Sun.
27
May

MEDIAPART

Connexion utilisateur

Fermer

Par quel bout allonger la scolarité obligatoire ?

L'air du temps est à la rallonge. Le PS affirme clairement une préférence pour l'allongement de la scolarité obligatoire par les deux bouts : abaissement de 6 ans à 3 ans et prolongement de 16 à 18 ans. Mais c'est peut être prendre le problème par les mauvais bouts...Et si on allongeait la scolarité par le milieu !

L'école française va mal. L'idée est donc, notamment pour les élèves en difficulté, de rallonger le temps de classe. Sur cette idée simple, Darcos diminua le temps scolaire de 2 heures par semaine et « récupéra » ces heures pour les « donner » aux élèves en difficulté ; c'était l'invention de l'aide personnalisée et de la semaine à quatre jours. Le bilan est très mitigé (ici et ). Il y a ajouté l'idée de continuer l'école après l'école avec les stages dits de « remise à niveau ».

L'autre alternative est celle de l'allongement de la scolarité obligatoire. En effet, en passant plus d'années à l'école, (sous entendu les élèves en difficulté vont moins à l'école), on améliorera le système. D'où l'idée du PS d'abaisser la scolarité obligatoire à 3 ans et favoriser la scolarité à 2 ans pour les élèves des zones urbaines sensibles (cf. le projet « le Changement » page 22). L'autre idée, présente dans la « convention pour l'égalité réelle » (et non retenue pour le programme mais tout de même avancée par plusieurs responsables du parti) est de rallonger la scolarité jusqu'à 18 ans (page 12). Idée depuis longtemps défendue par les syndicats enseignants.

3ans.gif

La première idée est une véritable escroquerie si elle est avancée pour améliorer les compétences scolaires des élèves les plus en difficulté. En effet, le taux de scolarisation des enfants de 3 ans est de 100 % comme l'indique l'INSEE.

Année scolaire 2009-2010

 

Public

Privé

Total

Taux de scolarisation
2-5 ans

2 ans

94 240

29 031

123 271

15,2

3 ans

713 451

94 133

807 584

100,0

4 ans

706 261

94 361

800 622

100,0

5 ans

696 083

94 928

791 011

100,0

6 ans et plus

8 781

1 567

10 348

-

Total

2 218 816

314 020

2 532 836

77,9

 

La mesure n'aura donc aucun effet sur les apprentissages des élèves (ou seulement à la marge pour quelques cas d'enfants non-scolarisés) mais elle aura une conséquence non négligeable sur laquelle il sera difficile pour la droite de revenir : en abaissant l'âge d'entrée obligatoire à l'école à la « petite section »(3 ans), le PS sanctuariserait l'école maternelle et rendait par la même occasion impossible sa suppression (cf. l'histoire des couches-culottes) comme cela était clairement l'intention de la Droite au début du quinquennat.

 

18ans.jpg

Rallonger la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans est aussi un leurre si de solides dispositifs alternatifs ne sont pas créés et/ou si les enseignants du second degré ne sont pas en mesure de différencier fortement leur pédagogie. Avant d'instituer cet allongement, il y a une nouvelle école à inventer ; une école alternative pour ceux qui sont en rupture avec l'école, une école avec beaucoup de moyens et des taux d'encadrement très bas ; un chantier aussi grand que celui de l'institution de l'école obligatoire, gratuite et Laïque par Jules Ferry. Bien entendu, cette mesure est « égale », « inodore », pour plus d'un élève sur deux qui « fait ses études » au de-là de 18 ans.

 

Je propose une autre solution, plus simple, de prolongement de la scolarité obligatoire. Une alternative qui vise à combler le sous-investissement dans le primaire.

Créons une deuxième année de CP (cours préparatoire). Le CP2.

Ainsi organisée, l'école élémentaire aurait 6 classes : CP, CP2, CE1, CE2, CM1, CM2. Il y aurait donc 9 ans de scolarité primaire (maternelle + élémentaire) et la scolarité pourrait être portée à 17 ans, voire 18 ans si des classes de rattrapage d'un an sont instituées pour les élèves après 15 ans.

Dans cette configuration, le redoublement devient inutile, et interdit, au primaire (et même totalement jusqu'à 18 ans, si des classes de rattrapage d'un an sont instituées). Seuls les enfants qui avancent plus vite pourraient sauter des classes (jusqu'à passer son bac à 12 ans, cf. la page 4 de la lettre du Recteur de l'Académie de Montpellier). Dans une classe, il est toujours plus facile d'adapter vers le haut (avec du travail en autonomie) que vers le bas (travail plus duel). Cela implique que les programmes restent les mêmes. Il s'agit de faire en 6 ans, ce que l'on fait en 5 ans et de renforcer les compétences premières, la lecture et la numération. Un travail approfondi de CP sur les nombres (aux environs de la centaine) et sur la reconnaissance et la retranscription des sons serait l'axe principal de cette classe (la découverte du monde et l'ouverture aux arts ne seraient, bien-entendu pas exclus). Les disciplines telles que la grammaire, les opérations, l'histoire, la géographie ne commenceraient qu'en CE1 (cours élémentaire première année). Les cours préparatoires (re)porteraient bien leur nom. A rebours, la première année de CP serait une année qui, dans les premiers mois, serait transitionnelle avec la maternelle : l'organisation de la classe, le personnel ATSEM, le mobilier...doit rappeler la maternelle mais les objectifs, in fine, seraient ceux du CP, chacun rentrant, selon son rythme dans les apprentissages de la « grande école ».

