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La situation est pire que je l'imaginais...

 

Le 9 février 2009, j'écrivais:  En 2008, 3.000 entreprises ont renoncé à l'exportation - courbe fournie par les Douanes françaises:

 

Export France 2008Export France 2008

 

A mettre en parallèle avec les quelque 55 milliards de déficit du commerce extérieur français.

 

L'article analyse la situation de manière pertinente. Quelques extraits:

 

« Le repli semble se précipiter en fin d'année, parallèlement à la chute des exportations, et touche à la fois les partenaires de l'Union européenne et les pays tiers », notent les Douanes, qui publieront leurs résultats définitifs en juin. La crise semble ainsi accélérer un processus structurel :

 

« Nous observons que les positions acquises par les exportateurs français sont difficiles à tenir. Il y a beaucoup d'entrées, mais aussi beaucoup de sorties, de nombreux échecs », soulignait récemment, dans un rapport du Conseil d'analyse économique, Lionel Fontagné, économiste au Cepii.

 

« Ceci fait toute la différence avec l'Allemagne, dont les positions une fois acquises sont inexpugnables. » Une analyse recoupée, pour 2008, par les Douanes : « Si les effectifs d'entreprises «régulières» restent approximativement stables, le nombre d'entreprises sortantes est en hausse, tandis que les entreprises entrantes sont moins nombreuses », analysent-elles.

 

Le directeur d'Ubifrance aux Etats-Unis, Hervé Ochsenbein : « 75 % des entreprises qui exportent aux Etats-Unis une année ne le font plus l'année suivante. Les entreprises font des «coups».

 

Alors que le poids des exportateurs les plus importants a continué à croître l'an dernier, la crise pourrait encore accentuer cette tendance.

 

« Exporter comporte des coûts, fixes et variables, et seules les firmes les plus efficaces exportent », concluait le rapport du CAE, qui recommandait une politique « rehaussant le niveau d'efficacité de l'ensemble des entreprises françaises ».

 

Mais selon moi, c'est un leurre de penser export, sans revoir tout le tissu PME-PMI du pays, car il est en concurrence au niveau mondial avec d'autres pays qui ont un tout autre respect pour leur PME, et celles des pays émergents comme l'Inde, qui ne font pas de bruit, ont dépassé les françaises depuis longtemps.

 

Pour comparer le poids du problème, voici les derniers chiffres du côté allemand, publiés sur la Frankfurter Rundschau du 09.02.2009:

 

Record des exportations malgré la crise.
Le commerce extérieur allemand a presque atteint la barre du milliard d'Euro malgré l'année de crise 2008. Malgré la baisse sensible en novembre et décembre 2008, les exportations ont augmenté de 2,8% sur toute l'année.
Le montant record de 992,7 milliards d'Euros en exportations a ainsi été atteint, comme l'indique le Bureau fédéral des statistiques à Wiesbaden. Les importations ont augmenté de 5,8 % par rapport à 2007 représentant une valeur en marchandises de 814,5 milliards d'Euro.
La balance du commerce extérieur réalise donc un excédent de 178,2 milliards d'Euro pour l'année 2008, après celui de 195,3 milliards d'Euro en 2007.
 

Voici l'évolution statistique entre 1950 et 2006 - comparaison import (en bleu).-  export (en vert). 

 

Import-Export Allemagne 1960 - 2006Import-Export Allemagne 1960 - 2006

.

Voir la place des PME dans ce dispositif

 

A mettre en parallèle avec les résultats de la France, dont parle la Tribune: Le déficit commercial de la France se creuse à 55,7 milliards d'euros en 2008   Il est plus qu'urgent de se poser la question des PME en France... sans idéologie. C'est vital pour notre pays.

 

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Ajout:

Presque 2 ans plus tard, ce 3 janvier 2011, une étude internationale réalisée dans 53 pays citée par la presse ce jour, indique:

 

"En France,la sinistrose aiguë gagne du terrain: L'enquête, menée dans 53 pays, montre que les Français sont les plus pessimistes sur la situation économique de 2011.

 

Plus sombres sur leur situation personnelle à venir que…les Irakiens, les Afghans ou les Pakistanais.

 

Notre pays se situe dans le top3 des pessimistes pour l’Emploi... Les Français sont 61% à déclarer que l’année prochaine sera une année de difficultés économiques contre 28% en moyenne dans le monde !

