PCF, FI, pour que cessent nos divisions : un appel pour gagner les législatives !

Les législatives arrivent à grand pas. La réussite politique du mouvement porté par la France insoumise ne peut et ne doit pas s'arrêter. Il nous faut arriver unis en juin, pour battre la droite molle, la droite dure et l'extrême-droite. Nous lançons un appel aux dirigeants de la FI, du PG, du PCF et d'Ensemble pour l'union afin de porter le programme des Insoumis à l'Assemblée.

A Clémentine Autain, Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon

Cher.es camarades,

Nous sommes des électeurs anonymes qui avons voté pour le programme de la France insoumise au 1er tour des présidentielles et pour son porte-parole, Jean-Luc Mélenchon.

Passée la déception de ne pas être au second tour, le résultat de la France insoumise nous rend profondément heureux et motivés. Le moment est historique : le mouvement rassemble 3 millions de voix en plus par rapport au Front de Gauche de 2012, il entame une reconquête des voix des classes populaires, des précaires et des jeunes. Il constitue l’une des grandes forces politiques du pays, à « seulement » 600 000 voix du FN. Et il s’affirme enfin comme première force de la gauche, une gauche de combat, qui ne cède pas aux sirènes du social-libéralisme, se tourne résolument vers l’écologie et entend rompre enfin avec une Union Européenne devenue un carcan libéral.

Désormais, tous nos efforts doivent être dirigés vers les législatives, qui arrivent à grand pas. A l'Assemblée, si nous y sommes en nombre, nous pourrons combattre toutes les politiques réactionnaires et libérales voire, qui sait, parvenir à convoquer une Constituante. Dans ce contexte, nous nous désolons de voir que les négociations entre les forces de notre gauche — et notamment entre la FI et le PCF — sont au point mort.

Que cela soit clair : si nous n’arrivons pas aux législatives en tant que force unique et unifiée, c’est la défaite assurée. Dans des dizaines et des dizaines de communes, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête des suffrages. Nous avons l’opportunité d’envoyer énormément de députés à l’Assemblée : de potentiels élu.es dont la plupart ne sont pas des professionnel.les de la politique et donc beaucoup ne sont pas des vieux hommes blancs aisés, cette catégorie de la population tant et tant sur-représentée à l'Assemblée. Nous avons l’occasion de renouveler l’Assemblée, tant d’un point de vue politique que sociologique. Cette occasion, nous ne pouvons pas nous permettre de la rater.

Nous demandons solennellement à Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent, Clémentine Autain et à tous les cadres des différents mouvements politiques qu’ils et elles représentent de s’accorder pour des candidatures communes et uniques aux législatives. Pour gagner :