J'entends déjà les critiques que l'on pense bien fondées. « C'est le constat accablant de la baisse du niveau, il faut aujourd'hui faire redoubler tout le monde pour retrouver un semblant d'école digne de ce nom ». Ces tenants de la baisse du niveau et de l'excellence de l'école d'avant en auront pour leur compte.

Si l'on prend le nombre d'heures qu'un enfant passait en classe avant 1969, du CP au CM2, 5 500 h, et qu'on le compare à celui d'aujourd'hui, 4 200h, c'est 1300 h de classe perdue en quarante ans ! C'est plus d'heures de classe qu'une année scolaire de 1968, alors que la semaine scolaire était de 30h (1 100h/an en 1968). Imaginez qu'en 1968, on annonce la suppression d'une année d'école ?! Et bien c'est ce que nous avons fait petit à petit. Ajouter demain une année scolaire de plus au primaire, soit 840h, ne rattraperait pas tout ce temps perdu (5040h) !

 

Doisneau-Ecoliers.jpg


 

Mais ce n'est pas tout. Entre temps, les disciplines scolaires se sont multipliées : langue vivante, histoire de l'art, préparation à l'attestation de première éducation à la route (APER), préparation au brevet informatique et internet niveau 1 (B2i)...Et les « anciennes » ont vu leur place augmenter : la leçon d'histoire est passée de 2 fois 15 minutes par semaine à 3h par semaine en 2002. Pareillement, les façons de faire ont changé (je ne parle pas des « méthodes » pédagogiques mais plutôt de la conception des savoirs, d'où le terme « façon de faire »). Ce même cours d'Histoire était souvent une histoire racontée puis copiée, puis apprise par cœur, d'où le peu de temps nécessaire à son « étude ». Aujourd'hui, personne ne concevrait un cours sans qu'un élève n'ait à analyser, questionner, mettre en relation un ou plusieurs documents. L'autre exemple est celui en sciences de la main à la pâte : modèle loué par les Ministres et les programmes, où l'enfant fait des sciences comme un petit scientifique avec des hypothèses, des expériences, des conclusions, des confrontations d'expériences, des comptes-rendus...bref, une seule expérience (Est-ce que l'eau disparait du verre ou va-t-elle quelque part ?) peut tenir une classe sur trois ou quatre séances d'une bonne heure !

A considérer tout ceci, on comprendra les gains de productivité qui ont été réalisés en quarante ans. Les enseignants sont bien meilleurs qu'il y a quarante ans, cela ne fait aucun doute et le niveau des enfants à fortement augmenté (l'environnement les ayant aidé aussi).

Par contre, la part du français dans l'enseignement à fortement chuté. D'une école toute tournée vers la dictée du certificat de fin d'étude, et même organisée pour cet examen, nous sommes passés à une nouvelle école, tournée vers l'économie de la connaissance aux savoirs nombreux et complexes. Le monde a changé depuis 1968 ; l'école aussi, et elle a plutôt bien tenu le choc de ce changement !

On comprendra donc mieux que d'ajouter 840h d'école aux élèves, en début de scolarité, c'est tout simplement augmenter leur temps d'exposition au français et aux mathématiques au moment où cela est le plus fondamental, c'est-à-dire vers 6/7ans. On peut tortiller du popotindans tous les sens, si le niveau en orthographe a baissé de deux ans (cf. Orthographe : à qui la faute ? et sa critique par Evelyne Charmeux), c'est que les élèves sont confrontés à deux ans de français de moins. Bien qu'un peu mécanique, les données chiffrées en nombre d'heures et l'espace donné au français entre 1968 et 2008, ne laisse que peu de place au doute. Quand on supprime deux ans d'études de la langue française, on obtient deux ans de « retard », et encore, pas pour tous.

Fautes_d_orthographe.jpg

Cela fait un investissement important en nombre de postes : entre 15 000 et 20 000 postes (selon mes calculs larges) mais cela n'est rien qu'en on sait que 96 000 postes ont été supprimés depuis 2004 ! (76 000 selon d'autres comptes)

 

Aux instrumentalisations idéologiques et politiques sur la baisse du niveau, il n'est qu'une réponse : redonner aux élèves leur quota d'heures de français et de mathématiques. Si les politiques ne font pas ce choix, alors qu'ils se taisent et qu'ils instituent le principe qui veut que le collège doit prendre à sa charge une partie de l'enseignement fondamental de l'école obligatoire à côté, ou au travers, comme à Clisthène, des disciplines. Il s'agirait alors de créer une véritable communauté école-collège avec socle commun.

Tous les commentaires

En Irlande, l'école primaire commence à 5 ans (obligatoire) : junior infant, senior infant, 1st class, 2nd class, 3rd class et 4th class. Soit 6 années au total.

