GABON: LE PRÉSIDENT ÉLU JEAN PING À LA RENCONTRE DE LA DIASPORA À PARIS

Un dictateur ça ose tout, y compris frauder au vu et au su de la planète entière, puis faire tirer sur les populations civiles et ses opposants. C'est d’ailleurs à cela qu'on le reconnaît. À la communauté internationale et à elle seule de jouer pleinement son rôle de préservation de la paix civile au Gabon, avec au besoin la poursuite du boucher de Libreville devant la Cour Pénale Internationale.
  • Date Du 29 octobre 2016 Au 29 octobre 2016
  • Lieu Esplanade de la Liberté - Place du Trocadéro à Paris
  • Réservation, inscription Ouvert à tout public
  • Information L’Afrique centrale et singulièrement le Gabon des Bongo est véritablement le "cœur des ténèbres" de la démocratie et du pluralisme politique sur le continent. Mobilisons-nous contre le deuxième hold-up électoral du boucher de Libreville, après celui de 2009. Nous ne pouvons abandonner tout un peuple et un pays entier - fut-il en Afrique noire - au bon vouloir d'un dictateur et son clan familial.

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 CRISE POST-ÉLECTORALE AU GABON: LE DISCOURS DU PRÉSIDENT ÉLU JEAN PING AU TROCADERO À PARIS SAMEDI 28 OCTOBRE 2016

© Jacky Moiffo

Jean Ping : «Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique»

Par Maria Malagardis 28 octobre 2016, Libération

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Jean Ping à Paris, le 28 octobre 2016. Photo Roberto Frankenberg

 

Rencontre à Paris, pour sa première sortie depuis les élections, avec l’ex-candidat à la présidence. En quête d’appuis à l’étranger, il conteste toujours la victoire d’Ali Bongo.

 

«Je suis venu respirer l’air de la liberté», soupire-t-il d’un ton presque badin, quand on lui demande ce qu’il est venu faire à Paris. Jean Ping n’a pas perdu l’ironie discrète du diplomate qu’il a longtemps été : ministre des Affaires étrangères de son pays, le Gabon, puis président de l’Assemblée générale des Nations unies, et enfin plus récemment, jusqu’en 2012, de la commission de l’Union africaine. Mais ce vendredi d’automne ensoleillé, c’est l’homme qui revendique être le vrai président élu de son pays qui reçoit Libération dans le salon d’un grand hôtel parisien, pour son premier entretien avec la presse française. Bien sûr, sa première sortie du Gabon depuis les élections du 27 août est surtout «une visite politique», admet-il d’emblée. Un voyage qui n’avait rien d’évident, selon lui : «Il a tout de même fallu que l’ONU envoie une lettre pour demander qu’on me laisse enfin sortir du pays.»

Jean Ping est arrivé à Paris ce même vendredi à l’aube, accueilli comme un héros par une foule en liesse à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulles. La diaspora gabonaise, très mobilisée depuis le scrutin, lui a offert ce bain de foule dont il s’estime volé à Libreville, la capitale du Gabon. «J’y vis comme si j’étais en résidence surveillée. Devant ma maison, il y a en permanence un camion de gendarmes et même parfois un tank. On me fait comprendre qu’il vaut mieux que je ne sorte pas, on distille des rumeurs qui sont autant de menaces et on s’arrange pour que je l’apprenne», énumère-t-il, persuadé que si son quartier général a été bombardé le 31 août par les forces de l’ordre, «c’est parce qu’on était persuadé que je m’y trouvais moi aussi».

Étonnamment confiant sur l’issue du bras de fer

© Jacky Moiffo

«On» ? L’accusation vise bien sûr le régime d’Ali Bongo, déclaré président à l’issue du scrutin. Officiellement d’abord avec 49,9 % des suffrages et seulement 5 000 voix d’écart devant Jean Ping, son principal challenger lors de ce scrutin. Puis dans un second temps, avec un score encore plus haut, 50,6 % des voix, après le recours devant une Cour constitutionnelle dont l’impartialité a été mise en doute non seulement par l’opposition mais aussi par l’Union européenne, qui avait dépêché des observateurs sur place. Mercredi, deux jours avant l’arrivée de Jean Ping à Paris, le Parlement européen évoquait justement la présidentielle gabonaise. «Cette élection a été manipulée», a alors martelé à Bruxelles le social-démocrate allemand Jo Leinen, qui dirigeait la délégation parlementaire européenne venue observer le scrutin d’août.

