écran de fumée visant à brouiller les pistes et à masquer encore plus la complaisance et la complicité criminelle de ces deux états dans la protection et l'impunité des tortionnaires connus et reconnus.

L'affaire Ben Barka par exemple, est à elle seule, révélatrice de cette complicité malsaine. La fameuse « raison d'état »  est souvent invoquée et utilisée à chaque fois pour enterrer définitivement cette affaire et pour empêcher le travail et l'indépendance de la justice, par peur que vérité soit enfin dite et révélée au grand jour. Une procédure enrayée et usée par les blocages politiques des deux cotés de la méditerranée, que poursuit, malgré tout et depuis 50 ans, la famille de Mehdi Ben Barka et son avocat Me Maurice Buttin, qui se voit paradoxalement trainé en correctionnelle par l'un des ravisseurs présumé de l'opposant politique marocain. Serait-il la seule personnalité condamnée dans cette affaire? Le comble du ridicule!

 On est en droit alors, de se demander à qui profite le crime ?

Qui a intérêt à ce que ces pseudo-tensions viennent entraver le cours de la justice et son indépendance ?

Qui a intérêt à travers cela à occulter la vraie nature du régime marocain ?

Jusqu'à quand la torture restera un « incident regrettable » ? Une torture érigée en politique d'état au Maroc, avérée et dénoncée par des ONG de défense des droits humains marocaines et internationales et même par le rapporteur spécial des Nations-Unies, Juan Mendes lors de sa mission au Maroc en 2012.

Jusqu'à quand le cri des détenus politiques au Maroc sera étouffé par la sacro-sainte raison d'état ?

Jusqu'à quand les victimes des disparitions forcées, de torture et des violations des droits humains les plus élémentaires feront les frais des « bonnes relations » entre le Maroc et la France ?

Jusqu'à quand la liberté, la vérité et la justice seront sacrifiés sur l'autel des intérêts « affairistes » et « clientélistes » des dirigeants de ces deux états ?

 Cette situation a, certainement, assez duré comme ça. Le temps de l'impunité et des silences complices est révolu. Des cris d'alarme retentissent de plus en plus fort et les initiatives citoyennes se multiplient.

Je vous fais part ici, de l'une d'entre elles, il s'agit de l' Appel « Vérité et Justice, Contre l'impunité, la torture et la détention politique au Maroc » lancé par l'AMDH-Nord/France (Association Marocaine des Droits Humains) et soutenu par plus d'une centaine d'Organisations (ONG, associations, partis politiques..) et de Personnalités (députés, sénateurs, écrivains, intellectuels et militants d'horizons différents...).

Un meeting citoyen et solidaire est prévu à cet effet, le 14 avril prochain à Lille.

Bonne Lecture !

1964915_276669345830577_866271038_n.png

Ensemble

Pour la Vérité et la Justice

Contre l’Impunité et la Torture

et Pour la Libération de Tou(te)s les Détenu(e)s Politiques au MAROC.

 Il y a trois ans, le Mouvement du 20 février (M20F) au Maroc est sorti dans les rues de plusieurs villes et villages pour exiger la Liberté, la Dignité, la Démocratie, la Justice Sociale et l’Égalité. Le M20F s’est mobilisé contre la concentration et la confusion des « Pouvoirs », la corruption, le despotisme, la répression, les arrestations arbitraires et pour la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d’opinion.

Trois ans après, force est de constater que le régime marocain continue sa politique répressive à l’égard des militant(e)s des droits humains, des jeunes du M20F, des militant(e)s syndicaux, des avocat(e)s, des journalistes, etc. Les procès préfabriqués, la répression des manifestations pacifiques se multiplient de plus en plus, tout en continuant à présenter un «vernis démocratique» pour l’extérieur.

Mais, les faits sont têtus et la réalité est consternante!

Plus de 250 détenu(e)s politiques et d’opinion dans les prisons marocaines, violations graves de la liberté d’expression et de la presse, grâce royale d’un pédophile notoire, torture dans les commissariats et les centres de détentions, …

En France, nous sommes, aussi, toutes et tous concerné(es) !