Bien sûr, la junior infant est une année de transition entre la pré-school (maternelle) et l'école primaire proprement dite. Par ailleurs, le redoublement n'existe pas.

A l'autre bout, on passe le Leaving Cert (équivalent du Bac) à 17 ans. Et une année de "transition" est organisée avant d'entamer les années d'études supérieures.

Un peu votre modèle, en somme :)

Yolaine - Dublin

Merci pour cette intéressante contribution. Et si le sujet était non pas "plus d'école" mais "mieux d'école". Une scolarité pas forcément plus longue mais plus fertile ? A quoi servirait de passer plus de temps dans des environnements souvent mal conçus, bruyants, aux équipements sportifs et de détente insuffisants.

Il y a ainsi dans ma commune une école "années 80" dans laquelle les classes donnent sur une voie rapide et dont certaines salles sont... triangulaires et soutenues par des piliers centraux (impossible pour tous d'avoir une vision claire du tableau). Des heures de plus là dedans, est-ce bien raisonnable ? Les récrés ont lieu en surplomb d'un des ronds-points les plus fréquentés du département.

Ceci dit, la régression des horaires de français a produit les effets "attendus".

Merci pour votre jugement positif de ce texte. Vous avez raison d'attirer l'attention sur les conditions matérielles. Un audit national ne serait pas une mauvaise choseconcernant les bâtiments.

Le "plus d'école" que je propose est un "mieux d'école" puisqu'il s'agit de prendre le temps nécessaire pour faire ce qu'il est nécessaire de faire d'apprendre.

Le "plus d'école" que je propose est un "mieux d'école" puisqu'il s'agit de prendre le temps nécessaire pour faire ce qu'il est nécessaire de faire d'apprendre. Merci pour cette trés utile précision...

 

à Dianne

+++++++++++++++++++

Bonnes idées. Et, qui plus est, réalistes... Dans une autre perspective politico-idéologique que celle qui nous domine actuellement.

Mais, à mon sens, l'essentiel, n'est pas aborder.

L'établissement scolaire demeure un univers paradoxale, clos sur lui même, mais qui doit contenir tous les phénomènes (psychologiques, sociaux et psychosociaux) du monde extérieur ; ce qui la rend répressive !

Parangon de l'Institution instituante, mais sans possibilité d'organiser une réelle proximité quotidienne et de terrain ; une frontière matériel, un mur -quel symbole aujourd'hui!- sépare l'école de vie de l'élève qu'elle prétend "éduquer" pour en faire un citoyen ouvert au monde...

Peut-on prétendre éduquer sans partager la réalité quotidienne et familiale de ceux à qui l'on veut faire partager valeurs et pratiques.

Alors, pourquoi ne pas assoir ce projet d' "allongement par le milieu" dans une vison (une finalité à plus long terme ?) plus moderne d'un temps scolaire comme temps d'apprentissage et d'existence citoyennes à travers une Instruction publique intégrée dans le cité et les espaces de la vie de l'enfant ou du jeune.

L'école n'est plus seule, loin s'en faut, à assurer le bon apprentissage scolaire. Centres sociaux, associations de quartier, professionnels du social et de l'éducation spécialisée s'y attèlent quotidiennement multipliant les lieux, naturels et ordinaires, dédiés à l'apprentissage théorique et culturel.

C'est dans ces lieux que doit se retrouver l'enseignant, aux côtés, des parents, des bénévoles et des professionnels. Là où vit l'enfant ou il se développe et mature, dans la/sa réalité quotidienne.

Si l'on veut, véritablement, inventer l'école de demain, et pour ce faire améliorer celle d'aujourd'hui, l'enseingnat ne doit-il pas sortir de sa "tour de béton" et appréhender in situ la réalité de la vie de ses élèves ?

Pourquoi aujourd'hui, l'institution scolaire qui prétend "éduquer l'élève dans le monde moderne", a-t-elle besoin de l'enfermer entre quatre mur qui le coupe de cette réalité ?

N'est-ce pas là, LA contradiction qui tue peu à peu l'école en l'a rendant de plus en plus étrangère au monde qui lui l'a donné son pouvoir, mais est prêt à le lui reprendre... Peut-être pour le confier aux "prestataires de service" qui se pressent aux portes des parents d'élèves ?

Vous avez raison, ce n'est pas forcement "l'essentiel". C'est bien un "traitement" global de l'enfant, notamment en difficulté, qui apportera de véritables réponses. Si vous lisez quelques uns de mes anciens billets, vous trouvez des choses assez proches de vos idées. Il n'y aura pas LA réforme de l'école qui résoudra tout mais efforts conjoints de plusieurs partenaires.Toutefois, je ne crois pas que les enseignants soient dans une tour de béton. Souvent, ils ont conscience de la nécessité d'aider l'enfant (et non l'élève) dans sa globalité ; ils cherchent dans ces cas des solutions éducatives (on fait d'ailleurs "des équipes éducatives" avec l'ensemble des partenaires pouvant intervenir ou intervenant autour de l'enfant dont en premier lieu les parents). Mais les réalités rattrape, aussi souvent, les bonnes volontés. Souvent, on rencontre des enseignants qui culpabilise de ne pas en faire assez pour leur élève alors qu'ils ont pu faire tout ce qui était en leur pouvoir. Souvent, il m'est arrivé, pour faire face à un flot de larmes, de leur dire, : " il ne te reste plus qu'à l'adopter".