  • Il faudra une candidature pour une circonscription. Cette candidature devra être supportée de façon commune par la FI, le PCF, Ensemble, le PG, et éventuellement avec le NPA s’il le souhaite.
  • Dans les circonscriptions où les candidats socialistes ou écologistes ne se résolvent pas à l’idée de devenir les supplétifs d’Emmanuel Macron au sein d’un grand groupe parlementaire du centre (ce qui est déjà prévu par les instances dirigeantes du PS : voir ici, notamment), tendons leur la main, quitte à se désister vis-à-vis d’eux s’ils décident de quitter le PS pour nous rejoindre.
  • La stratégie mise en œuvre par la France insoumise a fonctionné, en dépassant la structure de cartel de partis auquel le Front de Gauche s’était limité. Cette stratégie doit diriger notre action : qu’on le veuille ou non, les intérêts propres à chaque parti de notre gauche doivent être dépassés et les relations entre chacun se pacifier.
  • Dans ce contexte, on ne peut pas rejouer encore et encore la carte des identités partisanes, des alliances alambiquées et à géométrie variable. Nous comprenons notamment que le PCF tienne à son identité : ce grand parti a mené tant et tant de luttes pour les travailleurs et les travailleuses de ce pays, nous lui devons tant. Mais nous ne pouvons pas sacrifier l'émergence d'un mouvement large au nom de la préservation de cette identité là : le PG et Ensemble ont su se mettre en retrait pour favoriser ce mouvement, le PCF peut et devrait entrer dans l'espace politique de la FI, sans rien renier de sa singularité et de sa liberté de ton. Faisons tous et toutes partie d'un même mouvement, plus ouvert et moins rigide que le Front de Gauche, tout en gardant les spécificités propres à chacun : c'est ce qui nous a manqué ces dernières années !
  • Il est hors de question de proposer des accords qui seraient humiliants pour l’un ou l’autre des partis : absents de l’Assemblée sortante, la FI, le PG et Ensemble doivent avoir des députés. Mais dans le même temps, il est nécessaire de faire sa juste place au PCF, depuis longtemps investi dans les luttes et dont les militant.es ont toujours constitué une force précieuse pour notre gauche. Plutôt que de parachuter n’importe qui dans n’importe quelle circonscription, laissons les camarades locaux décider de qui est le ou la plus légitime.
  • La charte de la France insoumise doit être signée : elle permet d'arriver devant les électeurs et électrices avec clarté et transparence. Elle comporte des avancées majeures pour la transparence de la vie politique et le respect du mandat donné aux député.es. Amendons-la pour ne pas rebuter nos camarades : oui au respect du programme et des engagements électoraux, qui sont la racine même de la légitimité du mandat, tout en laissant une place à la possibilité de faire évoluer, dans une certaine limite, les positions futures au sein de l’Assemblée (positions qui devront être collectivement et démocratiquement élaborées).
  • La question du reversement des indemnités, et de l’association qui les recueille, ne peut pas continuer à crisper les relations entre la France insoumise et le PCF. Que soit trouvée au plus vite une solution, qui permette au PCF de continuer à alimenter son budget grâce à ses élus, puisqu’il semble que ce soit là le point de négociation.
  • La plainte déposée par la France insoumise contre le PCF doit être retirée. Cela crée encore plus de tensions, de frustrations, d'inimitiés entre les militants de nos organisations : ce n'est pas comme cela que nous gagnerons quoi que ce soit.
  • Enfin, la propagande doit être unifiée au niveau national : les affiches, tracts, argumentaires de campagne devront mettre en avant l’appartenance à la France insoumise (affiche blanche et bleue, photo de JLM…), même si ils pourront comporter, en format réduit, les logos des forces politiques en présence. Qu’on le veuille ou non, le résultat de la FI est fortement associé à la capacité qu’a eu Jean-Luc Mélenchon de mobiliser toute une partie de la population autour d’un programme, d’une image, d’un vocabulaire, d’un ensemble de symboles. Pour gagner aux législatives, nous ne pouvons pas mettre tout cela à la poubelle. Nous devons nous appuyer sur ce qui a fonctionné, sur ce qui a pu nous porter jusqu’aux 20%. Nous devons apparaître comme une force immédiatement reconnaissable et comme une force unie. Ce n’est qu’au prix d’une uniformisation du matériel de campagne que nous pourrons être identifiés et que nous pourrons remporter des suffrages.

Encore une fois, le moment est historique. Nous pouvons entrer en nombre à l’Assemblée : en fonction du taux de participation aux législatives, ce sont entre une et plusieurs centaines de circonscriptions dans lesquelles nous pouvons nous maintenir. Et 67 dans lesquelles Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête. Cette chance doit être saisie, et tous les moyens pour y parvenir doivent être mis en œuvre.

Dirigeant.es de la France insoumise, du PG, du PCF, d’Ensemble, cadres et militants de toutes les forces qui composaient le Front de Gauche : ne reproduisez pas les erreurs qui ont été commises ces 5 dernières années, qui ont fait retomber la dynamique lancée par les 11% de 2012Nous, non-encartés, ne voulons plus des querelles partisanes, des affrontements stériles pour la répartition des postes, qui résonnent encore comme des échos de la vieille politique, et qui repoussent toujours plus loin notre objectif d’émancipation de toutes et tous.

Vous avez une responsabilité historique, 7 millions de Français vous font confiance et vous regardent. Camarades, soyez dignes de nos luttes, de nos espoirs et de nos volontés de rompre avec ce vieux monde !

NB : les commentaires sont fermés, trop d'invectives voire d'injures s'y sont glissées, ce qui est à l'opposé des objectifs mêmes de ce billet et en désaccord complet avec la charte de Mediapart. Il est regrettable que nous n'arrivions pas à nous parler autrement. 

 

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