Les Français sont bien plus sombres que leurs voisins et le contraste avec les Allemands est particulièrement saisissant : 22% seulement anticipent 2011 comme une année de difficultés.

 

Plus pessimistes aussi que les Italiens (41%),les Espagnols (48%) et les Britanniques (52%). Le pessimisme des Français a cru de 10 points alors qu’il est stable au niveau mondial (moins 1 point).

 

Si l'Allemagne est bien plus optimiste sur toutes les questions, elle l'est sur celle de l'emploi en particulier, compte-tenu d'une situation à part en Europe : le recours généralisé au chômage partiel a permis de sauver des centaines de milliers d'emplois.

 

En Europe, ceux qui se distinguent sont les pays scandinaves où l’on pense pouvoir retrouver rapidement un emploi. Logique : c'est dans cette région que l'on enregistre les plus faibles taux de chômage de longue durée."

 

Cette petite étude montre clairement que les pays Scandinaves - où les Danois se disent être les plus heureux au monde - et l'Allemagne ont une éducation, une ouverture au monde environnant, une presse, une recherche, et une économie performantes (avec moins de cumul des mandats et de corruption), car ils regardent les réalités en face en toute démocratie.

 

Je me demande juste quand les gens en France arrêteront d'écouter les nationalistes et prendront réellement conscience de la vraie situation qui dure depuis des décennies, qui n'est pas que le fait du gouvernement actuel, et quand ils prendront les choses à bras-le-corps pour que le pays sorte de sa léthargie autosatisfaite ???

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Article modifié le 3 janvier 2011

Tous les commentaires

“J'ai vu la même chose sur les salons internationaux où les PME sur les stands d'Ubifrance arrivent là, sans préparation, fières de leurs produits - qui sont les meilleurs bien sûr - et attendent que le monde entier se précipite pour venir les voir. Sans aucune étude du marché, sans aucune information sur la culture du pays où ils exposent... Ils débarquent sûrs de leur "savoir-faire"...”
Chère Etoile, nous nageons si profondément et depuis si longtemps dans un océan de propagande destiné à nous infantiliser et nous aveugler, que nous n'avons aucune chance de nous faire une représentation mentale suffisamment concrète à partir de votre exemple. Par contre, habitués que nous sommes à constamment nous échapper dans la contestation et la râlerie, dans l'abstrait et les belles généralités ainsi que la grande politique très théorique si passionnante pour oublier jusqu'à l'existence de responsabilités individuelles qui seraient les nôtres, voici un autre exemple qui, lui, sera bien plus parlant selon nos standards:
Comment la France et son équipe chapeautée par un tandem 'd'union sacrée' Chirac-Delanoë, a échoué face aux Britanniques à faire organiser les Jeux Olympiques de 2012 à Paris. Exactement la même attitude que vous décrivez, qui est l'attitude typiquement française, alors que dans le même temps Tony Blair lui-même en personne arpentait les couloirs d'hôtels et s'activait efficacement avec son "directeur de campagne London 2012", sans ménager leur sueur ni leur inventivité.

Cher Axel, Vous avez un oeil clair, vous qui avez vu la France depuis l'étranger pendant de nombreuses années. Triste, mais vrai... L'exemple de Delanoë - vexé qui critiquait les Anglais - et qui pensait bien sûr "être le meilleur", est un bon résumé de ce que je voulais dire plus haut. Retrouvé sur le net: 20071218PHOWWW00120.jpg 2005, Paris rate les JO. Le visage marqué par la déception, aux côtés de Tony Parker, il tente d’expliquer l’échec de la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques de 2012, qui auront finalement lieu à Londres. Il accuse même Tony Blair de ne pas avoir respecté les règles éthiques du Comité international olympique (CIO)... (Photo AFP / Bertrand Guay)