L'école ne peut pas tout, c'est pour cela qu'elle ne peut être dans une tour de béton et qu'elle ne l'est pas, sérieusement, sur le terrain (dans la plupart des équipes, j'entends bien).

Cher Guy Meunier,

Il me semble que vous faites abstraction de quelques faits :

- l'école d'aujourd'hui multiplie les sorties musée, séjours linguistiques, rencontres foyers de personnes agées, et tant d'autres idées proposées par les enseignants

- l'école se doit de filtrer le monde pour permettre l'apprentissage progressif du monde en toute sécurité (peut-être que les murs de l'école vous gènent, mais je suppose que votre logement a des murs aussi)

- l'école est animée par des professionnels qui déroulent un programme officiel. Ce n'est pas cette fonction qu'occupent les associations de soutien scolaire ou les bénévoles d'autres actions extra-scolaire. S'il y a complémentarité, le mélange est très risqué (quel référentiel ? Qui est payé ? Pour quoi faire ?)

- Pour finir, je pense que les enfants d'aujourd'hui sont bien assez bousculés par le monde (souvent très dur) à coup de publicités, de consumérisme, de jeux vidéo, de présentation de films ultra violents à des heures tout public, de chômage parental, de séparation des parents, etc. pour leur enlever le peu de cadre fiable et sécurisant que l'école offre encore derrière ses "murs".

Je m'élève bien sûr contre votre remarque sur le fait que l'école serait "repressive". Heureusement que l'école est un peu "repressive" (et elle est aujourd'hui bien loin des coups de règles sur les doigts que certains ont reçus). Car la plupart des enfants d'aujourd'hui découvrent l'interdit seulement à l'école ! Et plutôt que répressive, vous auriez pu dire encadrante et juste.

Merc ide complémenter, sur un autre ton, ma remarque @Guy Menier

Ton billet iconoclaste me plaît bien. Il a l'avantage de proposer un choix important : rallonger la scolarité commune d'une année.

Quelques remarques :

1°) Pourquoi conserver les appellations CP, CE, CM qui n'ont plus aucune raison d'être aujourd'hui, ou même dans ton projet ? Ce ne sont que des vestiges d'une autre organisation scolaire, celle du XIXe siècle. À cet égard, tu fais l'impasse sur les cycles en vigueur. Par exemple, quelle incidence aurait ton projet sur la gestion des cycles par nos écoles et leurs enseignants ? Ce faisant, se pose aussi la question du devenir des programmes actuels et d'éventuels nouveaux programmes. Des choix stratégiques sont à envisager.

2°) Attention à ne pas confondre « période d'instruction obligatoire » et « scolarité obligatoire ». La première est depuis peu étroitement associée au socle commun. Elle peut être assurée dans la famille ou dans un établissement privé hors contrat. Comment intègres-tu cette donnée juridique et politique dans ton projet ?

3°) La question de porter à 3 ans le début de la période d'instruction obligatoire est toujours ambiguë dans sa mise en œuvre opérationnelle : quid du principe à valeur constitutionnelle de liberté de l'enseignement si on l'applique aux 3-5 ans ? Sur quelle base s'opérera le contrôle à domicile ou en établissement privé hors contrat ?

 

Voilà encore des éléments à explorer collectivement.

1°)Tu as parfaitement raison sur les appelations. Malheureusement, on ne fait pas de bonne école sans quelques traditions...Le terme "CP" est tellement attaché à l'apprentissage de la lecture dans l'esprit des parents (des enseignants, des inspecteurs...) qu'il me semble pas profitable, dans ces temps où l'on doute de l'école publique, de brouiller les cartes. Il faut construire l'école de demain à partir des repères d'hier mais...en changeant parfois fondamentalement les choses. Deux CP pour apprendre à lire, c'est tout simplement remplir l'objectif du cycle 2 quand la politique de cycle a été mise en place.

Je reste attaché, professionnellement, aux cycles. Dans l'hypothèse que je propose deux choix possibles :

a) trois cycles de trois ans (maternelle, CP1-CP2-CE1 et CE2-CM1-CM2)

b) on garde l'idée de cycles qui se superposent pour faire la jonction entre "écoles" (maternelle, GS-CP1-CP2-CE1, CE2-CM1-CM2-6ième)

J'avais cela en tête en écrivant le billet, mais je n'ai pas voulu perdre trop le non spécialiste ; puis je comptais bien qu'un spécialiste me pose la question ;-).