«J’ai gagné ces élections de manière claire et tout le monde le sait», commente Jean Ping, qui reste étonnamment confiant sur l’issue du bras de fer en cours au Gabon. Celui qui oppose deux anciens beaux-frères, puisque ce septuagénaire, fils d’un père chinois et d’une mère gabonaise, a été un temps le compagnon de Pascaline Bongo, la sœur d’Ali, avec laquelle il a eu deux enfants.

«Ali croit qu’il peut utiliser la force pour se maintenir au pouvoir. Mais cette fois ça ne marchera pas. Tous les dictateurs avant de tomber croient qu’ils sont encore puissants. Et ce n’est pas parce qu’on entend plus parler du Gabon ici en France que la situation s’est stabilisée», affirme-t-il.

«Tous les jours, des grèves éclatent, il n’y a pas eu de rentrée scolaire et les écoles sont fermées pour une durée indéterminée. Les gens ne vont pas manifester dans la rue, parce qu’ils ont peur qu’on leur tire dessus. Mais ils continuent à s’opposer comme ils le peuvent. A l’intérieur du pays, comme à l’extérieur, alors que la diaspora, non seulement en France mais aussi dans beaucoup d’autres pays, exige elle aussi qu’on lui rende la victoire électorale confisquée par un régime qui est en place depuis cinquante ans.» Après Omar Bongo, à la tête du pays de 1967 à sa mort en 2009, c’est en effet son fils Ali qui a hérité de la présidence, à l’issue d’une élection déjà contestée.

Jean Ping, ancien homme du sérail parce qu’il fut ministre de Bongo père, ajoute : «Vous pensez qu’Ali, lui, peut sortir du pays ? La diaspora lui réserverait certainement un accueil un peu différent de celui qu’elle m’a offert. Et si la foule m’a ovationné à Paris, elle était aussi présente pour mon départ à l’aéroport de Libreville. Mais ça, vous ne le savez pas, le régime fait en sorte que ça ne se sache pas», glisse-t-il avec un léger sourire. Avant d’évoquer «une répression qui ne s’est jamais arrêtée» depuis l’attaque de son QG : «En réalité, dès ce 31 août, il y a eu plus de morts dans les quartiers de Libreville qu’au QG, malgré la violence de l’assaut. D’après ce qu’on a pu découvrir, on compterait ainsi une dizaine de morts au QG et une centaine en ville où des jeunes gens se sont fait arrêter ou tuer, parfois à bout portant, simplement parce qu’ils avaient chez eux des tee-shirts à mon effigie. Et depuis, ça continue. Il y a même des binationaux qui ont été arrêtés. Des officiers aussi, juste parce qu’ils sont de la même ethnie que moi. Et encore un officier de gendarmerie à la retraite qui militait pour l’opposition. Sans oublier le député Bernard Zibi, toujours incarcéré à la prison centrale.»

C’est donc pour donner sa vision de la situation qu’il se trouve à Paris. Il ira également lundi à Washington, étape qu’on devine la plus importante de ce voyage. On n’en saura guère plus sur les interlocuteurs qu’il va rencontrer. Peut-être ne le sait-il pas encore lui-même avec certitude au moment de notre rencontre : «Je n’ai su que la semaine dernière que je pouvais quitter le pays», concède-t-il.