Notre ignorance du Monde est célèbre et fait rire le monde entier. Tout l'Univers sait que et surtout à vu que le "Coq Gaulois" est le seul animal qui chante haut et clair la tête dans le ciel bleu mais les pieds dans la...boue.Tout d'abord pour exporter il faut avoir tissu industriel ce qu'on n'a pas.A l'exception des grosses multinationales, Genre Total, Aréva, Vivandi etc.. on n'a pas de moyennes entreprises en particulier de celles qui ont mis au point des technologies nouvelles qui intéressent les puissances émergeantes qui elles ont compris cette vision du monde. Donc très difficile de pouvoir concurrencer les Allemands qui sont les leaders dans ce domaine. Il y toute une conception de la mondialisation que nous refusons d'accepter, hélas. M. PLANCHET

on n'a pas de moyennes entreprises en particulier de celles qui ont mis au point des technologies nouvelles qui intéressent les puissances émergeantes qui elles ont compris cette vision du monde. C'est absolument exact. Et celles qui existent sont dépendantes des banques car elles n'ont pas de capitaux propres comme les PME allemandes familiales. . l y toute une conception de la mondialisation que nous refusons d'accepter, hélas. Exact, c'est comme avec le "nouveau franc", mes parents de 86 ans parlent encore en "anciens francs" comme toute leur génération, alors que la réforme a eu lieu il y a 49 ans. Ils vont refaire le coup avec l'Euro, je reçois des extraits de compte français où les montants sont encore en Francs, jamais les gens ne s'habitueront à pense en Euro. Partout ailleurs, le passage s'est fait depuis longtemps. . Le monde évolue, bouge, avance, la France est là terriblement conservatrice. Il n'y a d'ailleurs qu'en France que l'on parle de "mondialisation", ailleurs on parle de "globalisation" des échanges. Et cette évolution - due en partie aux techniques modernes qui font que le monde est devenu un village - est irréversible. . C'est comme les moulins à vent qui ont dû faire place à la vapeur, puis au moteur à explosion...

Cette affaire de MDI et TATA Motors m'avait bien frappé, pour le peu que j'en savais. J'applaudis à deux mains le fait que vous en parliez ! Si je ne vois aucun inconvénient, au contraire, à ce qu'un groupe Indien investisse dans cette innovation pleine de promesses et que cela contribue à une progression de l'Inde vers une certaine prospérité, je trouve ahurissant (une fois de plus !) que ni les investisseurs français (à ma connaissance) ni nos pouvoirs publics ne semblent s'intéresser à la chose. Il y a en effet, me semble-t-il, une certaine sclérose et une certaine suffisance, une certaine arrogance un peu sotte dans tout un monde prétendu réaliste, celui de l'entreprise et celui d'une certaine culture technocratique, qui tout en chantant à pleine gorge les vertus de la réalité, la confondent allègrement avec leurs fantasmes. Le moindre et le moins nocif n'étant pas le fantasme du concret, convoqué à tout bout de champ pour réfuter toute idée un peu neuve ou hors des clous. Combien de fois, dans mon ancien métier, ne m'a-t-on pas dit "oh, toi, il faut toujours que tu intellectualises les problèmes". Simplement parce que je demandais qu'on essaie d'oublier les schémas sacrosaints pour essayer de "voir autrement", au cas où… Je vous engage, chère Etoile66, à réfléchir sans prévention et sans préjugé à ceci : dans le combat crucial contre le conformisme, les vues simplistes, les idées toutes faites, les pesanteurs de l'habitude, l'arrogance de "ceux qui savent" et n'ont donc pas besoin d'apprendre, de nombreux chercheurs et intellectuels sont en fait vos alliés, ils sont aux avant-postes et se donnent un mal de chien pour essayer de décrypter le réel en se méfiant des évidences. Ne vous imaginez pas que c'est du coupage de cheveux en quatre, même si ça peut parfois y ressembler. Je ne prétends pas que ceux qu'on appelle les intellectuels échappent forcément aux aveuglements ou aux fourvoiements. Mais je vous assure que la plupart d'entre eux consacrent beaucoup de leur énergie et de leur vigilance à tenter de s'en préserver. Et que c'est bien injuste d'employer le mot "intello" au mieux comme une moquerie, au pire comme une injure.