2) Là, il me semble que la chose est entendue. Si l'école est obligatoire à trois comme le veulent les partis de gauche, l'instruction obligatoire commencera à trois ans et le socle devra être élargie. Ce qui vaut aujourd'hui pour les enfants à partir de 6 ans sera rendu obligatoire pour les enfants de trois ans. Quand on lit le programme du PS, on remarque cette boudre dans sa rédaction : il ne tire pas la conclusion de la scolarité obligatoire à 3 ans. D'ailleurs, le PS fait sonner un chisme entre sa version intégrale de son projet et la version courte : dans l'un la scolarité est obligatoire à trois ans, dans l'autre c'est accueil qui est obligatoire. C'est totalement différent. Dans le premier cas, on organise l'école à partir de trois ans, dans l'autre les écoles reçoivent tous les enfants à n'importe quel moment de l'année dès trois ans révolus quelques soit les conditions d'accueil..

3) Les parents auront toujours la "liberté de l'enseignement" (ce qui va faire remonter le prix à payer pour les municiplaités pour les écoles privées si les règles ne changent pas). Il me semble qu'il faudra introduire deux paramètres, l'un culturel, l'autre "stratégique" :

  • Il faudra se dire un bonne fois pour toute que la maternelle, c'est l'Ecole. Pas une garderie, pas une école pré-élementaire, pas un jardin-d'enfants, pas je ne sais quoi, mais un lieu où l'on apprend...d'abord par le jeu...bref, l'école.
  • stratégique car, il me semble que nous, professionnel de l'EN, devont faire entrer un nouvel acteur dans le jeu. Il s'agit des pédiatres. Ils ont besoin de nous pour retrouver une place qu'ils perdent (cf ici) et nous avons besoin d'eux pour une autre approche des enfants qui comprend un autre lien avec les parents. Une place de choix pourrait alors installer les pédiatres au coeur de se suivit des 0-6 ans. Cela impliquerait une collaboration Conseil Généraux-CAF et Education nationale. Je pense notamment au travail de Michel Zorman: http://www.programme-parler.fr/ qui pourrait être une base de travail (j'essai de m'y employer dans mon coin lodévois). Je développerai cela un peu plus tard...

Merci en tout cas pour ces questions pertinentes.

Sachant que pour de nombreux élèves, l'école actuelle ne va pas assez vite, qu'ils s'y ennuient, et donc:

a- apprennent à mettre le bazar pour s'occuper (ce qui pertube les autres)

b- n'apprennent pas que tout apprentissage nécessite aussi un effort,

Il est important de prévoir aussi une voie plus rapide, l'important étant de s'adapter au rythme de chacun des élèves.

Sinon, c'est en effet une bonne idée de rallonger pour ceux qui ont plus de mal et de raccourcir pour ceux qui ont des facilités.

Le constat sur la baisse des heures d'enseignement me parait tout à fait utile, et montre que l'on ne répond sans doute pas à la soif d'apprendre et de découvrir et comprendre le monde des jeunes enfants (les sciences à l'école primaire sont quasi inexistantes).Rallonger la durée de la scolarité est utile, ... pour les éléves qui ont encore envie d'apprendre. Pour les autres, cela parait rallonger leurs souffrances.

Travailler sur le gout d'apprendre, et le caractère magique des ces apprentissages qui permettent à un enfant de comprendre le monde et de mieux le maîtriser parait un axe à poursuivre en parallèle.En un mot plus de sciences de la vie, de calculs appliqués au quotidien, et d'expériences sur la matière, que ce qui se fait actuellement.

 

Tout à fait d'accord.

Dans l'école d'aujourd'hui qui se veut moralement irréprochable, on ne fait presque pas redoubler et on ne crée plus de "classes de niveau" comme avant.

Le résultat (prévisible à mon avis) c'est que l'hétérogénéité naturelle des élèves se heurte violemment à la structuration rigide de l'école.

Alors pourquoi ne pas instaurer ces 6 ans d'apprentissage primaire ? ok. Et le passage sur le renforcement du français et des math me paraît totalement justifié.

Mais dans ce cas, il faut aussi prévoir une voie raccourcie pour un nombre très important d'élèves qui pourraient d'ores et déjà faire leur primaire en 4 ans (un très bon CM1 n'est pas bien loin du niveau d'un 6ème moyen, même en maturité parfois).

Cela pose la question d'une forme d'examen de validation des compétences acquises. Mais non pas pour faire des jolies stat comme aujourd'hui. Plutôt pour valider rigoureusement le passage dans tel ou tel niveau.

Et donc les "classes de niveau" reviendraient au goût du jour ?Je ne serais pas contre, loin de là.

En tout cas je trouve qu'il faut se méfier terriblement des modèles dans lesquels un élève est standardisé. Du fait de son environnement un élève peut être beaucoup plus mûr qu'un autre du même age, beaucoup plus "doué" dans l'abstraction, beaucoup plus attentif, etc.. Il ne faut pas se voiler la face.

Je ne serais pas d'accord pour qu'un élève brillant soit obligé de faire ses 6 ans de primaire dont 2 ans à trouver l'école ennuyeuse.

 

"Je ne serais pas d'accord pour qu'un élève brillant soit obligé de faire ses 6 ans de primaire dont 2 ans à trouver l'école ennuyeuse."

Vous avez compris tout à fait l'esprit de mon propos : plutôt que d'abaisser les élèves par un redoublement, mieux vaut élever les élèves par des passages anticipés ou du travail adapté par le haut.