Patate chaude refilée à l’Union africaine

L’ancien diplomate compte visiblement beaucoup sur la communauté internationale : «C’est elle qui nous a incités à respecter les institutions et à déposer un recours devant la Cour constitutionnelle après la première proclamation des résultats.» Le regrette-t-il ? Alors même que l’opposition était au départ hostile à tout recours devant une institution depuis longtemps baptisée par les Gabonais «la Tour de Pise» («car elle penche toujours du côté du pouvoir») ? «Non, je ne le regrette pas, car il vaut mieux ne pas se laisser accuser de ne pas être du côté de la légalité», affirme-t-il, rappelant qu’«aujourd’hui, nos amis internationaux nous demandent d’éviter tout risque de guerre civile, d’éviter de faire appel à la rue». Une façon à peine voilée de suggérer que dans ce «deal», chacun doit prendre sa part de responsabilités.

Début octobre, le ministre français des Affaires étrangères avait quelque peu heurté l’opposition gabonaise en affirmant, sur TV5, qu’il «fallait trouver une solution de réconciliation politique», puis en refilant la patate chaude du dossier gabonais à l’Union africaine. Laquelle s’est surtout fait remarquer par son étonnante discrétion sur ce sujet brûlant. «L’Union africaine, hélas, reste un syndicat de chefs d’Etats», critique celui qui fut l’un des plus hauts représentants de cette institution panafricaine. «Faire appel à l’Union africaine, c’est facile et un peu hypocrite, ajoute Jean Ping. D’autant plus que la France a des responsabilités historiques au Gabon. Jusqu’à récemment c’est toujours Paris qui a choisi les dirigeants gabonais : depuis l’indépendance, on a ainsi eu Léon Mba, Omar Bongo et puis son fils Ali Bongo, que Sarkozy nous a imposé. C’est vrai aussi pour d’autres anciennes colonies africaines. Mais alors qu’au Sénégal ou en Côte d’Ivoire ils sont allés chercher des anciens parlementaires ou académiciens comme Félix Houphouët-Boigny ou Léopold Sedar Senghor, au Gabon, on nous a imposé quoi ? Un chef de canton ! C’est ce qu’était Léon Mba… Quant à Omar Bongo, lui aussi choisi par la France, il fut d’abord un simple employé des postes», persifle son ex-gendre. Et qu’est-ce qui, selon lui, justifie ces choix si peu prestigieux ? «Le Gabon est l’exemple le plus abouti de la Françafrique. Et jamais le peuple gabonais n’a pu faire entendre sa volonté», explique Jean Ping. Lui-même est pourtant, paradoxalement, accusé par Ali Bongo d’être «le symbole de la Françafrique» en tant qu’ancien cacique du régime. «La différence, c’est que moi je ne demande pas qu’on m’impose de manière arbitraire. Je souhaite simplement qu’on respecte le vote des Gabonais», rétorque-t-il.

Ce samedi, il sera au Trocadéro pour saluer la diaspora, qui en a fait le point de départ d’une marche hebdomadaire jusqu’à l’ambassade du Gabon, située dans le XVIe arrondissement. Un dernier bain de foule sur le parvis des Droits de l’homme ? Les symboles ont aussi leur importance.

Maria Malagardis

© Jacky Moiffo

 

Gabon: faire prévaloir la légitimité présidentielle sur le despotisme légal

Le Comité de Libération des Prisonniers Politiques (CL2P) est évidemment de tout cœur avec son secrétaire Bastaine Yannick Moubamba et tous les Gabonais épris de Liberté dans ce combat pour faire prévaloir la légitimité présidentielle sur le despotisme légal au Gabon et partout en Afrique centrale.

 

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À Paris la mobilisation ne désemplit pas

Par Anthony Nsourou gabonmediatime.com

Samedi 15 octobre la diaspora gabonaise de France a pour la 7ème fois consécutive manifestée à Paris pour contester l’élection d’Ali Bongo Ondimba.

La manifestation qui a débutée aux alentours de 11 heures à Place du Trocadéro avec des animations et des interventions s’est poursuivie par une marche vers l’ambassade du Gabon à Paris où d’autres animation se sont succédées. Faits marquant du rassemblement de Paris, outre la présence de Moukagni Iwangou, président de l’aile loyaliste de l’UPG et vice-président de la Commission juridique du candidat Jean Ping, l’allocution de ce dernier projetée en image sur un écran géant devant des centaines de gabonais.