Chère Etoile66, D'autant plus que cette réussite allemande à l'exportation n'est pas uniquement le fruit du génie réaliste et inventif allemand qui a su s'adapter avec courage contre l'intello français, arrogant, nombriliste, assisté, pas assez libéral pour tout dire. Ça c'est quand même un lourd cliché qui revient systématiquement dans vos billets. C'est votre "point aveugle"
Chers tous, Il n'en demeure pas moins que l'exemple de la voiture à air comprimé est intéressant : 7,8 milliards pour l'industrie automobile perchée sur son ROE, ses gras dividendes et ses bonus et rien pour cette PME et si peu pour les autres. Le pouvoir français sert les copains capitaines d'industrie et les banques. Les banques françaises ne prêtent qu'aux riches (en simplifiant), c'est vrai pour les particuliers, les PME mais aussi pour l'industrie, nécessitant des fonds important à long terme, surtout en ce moment. C'est une des causes qui a poussé les entreprises françaises à partir des années 80 dans les bras du marché et des requins des fonds d'investissement : l'aversion des banques françaises pour le risque économique. En revanche, elles aiment le casino boursier. C'est si bon que même les belles allemandes, expression du génie universel sinon transcendantal de la finance, n'y ont pas résisté et, sans l'état allemand, certaines d'entre elles seraient en faillite.
Les causes du "problème" du déficit du commerce extérieur français sont nombreuses et à rapprocher des causes de la "réussite" allemande. Par exemple; la libéralisation du marché du travail en Allemagne, la limitation du pouvoir d'achat qui en résulte, la baisse d'impôt des entreprises de 39 à 30% en 2007 et celle des cotisations sociales ainsi que la hausse de la TVA dopent l'économie allemande. En effet, cette politique antisociale et financière aboutit à un regain de compétitivité pas très "fair play", le "chacun pour soi" d'Angela Merkel , particulièrement sur les marchés européens, ce qui pénalise notamment la France, premier partenaire commercial de l'Allemagne (approximativement 20% des importations françaises). On le voit, cela ne tient en rien du "génie allemand face au coq gaulois". Cet avantage anticoopératif pénalise tous les partenaires commerciaux de l'Allemagne en Europe mais contribue à lui fournir le cashflow pour attaquer, en position de force et de manière durable, les marchés américains et des pays émergents solvables et demandeurs, sans parler des positions acquises dans les pays d'Europe de l'est.
Le tissu des PME françaises est aussi nettement plus éclaté qu'en Allemagne où les länder plus intégrés que les régions françaises et avec des banques (autrefois) très engagées dans la croissance économique ont permis la constitution de PME de classe internationale plus nombreuses et plus solides. Celles-ci consacrent donc une part plus importante qu'en France à la recherche, à l'innovation et à l'adaptation des produits aux marchés en forte croissance, pour des produits tels que les biens d'équipement industriel, point fort historique de l'Allemagne.
On parle aussi d'une "solidarité nationale" plus importante en Allemagne qu'en France entre les entreprises qui exportent. Ce qui chez nous se conçoit moins, chaque entreprise se retrouvant ainsi plus seule et donc plus fragile.

Cher Pierre, Beaucoup de ce que vous écrivez est teinté d'idéologie et vos affirmations sur certains points sont inexactes. . En effet, cette politique antisociale et financière aboutit à un regain de compétitivité pas très "fair play", le "chacun pour soi" d'Angela Merkel , particulièrement sur les marchés européens, ce qui pénalise notamment la France, premier partenaire commercial de l'Allemagne (approximativement 20% des importations françaises). Voici les chiffres: L’Allemagne demeure le premier client de la France en 2006 et absorbe 14,5% des exportations françaises. La France est également le premier client de l’Allemagne, celle-ci y réalisant 9,6% de ses exportations (car elle exporte ailleurs dans le monde). Sources officielles basées sur les instituts de statitstique des deux pays et l'OCDE. . Donc si l'Allemagne n'achète plus à la France, c'est la France qui perd un pourcentage beaucoup plus élevé que dans l'autre sens, car les PME allemandes sont dans presque tous les pays du monde. . C'est pourquoi les mesures protectionnistes de la France sont hyperdangereuses. . En ce qui concerne vos explications, vous vous basez sur les réformes de Schröder, alors que la différence au niveau du commerce extérieur commence dès l'après-guerre. Voir les graphiques officiels ci-dessus. Je vous invite à lire l'article Les mesures de Sarkozy pour l'automobile vues de l'étranger, un grave protectionnisme qui va se retourner contre la France, vous y verrez notamment l'historique du "made in germany"... . Les mesures actuelles de Sarkozy risquent de produire les mêmes effets. . Quant au tissu des PME et à leur "culture" dans les deux pays, je vous invite à lire Les PME et leur rôle pour un pays... . l'aversion des banques françaises pour le risque économique. En revanche, elles aiment le casino boursier.l'aversion des banques françaises pour le risque économique. C'est exact. . C'est si bon que même les belles allemandes, expression du génie universel sinon transcendantal de la finance, n'y ont pas résisté et, sans l'état allemand, certaines d'entre elles seraient en faillite. Celles qui s'y sont prêtées, pas les Sparkassen ni les Volksbanken, sont tout simplement nationalisées, l'Etat qui les "sauve" participe à leur gestion et va se rembourser sur le moyen terme. Pas tout à fait comme en France. Car les citoyens n'auraient pas accepté que leurs impôts servent à renflouer les banques - ou les sociétés - sans contrepartie.

