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Billet de blog 9 mai 2020

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Cela ne se passe jamais dans les urnes

Le combat commence peut-être là. Il faut le dire. L'écrire. Laisser tomber les derniers tabous humanistes et républicains qui se muent en déni antalgisant. Et concéder, accepter de caractériser ce qu'ils sont : une version contemporaine, vieille et nouvelle à la fois, de la peste brune.

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Il faut modifier l'appellation concernant la macronie. Néo libéraux sur le plan économique, ils le sont certainement... mais sur le plan politique, social, sociétal, sur le terrain des libertés publiques, des persécutions contre les pauvres, les opposants ou les dissidents, ils sont autoritaires, centralisés et ultra étatistes ! Ils sont une incarnation de l'extrême droite. Le combat commence là. Le dire. L'écrire. Nous le vivons dans notre quotidien, dans nos corps, dans nos chairs. Macron est un sociopathe qui jouit de la souffrance des autres. Lorsque nous écoutons ses discours, il ne dit jamais rien... à l'exception des saillies humiliantes, avilissantes, haineuses du genre de "ceux qui ne sont rien". Il est inutile d'énumérer les exemples plus ou moins glaçants sur la société ou l'école de la peur que ces gouvernants instaurent, car au fond, chacun peut plus ou moins continuer de se voiler la face... ou pas. Mais ils sont là et ils sont arrivés, comme bien souvent, par les urnes. Ils n'ont pas d'éthique, et les dernières décisions face à la pandémie en sont d'énièmes exemples. Ils peuvent s'appuyer sur un système administratif largement gangréné par des cohortes de gens ordinaires ayant depuis longtemps basculés dans une obéissance quasi automatique que  Stanley Milgram avait appelé l'état "agentique". Par le passé, il a fallu du temps pour que certains réalisent vraiment la nature de ceux qu'ils avaient élus. Certains ne l'ont réalisé qu'après guerre et n'en croyaient toujours pas leurs yeux et leurs oreilles. Les ressorts de l'extrême droite sont plus insidieux que par le passé, peut-être même que jamais, mais sa nature profonde est assez similaire. Ses références, ses logiques, ses réflexes sont les mêmes. Il suffit d'ouvrir les yeux et les oreilles avec acuité et laisser tomber les dernières barrières de nos tabous humanistes et républicains qui se muent en un déni antalgisant. Si certains attendent de voir des chambres à gaz pour y croire et se réveiller, alors cela nous éloignera d'autant plus d'une hypothétique libération. L'Histoire ne se répète jamais à l'identique. D'accord. Ce qui pourtant est certains et appelle une prise de conscience, urgente, c'est que les ressorts du fascisme sont bel et bien là. Il faut le dire et l'écrire. Ils sont la peste brune. 

Je peux concéder que ce n'est pas une réalité facile à accepter, surtout pour ceux qui ont sincèrement cru faire barrage, à l'occasion du second tour des présidentielles, il y a tout juste trois ans, quand il était déjà trop tard... Il va pourtant falloir y retourner, et cela ne va pas se passer dans les urnes. Cela ne se passe jamais dans les urnes, le barrage ou la résistance à l'extrême droite... 

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