Cela dit, il existe beaucoup d'école où il y a plusiers niveaux, par choix des équipes ou par contraintes d'équilibre du nombre d'élèves par classe. Et cela va être plus fréquent l'année prochaine au vue de la ferméture de 1500 classes ! (comme cela vous ne verrait pas totalement négativement la politique du gouvernement RireIndécisClin d'oeil)

Prolonger la scolarité jusqu'à 18 ans soit, mais pour quoi faire à l'école?

Faute de moyens les élèves sont entassés dans des filières d'enseignement général sensées conduire à un enseignement supérieur. Beaucoup d'entre eux poursuivent à l'université des études (souvent inachevées) pour lesquelles ils n'ont souvent ni le goût, ni l'aptitude.

Ces jeunes se retrouvent en situation d'échec, sans métier à 22, 23 ans, quel gâchis!

Il faudrait un réel choix d'études, la France manque cruellement de lycées professionnels, il est nécessaire de revaloriser (et cela suppose des investissements financiers) cette filière.Je crains que le PS ne fasse encore des propositions fumeuses et se contente de formules.Mais attendons de voir concrètement.

Notre pays se désindustrialise tout le monde le sait, et il est urgent de former les professionnels de demain dans des filières innovantes.

Pour ce faire, investir dans l'éducation est nécessaire et urgent après le gâchis de ces dernières années.

C'est excatement le sens de ma critique du PS. Il ne sert à rien de prolonger la scolarité jusqu'à 18 ans si l'Education nationale ne propose rien de nouveau à ceux qui en sortent dès l'âge de 15 ans !

En Belgique francophone, le système scolaire est un peu différent du système français.

D'abord, il y a 6 années de primaire, puis 3 années de collège et finalement 3 années de lycée (je fais vite, les terminologies ne sont pas les mêmes). Grosso modo, les apprentissages se retrouvent presqu'équivalents d'un cycle à l'autre. Il y a une nette différence entre la 6è française et l'équivalent 1ere de collège en Belgique. Mais petit à petit, les savoirs convergent.

La deuxième différence de grande importance, c'est l'évalution des élèves. En Belgique, à partir du collège, il y a deux sessions d'examen par an pour toutes les branches. A partir du lycée, mais déjà au collège pour les langues vivantes, les examens se dédoublent en examens écrits et oraux. Il y a donc juste avant les vacances de Noël, et avant les vacances d'été, arrêt total des cours et de une à deux semaines d'examen (le vocable utilisé peut varié selon les niveaux, le réalité reste la même). C'est un temps de grand stress pour les élèves, répété chaque année deux fois.

L'on constate que le système belge ne produit pas de meilleurs résultats que le système français. Au contraire. Les écoles supérieures belges accueillent de nombreux étudiants français qui ne trouvent pas assez de place en France (pour les études avec quotas et/ou examen d'entrée). Et l'on observe que les étudiants français sont en moyenne plus brillants et cultivés que les belges du même âge.

Il semble que c'est au collège et au lycée que l'écart se creuse. Petit à petit. Pas faute d'être exigeant en Belgique. Je pense que l'évaluation semestrielle belge est délétère plus que l'on ne l'imagine.

Mais, je parierais volontiers pour dire que les 6 années primaires belges donnent un socle de connaissance à la fin du primaire un peu plus large et mieux ancré.

L'idée lancée ici par Sébastien Rome me semble donc une piste sérieuse.

Est-elle déposée sur le bureau de quelqu'élu ? Les syndicats s'en sont-ils emparés ?

 

La propostion a été déposé sur la Une de Mediapart. Est-ce que cela suffira ?

Je ne peux que souscrire positivement à tout cela....

Il manque quand même un "petit quelque chose"?Toutes ces réformes oui, mais pour:

-apprendre QUOI? (on peut remettre en cause le CONTENU de nos matières ET de nos programmes.)

-apprendre COMMENT? (vous y faites rapidement allusion)

-avec quels professeurs enseignant quelle discipline après quelle FORMATION?

www.profencampagne.com

Même si la question des programmes est importante, elle me semble aujourd'hui secondaire. (cf mon billet pour une demande leur suppression au primaire et au collège) . Il y a toujours eu les progarmmes et leur condition d'application. Personnellement, si mes élèves de CE2 arriveraient à lire la Critique de la raison pure et se frotteraient facilement aux probabilités, je le ferais. Je les prends là où ils en sont, pas là où en sont les programmes. Je fais ce qu'il est humainement possible de faire.

Je ne dis rien d'autre que ce qu'à pu me dire Antoine Prost lors de notre rencontre au mois de janvier. Les programmes seront bien fait s'il correspondent à peu près à la réalité de ce qui peut être appris. Un an de plus n'est donc past trop demandé aussi bien pour les programmes 2008 que les programmes 2002.

"apprendre COMMENT? (vous y faites rapidement allusion)

-avec quels professeurs enseignant quelle discipline après quelle FORMATION?"

Les deux sont liés mon général...et je crois que sur la pégadogie, il faut nécessaire d'abandonner les chapelles. il faut être pragmatique et surtout voir, in vivo, si ce qui est proposé est vraiment la bonne réponse. L'enseignement comme l'art de l'ajustement. un tableau toujours à faire, une improvisation en jazz (donc préparée et guidée par des grilles...)