Pour la date du 15 octobre marquant officiellement le dernier jour du premier mandat d’Ali Bongo à la tête du pays, les partisans de Jean Ping attendait une action symbolique. Le discours prononcé à leur endroit aura certainement le mérite de les galvaniser. « vous, membres de la diaspora, vous jouez un rôle fondamental dans l’action de libération de notre pays et il faut continuer.» a-t-il lancé.

Chose qui aura certainement réussi à renforcer l’engagement des gabonais venus de toute la France et de l’Europe qui espèrent une issu. L’important confie une manifestante c’est que « Ping accède au pouvoir, qu’il prête serment, qu’il soit investi, que nos votes soient reconnus.»

Les manifestants ne compte pas faiblir leur mobilisation et se donnent rendez-vous le 22 octobre pour une 8ème journée de rassemblement à Paris.

Source: gabonmediatime.com

cl2p

 http://www.cl2p.org

© Malcom Du MAPANE

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GABON: CRÉATION D'UN CONSEIL GABONAIS DE LA RÉSISTANCE PAR LE PRÉSIDENT ÉLU JEAN PING

Source: businessjeunemagazine.com

Dans une déclaration datée du vendredi 07 octobre 2016, Jean Ping qui conteste toujours la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle du 27 août, annonce la création d’un Conseil gabonais de la résistance. Ce conseil aura la lourde tache d’unifier les actions contre le régime d’Ali Bongo.

Jean Ping continue de protester contre le "coup d’État militaro-électoral" fomenté par le régime d’Ali Bongo. Après avoir réussi jeudi, un premier tour de force contre les nouvelles autorités gabonaises en appelant à une journée de recueillement pour les civils gabonais assassinés lors des violences post-électorales, l’opposant passe désormais à l’offensive avec l’annonce de 8 mesures concrètes pour isoler et résister au pouvoir d’Ali Bongo.

Le président "élu" annonce une série de 8 mesures pour combattre pacifiquement le pouvoir "illégitime" d’Ali Bongo. Parmi celles-ci figurent en bonne place le Conseil gabonais de la résistance, chargé de coordonner et d’unifier les actions "des patriotes et des amis du Gabon opposés au régime illégitime d’Ali Bongo, et favorable à l’alternance démocratique au Gabon".

En outre plusieurs personnalités dont Ali Bongo, tenues pour responsables de ce coup de force électoral, figurent en bonne place dans le tableau de chasse de l’opposant et de la résistance qu’il appelle de ses vœux. Personnalités contre lesquelles, Jean Ping appelle la communauté internationale à des sanctions ciblées.
Voici l’intégralité de la déclaration du 7 octobre de Jean Ping :

Dans une adresse récente à la nation, j’ai porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale que je ne reconnaîtrai pas le pouvoir et l’autorité de monsieur Ali BONGO ONDIMBA, désigné Président de la république par la Cour constitutionnelle suite à un coup d’État militaro-électoral.

Par conséquent, j’invite l’ensemble des partis, personnalités politiques et amis du Gabon à poursuivre les efforts engagés en vue du respect de la souveraineté du peuple gabonais et partant, le rétablissement de la légalité républicaine.

Face à ce coup d’État militaro-électoral intervenu suite à l’élection présidentielle du 27 août 2016, il apparaît donc nécessaire d’organiser la résistance au régime d’Ali BONGO ONDIMBA, à travers toute l’étendue du territoire et partout dans le monde.

Celle-ci s’amorcera, à mon initiative, par l’organisation d’un dialogue national ouvert à tous : partis politiques, société civile et diaspora. Les mouvements associatifs, les organisations patronales et internationales amies du Gabon et préoccupés par la grave crise politique que notre pays traverse seront invités à apporter leurs précieuses contributions en faveur de la construction d’un cadre institutionnel fort et crédible, garant d’une véritable démocratie.