Merci Virgil de votre contribution. Je vais essayer d'y répondre ouvertement, comme je le fais toujours :-)) . nos pouvoirs publics ne semblent s'intéresser à la chose Mais, cher Vergil, c'est là un problème vraiment inquiétant qui vient du formatage de la pensée par les Grandes Ecoles dont j'ai déjà parlé sur mon blog, chiffres à l'appui. Ces "décideurs", en très grande majorité issus des mêmes "cultures" méprisent les gens qui ont les mains dans le cambouis. J'ai eu l'occasion de m'en rendre compte moi-même lors de recrutements pour le poste de Directeur de Pôle de compétitivité. Il y a une collusion entre les "autorités" politiques et administratives qui méprisent les "chercheurs" et surtout l'industrie. Ceux qui ont fait les "Grandes Ecoles" de la fonction publique se prennent pour supérieurs à ceux qui ont fait les écoles d'ingénieurs, même ceux qui ont fait les Arts et Métiers. . La "supériorité" inculquée depuis la maternelle aux petits Français du "travail intellectuel" sur le "travail manuel" se poursuit jusqu'au bac. Cela me rappelle ce que disait le professeur principal de mon fils en 2000 en Ile de France arrivé de Hambourg en 1ere S. "Vous serez la future élite du pays, il va falloir bien travailler". Il était rentré ahuri et m'a raconté comment cette "pensée unique" avait ses effets sur la "pensée" du groupe dans lequel il était. Ils regardaient ceux qui faisaient "économie" ou "lettres" ou autres non "S" comme des paresseux et cons, dignes donc d'être dominés par ceux de son groupe. Ahurissant mais vrai. Puis en Terminale, tout le cirque des inscriptions en "Grandes Ecoles", lamentable. Quand on pense que tout ce système de "forges intellectuelles" produit des "penseurs" tous formatés selon les mêmes règles depuis des décennies, et issus des mêmes couches sociales. Ce sont souvent les "fils et filles de" qui réussissent. Il y a bien sûr des exceptions, mais les chiffres parlent d'eux- mêmes. Ils méprisent les autres couches, surtout les manuels. N'ont-ils pas entendu depuis l'école primaire: "Si tu ne travailles pas bien, tu iras en formation professionnelle - tu feras un apprentissage". . Alors qu'en Allemagne, un artisan bien formé qui s'est mis à son compte, gagne bien plus qu'un cadre ou un employé de la haute fonction publique française. Le travail manuel y est respecté, qui est aussi un art. C'est pourquoi l'industrie y jouit d'une très grande considération, de tout le pays. . Quand je suis arrivée à Hambourg en 1973, enseignante dans une Ecole post-bac, j'étais vraiment étonnée de constater que pratiquement tous mes étudiants avaient fait - avant - un apprentissage de 2 ans après leur bac, dans la production, les transports, l'export, j'ai même eu un cuisinier. Pourquoi ? Leurs parents leur disaient: "Si tu ne réussissais pas dans tes études, ou si tu changeais d'avis, tu aurais au moins un métier pour gagner ta vie": Très pragmatique. Ces jeunes étaient beaucoup plus réalistes, mûrs et engagés que ceux qui n'avaient que le bac. Et certains travaillaient à temps partiel dans les métiers qu'ils avaient appris - dans l'entreprise où ils avaient fait leur apprentissage - pour financer leurs études. . Je vous engage, chère Etoile66, à réfléchir sans prévention et sans préjugé à ceci : dans le combat crucial contre le conformisme, les vues simplistes, les idées toutes faites, les pesanteurs de l'habitude, l'arrogance de "ceux qui savent" et n'ont donc pas besoin d'apprendre C'est ce que j'essaie de faire, ce n'est pas simple, le conformisme est tellement ancré, et les "certitudes" aveugles tellement indélébiles, que certains ne peuvent pas penser hors de ces ornières. . de nombreux chercheurs et intellectuels sont en fait vos alliés, ils sont aux avant-postes et se donnent un mal de chien pour essayer de décrypter le réel en se méfiant des évidences Merci de l'écrire. Mon fils travaille aussi dans la recherche - internationale - et ce qu'il me raconte, lui qui est Français et Allemand - m'attriste quant à ce qui se passe au niveau international dans la Recherche. Ce qu'il constate dans les "papiers" internationaux, dans les conférences où participent des Français, est triste. Ils ne s'aperçoivent pas qu'ils sont en déphasage avec le reste du monde. Ils parlent un anglais terrible - il me disait "excécrable" - avec un accent qui fait mal et des fautes de grammaire, difficile à écouter, de sorte que les participants des autres pays étaient obligés de lire le texte imprimé pour comprendre. Eux ne s'en apercevaient même pas, ils étaient fiers de "parler anglais". Je grossis bien sûr le trait, mais c'est terrible. Cela vient de l'enseignement des langues étrangères en France, par des Français qui eux-mêmes parlent avec accent et fautes. . Il faudrait vraiment que ces chercheurs français qui refusent les "évidences" considèrent la Recherche comme européenne et fassent ainsi pression sur le gouvernement français. Car on ne peut plus voir la Recherche que comme "nationale". C'est comme les octrois, les douanes qui entouraient autrefois les villes. Puis, elles ont entouré les "régions", puis les "pays". Aujourd'hui, c'est l'Europe la grandeur qui peut concourir avec les autres entités comme les USA, l'Inde, la Chine... Penser en "national" ne peut pas faire avancer les choses. Il faudrait des crédits importants et de grands instituts européens de Recherche. . Mais pour y parvenir, il faudrait que la France abandonne son "formatage" intellectuel qui l'empêche de penser librement et qui fait dire à ses dirigeants et chercheurs qu'ils sont excellents et meilleurs que les autres. . Mais je constate qu'il n'y a pas encore cette pensée européenne, ce sens de l'urgence à s'unir pour avoir plus d'impact. Dommage. .