Les emplois du temps surchargés des élèves, et les dotations horaires des professeurs excluent un surplus d'heures en ces deux matières, sauf à supprimer des heures d'autres matières (lesquelles ?)

La seule solution est donc de rallonger de deux ans la scolarité au collège. Et de recruter.

Euh...il paraît que la réduction des heures devait permettre des économies ...à (très) court ou à long terme ?

Aux instrumentalisations idéologiques et politiques sur la baisse du niveau, il n'est qu'une réponse : redonner aux élèves leur quota d'heures de français et de mathématiques. Si les politiques ne font pas ce choix, alors qu'ils se taisent et qu'ils instituent le principe qui veut que le collège doit prendre à sa charge une partie de l'enseignement fondamental de l'école obligatoire à côté, ou au travers, comme à Clisthène, des disciplines. Il s'agirait alors de créer une véritable communauté école-collège avec socle commun.

Merci pour cette affirmation de simple bon sens mais si importante !!!

Vous avez saisi le véritable objectif de ce billet.

Il ne s'agit pas principalement de faire une propostion innovante ou de critiquer (au sens positif) le progarmme du PS mais bien

de donner des arguements solides pour faire face aux déclinologues scolaires.

Dans un débat, si j'ai atteint mon but, j'aimerai entendre répondre aux déclinologues "le niveau ne baisse pas, on a simplement retirer 2 ans d'enseignement du français en quarante ans. Mais entre temps, beaucoup on était fait pour préparer la majorité des élèves (entre 70% et 80%) à un nouveau monde plus complexes qu'il y a quanrante ans. L'enjeu actuel est ajourd'hui de faire en sorte que nous puissions y arrriver pour les 20 à 30 % restant". Si plus d'élèves qu'il y a quanrante ans on un meilleur niveau avec moins de temps et plus de connaissance, c'est que les enseignants ont fait ce qu'il fallait faire au même moment où leur image se dégradait. Nous avons donc les moyens humains de développer, à nouveau, la meilleure école du monde, il nous faut donc trouver la bonne organisation en faisant les bons diagnostiques : il faut donner du temps aux enfants pour apprendre sur un rythme adapté à chaque âge".

C'est aussi une réponse à ceux, dont les syndicats enseignants du secondaires, qui ne veulent pas d'un rapprochement école-collège : il faudra faire un choix sous peine de détruire l'école publique. Soit on ajoute un an d'école, soit on assume une pleine scolarité obligatoire de 6 ans (voire 3 ans) à 16 ans.

L'une des deux solutions me va mais il faut choisir.

 

Cher Sebastien,

Complètement d'accord avec vous sur :

"Avant d'instituer cet allongement, il y a une nouvelle école à inventer ; une école alternative pour ceux qui sont en rupture avec l'école, une école avec beaucoup de moyens et des taux d'encadrement très bas."

Après la 5ème (collège), il y a en effet trop d'élèves aujourd'hui qui ont accumulé tant de difficultés que leur orientation vers la suite du collège, puis vers une utopique 2nde générale tient plus du suicide que de l'ambition. Malheureusement, au lieu d'offir à ces élèves une nouvelle nouvelle chance en CP ou CE1, on les a expulsé par le haut de la primaire en se félicitant de ne pas les avoir fait redoubler une deuxième fois.

Aujourd'hui la réponse du collège est de les expulser par le haut une 2ème fois en les envoyant vite vers l'orientation impossible de fin de 3ème (pas de choix de CAP, pas assez de places dans les voies alternatives, etc.)

Alors effectivement, il serait plus humain d'offrir à ces jeunes un apprentissage digne de ce nom. Et je pense personnellement que ces apprentissages devraient être proposés en fin de 5ème avec des voies de retour à l'enseignement général si la maturité future de l'élève le ramène vers ce désir là.

Si je pense à la fin de la 5ème, c'est parce que cette classe correspond à l'âge auquel un élève en difficulté (qui souvent a déjà un an de retard) entre dans l'adolescence de plain pied et entre donc souvent dans un comportement de rejet violent de l'institution. Forcer un élève en rebellion à moisir encore 2 ans dans des classes où il ne trouve d'intérêt qu'à empêcher les autres de travailler génère actuellement un gâchis terrible pour l'élève ainsi que pour les classes.

Il faut évidemment des moyens, mais il y a beaucoup de conséquences positives qui pourraient découler d'une école alternative à partir de la 4ème. La fin du collège serait plus sereine pour beaucoup d'élèves, et la perte de temps serait moins scandaleuse pour les élèves en difficultés avec l'enseignement théorique.

Mettez un élève rebelle dans un atelier d'ébéniste, il en résultera peut-être un vie réussie et épanouie au lieu de ce sentiment terrible de haine et de frustration que nourrissent les élèves qui sont restés trop longtemps dans l'échec.

La violence de la société est aussi en partie une conséquence de cette frustration dès l'école.