Nonobstant les initiatives et les actions qui seront entreprises sur le territoire national, et hors du Gabon, je recommande vivement de discipliner et coordonner l’action de tous les patriotes démocrates et partisans du changement. Ainsi, sur le territoire de l’union européenne et des États unis d’Amérique notamment, les actions suivantes seront entreprises:

1°- Unifier, structurer, conférer un statut légal et officialiser la création d’un Conseil Gabonais de la Résistance rassemblant, dans le cadre d’une structure unique, l’ensemble des patriotes et des amis du Gabon opposés au régime illégitime d’Ali BONGO ONDIMBA, et favorable à l’alternance démocratique au Gabon;

2°- Appeler la communauté internationale à ne pas reconnaître le pouvoir et le régime illégitimes d’Ali BONGO ONDIMBA issu d’un coup d’État militaro-électoral;


- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
dans les instances parlementaires (Assemblée nationale, Sénat) ;
dans les exécutifs locaux (Conseils municipaux, Conseils généraux);
dans la communauté des affaires : MEDEF, CIAN (Conseil français des Investisseurs en Afrique Noir), patronat allemand, américain, etc.

4°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
au sein de la Commission de l’Union européenne
au sein du parlement européen
au sein de l’exécutif et du Congrès américain
au sein du parlement allemand et les autres

5°- Mutualiser les contacts, sensibiliser et mobiliser les soutiens de notre cause :
au sein de la commission des droits de l’homme de l’O.N.U
au sein de la Cour Pénale Internationale (C.P.I)

6°- Saisir Amnesty international et tous les mouvements des droits de l’homme sur les événements post-électoraux ; intimidations, arrestations arbitraires, exactions, assassinats, entraves aux libertés individuelles et collectives et plus généralement en ce qui concerne les droits humains au Gabon;

7°- Contacter et mobiliser les associations des droits de l’homme dans les pays scandinaves, en raison du rôle certain que ces pays jouent, en la matière, dans les instances diplomatiques et les organisations internationales;

8°- Entretenir inlassablement, à l’exemple de la Syrie, une exposition médiatique de notre pays par le biais de nombreux relais déjà identifiés (journalistes africains, européens et américains notamment).

Enfin, tout en envisageant les mesures d’isolement de ce régime dictatorial, illégitime et totalement discrédité au sein de la communauté internationale, j’estime urgent et prioritaire de promouvoir toute action visant à faire prendre des sanctions ciblées à l’encontre des auteurs et complices de ce coup d’État militaro-électoral. Sans être exhaustifs, sont visées par les mesures précitées, les personnalités dont les noms suivent :

Ali BONGO ONDIMBA
Marie Madeleine MBORANTSOUO
René ELLA ABOGHE
Alain Claude BILIE BI NZE
Pacôme MOUBELET MOUBEYA
Lambert Noel MATHA
Mathias OTOUNGA OSSIBADJO
Frédérique BONGO ONDIMBA
Hervé Patrick OPIANGA
Général d’armée Jean EKOUA


Libreville, le 07 octobre 2016
Le Président de la république élu
Jean PING

© Jacky Moiffo

 

© Jacky Moiffo

 S.E. Jean Ping, Président élu du Gabon: « Nous refusons tout fait accompli du coup d’État institutionnel »

 

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Mes chers compatriotes,

Notre pays traverse une crise très grave. Nous sommes dans une situation politique particulière. Je voudrais écrire ici que ce n’est pas la déclaration qui construit l’action politique. La déclaration vient souvent après l’action politique.

Je me suis présenté devant les gabonais pour présenter un projet de société. Il n’a jamais été question de mon sort personnel. Nos populations attendent de savoir ce que leur pays va devenir.

Nous refusons tout fait accompli du coup d’Etat institutionnel et nous nous y opposerons avec la plus grande détermination sans effusion de sang.

Dieu vous bénisse!