Quelques faits récents:

L’ACAT (l'Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture), une ONG reconnue, Me Joseph Breham et Me William Bourdon, ont déposé deux plaintes en France (le 21 mai 2013) contre Abdellatif HAMOUCHI, directeur général de la DST au Maroc, pour torture sur deux franco-marocains et deux autres plaintes, déposées le 20 février 2014, contre le Maroc, pour torture subie par Naama Asfari (militant Sahraoui), une auprès du Comité contre la torture de l'ONU et une deuxième auprès du doyen des juges d'instruction de Paris.

Le jeudi 20 février 2014, des policiers se sont présentés au domicile de l’ambassadeur du Maroc en France pour notifier ces plaintes au concerné, qui se trouvait en France, en ce moment. Une procédure judiciaire, rien de plus normale, répondant aux exigences élémentaires des conventions internationales.

Face à cela, nous avons assisté à une surenchère politico-médiatique pour une remise en cause de cette procédure : L’officiel marocain s’indigne, l’officiel français se courbe comme d’habitude en évoquant un « incident regrettable » !

Non, la torture n’est pas un incident regrettable, c’est une atteinte grave à l’intégrité et à la dignité humaine.

Dans le pays qui se dit des droits de l’Homme, quand l’État s’excuse parce que la justice fait son travail, c’est une violation grave de l’indépendance de la justice.

L’ACAT a exercé son plein droit d’exiger toute la vérité sur les conditions de détention et la torture dont sont victimes des êtres humains par l’appareil étatique marocain.

Cet acte citoyen exige de nous un sursaut démocratique pour exiger la Vérité et la Justice.

 Nous, associations, syndicats, organisations politiques et personnalités, par cet appel, nous soutenons l'ACAT dans sa démarche citoyenne et légitime.

Nous exigeons :

  • la Vérité et la Justice sur tous les actes de torture et sur les arrestations et emprisonnements arbitraires au Maroc.

  • la levée de l’impunité dont jouissent les tortionnaires au Maroc, dont la liste est connue de tous.

  • la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d’opinion au Maroc.

  • Mettre un terme à la complicité de la France quant à la protection et l'impunité des tortionnaires marocains et quant aux entraves au travail et à l'indépendance de la justice.

Le même sécuritaire marocain, Abdellatif Hammouchi, est visé par une autre plainte, pour des faits de torture, déposée le 21 février 2014 par Zakaria Moumni, ancien champion mondial de boxe, qui a subit les sévices du « makhzen » et la torture dans le centre de détention de Témara juste pour avoir réclamé ses droits et pour avoir dénoncéla corruption au sein de la fédération royale marocaine de boxe.

Autre fait : Mehdi BEN BARKA, dirigeant de l'opposition politique face au régime de Hassan II et militant du combat des peuples du tiers-monde est enlevé et assassiné à Paris le 29 octobre 1965 par la complicité entre les services marocains et français. Sa famille attend toujours depuis 50 ans que toute la vérité sur son sort soit connue, ses assassins dénoncés et toutes les responsabilités établies. Mais, le 18 février 2014, c’est l’avocat de la famille BEN BARKA, Me Maurice BUTTIN qui a été présenté devant la barre au tribunal de Lille, suite à une plainte pour « violation du secret professionnel » déposée par Miloud TOUNSI, un policier marocain complice de cet assassinat politique odieux sur le territoire français. Le jugement sera rendu le 15 avril 2014. C’est le monde qui tourne à l’envers, la justice française a su accélérer ce procès contre un avocat qui se bat depuis 50 ans pour la Vérité et la Justice, alors que, la plainte de la famille de Mehdi BEN BARKA reste dans le giron du sacro-saint secret d’Etat, véritable entrave à la justice et à son indépendance en bloquant les commissions rogatoires, les mandats d’arrêt internationaux ainsi que l'accès aux pièces et archives du dossier !