Ok mais attention de ne pas refaire tomber l'école dans un de ses pires travers : éliminer toujours les mêmes dans des filières que socialement on déqualifie. Avant d'ouvrir les ateliers d'ébenisterie dans les collèges, ne faudrait-il pas mieux développer les PME en France et développer les SCOP et réhausser les salaires ?

Mais je suis d'accord avec vous sur le fond : il faut toujours passer par la main et le corps avant de faire passer quelque chose par la tête.

C'est vrai. Si vous voulez dire par là que l'école ne joue plus assez bien son rôle d'ascenseur social, cela me semble aujourd'hui une évidence. Le développement de l'école privée en est une preuve. Les moyens enlevés justement dans les écoles de quartiers "difficiles" est actuellement le signe que l'Etat jette l'éponge ou renie justement ce rôle de l'école. C'est triste.

C'est vrai aussi qu'il faut avant tout revaloriser les métiers d'artisanat et ouvrir des perspectives d'embauche.

Mais aujourd'hui, dans l'attente de cette modification de la société, une quantité hallucinante de jeunes sortent de l'école sans rien dans les poches, avec un lourd handicap : l'impression que l'école leur a volé leur avenir.

N'est-ce pas aussi un terrible travers de l'école ?

L'école fait beaucoup trop de promesses que la société ne peut pas tenir.

 

Quant aux salaires, il y a trop de fausses informations ou pas assez. Des jeunes ne veulent pas faire boulanger ou plombier mais plutôt informaticien. Pourquoi ?

Un boulanger ou un plombier pas trop bête, qui a bien surfé sur la vague de l'euro, gagne pourtant bien mieux sa vie qu'un BTS informatique d'une 30aine d'années à qui un cabinet d'interim va trouver des missions de 3 mois tous les 6 mois payées au SMIC....

Le problème tient encore et toujours à l'image que la société renvoie des différents métiers. Et parmi les "coupables" on peut citer en particulier les artisans eux-mêmes.

Ils sont plus visibles qu'un employé de PME et tous ceux que je connais passent leur temps à se plaindre des impôts, des charges, du coûts des matériaux, etc. Ils ne donnent pas trop envie.

Pourtant quand on reçoit leurs devis, on peut imaginer que leurs fins de mois sont moins tendues que celles d'un prof... Sans épiloguer sur les masses d'argent qui finissent dans leur poche sans passer par la case impôts...

Le problème, c'est que depuis toujours ils ont appris à faire profil bas justement parce qu'ils n'avaient pas trop réussi à l'école. Alors paradoxalement on a aujourd'hui plein de BTS, voire d'ingénieurs sur le marché, très fiers de leurs études, et pourtant au chômage...Et de l'autre côté, le maçon mal habillé se paye des salaires à peine croyables (genre propriétaire de sa 4ème maison, authentique) tout en se plaignant.

 

Finalement, je me demande si le noeud du problème ne vient pas de ce que l'école ment aujourd'hui ouvertement et consciemment aux parents sur les chances réelles de leur progéniture :

- en sanctionnant de moins en moins clairement les résultats scolaires dans les petites classes (ou dans les grandes - le Brevet est donné !). On évoque régulièrement la suppression des notes comme un progrès alors que cela noyerait à mon avis définitivement le poisson.

- en laissant croire que le niveau d'un élève s'améliorera sur la seule promesse qu' "il va se mettre au travail l'année prochaine" (donc pas de redoublement et les promesses n'engagent que ceux qui les croient).

- en accordant parfois beaucoup de temps à l'étude psychologique de l'élève qui a frappé son camarade ou qui a insulté le prof, au lieu de tout bêtement sanctionner et renvoyer la faute au manque d'autorité parentale (c'est nécessaire dans certains cas, mais cela déculpabilise trop facilement l'élève et les parents dans d'autres).

- s'interdisant tellement de "traumatiser" un élève qu'on finit par lui faire croire qu'il sera très fort plus tard alors que ses lacunes sont déjà terribles.

Bilan, les parents et les élèves sont en droit de se révolter lorsqu'à la fin de la scolarité (bien tard) il découvrent l'impasse...

En ce sens votre idée de 6 ans de primaire me paraît une bonne chose si elle permet en plus d'amener l'élève à prendre conscience de ses vraies possibilités. En ce sens j'irais même jusqu'à dire, pourquoi pas plus de temps encore si l'élève souhaite profondément atteindre le niveau nécessaire pour s'orienter vers des études longues (mais solides) ? Il y a là un petit air de certificat de fin d'études primaires... C'est peut-être encore plus iconoclaste Clin d'oeil

Le système anglais possède je crois quelques avantages sur ces points (choix d'orientation).

 

Ok pour un rallongement de la durée de la scolarité. 2 CP pourquoi pas. Mais pourquoi personne ne remet en question l'idée d'un niveau = une classe d'âge. Pourquoi ne pas fonctionner en modules plus courts de 5 mois comme à la Fac. Les problèmes de discipline dans une classe sont souvent dus au fait que ceux qui ont compris s'ennuient. Les différences de maturité entre les enfants se creusent certains devraient pouvoir rejoindre le collège plus tôt et d'autres rester encore un peu dans l'enfance.

Newsletter
Je m'identifie