S.E. Jean Ping, Président élu du Gabon

 

Gabon : Ces chiffres qui démontrent qu’Ali Bongo a perdu la présidentielle

par Mays Mouissi · 15 septembre 2016

Le 31 aout, le ministre gabonais de l’intérieur proclamait le président sortant, Ali Bongo, vainqueur de l’élection présidentielle organisée 4 jours plus tôt. Selon les résultats provisoires, le Président sortant aurait obtenu 49.80% des suffrages (soit 177 722 voix) devant son principal adversaire Jean Ping, qui n’aurait obtenu que 48.23% (soit 172 128 voix). Principal fait marquant, alors qu’à l’issue du décompte des voix dans 8 des 9 provinces du pays et dans les commissions électorales consulaires Jean Ping disposait d’une avance de plus de 60 000 voix, Ali Bongo est parvenu à rattraper son retard et à remporter finalement le scrutin grâce aux seuls résultats de la province du Haut-Ogooué sur lesquels pèsent de forts soupçons de fraude. Dans cette province, le taux de participation aurait été de 99.9% (soit à peine 47 abstentions sur 71 714 inscrits) et le candidat Ali Bongo aurait obtenu 95.46% des suffrages exprimés (soit 68 064 voix), un double record pour le moins étonnant au regard du taux de participation moyen dans les 8 autre provinces du pays qui fut inférieur à 60%. Le candidat Jean Ping ayant introduit un recours contentieux à la Cour Constitutionnelle afin d’obtenir le recomptage des résultats de la province du Haut-Ogooué et leur publication bureau de vote par bureau de vote, nous avons sollicité son état-major afin d’obtenir consultation des procès-verbaux (PV) de ladite province en sa possession et ainsi vérifier par nous-même la crédibilité des résultats publiés par le ministère de l’intérieur. 156 PV ont généreusement été mis à notre disposition par les équipes de Jean Ping, lesquelles se sont montrées totalement transparentes.
La consolidation des données de ces PV que nous vous proposons permet de constater des contradictions flagrantes entre les résultats proclamés dans le Haut-Ogooué et ceux consignés dans 156 PV de bureaux de vote de cette province. Mieux, cette consolidation permet de constater que les éléments qui ont permis à Ali Bongo de l’emporter, à savoir un taux de participation de 99.9% et 95.46% des suffrages obtenus ne reposent sur aucune réalité. Au contraire, l’analyse mathématique des résultats de ces PV conclut qu’Ali Bongo a perdu cette élection et n’a jamais pu rattraper l’avance de plus de 60 000 voix dont disposait Jean Ping avant que ne soient intégrés les résultats contestés de la province du Haut-Ogooué.

156 PV, 10 601 abstentions et 1 281 bulletins blancs

Au terme du décompte dans 8 provinces du pays et dans les commissions électorales consulaires, lequel donnait au candidat Jean Ping plus de 60 000 voix d’avance, pour qu’Ali Bongo inverse la tendance, il fallait que 2 conditions soient réunies :

– Que le taux de participation dans la province du Haut-Ogooué avoisine les 100% ;

– Que plus de 90% des suffrages exprimés dans le Haut-Ogooué se reportent sur le seul candidat Ali Bongo.

C’est ce qui fut fait puisqu’au final Ali Bongo remporta le scrutin avec 5 594 voix d’avance sur Jean Ping. Au regard de ce qui précède, tout l’enjeu du contentieux électoral en cours repose sur la confirmation ou non du taux de participation de 99.9% que le ministère de l’intérieur et la CENAP auraient comptabilisés dans la province du Haut-Ogooué. En effet, le Président sortant ayant obtenu la quasi-totalité des suffrages exprimés dans le Haut-Ogooué dont le taux de participation approche les 100%, s’il était démontré que le nombre d’électeurs s’étant abstenus est supérieur à 6 000, cela prouverait sans équivoque qu’Ali Bongo a été battu comme l’ont affirmé ses adversaires Jean Ping, Pierre-Claver Maganga Moussavou, Paul Mba Abessole et Augustin Moussavou King.

Ainsi, en analysant les 156 procès-verbaux sur les 297 que compte le Haut-Ogooué, nous avons d’abord voulu nous assurer que le nombre d’électeurs s’étant abstenus dans cette province est bien de 47 comme l’a prétendu le ministère gabonais de l’intérieur. Seulement, à peine avions-nous analysé 10 PV de cette province, que le nombre d’électeurs s’étant abstenus avoisinait déjà les 200. Bien loin des 47 abstentions rapportées par le ministère de l’intérieur et la CENAP qui manifestement ne répondent à aucune réalité.