Ensemble, Pour la Vérité et la Justice

Contre l’Impunité et la Torture

Pour la Libération de Tous les Détenus Politiques au MAROC.

Pour soutenir l'ACAT dans sa démarche légitime, pour soutenir Zakaria Moumni dans son combat pour sa dignité et ses droits, pour exiger la vérité et la justice dans l'affaire Ben Barka, pour dénoncer la complicité des états marocain et français dans la protection et l'impunité des tortionnaires et pour la libération de tou(te)s les détenu(e)s politiques et d'opinion au Maroc :

Nous vous appelons à participer massivement au Rassemblement-Meeting citoyen et solidaire qui aura lieu le lundi 14 avril 2014 à partir de 19h30 à la Maison de l’Éducation Permanente (MEP) à Lille, (1, place Georges Lyon, 59800 Lille)

-Veille du verdict de la plainte déposée contre l’avocat de la famille de Mehdi BEN BARKA-

Infos et Contact:site:www.amdh-lille.org / e-mail:amdh.nordfrance@gmail.com

Premiers signataires :

              Associations et organisations :

*AMDH Nord-France (Association Marocaine des Droits Humains), *AMDH-Paris-Ile de France, *Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire Vivante, *Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture (ACAT-France), *Forum Citoyenneté des Marocains en Europe (FCME), *Forum Marocain Vérité Justice (FMVJ-France), *Association des Parents et Amis des Disparus au Maroc (APADM), *AMDH-Maroc (Association Marocaine des Droits Humains), *AMDH-Belgique, *Mouvement 20 février Paris , *Association des Marocains en France (AMF), *Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), *Voie Démocratique-Paris, *Parti Socialiste Unifié(Maroc) (PSU-France), *L'Inter-Collectif de solidarité avec la lutte des peuples du monde arabe (L'Inter-Co), *Solidarité Pour une Alternative Socialiste (Maroc), *Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP), *Ligue des Droits de l'Homme (LDH-Nord), *MRAP-Nord, *Front Unie des Immigrations et des Quartiers Populaires ( FUIQP ), *Parti Communiste Français (PCF-Nord), *Coordination Communiste-Nord (CC59-62), *Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), *Front de Gauche – Nord, *Comité de Soutien au Mouvement Marocain du 20 février-Montpellier, *L'Observatoire Amazigh des Droits et des Libertés (OADL-Maroc), *Association France Palestine Solidarité (AFPS-Nord), *Collectif des Sans Papiers (CSP59), *Comité des Familles des détenus Européen au Maroc (Belgique), *Comité pour le Respect des Libertés et des Droits Humains au Sahara Occidental (CORELSO), *Association Française d'Amitié et de Solidarité avec les Peuples d'Afrique (AFASPA), *Sortir du Colonialisme, *Association des Tunisiens du Nord de la France (ATNF), *Solidarité Maroc 05 (GAP-France), *Collectif Afrique, *Tiwizi59 (Association pour la promotion de la Culture Amazigh, Noord/France), *Citoyenneté en Syrie, *Union des Travailleurs Sénégalais en France (UTSF-Nord), *Association Franco-Chilienne CORDEILLERA, *Centre Culturel du Monde Arabe (CCMA), *Les Alternatifs-Lille, *Vérité et Justice pour l'Algérie, *Voie Démocratique-Lille, *Centre d'Information Inter-Peuples(CIIP), *Solidarité Maroc Citoyenne-Grenoble, *Fédération Syndicale Unitaire (FSU59/62), *. . .

