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Billet de blog 14 févr. 2019

Protéines végétales : quel avenir ?

Face aux problématiques environnementales posées par l’élevage et les impacts de la viande sur la santé, les protéines végétales sont peut-être l’alimentation de demain…

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De nouvelles tendances alimentaires

Depuis plusieurs années, les protéines végétales font l’objet d’une attention particulière. Considérées pour beaucoup comme l’alimentation de demain, elles sont de plus en plus plébiscitées par les consommateurs. Les études sur l’impact de la viande rouge et les recherches sur les bienfaits des protéines végétales y sont pour beaucoup.

L’équilibre alimentaire idéal recommandé par les nutritionnistes est de 50 % de protéines animales pour 50 % de protéines végétales. Si la répartition des sources de protéines varie d’un pays à l’autre, elle est encore majoritairement d’origine animale dans les pays européens et aux États-Unis. En France, par exemple, une assiette est composée à 63 % de protéines animales et à 37 % de protéines végétales.

Mais, ces dernières années, la tendance semble s’inverser. La croissance du marché des protéines végétales est évaluée à plus de 40 % d’ici 2030, en grande partie pour répondre aux besoins en alimentation humaine. En effet, la demande en protéines végétales croît car le nombre de végétariens et de flexitariens (qui ont un mode alimentaire visant à consommer moins de viande rouge et de poisson) augmente. Selon un sondage mené en 2017, 5 % des Français seraient végétariens, 4 % vegans et 6 % flexitariens[1].

Des résultats d’autant plus encourageants que les jeunes semblent eux aussi vouloir réduire leur consommation de produits animaliers : 19 % des flexitariens ont moins de 35 ans. Aujourd’hui, 8 Français sur 10 déclarent consommer moins de produits animaliers qu’avant. Une tendance qui se répercute sur le marché de la viande qui a baissé de 5 % en nombre d’actes d’achat entre 2013 et 2017.

3 raisons principales expliquent cette volonté de changement : la cause animale, la cause environnementale (le secteur de l’élevage produit 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre générées par les activités humaines) et la prise de conscience des impacts négatifs de la viande sur la santé. Parce que la demande en protéines végétales pour la nutrition humaine connaît une croissance considérable, l’agriculture a, elle aussi, changé de visage…

Agriculture : les protéines végétales en plein essor

Si les protéines animales représentent 70 % de la consommation mondiale, elles ne suffiront pas à satisfaire la demande d’ici à 2050. Produire davantage de protéines végétales s’avère donc être une solution possible, raisonnable et durable. C’est ainsi que l’agriculture se tourne désormais vers la culture de légumineuses ou de légumes secs (lentilles, fèves, pois, haricots secs, soja), les plus riches en protéines végétales. Pour connaitre l'ensemble des protéines végétales existantes un site plutôt exhaustif : https://proteines-vegetales.fr/

En 2017, 48 000 hectares étaient consacrés à la culture de légumineuses en France. Une dynamique portée par le plan protéines végétales 2014-2020[2] lancé par Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. La culture de lentilles, par exemple, dont la teneur en protéines végétales est intermédiaire entre celle du pois et de la féverole, connaît une forte croissance : 15 000 hectares de surfaces cultivées en 2013 contre 4000 en 1997.

Certaines marques et entreprises ont bien compris cette nouvelle tendance et introduisent désormais les protéines végétales dans leur plan marketing. Elles proposent notamment des recettes Veggie et produits transformés alternatifs à la viande : tranches et steaks végétaux, faux-mages… Le marché mondial des matières protéiques végétales (MPV), estimé à 9 milliards d’euros en 2018, devrait progresser de 5,5 % par an en moyenne pour atteindre les 11 milliards en 2020. Les protéines végétales ont donc encore un bel avenir devant elles…

[1]. Source : http://harris-interactive.fr/wp-content/uploads/sites/6/2017/02/Rapport-Alimentation-HI-SITE.pdf

[2]. Source : https://agriculture.gouv.fr/le-plan-proteines-vegetales-pour-la-france-2014-2020

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