Sur les 156 PV analysées, nous avons dénombrés par moins de 10 601 abstentions et 1 281 bulletins blancs soit presqu’autant de voix qui manquent au candidat Ali Bongo. Notre analyse pouvait s’arrêter à ce stade puisque rien qu’avec le niveau réel des abstentions constatés dans ces 156 PV, il devient mathématiquement impossible à Ali Bongo de remporter l’élection présidentielle du 27 aout dernier. Au contraire, l’abstention que nous avons constatée permet au candidat Jean Ping de maintenir une avance irrattrapable sur son adversaire qui ne peut plus être réélu même si il parvenait à obtenir 100% des suffrages dans 141 autres bureaux de cette province dont nous n’avons pu consulter les PV … Et cela même si le taux de participation dans l’ensemble de ces bureaux était de 100%. Ali Bongo a donc perdu l’élection présidentielle.

Niveau d'abstention dans 156 bureaux de vote de la province du Haut-Ogooué

Niveau d’abstention dans 156 bureaux de vote de la province du Haut-Ogooué

Un score de 85%, insuffisant pour remporter le scrutin au niveau national

Ayant eu à notre disposition 156 PV de la province du Haut-Ogooué, nous en avons profité pour les consolider et déterminer le nombre de voix et les scores obtenus par les différents candidats dans les 156 bureaux de vote concernés.

Il en ressort qu’Ali Bongo est bien arrivé en tête dans cette province et de façon assez large. Il remporte la très grande majorité des bureaux et recueille 24 910 voix soit 85.56% des suffrages exprimés : 10 points en dessous des 95.46% que le ministère de l’intérieur et la CENAP lui ont attribué au niveau provincial lors de la publication des résultats provisoire.

A l’inverse, Jean Ping à qui il n’avait été attribué que 3 071 voix et 4.31% des suffrages lors de la proclamation des résultats provisoires, affiche de bien meilleurs résultats dans les PV que nous avons consultés. Rien que sur les 156 PV consultés, Jean Ping obtenait près de 4 000 voix (soit 900 voix de plus que celles communiquées par le ministère de l’intérieur). A ce stade, on peut valablement se demander comment la CENAP et le ministère de l’intérieur sont parvenus à ces chiffres et on comprend mieux pourquoi l’Union européenne, l’Union africaine, la France et les Etats-Unis demandent depuis plusieurs semaines que l’ensemble des résultats du scrutin fasse l’objet d’un recomptage et soit rendu public bureau de vote par bureau de vote.

En tous les cas, les 24 910 voix et 85.56% obtenus par le candidat Ali Bongo dans les 156 bureaux dont nous avons consultés et analysés les PV viennent confirmer l’impossibilité pour ce candidat d’être réélu à la magistrature suprême. La Cour Constitutionnelle en charge d’analyser le contentieux électorale pourra difficilement valider une victoire d’Ali Bongo au niveau national, tant il est démontré que les résultats proclamés dans la province du Haut-Ogooué qui l’ont prétendument donné vainqueur sont manifestement frauduleux tant dans le niveau de la participation que dans les scores et suffrages attribués à chaque candidat.

Résultats de la province du Haut-Ogooué tels que contenus dans les 156 procès-verbaux consultés

Résultats de la province du Haut-Ogooué tels que contenus dans les 156 procès-verbaux consultés

Mays Mouissi

Source principale :
– 156 procès-verbaux de bureaux de vote de la province du Haut-Ogooué consulté auprès des équipes du candidat Jean Ping
– Résultats provisoires de la présidentielle 2016 au Gabon proclamés par le ministère de l’intérieur

 

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Diasporas, Gabon: Les États (notamment occidentaux) n'ont pas d'amis, ils n'ont que des interêts

 

diasporaja

Je n'ai jamais cru ou dit autre chose..Pas plus d'ailleurs que je défendrais ou représenterais leurs intérêts..n'ayant jamais été, ni missionné, ni mandaté, pour cela.