         Personnalités :

*Khadija Ryadi(Prix des N.U 2013 pour la cause des droits de l'Homme), *Bachir Ben Barka(Professeur), *Hélène Legeay(Responsable des programmes Maghreb Moyen Orient à l'ACAT), *Me Joseph Breham(Avocat), *Joseph Tual(journaliste), *Michelle Demessine(Sénatrice du Nord et ancienne Ministre), *Jean-Jacque Candelier(député du Nord), *Marie-Christine Blandin( Sénatrice du Nord), *Marc Dolez(Député du Nord)*Alima Boumedienne-Thiery(Avocate, Ex-Parlementaire), *Aline Archimbaud(Sénatrice de Seine-Saint-Denis), *Françoise Duthu(Universitaire et ancienne Députée Européenne), *Julien Bayou(Porte-Parole national d'EELV), *Roger Maly(Adjoint au maire d'Hellemmes), *René Gallissot ( Historien, Professeur émérite d'université), *Pierre Vermeren( Historien), *Pierre Outteryck(Professeur Agrégé d'Histoire), *Dominique Vidal(Historien et Journaliste), *François Burgat(Politologue), *Gérard Minet(Militant des droits de l'Homme), *Said Bouamama(Sociologue), *Rudolf Bkouche(Professeur émérite d'université), *Kenza Sefrioui(Journaliste et écrivaine), *Hind Arroub ( Politologue), *Dounia Benqassem(Universitaire, écrivaine et éditrice), *Fouad Abdelmoumni(Économiste et militant des droits de l'Homme), *Jean-François Larosière(Responsable syndicale et associatif), *Louisette Fareniaux ( Professeur de Cinéma et militante des droits de l'Homme), *Annick Batalan(Militante des droits de l'Homme), *Mohammed Belmaizi(Écrivain), *Jean-Paul Le Marec(Ingénieur agronome), *Aline Pailler(Journaliste), *Olivier Le Cour Grandmaison (Universitaire, Historien), *Youssef Belal(Politologue, Sociologue), *Thérèse-Marie Cardon(Professeur d'arts plastiques, Syndicaliste), *Aboubakr Jamai(Journaliste), *Ahmed Benani(Politologue), *Taha Adnan (Ecrivain), *Ahmed Benseddik (Ingénieur), *Ahmed Benchemsi(Journaliste), *Ahmed Boughaba(Journaliste, Critique cinéma), *Mustapha Kharmoudi (Écrivain, poète), *Sadri Khiari(Écrivain, militant associatif), *Tewfik Allal(Militant syndicaliste et associatif), *Michel Collon (Journaliste, écrivain), *Josette Breton (Théâtre de la Gayolle, militante associative), *Mohamed Moubaraki (Militant associatif), *Marie-Jo Fressard(Militante associative), *Epery Patrice(Professeur), *Roland Diagne(Militant associatif), *Souad Chaoui(Cadre associatif), *Jean-Claude Dulieu(Responsable associatif), *Jean-Luc Delière(Agent hospitalier, Militant associatif), *Annette Rit(Militante associative), *Jean-Claude Eyraud(Mutualiste et Conseiller municipale à Gap), *Maryse Oudjaoudi(Membre du BE d'EELV), *Abdelhamid Amine (Ex-Président de l'AMDH), *Jorge Masetti (Journaliste, écrivain), *Anna Guiol (Militante ATTAC-Gap), *Olivier Besancenot(Porte-Parole du NPA), *Philippe Poutou(Porte-Parole du NPA), *Christine Poupin(Porte-Parole du NPA), *Corinne Bouchoux(Sénatrice de Maine et Loire), *Abdallah El Harrif( Ex-secrétaire national de la Voie Démocratique), *El Titi Elhabib( Membre du secrétariat national de la V.D), *Abdelhak El Ouassouli(Professeur universitaire), *Nesroulah Yous(Écrivain), *Leila Aichi(Sénatrice de Paris), *Lucile Schmid(Membre du BE d'EELV), *Jean Desessard(Sénateur de Paris), *Alexandre Jurado(Membre du BE d'EELV), *Karima Delli(Députée européenne), *André Gattolin(Sénateur des Hauts de Seine), *Danielle Auroi(Députée du Puy-de-Dôme), *Nicole Kiil-Nielsen(Députée européenne), *Laurence Abeille(Députée du Val-de-Marne), *Hélène Lipietz(Sénatrice de Seine et Marne), *Fethi Benslama(Écrivain et psychanalyste), *Abdallah Baroudi( Écrivain poète et exilé politique marocain), *...


Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.