Chère Etoile66 J'ai essayé... Avant de prendre congé, je vous raconte un petit apologue de ma façon. . Il était une fois une mare. Au milieu de cette mare, une île. Dans cette île, un beau et vieux saule magnifiquement tordu et un scorpion. Le saule ne joue aucun rôle dans cette histoire, c'est juste que j'ai la manie de planter des arbres, même dans les histoires. En revanche le scorpion est un des deux personnages. Or les scorpions ne savent pas nager, tout le monde sait ça. Comment donc était-il arrivé là ? Je vous le raconterai peut-être une autre fois mais aujourd'hui ce qui compte c'est de savoir qu'il vivait dans l'île, qu'il ne savait pas nager et qu'il adorait piquer les grenouilles. Donc il se planquait dans les herbes et quand une grenouille passait par là, schlak ! il envoyait son terrible dard et la grenouille mourait. Au bord de la mare vivait une grenouille. La dernière, celle que le scorpion n'avait pas encore eue. Les grenouilles ne réfléchissent pas très vite mais celle-là avait fini par penser qu'il valait mieux éviter le scorpion et elle s'interdisait absolument d'approcher de l'île. C'est grâce à ce comportement salutaire que mon histoire est une histoire à deux personnages : un scorpion et une grenouille, par ordre d'entrée en scène. Or donc nos deux bestioles coulaient des jours tranquilles quand par un bel après midi d'été orageux des nuages bleu foncé et noirs commencèrent à s'amonceler, un coup de vent brutal cassa une branche du saule (ce qui n'a aucune incidence sur la suite) et après ce qu'il faut de grondements et d'éclairs le ciel envoya la pluie. Une grosse pluie, très violente, une pluie d'orage, le genre qui fait croire au déluge puis s'arrête brusquement quand l'orage s'éloigne. Mais là c'est une histoire avec orage stationnaire, donc la pluie très forte continua. L'eau de la mare se mit à monter. La grenouille s'éclatait de bonheur mouillé. Le scorpion s'inquiétait. La pluie continuait. L'eau montait. La grenouille s'étirait d'aise. Grrouac, grrrrouac. Soudain elle entendit une voix. C'était le scorpion qui appelait. Grenouille ! … Grenouille, je t'en prie, ô Grenouille, réponds moi ! - Que me veux-tu, scorpion de malheur ? - ô Grenouille, vois-tu comme l'eau monte ? - Oui, je vois. Quel bonheur, grouac. - Quel bonheur, parle pour toi ! Vois-tu comme l'île ou j'habite est en train de disparaître sous l'onde amère ? - Amère, c'est toi qui le dis. Grrouac. - Peut-être bien, je n'ai pas envie d'y goûter. Et si ça continue je vais m'y noyer ! - Grouac ? Noyer, dans cette bonne eau si douce ? Qu'est-ce que ça veut dire, noyer ? - Ça veut dire s'enfoncer dans l'eau, pouah ! Et respirer de l'eau et puis ne plus respirer du tout parce qu'on est mort. Au secours ! - Et que je veux-tu que j'y fasse ? Je n'y peux rien si l'eau monte. Je ne peux pas arrêter la pluie et même si je pouvais je n'en ai aucune envie, au contraire, j'adore ça, grououou-ouac. - Mais si, noble et chère Grenouille, tu peux beaucoup au contraire, toi qui nages si bien. - En effet je nage bien. Heureuse que tu le reconnaisses… - Et moi pas du tout, c'est pourquoi je vais mourir sauf si tu m'aides. - Grouok ? T'aider, moi ? Comment ça ? - Pour toi c'est facile. Tu plonges, tu viens à grandes brasses puissantes et harmonieuses accoster à ce qui reste de mon îl…ôt, je monte sur ton secourable dos, nous repartons vers le rivage, je descends sue la terre ferme, je te remercie et nous allons, chacun vers son destin. Je suis ton obligé pour la vie, tu as accompli le bien, nous sommes satisfaits l'un de l'autre. - Te prendre sur mon dos ? Merci bien, grouinc ! Pour que tu me piques de ton aiguillon venimeux, comme tu fis à toutes mes copines ! - Réfléchis, ô sage et bonne Grenouille : si je te pique, tu meurs. Si tu meurs, tu coules. Si tu coules, je me noie. Ta vie sauve est donc garantie par mon désir de vivre. Grenouille de réfléchir. Le raisonnement du scorpion est imparable. Elle s'y rend donc. Plonge, nage, accoste. Le scorpion embarque et Grenouille de nager vers le bord. Ils s'en approchent, le scorpion est bientôt sauvé. Schlak ! Il a piqué la grenouille. La pauvrette incontinent se met en devoir de mourir et dans un dernier souffle : - Grouiik ! Scorpion, pourquoi ? Je ne com…prends…pas, tu vas mou…rir aussi… - Oui. Dé…glouglou, dé…solé, j'ai pas pu m'en empêcher... . Bonne chance. rêveur aux étoiles