Il est simplement indécent de s'en prendre et de se montrer aussi insensible voire antipathique à l’égard d'un peuple voisin qui veut s'affranchir dans les urnes de ce faux semblant ou double langage international, en prétextant comme l'ont fait certains camerounais des liens de famille entre Ali Bongo et Jean Ping, ou s'abritant derrière un pseudo panafricanisme et souverainisme qui cachent en réalité une volonté de ne voir rien changer en Afrique centrale: ni la tutelle française et occidentale qui permet de se complaire dans le complotisme permanent et la victimisation, ni les tyrannies en place dont ils espèrent secrètement en tirer quelques subsides.

Devant ce constat je suis malgré ce second hold-up électoral d'Ali Bongo au Gabon plus optimiste sur l'affranchissement programmé du peuple de ce pays de l'obscurantisme politique, que je le serais sur la capacité des Camerounais de se lever comme un seul Homme contre la dictature en place depuis 34 ans dans leur pays, et ces intérêts français qu'elle a érigés au Cameroun en rempart pour assurer sa pérennisation.

Voilà la conclusion que je tire de cette scène pitoyable que le dictateur Ali Bongo nous a infligée; et dont nous ne saurions être fiers comme Africains, singulièrement nous les ressortissants d'Afrique centrale. J'en ai honte et ne sais parfois plus où me mettre.

Que grand bien lui fasse, tant qu'il le pourra en tout cas. Parce qu'on ne triomphe pas éternellement contre son peuple, y compris sous la protection des puissances étrangères et de l'armée.

Le peuple du Gabon aura finalement raison des Bongo!

bongoinvestiture

«Ce n’est pas Ali que vous avez soutenu »??? C’est tout comme M. Messé

Et le mal pour la réputation continentale des Camerounais est fait!

En effet quand un peuple comme celui du Gabon, manipulé ou pas, veut aussi viscéralement se défaire de l’emprise d’un homme assimilé à tort ou à raison à un cauchemar d’un demi siècle, tous les vrais démocrates ont l’obligation morale de le soutenir.

Parce qu’il y arrivera tôt ou tard, avec ou sans notre soutien.

La raison -si tenté qu’Ali Bongo et ses soutiens camerounais en aient – voudrait qu’il entende ce petit son distillé par ce peuple et ne s’enferme pas dans un duel à mort avec son "alter égo Ping", qui aurait été ou ne serait qu’une étape transitoire vers une alternance véritable et inévitable.

Il se joue au Gabon des enjeux que certains d’entre-nous -Camerounais – refusons obstinément de percevoir par peur légitime d’un lendemain incertain pour certains, notamment dans la presse dite indépendante, trempés jusqu’au cou dans les combines avec la dictature de Paul Biya. Mais ces enjeux se poseront un jour ou l’autre à chacun des pays de la sous région, avec peut-être des conséquences plus tragiques et dramatiques qu’au Gabon.

C’est en cela que ce pays et son peuple nous parlent à tous, ressortissants d’Afrique centrale.

Ce n’est ni Jean-Marc Ayrault, ni Jean Ping, encore moins Ali Bongo qui fera emporter le bon vœux sur le feu (et vice versa) au Gabon… C’est le petit peuple courageux et pour le moins respectable de ce pays qui aura le dernier mot.

La France n’est plus capable aujourd’hui d’imposer ses choix stratégiques à des peuples y compris Africains qui aspirent légitiment au changement. Celui du Gabon ne veut plus d’un Bongo à sa tête…Cela pourrait nous paraître imbécile, naïf, voire irréaliste…mais il n’y a plus de doute que ce soit sa volonté qui finisse par prévaloir aussi bien face aux préférences de la France, à la culture camerounaise du statu quo tyrannique, voire aux ambitions dynastiques des deux protagonistes de Libreville.

Rien n’arrêtera la marche de ce peuple vers la démocratie élective, même pas les hordes de forces de sécurité transformées en milices d’Ali Bongo.

Joël Didier Engo, Président du CL2P

http://www.cl2p.org

 

 

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