Article complété ce jour suite à la parution des résultats d'une enquête internationale sur la vision de l'année 2011 dans 53 pays.

 

A laquelle je rajoute ce 12 janvier 2011 l'article du Monde:

En 2010, l'Allemagne a renoué avec la croissance 

"L'Allemagne n'avait pas connu un tel taux de croissance depuis l'établissement en 1991 de statistiques pour l'ensemble du territoire, après la réunification du pays. Le précédent record datait de 2006 (3,4 %).

...

En octobre 2010, le gouvernement allemand s'était dit "confiant" dans la possibilité de revenir sous cette barre des 3 % en 2011, mais sans donner davantage de prévision. L'Allemagne a bénéficié cette année d'une reprise bien plus robuste que prévu, ce qui a fait grimper les recettes fiscales tout en réduisant les dépenses sociales, notamment l'assurance-chômage. Berlin a également lancé un vaste plan de rigueur qui doit lui faire économiser 80 milliards d'euros d'ici 2014."

 

Et dans Les Echos on peut lire:

"Autre performance, celle du déficit. Le déficit public ressort à 3,5% du PIB en 2010, tout près de la recommandation officielle des 3 % figurant dans le Pacte européen de stabilité et de croissance, perdue de vue pour longtemps par les pays voisins. Et pour l'année 2011, Berlin a d'ores et déjà prévu de passer sous la barre des 3 %, certains instituts de conjoncture tablant sur un chiffre de 2,7 %. A titre de comparaison, l'objectif officiel, en France, est de tenir un déficit de 7,7 % en 2010, et de 6 % en 2011.

Le fait remarquable est que la remontée spectaculaire de l'économie allemande l'an passé a été portée par deux piliers, le commerce extérieur et la demande domestique. "

 

 

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